9 car le fruit de la lumière consiste en toute bonté, justice et vérité. |
10 Discernez ce qui plaît au Seigneur, |
11 et ne prenez aucune part aux œuvres stériles des ténèbres, dénoncez-les plutôt. |
12 Certes, ce que ces gens-là font en cachette, on a honte même de le dire; |
13 mais quand tout cela est dénoncé, c'est dans la lumière qu'on le voit apparaître; |
14 tout ce qui apparaît, en effet, est lumière. C'est pourquoi l'on dit: Éveille-toi, toi qui dors, lève-toi d'entre les morts, et sur toi luira le Christ. |
15 Ainsi prenez bien garde à votre conduite; qu'elle soit celle non d'insensés mais de sages, |
16 qui tirent bon parti de la période présente; car nos temps sont mauvais; |
17 ne vous montrez donc pas inconsidérés, mais sachez voir quelle est la volonté du Seigneur. |
18 Ne vous enivrez pas de vin: on n'y trouve que libertinage; mais cherchez dans l'Esprit votre plénitude. |
19 Récitez entre vous des psaumes, des hymnes et des cantiques inspirés; chantez et célébrez le Seigneur de tout votre cœur. |
Aujourd'hui, l'Église orthodoxe célèbre le lundi du Saint-Esprit, et l'épître aux Éphésiens nous rappelle que « le fruit de l'Esprit consiste en toute bonté, justice et vérité » (v. 9) et nous appelle à « être remplis de l'Esprit » (v. 18). L'apôtre Paul appelle ce nouvel état de l'homme « lumière dans le Seigneur ». L'apôtre Jean emploie la même image de la lumière lorsqu'il parle de l'amour fraternel entre les croyants (1 Jn 2:10). Dans l'esprit de l'amour, nous sommes appelés à « chercher ceux qui se sont égarés » (Mt 18:10-14), à résoudre les problèmes de nos relations (Mt 18:15-18) et, enfin, à recevoir la grâce de Dieu dans une prière unanime, au nom du Christ et en Sa présence, comme Il nous l'a promis.
9 car le fruit de la lumière consiste en toute bonté, justice et vérité. |
10 Discernez ce qui plaît au Seigneur, |
11 et ne prenez aucune part aux œuvres stériles des ténèbres, dénoncez-les plutôt. |
12 Certes, ce que ces gens-là font en cachette, on a honte même de le dire; |
13 mais quand tout cela est dénoncé, c'est dans la lumière qu'on le voit apparaître; |
14 tout ce qui apparaît, en effet, est lumière. C'est pourquoi l'on dit: Éveille-toi, toi qui dors, lève-toi d'entre les morts, et sur toi luira le Christ. |
15 Ainsi prenez bien garde à votre conduite; qu'elle soit celle non d'insensés mais de sages, |
16 qui tirent bon parti de la période présente; car nos temps sont mauvais; |
17 ne vous montrez donc pas inconsidérés, mais sachez voir quelle est la volonté du Seigneur. |
18 Ne vous enivrez pas de vin: on n'y trouve que libertinage; mais cherchez dans l'Esprit votre plénitude. |
19 Récitez entre vous des psaumes, des hymnes et des cantiques inspirés; chantez et célébrez le Seigneur de tout votre cœur. |
Aujourd'hui, l'Église orthodoxe célèbre le jour du Saint-Esprit. L'Épître aux Éphésiens nous rappelle que « le fruit de l'Esprit consiste en toute bonté, justice et vérité » (v. 9) et nous appelle à « être remplis de l'Esprit » (v. 18). Ce nouvel état de l'homme, l'apôtre Paul l'appelle « lumière dans le Seigneur »; l'apôtre Jean recourt lui aussi à cette image de la lumière lorsqu'il parle de l'amour fraternel entre les croyants (1 Jn 2:10). Dans l'esprit de l'amour, nous sommes appelés à « chercher ceux qui se sont égarés » (Mt 18:10-14), à résoudre les problèmes de nos relations (Mt 18:15-18) et enfin à recevoir la grâce de Dieu dans la prière unanime au nom du Christ et en sa présence, comme cela nous a été promis.
9 car le fruit de la lumière consiste en toute bonté, justice et vérité. |
Dans la rubrique «Question — réponse», vous pouvez trouver une question sur ce qu’il faut être pour que l’Esprit Saint descende sur vous, et la réponse à cette question. Le verset de l’épître aux Éphésiens que nous venons de lire dit que ces «conditions préalables», en tout cas, n’incluent pas «toute bonté, justice et vérité», puisqu’elles sont, au contraire, les fruits de l’Esprit. Alors quoi? Pour que l’Esprit descende, faudrait-il être un malfaiteur, un impie et un menteur? Bien sûr que non. Simplement, sans l’Esprit Saint, nous sommes précisément des malfaiteurs, des impies et des menteurs. Il nous faut désirer très fortement cesser de l’être, demander l’Esprit et L’attendre. L’attendre non pas passivement, mais activement, en confessant nos péchés, en veillant, en nous observant nous-mêmes, en percevant chaque écart par rapport à la bonté, à la justice et à la vérité dans notre vie comme un manque de liberté pour l’Esprit Saint en nous, et en nous tournant de nouveau vers Dieu, Lui demandant de nous donner l’Esprit Saint, encore et encore.
