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RÉFLEXIONS pour Gn 2:20-25; Gn 3:1-20

20 L’homme donna des noms à tous les bestiaux, aux oiseaux du ciel et à toutes les bêtes sauvages, mais, pour un homme, il ne trouva pas l’aide qui lui fût assortie.
21 Alors Yahvé Dieu fit tomber une torpeur sur l’homme, qui s’endormit. Il prit une de ses côtes et referma la chair à sa place.
22 Puis, de la côte qu’il avait tirée de l’homme, Yahvé Dieu façonna une femme et l’amena à l’homme.
23 Alors celui-ci s’écria : « Pour le coup, c’est l’os de mes os et la chair de ma chair ! Celle-ci sera appelée « femme », car elle fut tirée de l’homme, celle-ci ! »
24 C’est pourquoi l’homme quitte son père et sa mère et s’attache à sa femme, et ils deviennent une seule chair.
25 Or tous deux étaient nus, l’homme et sa femme, et ils n’avaient pas honte l’un devant l’autre.
1 Le serpent était le plus rusé de tous les animaux des champs que Yahvé Dieu avait faits. Il dit à la femme : « Alors, Dieu a dit : Vous ne mangerez pas de tous les arbres du jardin ? »
2 La femme répondit au serpent : « Nous pouvons manger du fruit des arbres du jardin.
3 Mais du fruit de l’arbre qui est au milieu du jardin, Dieu a dit : Vous n’en mangerez pas, vous n’y toucherez pas, sous peine de mort. »
4 Le serpent répliqua à la femme : « Pas du tout ! Vous ne mourrez pas !
5 Mais Dieu sait que, le jour où vous en mangerez, vos yeux s’ouvriront et vous serez comme des dieux, qui connaissent le bien et le mal. »
6 La femme vit que l’arbre était bon à manger et séduisant à voir, et qu’il était, cet arbre, désirable pour acquérir le discernement. Elle prit de son fruit et mangea. Elle en donna aussi à son mari, qui était avec elle, et il mangea.
7 Alors leurs yeux à tous deux s’ouvrirent et ils connurent qu’ils étaient nus ; ils cousirent des feuilles de figuier et se firent des pagnes.
8 Ils entendirent le pas de Yahvé Dieu qui se promenait dans le jardin à la brise du jour, et l’homme et sa femme se cachèrent devant Yahvé Dieu parmi les arbres du jardin.
9 Yahvé Dieu appela l’homme : « Où es-tu ? » dit-il.
10 « J’ai entendu ton pas dans le jardin, répondit l’homme ; j’ai eu peur parce que je suis nu et je me suis caché. »
11 Il reprit : « Et qui t’a appris que tu étais nu ? Tu as donc mangé de l’arbre dont je t’avais défendu de manger ! »
12 L’homme répondit : « C’est la femme que tu as mise auprès de moi qui m’a donné de l’arbre, et j’ai mangé ! »
13 Yahvé Dieu dit à la femme : « Qu’as-tu fait là ? » Et la femme répondit : « C’est le serpent qui m’a séduite, et j’ai mangé ! »
14 Alors Yahvé Dieu dit au serpent :« Parce que tu as fait cela,
maudit sois-tu entre tous les bestiaux
et toutes les bêtes sauvages.
Tu marcheras sur ton ventre et tu mangeras de la terre
tous les jours de ta vie.
15 Je mettrai une hostilité entre toi et la femme,
entre ton lignage et le sien.
Il t’écrasera la tête
et tu l’atteindras au talon. »
16 À la femme, il dit :« Je multiplierai les peines de tes grossesses,
dans la peine tu enfanteras des fils.
Ta convoitise te poussera vers ton mari
et lui dominera sur toi. »
17 À l’homme, il dit :« Parce que tu as écouté la voix de ta femme et que tu as mangé de l’arbre dont je t’avais interdit de manger,
maudit soit le sol à cause de toi !
À force de peines tu en tireras subsistance
tous les jours de ta vie.
18 Il produira pour toi épines et chardons et tu mangeras l’herbe des champs.
19 À la sueur de ton visage
tu mangeras ton pain,
jusqu’à ce que tu retournes au sol,
puisque tu en fus tiré.
Car tu es glaise
et tu retourneras à la glaise. »
20 L’homme appela sa femme « Ève », parce qu’elle fut la mère de tous les vivants.
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Le plus souvent, les questions surgissent à propos de ce que signifie « connaissant le bien et le mal ». Comment juger moralement l'acte d'un homme qui ne sait pas, comme cela était en apparence le cas avant la chute d'Adam et Ève, ce que sont le bien et le mal ? Nous ne jugeons pas un enfant ; nous lui expliquons qu'il a mal agi, mais même juridiquement nous ne le jugeons pas, parce que nous comprenons qu'il ne sait tout simplement pas encore ce que sont le bien et le mal. Mais ici il s'agit de tout autre chose. Se représenter ainsi la situation est radicalement faux. En réalité, il s'agit du fait que le serpent propose à Adam et Ève d'obtenir la possibilité de décider ce qui est bien et ce qui est mal. « Connaître » (hébr. « yada ») signifie souvent « savoir faire », « maîtriser », « posséder ». La notion de ce qui est bien et de ce qui est mal se trouve au fondement de la création ; c'est une partie porteuse de sens, ou structurante, de l'univers. C'est précisément pourquoi il est dit « comme des dieux » : il leur est proposé de bâtir leur propre petit monde, séparé, où ils seraient leurs propres maîtres. Ensuite, tout est très simple. Il suffit de faire un pas dans la mauvaise direction, et tout s'enchaîne. Il est bien plus facile de s'abstenir entièrement de la tentation que, après s'être permis d'y céder un peu, de lutter ensuite contre sa force décuplée. Telle est la loi de tout péché.

Autres réflexions

 
Pour Gn 2:20-25
20 L’homme donna des noms à tous les bestiaux, aux oiseaux du ciel et à toutes les bêtes sauvages, mais, pour un homme, il ne trouva pas l’aide qui lui fût assortie.
21 Alors Yahvé Dieu fit tomber une torpeur sur l’homme, qui s’endormit. Il prit une de ses côtes et referma la chair à sa place.
22 Puis, de la côte qu’il avait tirée de l’homme, Yahvé Dieu façonna une femme et l’amena à l’homme.
23 Alors celui-ci s’écria : « Pour le coup, c’est l’os de mes os et la chair de ma chair ! Celle-ci sera appelée « femme », car elle fut tirée de l’homme, celle-ci ! »
24 C’est pourquoi l’homme quitte son père et sa mère et s’attache à sa femme, et ils deviennent une seule chair.
25 Or tous deux étaient nus, l’homme et sa femme, et ils n’avaient pas honte l’un devant l’autre.
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Une situation intéressante se dessine avec les noms (ou les appellations ? le mot hébreu correspondant permet les deux traductions) que l'homme donne aux animaux qui l'entourent au cours de la recherche...  Lire la suite

Une situation intéressante se dessine avec les noms (ou les appellations ? le mot hébreu correspondant permet les deux traductions) que l'homme donne aux animaux qui l'entourent au cours de la recherche d'une aide « qui lui corresponde ». La définition elle-même est significative : l'expression hébraïque correspondante signifie littéralement « une aide se tenant face à face », comme un égal, comme un interlocuteur avec qui l'on peut communiquer. Il n'est pas étonnant que, dans le monde animal, personne d'égal à l'homme ne se trouve.

Mais c'est justement ici que l'homme fait largement usage de sa capacité à donner des noms. Il n'y a là rien d'étonnant : donner un nom ou nommer une chose signifiait avant tout déterminer sa place dans le monde humain, et aussi étendre sur elle le pouvoir que le maître possède sur ce qui lui appartient. Mais aucun de ceux avec qui l'homme établit de telles relations ne peut naturellement devenir pour lui l'aide qu'il cherche : il faut ici des relations d'égaux, dans lesquelles les questions de savoir qui est le maître et qui appartient à qui perdent automatiquement leur sens.

Or à celle en qui l'homme voit son égale, la femme que Dieu lui a donnée pour épouse, l'homme ne donne aucun nom. Même le mot « femme, épouse » vient de la même racine que « homme » ou « mâle » : les deux reçoivent un même nom, qui les unit. Ainsi l'homme trouve un autre être humain, une aide « se tenant en face ». Celle envers qui il se rapportera non comme à une chose, non comme à un objet, même animé, mais comme à son prochain. Sans cela, l'homme ne devient pas homme.

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Pour Gn 3:4
4 Le serpent répliqua à la femme : « Pas du tout ! Vous ne mourrez pas !
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La plupart des questions surgissent d'ordinaire à propos de ce que signifie « connaissant le bien et le mal ». Comment peut-on juger l'acte moral d'une personne qui ne sait pas...  Lire la suite

La plupart des questions surgissent d'ordinaire à propos de ce que signifie « connaissant le bien et le mal ». Comment peut-on juger l'acte moral d'une personne qui ne sait pas (comme cela aurait été le cas avant la chute pour Adam et Ève) ce que sont le bien et le mal ? Nous ne jugeons pas un enfant ; nous lui expliquons qu'il a mal agi, mais même au sens purement juridique nous ne le jugeons pas, parce que nous comprenons qu'il ne sait tout simplement pas encore ce que sont le bien et le mal.