10 Discernez ce qui plaît au Seigneur, |
11 et ne prenez aucune part aux œuvres stériles des ténèbres, dénoncez-les plutôt. |
Paul rappelle à plusieurs reprises aux chrétiens d’Éphèse que la vie spirituelle du chrétien est incompatible avec tout péché conscient. Bien sûr, par ignorance ou par faiblesse, chacun pèche d’une manière ou d’une autre, et il en sera ainsi jusqu’à la transfiguration complète de la nature humaine. Mais cela ne donne au chrétien aucune raison de traiter le péché à la légère, dans l’assurance que «Dieu pardonnera tout» parce que «dans le Christ tout péché est pardonné».
Après la venue du Christ, l’homme ne reste effectivement plus jamais seul devant Dieu avec son péché; il peut toujours demander au Sauveur d’intervenir dans la situation, et alors son péché cesse d’être seulement son problème pour devenir aussi le problème du Christ, qu’il résout avec l’homme en prenant sur lui les conséquences qui, autrement, seraient retombées sur la tête du pécheur lui-même.
Mais même avec une telle intervention, il n’est possible de transformer radicalement la situation que lorsque l’homme se repent de son péché et y renonce, non lorsqu’il se croit en droit de continuer à pécher en espérant que «le Christ arrangera tout», sous prétexte que le péché est inévitable jusqu’à la transfiguration complète de l’homme. Or, à en juger par les paroles de l’apôtre, on peut penser qu’il y avait dans l’Église d’Éphèse des personnes qui traitaient le péché avec assez de légèreté. C’est principalement à elles que Paul s’adresse, leur rappelant que l’aide du Christ pour délivrer des conséquences du péché commis n’enlève nullement à l’homme sa responsabilité pour le péché lui-même. On ne peut pas continuer à pécher comme avant, en menant un mode de vie païen habituel, et compter sur le fait qu’ensuite, à la fin du chemin de la vie, on pourra tout d’un coup se repentir de tout et qu’après cela tout finira par s’arranger d’une manière ou d’une autre.
Et il ne s’agit pas ici de dire qu’au dernier jour de la vie terrestre il est trop tard pour se repentir; il s’agit du fait qu’il est fort possible qu’un homme qui n’a pas craint de pécher tout au long de sa vie ne puisse pas non plus se repentir lors de son dernier jour sur terre. Bien sûr, le miracle reste toujours possible, mais il ne vaut pas la peine de renoncer au chemin de la justice et de pécher dans l’espoir d’un miracle à la fin de la vie. Voilà ce que Paul rappelle à ceux de ses frères d’Éphèse qui ont oublié ce qu’il leur avait dit, ou qui n’en avaient jamais rien su.
10 " Gardez-vous de mépriser aucun de ces petits : car, je vous le dis, leurs anges aux cieux voient constamment la face de mon Père qui est aux cieux [ |
11 ]. |
12 " A votre avis, si un homme possède cent brebis et qu'une d'elles vienne à s'égarer, ne va-t-il pas laisser les quatre-vingt-dix-neuf autres sur les montagnes pour s'en aller à la recherche de l'égarée ? |
13 Et s'il parvient à la retrouver, en vérité je vous le dis, il tire plus de joie d'elle que des quatre-vingt-dix-neuf qui ne se sont pas égarées. |
14 Ainsi on ne veut pas, chez votre Père qui est aux cieux, qu'un seul de ces petits se perde. |
15 " Si ton frère vient à pécher, va le trouver et reprends-le, seul à seul. S'il t'écoute, tu auras gagné ton frère. |
16 S'il n'écoute pas, prends encore avec toi un ou deux autres, pour que toute affaire soit décidée sur la parole de deux ou trois témoins. |
17 Que s'il refuse de les écouter, dis-le à la communauté. Et s'il refuse d'écouter même la communauté, qu'il soit pour toi comme le païen et le publicain. |
18 " En vérité je vous le dis : tout ce que vous lierez sur la terre sera tenu au ciel pour lié, et tout ce que vous délierez sur la terre sera tenu au ciel pour délié. |
19 " De même, je vous le dis en vérité, si deux d'entre vous, sur la terre, unissent leurs voix pour demander quoi que ce soit, cela leur sera accordé par mon Père qui est aux cieux. |
20 Que deux ou trois, en effet, soient réunis en mon nom, je suis là au milieu d'eux. " |
Aujourd'hui, l'Église orthodoxe célèbre le jour du Saint-Esprit. L'Épître aux Éphésiens nous rappelle que « le fruit de l'Esprit consiste en toute bonté, justice et vérité » (v. 9) et nous appelle à « être remplis de l'Esprit » (v. 18). Ce nouvel état de l'homme, l'apôtre Paul l'appelle « lumière dans le Seigneur »; l'apôtre Jean recourt lui aussi à cette image de la lumière lorsqu'il parle de l'amour fraternel entre les croyants (1 Jn 2:10). Dans l'esprit de l'amour, nous sommes appelés à « chercher ceux qui se sont égarés » (Mt 18:10-14), à résoudre les problèmes de nos relations (Mt 18:15-18) et enfin à recevoir la grâce de Dieu dans la prière unanime au nom du Christ et en sa présence, comme cela nous a été promis.