Mais ici il s'agit de tout autre chose. Se représenter la situation ainsi est radicalement faux. En réalité, il s'agit du fait que le serpent propose à Adam et Ève d'obtenir la possibilité de décider ce qui est bien et ce qui est mal. « Connaître » (hébr. « yada ») signifie souvent « savoir faire », « maîtriser », « posséder ». La notion de ce qui est bien et de ce qui est mal est au fondement de la création ; c'est une partie structurante, porteuse de sens, de l'Univers. C'est précisément pourquoi il est dit « comme des dieux » : il leur est proposé de construire leur propre petit monde, séparé, où ils seraient leurs propres maîtres.

Et ensuite tout est très simple. Il suffit de faire un pas dans la mauvaise direction, et tout s'enchaîne. Il est beaucoup plus facile de s'abstenir complètement de la tentation que de se dire, après réflexion, que l'on s'en permettra un peu, puis de lutter ensuite contre sa force décuplée. Telle est la loi de tout péché.

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Pour Gn 3:8
8 Ils entendirent le pas de Yahvé Dieu qui se promenait dans le jardin à la brise du jour, et l’homme et sa femme se cachèrent devant Yahvé Dieu parmi les arbres du jardin.
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Pourquoi l'homme a-t-il soudain décidé de se cacher de Dieu ? Qu'est-ce qui le poussait à cet instant ? La peur du châtiment ? Bien sûr, l'homme avait toutes les raisons de craindre le mécontentement de Dieu, comme Dieu avait toutes les raisons d'être mécontent après ce qui était arrivé. Mais l'homme n'avait certainement pas encore oublié ce qu'est...  Lire la suite

Pourquoi l'homme a-t-il soudain décidé de se cacher de Dieu ? Qu'est-ce qui le poussait à cet instant ? La peur du châtiment ? Bien sûr, l'homme avait toutes les raisons de craindre le mécontentement de Dieu, comme Dieu avait toutes les raisons d'être mécontent après ce qui était arrivé. Mais l'homme n'avait certainement pas encore oublié ce qu'est la miséricorde de Dieu et quelle en est la mesure ; il ne pouvait pas ignorer qu'une seule parole de repentir pouvait rétablir des relations déjà en train de se détruire. De même, il ne pouvait pas ne pas comprendre que le refus de la communion devait inévitablement conduire à l'éloigner davantage de celui sans qui le jardin d'Éden deviendrait bientôt pour lui un désert envahi de mauvaises herbes et de buissons épineux. Apparemment, quelque chose de plus sérieux et de plus profond que la peur animait l'homme à ce moment-là.

Peut-être la même chose qui, auparavant, l'avait poussé à goûter au fruit défendu. Qu'était-ce ? Le désir de pouvoir ? L'aspiration à se placer au-dessus de Dieu ? Cela est peu crédible : même nous comprenons qu'il n'y a rien de bon dans de tels désirs, et les hommes qui vivaient avant la chute n'étaient en rien pires que nous, mais infiniment meilleurs. Qu'est-ce qui pouvait les séduire ? Aussi paradoxal que cela paraisse, la principale tentation pouvait justement être les possibilités créatrices de l'homme, infiniment supérieures aux nôtres. Créer un monde remarquable, selon son propre projet, soi-même, par ses propres forces ! Une telle tâche pouvait paraître tout à fait à la portée de l'homme parfait. Et ensuite, peut-être même présenter sa création à Dieu comme un don magnifique et grandiose !

Bien sûr, cette entreprise était condamnée dès le début, et l'homme commença très vite à comprendre que son projet ne réussissait pas. Mais aller alors à la rencontre de Dieu signifiait capituler, reconnaître sa défaite et l'inconsistance de son propre dessein, reconnaître l'échec de tout ce projet grandiose. Il n'est pas étonnant qu'un tel aveu ait été pour l'homme pire que n'importe quel châtiment. Et la tentative de se cacher de Dieu n'était peut-être que le désir de gagner le temps nécessaire pour tout réparer et quand même aller à la rencontre de Dieu non comme un perdant, mais comme un vainqueur triomphant à qui tout ce qu'il avait conçu avait réussi. Alors l'échec créateur se transforma en échec spirituel, en rupture qui, malheureusement, détermina toute l'histoire ultérieure de l'humanité. Une humanité qu'il ne fallait désormais plus conduire en avant, mais tirer de la fosse où elle s'était retrouvée. Une humanité qui, désormais, avait besoin non seulement de transfiguration, mais aussi de salut.

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Pour Gn 3:9-15
9 Yahvé Dieu appela l’homme : « Où es-tu ? » dit-il.
10 « J’ai entendu ton pas dans le jardin, répondit l’homme ; j’ai eu peur parce que je suis nu et je me suis caché. »
11 Il reprit : « Et qui t’a appris que tu étais nu ? Tu as donc mangé de l’arbre dont je t’avais défendu de manger ! »
12 L’homme répondit : « C’est la femme que tu as mise auprès de moi qui m’a donné de l’arbre, et j’ai mangé ! »
13 Yahvé Dieu dit à la femme : « Qu’as-tu fait là ? » Et la femme répondit : « C’est le serpent qui m’a séduite, et j’ai mangé ! »
14 Alors Yahvé Dieu dit au serpent :« Parce que tu as fait cela,
maudit sois-tu entre tous les bestiaux
et toutes les bêtes sauvages.
Tu marcheras sur ton ventre et tu mangeras de la terre
tous les jours de ta vie.
15 Je mettrai une hostilité entre toi et la femme,
entre ton lignage et le sien.
Il t’écrasera la tête
et tu l’atteindras au talon. »
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La chute, telle que la décrit l'auteur du Pentateuque, ne se limite pas à ce qui est arrivé à l'être humain après avoir mangé le fruit défendu. Ce n'était que le commencement. Elle s'est poursuivie dans ce dialogue avec Dieu après lequel le retour à l'état antérieur est devenu...  Lire la suite

La chute, telle que la décrit l'auteur du Pentateuque, ne se limite pas à ce qui est arrivé à l'être humain après avoir mangé le fruit défendu. Ce n'était que le commencement. Elle s'est poursuivie dans ce dialogue avec Dieu après lequel le retour à l'état antérieur est devenu impossible, du moins sans cette action particulière de Dieu que nous connaissons sous le nom de Rédemption. Que s'est-il donc passé lors de la rencontre avec Dieu décrite dans le récit de la chute ?

À première vue, on pourrait croire que l'être humain a simplement eu peur de Dieu. Ce ne serait pas étonnant : il venait de transgresser l'interdit et, selon la logique qui nous est familière, devait s'attendre à une punition. Mais notre logique, celle des êtres humains déchus, voit souvent Dieu tout autrement qu'Il n'est en réalité. Nous avons souvent l'impression que Dieu n'a d'autre souci que de nous punir pour nos péchés.

Pourtant, l'Ancien comme le Nouveau Testament expriment très clairement l'idée que ce n'est pas Dieu qui punit l'être humain pour ses péchés : le péché et ses conséquences deviennent par eux-mêmes son châtiment, tandis que Dieu cherche seulement à libérer du péché l'humanité entière et chaque personne. L'être humain, qui ne s'était pas encore autant éloigné de Dieu que nous le faisons souvent, pouvait difficilement l'ignorer. Ce n'était pas la punition qu'il craignait.

Qu'était-ce donc ? Qu'est-ce qui pouvait pousser l'être humain à éviter la rencontre avec Dieu ? Le fait même d'avoir mangé le fruit défendu ? Ses conséquences ? Lesquelles ? Aussitôt après en avoir mangé, ses yeux s'ouvrent et il voit sa nudité. Pour nous aujourd'hui, le contexte sexuel est évident — mais c'est pour nous aujourd'hui. Pour les anciens, le vêtement était avant tout lié au statut social et à la protection de la personne. Au cours de la chute, l'être humain découvre soudain son incapacité, sa vulnérabilité et son impuissance dans un monde où il est resté seul. Lui qui rêvait de devenir un dieu dans son propre monde !

Il y a de quoi être, sinon désespéré, du moins profondément déconcerté. Et, bien entendu, on n'a aucune envie de voir Dieu dans un tel état. Mieux vaut attendre que tous les problèmes soient résolus et qu'on ait quelque chose à Lui présenter, à Lui montrer ! Alors on pourra aller à Sa rencontre dans toute sa splendeur ! Pour le moment, mieux vaut se retirer dans l'ombre. Et s'Il pose malgré tout des questions, trouver quelqu'un à qui imputer l'échec.

C'est là que la séparation d'avec Dieu devient irréversible : la volonté humaine décide de tout. Dieu peut me pardonner n'importe quel péché et m'aidera à réparer les conséquences de n'importe quelle erreur. Mais si je Lui dis que tout va bien pour moi et que je n'ai pas besoin de Son aide, Il Se tiendra à l'écart. Dès cet instant, toutes les conséquences de tous mes péchés et de toutes mes erreurs seront les miennes, et les miennes seules. Dieu ne S'impose pas. Il est prêt à nous ouvrir Son Royaume. Mais Il ne nous y conduira pas de force, sans notre consentement : notre liberté est pour Lui une valeur absolue.

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Pour Gn 3:11-12
11 Il reprit : « Et qui t’a appris que tu étais nu ? Tu as donc mangé de l’arbre dont je t’avais défendu de manger ! »
12 L’homme répondit : « C’est la femme que tu as mise auprès de moi qui m’a donné de l’arbre, et j’ai mangé ! »
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La chute d’Adam n’est pas seulement une histoire ou une allégorie expliquant les relations de l’homme avec Dieu et sa vie...  Lire la suite

La chute d’Adam n’est pas seulement une histoire ou une allégorie expliquant de telles relations de l’homme avec Dieu et sa vie. C’est un événement quotidien. Chaque jour, nous trouvons des explications à nos actes. Chaque jour, nous rusons et nous trouvons une justification à notre non-accomplissement des commandements. Beaucoup de choses détournent le chrétien de la communion avec Dieu. «Garde la sagesse et la réflexion», lisons-nous dans les Proverbes de Salomon (Pr 3:19-34. La sagesse, c’est le souci de ce qui nous est utile. Si nous croyons fermement et savons que le Royaume des Cieux est le but de notre vie, pourquoi ne cherchons-nous pas ce qui nous rendrait meilleurs? Pourquoi ne cherchons-nous pas à recevoir de la joie dans la communion avec Dieu et les bonnes œuvres? La réflexion n’est pas l’habileté à raisonner, interpréter et définir quoi que ce soit. C’est la capacité de faire un choix. De déterminer ce qui est nécessaire et ce qui est superflu, de séparer nos désirs de ce qui est réellement nécessaire à notre croissance spirituelle. C’est la capacité de décider justement en nous appuyant sur la raison et sur notre expérience de rencontres avec Dieu. Choisir le chemin à la suite du Christ.

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Pour Gn 3:15
15 Je mettrai une hostilité entre toi et la femme,
entre ton lignage et le sien.
Il t’écrasera la tête
et tu l’atteindras au talon. »
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D'où vient l'hostilité entre l’homme et le diable —et pourquoi? Semblerait-il que la réponse est claire : l’homme fut créée ami de Dieu, et le diable est devenu l’ennemi de Dieu. Mais en effet, l'auteur de du pentateuque parle de l'hostilité, qui commence après la chute...  Lire la suite

D'où vient l'hostilité entre l’homme et le diable —et pourquoi? Semblerait-il que la réponse est claire : l’homme fut créée ami de Dieu, et le diable est devenu l’ennemi de Dieu. Mais en effet, l'auteur de du pentateuque parle de l'hostilité, qui commence après la chute, c'est-à-dire lorsque semblerait-il, l’homme est devenu plus proche du diable, qu'il l’était avant la chute! Pourquoi la vraie hostilité commence seulement maintenant? Cependant, si on examinait attentivement la situation qui s’est formée après la chute, la réponse sera assez évidente.

Avant, on ne demandait à l’homme que de garder les frontières extérieures de ce jardin, qui lui était confié par Dieu; à présent les actions de combat se sont déplacées au jardin même, qui a cessé d'être jardin, étant devenu un champ de bataille. Avant la chute l’homme luttait avec le mal, qui était pour lui une force extérieure et une volonté étrangère; maintenant la force, qu’il faudrait désormais résister, s'est trouvée à l’intérieur, et la volonté qui était avant plutôt inflexible, déçois maintenant assez souvent, déçois traitreusement, en jouant du côté de l'ennemi.

Autrefois il y avait un duel, où les participants ne se rapprochaient pas tout près; maintenant il est remplacé par un combat de deux ennemis accrochés l'un contre l'autre à un club d’ennemis, et se délivrer de son ennemi est possible seulement en le détruisant. Telle est devenue la guerre spirituelle après la chute — une guerre non pour la vie, mais pour la mort.

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Pour Gn 3:15
15 Je mettrai une hostilité entre toi et la femme,
entre ton lignage et le sien.
Il t’écrasera la tête
et tu l’atteindras au talon. »
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Si le monde est si bon, si le Dieu qui l’a créé se soucie vraiment de l’homme, comment expliquer alors ce que nous voyons tout autour: pourquoi l’homme ne sait pas vivre en paix avec soi-même, avec sa famille, avec la terre...  Lire la suite

Si le monde est si bon, si le Dieu qui l’a créé se soucie vraiment de l’homme, comment expliquer alors ce que nous voyons tout autour: pourquoi l’homme ne sait pas vivre en paix avec soi-même, avec sa famille, avec la terre ? Pourquoi tous les domaines des relations humaines s’avèrent déformer, et il ne reste à l’homme que de «manger le pain à la sueur de son visage», combattre avec la nature, avec la femme, avec Dieu? Cette question est mise dans la culture et les mythes religieux dès le début de l'histoire humaine.

La Parole donne encore une réponse symbolique et paradoxale : le problème n’est pas dans la jalousie des dieux et non dans la colère des démons – l’homme, Adam, chacun de nous, au plus profond de son essence a voulu vivre sans Dieu, et a reçu à la suite une prise de conscience amère de son impuissance et sa courbature, au lieu de la sagesse et du pouvoir. Et tout ce qui reste du paradis est une lueur d'espoir: un jour l’homme vaincra le serpent... Il est important que cet espoir ne soit pas seulement le fruit de l'irresponsable optimisme humain. Dieu Lui-même, en mettant à l’écart de l'éternité l’homme coupable pour qu'il ne souffre pas éternellement, donne la promesse de la victoire. Cette parole est proprement dit adresser au serpent - et elle nous donne le droit de croire que le serpent sera vaincu, et dans l'histoire de l'univers, et dans notre vie.

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Pour Gn 3:19
19 À la sueur de ton visage
tu mangeras ton pain,
jusqu’à ce que tu retournes au sol,
puisque tu en fus tiré.
Car tu es glaise
et tu retourneras à la glaise. »
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Qu'est donc l'homme: poussière («poudre») ou image de Dieu? Ou bien l'un ne contredit-il pas du tout l'autre? Dieu appelle directement l'homme déchu poussière, en lui indiquant que son destin est de retourner à la poussière dont il a été créé. Qu'est-ce donc: une humiliation, comme punition pour la chute?...  Lire la suite

Qu'est donc l'homme: poussière («poudre») ou image de Dieu? Ou bien l'un ne contredit-il pas du tout l'autre? Dieu appelle directement l'homme déchu poussière, en lui indiquant que son destin est de retourner à la poussière dont il a été créé. Qu'est-ce donc: une humiliation, comme punition pour la chute? Il ne semble pas: car l'homme a réellement été créé de la poussière, de même que, selon la parole de l'auteur sacré, tout l'univers est composé de «minuscules grains de poussière».

Qu'est-ce qui a donc changé pour l'homme après la chute? Avant tout, un certain fatalisme de tout ce qui arrive saute aux yeux. Le sort de l'homme est de retourner à la poussière; désormais rien d'autre n'est donné. En a-t-il toujours été ainsi? Le récit biblique, sinon directement, du moins indirectement, par le contexte, donne à comprendre que non, que le retour à la poussière n'était pas auparavant inévitable pour l'homme.

Qu'est-ce qui a donc changé? La poussière n'est que la nature, ni plus ni moins. Le cycle des morts et des naissances est la caractéristique distinctive des cycles naturels. Et l'homme maintenant n'est qu'une partie de la nature, identique ou presque à toute autre. Et auparavant? Auparavant, sans doute, tout était différent: le principe spirituel en l'homme l'emportait sur le principe naturel, et le retour «à la poussière» n'était pas pour lui inévitable. Maintenant, on le voit, le naturel en lui l'emporte sur le spirituel.

C'est pourquoi, sans doute, la terre ne veut plus lui donner ses fruits: la soumission de la nature à l'esprit est compréhensible et naturelle, mais pourquoi donc la nature se soumettrait-elle à la nature? Ainsi change l'homme après la chute. Avant la chute, il était d'abord et principalement esprit, et seulement ensuite animal. Maintenant, après la chute, il est devenu d'abord et principalement animal, et il est resté esprit dans la mesure où sa nature animale le lui permet.