10 " Gardez-vous de mépriser aucun de ces petits : car, je vous le dis, leurs anges aux cieux voient constamment la face de mon Père qui est aux cieux [ |
11 ]. |
12 " A votre avis, si un homme possède cent brebis et qu'une d'elles vienne à s'égarer, ne va-t-il pas laisser les quatre-vingt-dix-neuf autres sur les montagnes pour s'en aller à la recherche de l'égarée ? |
13 Et s'il parvient à la retrouver, en vérité je vous le dis, il tire plus de joie d'elle que des quatre-vingt-dix-neuf qui ne se sont pas égarées. |
14 Ainsi on ne veut pas, chez votre Père qui est aux cieux, qu'un seul de ces petits se perde. |
15 " Si ton frère vient à pécher, va le trouver et reprends-le, seul à seul. S'il t'écoute, tu auras gagné ton frère. |
16 S'il n'écoute pas, prends encore avec toi un ou deux autres, pour que toute affaire soit décidée sur la parole de deux ou trois témoins. |
17 Que s'il refuse de les écouter, dis-le à la communauté. Et s'il refuse d'écouter même la communauté, qu'il soit pour toi comme le païen et le publicain. |
18 " En vérité je vous le dis : tout ce que vous lierez sur la terre sera tenu au ciel pour lié, et tout ce que vous délierez sur la terre sera tenu au ciel pour délié. |
19 " De même, je vous le dis en vérité, si deux d'entre vous, sur la terre, unissent leurs voix pour demander quoi que ce soit, cela leur sera accordé par mon Père qui est aux cieux. |
20 Que deux ou trois, en effet, soient réunis en mon nom, je suis là au milieu d'eux. " |
Il est très important qu'aujourd'hui précisément, jour du Saint-Esprit, l'Église nous rappelle la promesse du Seigneur d'être au milieu de nous lorsque nous nous réunissons en Son nom à deux ou trois. Au moment où le Christ prononçait ces paroles, les apôtres comprenaient difficilement comment le Maître pourrait toujours être présent avec tous ceux qui se réuniraient «en Son nom». Tant qu'ils ne l'avaient pas appris et vérifié de leurs propres yeux, par leur propre expérience, ces paroles demeuraient pour eux une énigme. Le Christ, le prévoyant, envoya tout de même aux apôtres ce «paquet» qui atteint son destinataire avec le temps.
Et c'est précisément le jour de la Pentecôte que ce paquet fut livré: «Mais le Défenseur, l'Esprit Saint, que le Père enverra en Mon nom, vous enseignera tout et vous rappellera tout ce que Je vous ai dit» (Jn 14:26). Ce jour-là, l'Esprit donna aux apôtres le sentiment de la présence vivante de leur Maître au milieu d'eux, aussi réelle que lorsqu'ils marchaient ensemble sur les routes de Palestine. Et peut-être même plus réelle encore: l'Esprit «assurait» Sa présence à la fois au milieu d'eux et en chacun d'eux. Parce qu'ils étaient réellement réunis en Son nom.
Il est possible que les apôtres, en attendant la descente de l'Esprit, se soient occupés précisément de ce que Paul énumère dans l'épître aux Éphésiens (Ép 5:9-19). Car c'est là une incarnation tout à fait concrète des paroles «en Son nom», c'est vraiment ce qu'il convient de faire dans l'attente de l'Esprit. Mais en tout cas, les apôtres ont véritablement écouté les paroles du Christ et sont demeurés ensemble. Et cette disposition commune, cette attente fidèle pendant les dix jours depuis l'Ascension, était ce que le Seigneur voulait d'eux. Ce seul pas en réponse auquel Il fait beaucoup plus: Il répand sur nous Sa grâce.