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Pour Gn 2:18-25
18 Yahvé Dieu dit : « Il n’est pas bon que l’homme soit seul. Il faut que je lui fasse une aide qui lui soit assortie. »
19 Yahvé Dieu modela encore du sol toutes les bêtes sauvages et tous les oiseaux du ciel, et il les amena à l’homme pour voir comment celui-ci les appellerait : chacun devait porter le nom que l’homme lui aurait donné.
20 L’homme donna des noms à tous les bestiaux, aux oiseaux du ciel et à toutes les bêtes sauvages, mais, pour un homme, il ne trouva pas l’aide qui lui fût assortie.
21 Alors Yahvé Dieu fit tomber une torpeur sur l’homme, qui s’endormit. Il prit une de ses côtes et referma la chair à sa place.
22 Puis, de la côte qu’il avait tirée de l’homme, Yahvé Dieu façonna une femme et l’amena à l’homme.
23 Alors celui-ci s’écria : « Pour le coup, c’est l’os de mes os et la chair de ma chair ! Celle-ci sera appelée « femme », car elle fut tirée de l’homme, celle-ci ! »
24 C’est pourquoi l’homme quitte son père et sa mère et s’attache à sa femme, et ils deviennent une seule chair.
25 Or tous deux étaient nus, l’homme et sa femme, et ils n’avaient pas honte l’un devant l’autre.
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Essayons de nous détacher un peu de tout ce que nous savons déjà. Le monde vient tout juste d’être créé, et nous avons devant nous quelque chose...  Lire la suite

Essayons de nous détacher un peu de tout ce que nous savons déjà. Le monde vient tout juste d’être créé, et nous avons devant nous quelque chose de tout à fait nouveau. Nous avons lu comment le Seigneur créait ce monde. Peu à peu, jour après jour, il créait les poissons, les animaux, les oiseaux. Et soudain il apparaît que l’une de ses créatures diffère fondamentalement des autres. Aujourd’hui, pour vous et moi, c’est évident. Mais essayez de regarder de l’extérieur. Ne serait-ce qu’en vous rappelant l’origine de l’homme à partir du singe. Car il semble bien que l’homme soit réellement l’un des animaux. Et pourtant, parmi les animaux, il n’y a personne qui puisse devenir l’aide de l’homme. Il me semble que, lorsque Adam donnait des noms aux animaux, il cherchait quelqu’un qui lui ressemble, et que le Seigneur regardait quel serait son constat. Et quand Adam comprit que, dans le monde créé, il était réellement seul, alors Dieu lui fit un don en lui créant une compagne. Pourquoi la femme a-t-elle été créée séparément précisément pour l’homme ? Il me semble qu’il est important ici de souligner l’unicité de l’homme et sa différence avec les animaux, ainsi que l’unicité de l’homme et de la femme et leur différence l’un par rapport à l’autre.

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Pour Gn 2:4-25
4 Telle fut l’histoire du ciel et de la terre, quand ils furent créés. Au temps où Yahvé Dieu fit la terre et le ciel,
5 il n’y avait encore aucun arbuste des champs sur la terre et aucune herbe des champs n’avait encore poussé, car Yahvé Dieu n’avait pas fait pleuvoir sur la terre et il n’y avait pas d’homme pour cultiver le sol.
6 Toutefois, un flot montait de terre et arrosait toute la surface du sol.
7 Alors Yahvé Dieu modela l’homme avec la glaise du sol, il insuffla dans ses narines une haleine de vie et l’homme devint un être vivant.
8 Yahvé Dieu planta un jardin en Éden, à l’orient, et il y mit l’homme qu’il avait modelé.
9 Yahvé Dieu fit pousser du sol toute espèce d’arbres séduisants à voir et bons à manger, et l’arbre de vie au milieu du jardin, et l’arbre de la connaissance du bien et du mal.
10 Un fleuve sortait d’Éden pour arroser le jardin et de là il se divisait pour former quatre bras.
11 Le premier s’appelle le Pishôn : il contourne tout le pays de Havila, où il y a l’or ;
12 l’or de ce pays est pur et là se trouvent le bdellium et la pierre de cornaline.
13 Le deuxième fleuve s’appelle le Gihôn : il contourne tout le pays de Kush.
14 Le troisième fleuve s’appelle le Tigre : il coule à l’orient d’Assur. Le quatrième fleuve est l’Euphrate.
15 Yahvé Dieu prit l’homme et l’établit dans le jardin d’Éden pour le cultiver et le garder.
16 Et Yahvé Dieu fit à l’homme ce commandement : « Tu peux manger de tous les arbres du jardin.
17 Mais de l’arbre de la connaissance du bien et du mal tu ne mangeras pas, car, le jour où tu en mangeras, tu mourras. »
18 Yahvé Dieu dit : « Il n’est pas bon que l’homme soit seul. Il faut que je lui fasse une aide qui lui soit assortie. »
19 Yahvé Dieu modela encore du sol toutes les bêtes sauvages et tous les oiseaux du ciel, et il les amena à l’homme pour voir comment celui-ci les appellerait : chacun devait porter le nom que l’homme lui aurait donné.
20 L’homme donna des noms à tous les bestiaux, aux oiseaux du ciel et à toutes les bêtes sauvages, mais, pour un homme, il ne trouva pas l’aide qui lui fût assortie.
21 Alors Yahvé Dieu fit tomber une torpeur sur l’homme, qui s’endormit. Il prit une de ses côtes et referma la chair à sa place.
22 Puis, de la côte qu’il avait tirée de l’homme, Yahvé Dieu façonna une femme et l’amena à l’homme.
23 Alors celui-ci s’écria : « Pour le coup, c’est l’os de mes os et la chair de ma chair ! Celle-ci sera appelée « femme », car elle fut tirée de l’homme, celle-ci ! »
24 C’est pourquoi l’homme quitte son père et sa mère et s’attache à sa femme, et ils deviennent une seule chair.
25 Or tous deux étaient nus, l’homme et sa femme, et ils n’avaient pas honte l’un devant l’autre.
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À la lecture attentive du récit de la création de l’homme que nous trouvons au deuxième chapitre du livre de la Genèse, il est facile...  Lire la suite

À la lecture attentive du récit de la création de l’homme que nous trouvons au deuxième chapitre du livre de la Genèse, il est facile de remarquer qu’il constitue une sorte de commentaire et d’explication de la description du sixième « jour de la création » telle que nous la voyons au premier chapitre. En effet, l’apparition même du jardin d’Éden (v.8–14) à la place du désert auparavant stérile (v.4–6) rappelle qu’en un même jour avec l’homme Dieu a créé pour lui tout un monde dans lequel l’homme devait vivre, y compris les animaux domestiques (Gn 1:24–25 ; dans le texte hébreu, il ne s’agit pas simplement de « bétail » comme d’animaux, mais de « bétail » précisément comme animaux domestiques, destinés dès l’origine à l’homme). Ce sont évidemment ces mêmes animaux auxquels l’homme donnera ensuite des « noms », c’est-à-dire des appellations (v.19–20). De même, l’histoire de la création de la femme (plus exactement, de l’homme et de la femme) (v.21–25) ne fait que déployer le sens de cette courte phrase (« il les créa homme et femme ») que nous trouvons dans le récit de la création du monde (Gn 1:27). Nous avons devant nous la description de toute une série d’événements qui se sont produits simultanément ou presque simultanément, pour parler le langage biblique, « en un seul jour ». Et au centre de ces événements se tient l’homme (v.7). Ce qui frappe ici avant tout, c’est que l’homme créé par Dieu ne se distingue nullement par une nature particulière. À cet égard, l’homme ne se démarque en rien : comme tout le reste, il est créé de la poussière (« poussière du sol »). Or la « poussière », dans la Bible, désigne les éléments premiers dont se compose l’univers (Pr 8:26), et l’homme n’est pas unique ici. Son « âme » n’est pas unique non plus ; les animaux ont la même « âme » (v.19 ; cf. Gn 1:20–21 ; 9:4, 5, 10, 12, 15–16), ce qui n’est pas étonnant : le mot hébreu correspondant signifie simplement « vie », au sens de principe vital ou de force vitale présente chez tout être vivant. Si la « poussière » rattache l’homme à toute la nature en général, l’« âme » le rattache à toute la nature vivante. L’unicité de l’homme comme être créé « à l’image et à la ressemblance de Dieu » (Gn. 1:24–25) réside dans le « souffle de vie » que Dieu lui a donné (v.7). Mais ce « souffle » n’appartient pas à l’homme ; il ne fait pas partie de la nature humaine. Il lui est donné, tout en demeurant quelque chose de totalement différent de sa propre nature. À strictement parler, ce n’est pas du tout une nature : car il vient de Dieu, de Celui qui, ayant créé toute la nature, n’est pas lui-même nature. En un certain sens, l’homme est créé dès le commencement comme un être « surnaturel », c’est-à-dire qui dépasse les limites de la nature. Et ce n’est qu’en dépassant ces limites qu’il peut rester lui-même, tel que Dieu l’a conçu. La volonté, qui rend l’homme libre et lui donne la possibilité de choisir ; la raison et le principe créateur, qui l’élèvent au-dessus des instincts naturels ; et même simplement la conscience de soi, qui permet à l’homme de dire de lui-même : « j’existe », tout cela est don de Dieu à chacun de ceux qui viennent au monde. Et c’est le don le plus remarquable : Dieu donne à l’homme son humanité.

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Pour Gn 2:4-25
4 Telle fut l’histoire du ciel et de la terre, quand ils furent créés. Au temps où Yahvé Dieu fit la terre et le ciel,
5 il n’y avait encore aucun arbuste des champs sur la terre et aucune herbe des champs n’avait encore poussé, car Yahvé Dieu n’avait pas fait pleuvoir sur la terre et il n’y avait pas d’homme pour cultiver le sol.
6 Toutefois, un flot montait de terre et arrosait toute la surface du sol.
7 Alors Yahvé Dieu modela l’homme avec la glaise du sol, il insuffla dans ses narines une haleine de vie et l’homme devint un être vivant.
8 Yahvé Dieu planta un jardin en Éden, à l’orient, et il y mit l’homme qu’il avait modelé.
9 Yahvé Dieu fit pousser du sol toute espèce d’arbres séduisants à voir et bons à manger, et l’arbre de vie au milieu du jardin, et l’arbre de la connaissance du bien et du mal.
10 Un fleuve sortait d’Éden pour arroser le jardin et de là il se divisait pour former quatre bras.
11 Le premier s’appelle le Pishôn : il contourne tout le pays de Havila, où il y a l’or ;
12 l’or de ce pays est pur et là se trouvent le bdellium et la pierre de cornaline.
13 Le deuxième fleuve s’appelle le Gihôn : il contourne tout le pays de Kush.
14 Le troisième fleuve s’appelle le Tigre : il coule à l’orient d’Assur. Le quatrième fleuve est l’Euphrate.
15 Yahvé Dieu prit l’homme et l’établit dans le jardin d’Éden pour le cultiver et le garder.
16 Et Yahvé Dieu fit à l’homme ce commandement : « Tu peux manger de tous les arbres du jardin.
17 Mais de l’arbre de la connaissance du bien et du mal tu ne mangeras pas, car, le jour où tu en mangeras, tu mourras. »
18 Yahvé Dieu dit : « Il n’est pas bon que l’homme soit seul. Il faut que je lui fasse une aide qui lui soit assortie. »
19 Yahvé Dieu modela encore du sol toutes les bêtes sauvages et tous les oiseaux du ciel, et il les amena à l’homme pour voir comment celui-ci les appellerait : chacun devait porter le nom que l’homme lui aurait donné.
20 L’homme donna des noms à tous les bestiaux, aux oiseaux du ciel et à toutes les bêtes sauvages, mais, pour un homme, il ne trouva pas l’aide qui lui fût assortie.
21 Alors Yahvé Dieu fit tomber une torpeur sur l’homme, qui s’endormit. Il prit une de ses côtes et referma la chair à sa place.
22 Puis, de la côte qu’il avait tirée de l’homme, Yahvé Dieu façonna une femme et l’amena à l’homme.
23 Alors celui-ci s’écria : « Pour le coup, c’est l’os de mes os et la chair de ma chair ! Celle-ci sera appelée « femme », car elle fut tirée de l’homme, celle-ci ! »
24 C’est pourquoi l’homme quitte son père et sa mère et s’attache à sa femme, et ils deviennent une seule chair.
25 Or tous deux étaient nus, l’homme et sa femme, et ils n’avaient pas honte l’un devant l’autre.
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Que se cache-t-il derrière la description de ce jardin merveilleux où poussent des fruits inconnus, où coulent de grands fleuves, où les oiseaux et les animaux...  Lire la suite

Que se cache-t-il derrière la description de ce jardin merveilleux où poussent des fruits inconnus, où coulent de grands fleuves, où les oiseaux et les animaux inclinent la tête devant l'homme et reçoivent de lui de nouveaux noms, reconnaissant son pouvoir sur toute la terre ? Le langage humain ne peut parler du paradis que par symboles, en dessinant une image d'harmonie et de silence joyeux de la nature, qui sait qu'elle a été créée pour l'homme. C'est précisément l'harmonie qui est sans doute le mot clé de cette image : rien n'assombrit encore les relations entre l'homme et la femme, qui n'ont pas encore désappris à aimer ; rien ne se dresse entre l'homme et les fruits d'Éden ; Dieu et l'homme vivent encore dans un même jardin, ouverts l'un à l'autre, et c'est bien cela, le paradis.

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Pour Gn 2:4-25
4 Telle fut l’histoire du ciel et de la terre, quand ils furent créés. Au temps où Yahvé Dieu fit la terre et le ciel,
5 il n’y avait encore aucun arbuste des champs sur la terre et aucune herbe des champs n’avait encore poussé, car Yahvé Dieu n’avait pas fait pleuvoir sur la terre et il n’y avait pas d’homme pour cultiver le sol.
6 Toutefois, un flot montait de terre et arrosait toute la surface du sol.
7 Alors Yahvé Dieu modela l’homme avec la glaise du sol, il insuffla dans ses narines une haleine de vie et l’homme devint un être vivant.
8 Yahvé Dieu planta un jardin en Éden, à l’orient, et il y mit l’homme qu’il avait modelé.
9 Yahvé Dieu fit pousser du sol toute espèce d’arbres séduisants à voir et bons à manger, et l’arbre de vie au milieu du jardin, et l’arbre de la connaissance du bien et du mal.
10 Un fleuve sortait d’Éden pour arroser le jardin et de là il se divisait pour former quatre bras.
11 Le premier s’appelle le Pishôn : il contourne tout le pays de Havila, où il y a l’or ;
12 l’or de ce pays est pur et là se trouvent le bdellium et la pierre de cornaline.
13 Le deuxième fleuve s’appelle le Gihôn : il contourne tout le pays de Kush.
14 Le troisième fleuve s’appelle le Tigre : il coule à l’orient d’Assur. Le quatrième fleuve est l’Euphrate.
15 Yahvé Dieu prit l’homme et l’établit dans le jardin d’Éden pour le cultiver et le garder.
16 Et Yahvé Dieu fit à l’homme ce commandement : « Tu peux manger de tous les arbres du jardin.
17 Mais de l’arbre de la connaissance du bien et du mal tu ne mangeras pas, car, le jour où tu en mangeras, tu mourras. »
18 Yahvé Dieu dit : « Il n’est pas bon que l’homme soit seul. Il faut que je lui fasse une aide qui lui soit assortie. »
19 Yahvé Dieu modela encore du sol toutes les bêtes sauvages et tous les oiseaux du ciel, et il les amena à l’homme pour voir comment celui-ci les appellerait : chacun devait porter le nom que l’homme lui aurait donné.
20 L’homme donna des noms à tous les bestiaux, aux oiseaux du ciel et à toutes les bêtes sauvages, mais, pour un homme, il ne trouva pas l’aide qui lui fût assortie.
21 Alors Yahvé Dieu fit tomber une torpeur sur l’homme, qui s’endormit. Il prit une de ses côtes et referma la chair à sa place.
22 Puis, de la côte qu’il avait tirée de l’homme, Yahvé Dieu façonna une femme et l’amena à l’homme.
23 Alors celui-ci s’écria : « Pour le coup, c’est l’os de mes os et la chair de ma chair ! Celle-ci sera appelée « femme », car elle fut tirée de l’homme, celle-ci ! »
24 C’est pourquoi l’homme quitte son père et sa mère et s’attache à sa femme, et ils deviennent une seule chair.
25 Or tous deux étaient nus, l’homme et sa femme, et ils n’avaient pas honte l’un devant l’autre.
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Qu'est-ce que l'homme ? Et qu'est-ce que le jardin d'Éden ? À première vue, il peut sembler qu'il s'agisse d'une géographie terrestre tout à fait réelle. Pourtant une telle géographie sacrée existe chez tous les peuples. Chaque peuple a sa terre sacrée...  Lire la suite

Qu'est-ce que l'homme ? Et qu'est-ce que le jardin d'Éden ? À première vue, il peut sembler qu'il s'agisse d'une géographie terrestre tout à fait réelle. Pourtant une telle géographie sacrée existe chez tous les peuples. Chaque peuple a sa terre sacrée, sa patrie mythologique originelle, d'ordinaire là où s'est éveillée la mémoire historique du peuple, là où a commencé pour lui sa propre histoire. Les Juifs se souviennent d'eux-mêmes depuis le temps d'Abraham, donc depuis Harran, en Mésopotamie du Nord, où se trouve aussi le jardin d'Éden. Il y avait encore autre chose : la mémoire des temps que les Grecs appelaient « l'âge d'or », lorsque l'homme vivait en pleine harmonie avec le monde, avec les autres hommes et avec les dieux, et aussi avec lui-même. Le jardin d'Éden du livre de la Genèse unit en lui les traits de la patrie mythologique originelle du judaïsme avec la description du monde au temps de « l'âge d'or » : ainsi l'auteur sacré veut nous dire que ces temps ne sont pas simplement un mythe, qu'autrefois l'homme vivait réellement en pleine harmonie avec Dieu, avec le monde, avec lui-même et avec les autres hommes.

Quel était donc l'homme parfait ? Dans le Poème de la création, il est dit de lui qu'il est, seul parmi tous les êtres vivants créés par Dieu dans notre monde, créé à l'image et à la ressemblance de Dieu. Tous les animaux sont créés chacun selon son « espèce », ou, comme nous dirions aujourd'hui, selon son prototype. Et seul l'homme n'a pas de prototype : chaque homme est créé à l'image de Dieu, et Dieu Lui-même devient pour l'homme le « prototype ». Comment cela est-il possible ? Du point de vue de sa nature, l'homme ne se distingue pas des autres êtres vivants ; il est créé par Dieu à partir de la « poussière de la terre », et c'est de minuscules grains de poussière, pensait-on à l'époque où fut écrit le récit de la création de l'homme, que se compose aussi tout l'univers. Dans la nature humaine comme telle, il n'y a rien d'unique. L'unicité de l'homme est ailleurs : dans ce « souffle de vie » grâce auquel il devient une « âme vivante ». Dans la Bible, l'« âme » n'est pas une structure statique, mais un processus, ce flux de vie dans lequel sont présentes une composante spirituelle et une composante naturelle : il y a là les élans spirituels les plus élevés et la simple physiologie, comme, par exemple, la respiration ou la circulation du sang.

Un philosophe contemporain appellerait sans doute ce flux existence. Telle est l'âme de l'homme au sens biblique du mot. Et le flux de la vie humaine existe dans la qualité où il existe grâce à ce même « souffle de vie », au souffle de Dieu, à la présence de Dieu au centre même de notre propre personne, qui rend possible son existence même. Sans le « souffle de vie » de Dieu, il n'y aurait pas d'homme comme image de Dieu, mais seulement une espèce de primates de plus. Voilà pourquoi il n'y a pas d'homme sans communion continue avec Dieu : la respiration n'est pas un acte ponctuel, mais un processus qui doit se poursuivre sans interruption. L'homme a été conçu et créé par Dieu pour une communion continue avec Lui, hors de laquelle il ne peut tout simplement pas rester lui-même au sens spirituel. Et pourtant Dieu laisse à l'homme la liberté : il peut vivre comme Dieu le lui propose, ou choisir sa propre variante d'existence, sous sa pleine responsabilité pour toutes les conséquences de son choix.

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Pour Gn 3:1-24
1 Le serpent était le plus rusé de tous les animaux des champs que Yahvé Dieu avait faits. Il dit à la femme : « Alors, Dieu a dit : Vous ne mangerez pas de tous les arbres du jardin ? »
2 La femme répondit au serpent : « Nous pouvons manger du fruit des arbres du jardin.
3 Mais du fruit de l’arbre qui est au milieu du jardin, Dieu a dit : Vous n’en mangerez pas, vous n’y toucherez pas, sous peine de mort. »
4 Le serpent répliqua à la femme : « Pas du tout ! Vous ne mourrez pas !
5 Mais Dieu sait que, le jour où vous en mangerez, vos yeux s’ouvriront et vous serez comme des dieux, qui connaissent le bien et le mal. »
6 La femme vit que l’arbre était bon à manger et séduisant à voir, et qu’il était, cet arbre, désirable pour acquérir le discernement. Elle prit de son fruit et mangea. Elle en donna aussi à son mari, qui était avec elle, et il mangea.
7 Alors leurs yeux à tous deux s’ouvrirent et ils connurent qu’ils étaient nus ; ils cousirent des feuilles de figuier et se firent des pagnes.
8 Ils entendirent le pas de Yahvé Dieu qui se promenait dans le jardin à la brise du jour, et l’homme et sa femme se cachèrent devant Yahvé Dieu parmi les arbres du jardin.
9 Yahvé Dieu appela l’homme : « Où es-tu ? » dit-il.
10 « J’ai entendu ton pas dans le jardin, répondit l’homme ; j’ai eu peur parce que je suis nu et je me suis caché. »
11 Il reprit : « Et qui t’a appris que tu étais nu ? Tu as donc mangé de l’arbre dont je t’avais défendu de manger ! »
12 L’homme répondit : « C’est la femme que tu as mise auprès de moi qui m’a donné de l’arbre, et j’ai mangé ! »
13 Yahvé Dieu dit à la femme : « Qu’as-tu fait là ? » Et la femme répondit : « C’est le serpent qui m’a séduite, et j’ai mangé ! »
14 Alors Yahvé Dieu dit au serpent :« Parce que tu as fait cela,
maudit sois-tu entre tous les bestiaux
et toutes les bêtes sauvages.
Tu marcheras sur ton ventre et tu mangeras de la terre
tous les jours de ta vie.
15 Je mettrai une hostilité entre toi et la femme,
entre ton lignage et le sien.
Il t’écrasera la tête
et tu l’atteindras au talon. »
16 À la femme, il dit :« Je multiplierai les peines de tes grossesses,
dans la peine tu enfanteras des fils.
Ta convoitise te poussera vers ton mari
et lui dominera sur toi. »
17 À l’homme, il dit :« Parce que tu as écouté la voix de ta femme et que tu as mangé de l’arbre dont je t’avais interdit de manger,
maudit soit le sol à cause de toi !
À force de peines tu en tireras subsistance
tous les jours de ta vie.
18 Il produira pour toi épines et chardons et tu mangeras l’herbe des champs.
19 À la sueur de ton visage
tu mangeras ton pain,
jusqu’à ce que tu retournes au sol,
puisque tu en fus tiré.
Car tu es glaise
et tu retourneras à la glaise. »
20 L’homme appela sa femme « Ève », parce qu’elle fut la mère de tous les vivants.
21 Yahvé Dieu fit à l’homme et à sa femme des tuniques de peau et les en vêtit.
22 Puis Yahvé Dieu dit : « Voilà que l’homme est devenu comme l’un de nous, pour connaître le bien et le mal ! Qu’il n’étende pas maintenant la main, ne cueille aussi de l’arbre de vie, n’en mange et ne vive pour toujours ! »
23 Et Yahvé Dieu le renvoya du jardin d’Éden pour cultiver le sol d’où il avait été tiré.
24 Il bannit l’homme et il posta devant le jardin d’Éden les chérubins et la flamme du glaive fulgurant pour garder le chemin de l’arbre de vie.
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Le récit biblique de la chute a toujours suscité chez le lecteur de nombreuses questions. Que signifie, que symbolise l'arbre de la connaissance du bien et du mal ? Pourquoi connaître le bien et le mal est-il mauvais ?..  Lire la suite

Le récit biblique de la chute a toujours suscité chez le lecteur de nombreuses questions. Que signifie, que symbolise l'arbre de la connaissance du bien et du mal ? Pourquoi connaître le bien et le mal est-il mauvais ? D'où vient le serpent dans le jardin d'Éden ? Et qu'est-il finalement arrivé aux hommes pendant la chute ? De la réponse à la première question dépend beaucoup de choses. Pourquoi connaître le bien et le mal était-il dangereux pour l'homme ? Pourquoi manger le fruit de cet arbre précisément conduit-il à la mort, ce dont Dieu avertit l'homme ?

Certains ont cru, et croient encore, qu'il s'agit de ce qu'on appelle parfois « l'innocence enfantine », quoi que l'on entende par là. Parfois on parle directement d'« innocence » sexuelle, parfois d'innocence spirituelle et morale. Pour la première, tout est plus ou moins clair : Dieu a ordonné à l'homme de croître et de se multiplier avant même la chute, et Il ne visait guère d'autres moyens que le moyen traditionnel et bien connu. Pour la seconde, c'est un peu plus compliqué, mais ici aussi il n'est pas difficile de deviner que, même si l'on considère les enfants comme « innocents » au sens du bien et du mal (ce qui en soi est loin d'être évident), une telle ignorance exclut complètement toute responsabilité spirituelle ou morale : l'homme apparaît alors comme un être amoral, auquel il est absurde de prescrire quoi que ce soit comme commandement ou comme interdit moral, voire comportemental.

Il s'agit manifestement d'autre chose. Par « bien et mal », dans l'Antiquité, on entendait souvent tout l'univers, que l'on décrivait alors fréquemment au moyen de l'une ou l'autre paire d'opposés englobants, à l'échelle cosmique, tels que, par exemple, « ciel et terre » dans le Poème biblique de la création. « Bien et mal » était aussi l'une de ces paires. Quant à la connaissance dans la Bible, elle est toujours quelque chose de pratique, et non d'abstraitement contemplatif ; elle suppose de pénétrer dans ce qui est connu et d'en prendre possession, et non simplement de l'analyser à distance. Pour connaître le monde, il fallait s'y plonger tête la première, et dans tout le mal qui s'y trouvait aussi. Or il y était déjà dans le monde : les anges étaient tombés avant l'homme, et le serpent dans le jardin d'Éden, symbole de la puissance des ténèbres, le confirme.

Le serpent, parce que dans l'Antiquité le serpent était précisément le symbole de diverses pratiques magiques, qui, du point de vue biblique en tout cas, étaient un mal et un défi lancé à Dieu. C'est ce désir de plonger tête la première dans le mal du monde, de l'essayer, puis de décider soi-même s'il est vraiment mal ou non, qui fait tomber l'homme. Il est tout à fait possible qu'au début l'homme n'ait pas du tout eu l'intention de se brouiller avec Dieu, de Le défier. Il voulait simplement essayer de créer son propre monde, où il déterminerait tout lui-même, y compris la question de savoir ce qui, pour lui, pour l'homme, est bien et ce qui est mal.

Mais l'homme n'eut manifestement pas assez de forces pour créer un tel monde ; dès que ses « yeux s'ouvrirent », il vit sa nudité, sa propre incapacité à la lumière de la tâche qu'il s'était assignée. Reconnaître une telle incapacité devant Dieu est effrayant, non parce qu'Il punira, mais parce qu'il faudra non seulement tomber à ses propres yeux, mais aussi renoncer à un projet si remarquable (ou plutôt à ce rêve creux).

Alors, ne voulant pas reconnaître l'évidence, l'homme commence à rejeter la faute sur ceux qui l'entourent, sur les circonstances, en un mot sur tout et sur tous, sauf sur lui-même. Pourtant, pour Dieu, « la femme que Tu m'as donnée » et le serpent tentateur ne sont pas une excuse. Le refus de reconnaître sa responsabilité dresse un mur entre Dieu et l'homme. Un mur qui déterminera désormais toute la vie de l'humanité, désormais l'humanité déchue.

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Pour Gn 3:1-24
1 Le serpent était le plus rusé de tous les animaux des champs que Yahvé Dieu avait faits. Il dit à la femme : « Alors, Dieu a dit : Vous ne mangerez pas de tous les arbres du jardin ? »
2 La femme répondit au serpent : « Nous pouvons manger du fruit des arbres du jardin.
3 Mais du fruit de l’arbre qui est au milieu du jardin, Dieu a dit : Vous n’en mangerez pas, vous n’y toucherez pas, sous peine de mort. »
4 Le serpent répliqua à la femme : « Pas du tout ! Vous ne mourrez pas !
5 Mais Dieu sait que, le jour où vous en mangerez, vos yeux s’ouvriront et vous serez comme des dieux, qui connaissent le bien et le mal. »
6 La femme vit que l’arbre était bon à manger et séduisant à voir, et qu’il était, cet arbre, désirable pour acquérir le discernement. Elle prit de son fruit et mangea. Elle en donna aussi à son mari, qui était avec elle, et il mangea.
7 Alors leurs yeux à tous deux s’ouvrirent et ils connurent qu’ils étaient nus ; ils cousirent des feuilles de figuier et se firent des pagnes.
8 Ils entendirent le pas de Yahvé Dieu qui se promenait dans le jardin à la brise du jour, et l’homme et sa femme se cachèrent devant Yahvé Dieu parmi les arbres du jardin.
9 Yahvé Dieu appela l’homme : « Où es-tu ? » dit-il.
10 « J’ai entendu ton pas dans le jardin, répondit l’homme ; j’ai eu peur parce que je suis nu et je me suis caché. »
11 Il reprit : « Et qui t’a appris que tu étais nu ? Tu as donc mangé de l’arbre dont je t’avais défendu de manger ! »
12 L’homme répondit : « C’est la femme que tu as mise auprès de moi qui m’a donné de l’arbre, et j’ai mangé ! »
13 Yahvé Dieu dit à la femme : « Qu’as-tu fait là ? » Et la femme répondit : « C’est le serpent qui m’a séduite, et j’ai mangé ! »
14 Alors Yahvé Dieu dit au serpent :« Parce que tu as fait cela,
maudit sois-tu entre tous les bestiaux
et toutes les bêtes sauvages.
Tu marcheras sur ton ventre et tu mangeras de la terre
tous les jours de ta vie.
15 Je mettrai une hostilité entre toi et la femme,
entre ton lignage et le sien.
Il t’écrasera la tête
et tu l’atteindras au talon. »
16 À la femme, il dit :« Je multiplierai les peines de tes grossesses,
dans la peine tu enfanteras des fils.
Ta convoitise te poussera vers ton mari
et lui dominera sur toi. »
17 À l’homme, il dit :« Parce que tu as écouté la voix de ta femme et que tu as mangé de l’arbre dont je t’avais interdit de manger,
maudit soit le sol à cause de toi !
À force de peines tu en tireras subsistance
tous les jours de ta vie.
18 Il produira pour toi épines et chardons et tu mangeras l’herbe des champs.
19 À la sueur de ton visage
tu mangeras ton pain,
jusqu’à ce que tu retournes au sol,
puisque tu en fus tiré.
Car tu es glaise
et tu retourneras à la glaise. »
20 L’homme appela sa femme « Ève », parce qu’elle fut la mère de tous les vivants.
21 Yahvé Dieu fit à l’homme et à sa femme des tuniques de peau et les en vêtit.
22 Puis Yahvé Dieu dit : « Voilà que l’homme est devenu comme l’un de nous, pour connaître le bien et le mal ! Qu’il n’étende pas maintenant la main, ne cueille aussi de l’arbre de vie, n’en mange et ne vive pour toujours ! »
23 Et Yahvé Dieu le renvoya du jardin d’Éden pour cultiver le sol d’où il avait été tiré.
24 Il bannit l’homme et il posta devant le jardin d’Éden les chérubins et la flamme du glaive fulgurant pour garder le chemin de l’arbre de vie.
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« Si tu es ce que tu penses être, prouve-le. Si tu es ton propre maître, deviens comme Dieu ». Voilà la simplicité raffinée de la tentation...  Lire la suite

« Si tu es ce que tu penses être, prouve-le. Si tu es ton propre maître, deviens comme Dieu ». Voilà la simplicité raffinée de la tentation : fais ce qu'il t'appartient de faire selon ta condition. La défaite n'est pas dans ce que nous essayons de faire. Nous sommes vaincus lorsque nous acceptons d'être réellement tels que le diable nous nomme. Quand nous commençons à prouver que nous sommes intelligents, bons, magnanimes, grands, tout-puissants, autonomes, ou n'importe quoi d'autre. Il exige des preuves, et nous nous précipitons pour les fournir. Cela finit toujours de la même manière : en fournissant des preuves au menteur, il est impossible de gagner. Que fait Jésus ? Que nous enseigne-t-il en surmontant la tentation ? Il démasque le menteur et le trompeur non pas en accomplissant ce qu'il pourrait évidemment accomplir. Il n'entre pas dans la dispute, nous montrant qu'il n'a besoin d'aucune preuve. Il nous connaît et ne nous propose jamais un fardeau impossible à porter. Il nous demande de l'amour et de la miséricorde ; quant aux preuves que nous pouvons aimer et exercer la miséricorde, il n'en a pas besoin.

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Pour Gn 3:1-24
1 Le serpent était le plus rusé de tous les animaux des champs que Yahvé Dieu avait faits. Il dit à la femme : « Alors, Dieu a dit : Vous ne mangerez pas de tous les arbres du jardin ? »
2 La femme répondit au serpent : « Nous pouvons manger du fruit des arbres du jardin.
3 Mais du fruit de l’arbre qui est au milieu du jardin, Dieu a dit : Vous n’en mangerez pas, vous n’y toucherez pas, sous peine de mort. »
4 Le serpent répliqua à la femme : « Pas du tout ! Vous ne mourrez pas !
5 Mais Dieu sait que, le jour où vous en mangerez, vos yeux s’ouvriront et vous serez comme des dieux, qui connaissent le bien et le mal. »
6 La femme vit que l’arbre était bon à manger et séduisant à voir, et qu’il était, cet arbre, désirable pour acquérir le discernement. Elle prit de son fruit et mangea. Elle en donna aussi à son mari, qui était avec elle, et il mangea.
7 Alors leurs yeux à tous deux s’ouvrirent et ils connurent qu’ils étaient nus ; ils cousirent des feuilles de figuier et se firent des pagnes.
8 Ils entendirent le pas de Yahvé Dieu qui se promenait dans le jardin à la brise du jour, et l’homme et sa femme se cachèrent devant Yahvé Dieu parmi les arbres du jardin.
9 Yahvé Dieu appela l’homme : « Où es-tu ? » dit-il.
10 « J’ai entendu ton pas dans le jardin, répondit l’homme ; j’ai eu peur parce que je suis nu et je me suis caché. »
11 Il reprit : « Et qui t’a appris que tu étais nu ? Tu as donc mangé de l’arbre dont je t’avais défendu de manger ! »
12 L’homme répondit : « C’est la femme que tu as mise auprès de moi qui m’a donné de l’arbre, et j’ai mangé ! »
13 Yahvé Dieu dit à la femme : « Qu’as-tu fait là ? » Et la femme répondit : « C’est le serpent qui m’a séduite, et j’ai mangé ! »
14 Alors Yahvé Dieu dit au serpent :« Parce que tu as fait cela,
maudit sois-tu entre tous les bestiaux
et toutes les bêtes sauvages.
Tu marcheras sur ton ventre et tu mangeras de la terre
tous les jours de ta vie.
15 Je mettrai une hostilité entre toi et la femme,
entre ton lignage et le sien.
Il t’écrasera la tête
et tu l’atteindras au talon. »
16 À la femme, il dit :« Je multiplierai les peines de tes grossesses,
dans la peine tu enfanteras des fils.
Ta convoitise te poussera vers ton mari
et lui dominera sur toi. »
17 À l’homme, il dit :« Parce que tu as écouté la voix de ta femme et que tu as mangé de l’arbre dont je t’avais interdit de manger,
maudit soit le sol à cause de toi !
À force de peines tu en tireras subsistance
tous les jours de ta vie.
18 Il produira pour toi épines et chardons et tu mangeras l’herbe des champs.
19 À la sueur de ton visage
tu mangeras ton pain,
jusqu’à ce que tu retournes au sol,
puisque tu en fus tiré.
Car tu es glaise
et tu retourneras à la glaise. »
20 L’homme appela sa femme « Ève », parce qu’elle fut la mère de tous les vivants.
21 Yahvé Dieu fit à l’homme et à sa femme des tuniques de peau et les en vêtit.
22 Puis Yahvé Dieu dit : « Voilà que l’homme est devenu comme l’un de nous, pour connaître le bien et le mal ! Qu’il n’étende pas maintenant la main, ne cueille aussi de l’arbre de vie, n’en mange et ne vive pour toujours ! »
23 Et Yahvé Dieu le renvoya du jardin d’Éden pour cultiver le sol d’où il avait été tiré.
24 Il bannit l’homme et il posta devant le jardin d’Éden les chérubins et la flamme du glaive fulgurant pour garder le chemin de l’arbre de vie.
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À la lecture du récit biblique de la chute, une question surgit d’elle-même : pourquoi Dieu interdit-il à l’homme la connaissance...  Lire la suite

À la lecture du récit biblique de la chute, une question surgit d’elle-même : pourquoi Dieu interdit-il à l’homme la connaissance du bien et du mal (Gn 2:16–17) ? Et que veut dire le serpent lorsqu’il dit qu’en connaissant le bien et le mal les hommes « seront comme des dieux » (v.5) ? Car, semble-t-il, sans notions du bien et du mal, aucune morale n’est possible, et donc aucune vie spirituelle non plus. Et l’interdiction elle-même perd alors son sens : comment l’homme aurait-il pu comprendre que la violation de l’interdit était un mal et un péché, s’il ne connaissait ni le bien ni le mal, ni la différence entre eux ? Pour trouver la réponse, il est important de garder à l’esprit que la « connaissance », au sens où l’auteur biblique emploie le mot hébreu correspondant, ne suppose pas simplement une étude abstraite de l’objet connu. « Connaître », dans ce cas, signifie entrer en contact étroit avec ce que l’on connaît, pénétrer et posséder ce qui est connu. Et cela suppose au minimum l’inévitabilité d’un contact direct avec le mal du monde et avec ceux qui le servent. Il n’est pas difficile de prévoir ce que devait devenir pour l’homme un tel contact. Mais dans cette « connaissance » il y a un autre péché, beaucoup plus grave. Car « connaître » signifiait aussi posséder ce qui est connu. Et posséder le « bien et le mal » signifiait posséder tout ce qu’il y a dans le monde de bon et de mauvais. C’est ce que veut dire le serpent lorsqu’il affirme que les hommes « seront comme des dieux » : car si l’homme avait réellement réussi à devenir maître de l’univers, il serait devenu une sorte de petit dieu, possédant sur le monde le même pouvoir que le Créateur lui-même. Il semblerait pourtant que Dieu ait déjà donné à l’homme un tel pouvoir sur le monde (Gn 1:28). Mais il l’a donné à une condition très importante : l’homme laisse à Dieu le soin de déterminer ce qui, dans le monde créé par lui, est bien et ce qui est mal, y compris lorsqu’il s’agit de l’homme lui-même. L’homme ne fait que gérer le monde, comme un intendant dans une maison ; le maître de la maison demeure Dieu qui l’a créée. En prétendant décider lui-même ce qui est bien et ce qui est mal dans le monde, l’homme veut ainsi occuper non plus la place de l’intendant, mais celle du maître de la maison. Bien sûr, cela ne signifie pas que l’homme ait voulu le mal dès le commencement, car le mal ne réside pas dans le pouvoir en tant que tel, mais dans la manière dont l’utilisent ceux entre les mains de qui il se trouve. Peut-être, au début, l’homme pensait-il vraiment qu’en devenant maître de l’univers il pourrait le rendre meilleur. Mais aussitôt après avoir goûté de l’arbre de la connaissance, lorsque les yeux de l’homme « s’ouvrirent » (v.7), il se convainc qu’il n’est nullement un dieu et qu’il ne peut rien faire de bon, non seulement pour l’univers, mais même pour lui-même. La « nudité » signifie ici l’impuissance et la faiblesse de l’homme, qui ne ressemble en rien au dieu qu’il espérait devenir en obtenant, lui semblait-il, une liberté totale et l’indépendance à l’égard de son Créateur. Auparavant, cette « nudité » ne troublait pas l’homme (Gn 2:25) : car il ne prétendait pas à la place de Dieu. Ainsi l’aspiration de l’homme à une prétendue « liberté » et à l’indépendance vis-à-vis de Dieu conduit le monde et l’homme lui-même à une catastrophe dont les conséquences se font sentir jusqu’à aujourd’hui.

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Pour Gn 3:9-24
9 Yahvé Dieu appela l’homme : « Où es-tu ? » dit-il.
10 « J’ai entendu ton pas dans le jardin, répondit l’homme ; j’ai eu peur parce que je suis nu et je me suis caché. »
11 Il reprit : « Et qui t’a appris que tu étais nu ? Tu as donc mangé de l’arbre dont je t’avais défendu de manger ! »
12 L’homme répondit : « C’est la femme que tu as mise auprès de moi qui m’a donné de l’arbre, et j’ai mangé ! »
13 Yahvé Dieu dit à la femme : « Qu’as-tu fait là ? » Et la femme répondit : « C’est le serpent qui m’a séduite, et j’ai mangé ! »
14 Alors Yahvé Dieu dit au serpent :« Parce que tu as fait cela,
maudit sois-tu entre tous les bestiaux
et toutes les bêtes sauvages.
Tu marcheras sur ton ventre et tu mangeras de la terre
tous les jours de ta vie.
15 Je mettrai une hostilité entre toi et la femme,
entre ton lignage et le sien.
Il t’écrasera la tête
et tu l’atteindras au talon. »
16 À la femme, il dit :« Je multiplierai les peines de tes grossesses,
dans la peine tu enfanteras des fils.
Ta convoitise te poussera vers ton mari
et lui dominera sur toi. »
17 À l’homme, il dit :« Parce que tu as écouté la voix de ta femme et que tu as mangé de l’arbre dont je t’avais interdit de manger,
maudit soit le sol à cause de toi !
À force de peines tu en tireras subsistance
tous les jours de ta vie.
18 Il produira pour toi épines et chardons et tu mangeras l’herbe des champs.
19 À la sueur de ton visage
tu mangeras ton pain,
jusqu’à ce que tu retournes au sol,
puisque tu en fus tiré.
Car tu es glaise
et tu retourneras à la glaise. »
20 L’homme appela sa femme « Ève », parce qu’elle fut la mère de tous les vivants.
21 Yahvé Dieu fit à l’homme et à sa femme des tuniques de peau et les en vêtit.
22 Puis Yahvé Dieu dit : « Voilà que l’homme est devenu comme l’un de nous, pour connaître le bien et le mal ! Qu’il n’étende pas maintenant la main, ne cueille aussi de l’arbre de vie, n’en mange et ne vive pour toujours ! »
23 Et Yahvé Dieu le renvoya du jardin d’Éden pour cultiver le sol d’où il avait été tiré.
24 Il bannit l’homme et il posta devant le jardin d’Éden les chérubins et la flamme du glaive fulgurant pour garder le chemin de l’arbre de vie.
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Comme ce que nous lisons aujourd'hui dans le livre de la Genèse ressemble à notre vie. Après cela, il est difficile de douter que la Bible soit un livre non pas sur quelqu'un quelque part, mais sur nous. Ayant transgressé la volonté de Dieu, Adam et Ève...  Lire la suite

Comme ce que nous lisons aujourd'hui dans le livre de la Genèse ressemble à notre vie. Après cela, il est difficile de douter que la Bible soit un livre non pas sur quelqu'un quelque part, mais sur nous. Ayant transgressé la volonté de Dieu, Adam et Ève se cachent, comme nous le faisons d'ordinaire. À la question directe de savoir s'il a mangé des fruits, Adam ne répond pas « oui ». Il dit : « C'est la femme que tu m'as donnée qui m'a persuadé, et voilà, j'ai mangé. » Bien sûr, je n'y suis pour rien ; c'est toi-même qui m'as donné une telle femme, c'est donc toi le coupable de tout, et elle aussi est coupable, mais moi je suis en général la partie lésée...

À la question directe, Ève répond : « Le serpent m'a trompée, moi aussi je n'y suis pour rien. » Le coupable est toujours l'autre. On a tellement peu envie de porter la responsabilité de ses actes... Mais on peut tromper les hommes, on peut aussi se tromper soi-même ; cependant on ne trompe pas le Seigneur. Il voit les coeurs... Il vaut donc mieux, pour nous aussi, regarder notre coeur objectivement, sans essayer de nous tromper nous-mêmes ni de tromper les autres.

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