10 " Gardez-vous de mépriser aucun de ces petits : car, je vous le dis, leurs anges aux cieux voient constamment la face de mon Père qui est aux cieux [ |
11 ]. |
12 " A votre avis, si un homme possède cent brebis et qu'une d'elles vienne à s'égarer, ne va-t-il pas laisser les quatre-vingt-dix-neuf autres sur les montagnes pour s'en aller à la recherche de l'égarée ? |
13 Et s'il parvient à la retrouver, en vérité je vous le dis, il tire plus de joie d'elle que des quatre-vingt-dix-neuf qui ne se sont pas égarées. |
14 Ainsi on ne veut pas, chez votre Père qui est aux cieux, qu'un seul de ces petits se perde. |
Les paroles qui recommandent de ne pas mépriser ces petits sont prononcées aussitôt après l'avertissement sur le danger des scandales. Mais seuls les enfants font-ils partie des petits mentionnés? Car si le Christ propose à des adultes de devenir comme des enfants, cela signifie que les petits peuvent être des personnes très diverses, de toute catégorie d'âge.
En conseillant de ne mépriser personne, Il nous donne un commandement très difficile. Beaucoup d'entre nous sont habitués à traiter avec mépris ceux qui ne nous conviennent pas. Il est très commode de se rendre compte qu'on est meilleur que les autres, ces gens si désagréables. Bien plus, beaucoup d'entre nous ont l'habitude de “se perfectionner moralement” en se comparant à de “mauvaises personnes” et en se mettant en valeur sur leur fond.
Mais le Seigneur, ici aussi, regarde et agit autrement. Ceux que nous avons l'habitude de placer plus bas que nous peuvent se révéler beaucoup plus précieux pour Lui que certains “corrects”, précisément parce que nous avons renforcé la douleur des rejetés par nos coups “corrects”.
Et à ces gens bien installés qui ne comprennent pas la statistique du Christ, selon laquelle, pour sauver une seule brebis égarée, on peut laisser tout l'immense troupeau, rappelons que personne n'est assuré de ne jamais devenir une telle brebis. Et alors le Bon Pasteur, laissant tout, ira le sauver lui aussi. Car Il veut que tous soient sauvés jusqu'au dernier.
11 ]. |
Les représentations messianiques traditionnelles de l'époque évangélique supposaient des exigences assez strictes imposées à ceux qui cherchaient le Royaume messianique. On supposait que seuls les justes recevraient le droit d'y entrer. Et le Messie Lui-même, bien sûr, choisirait pour Son entourage le plus proche uniquement des justes. Les pécheurs ne pouvaient avoir place autour de Lui. Il allait de soi, en même temps, que de tels justes existaient. Rien d'étonnant : la justice se comprenait alors dans un contexte exclusivement religieux, comme conformité aux normes et exigences admises dans la communauté religieuse, avant tout aux exigences de pureté rituelle. La pureté rituelle supposait bien sûr aussi l'abstention du péché. Mais tous comprenaient qu'il n'y a pas d'hommes parfaits dans le monde.
L'abstention du péché supposait l'observance des commandements donnés par Dieu autant que cela est possible à l'homme déchu. Mais là aussi la mesure de la justice variait : les uns s'efforçaient de tout accomplir scrupuleusement, sans négliger le moindre détail des nombreuses prescriptions morales et rituelles ; d'autres se limitaient au minimum. Ceux qui accomplissaient, comme il leur semblait, tout exactement, regardaient les autres de haut, certains que, pour eux au moins, les justes, le Royaume était garanti.
Mais Dieu, comme le Messie qu'Il a envoyé, voit la situation tout autrement. Pour Dieu, il n'y a pas de différence entre une « grande » et une « petite », une « pleine » et une « incomplète » justice. La justice n'est pas une propriété de l'homme, mais son état. Et cet état est déterminé par Dieu, non par l'homme. C'est l'action de Dieu qui fait du juste un juste, non ses propres efforts. Bien sûr, il est aussi demandé beaucoup à l'homme dans ce cas, mais la justice ne lui est possible que comme don de Dieu. C'est pourquoi le Messie vient dans le monde avant tout comme Sauveur, non comme Juge. Certes, Sa venue même dans le monde est déjà un jugement.
Les uns L'accueillent, les autres Le rejettent. Cet accueil ou ce rejet détermine le destin de l'homme dans l'éternité. Mais Dieu ne veut la perte de personne. Il envoie Son Fils dans le monde non pour condamner le plus grand nombre possible de pécheurs, mais pour que le plus grand nombre possible d'hommes puisse être sauvé du mal dans lequel gît le monde et entrer dans le Royaume. Il n'y a pas d'hommes sans péché, et il n'a aucun sens pour des hommes déchus de se mesurer les uns aux autres avec une justice qui ne leur appartient pas.
D'autant plus que ni Dieu ni le Sauveur envoyé par Lui ne sont impressionnés par cette justice. De même, la condition pécheresse de l'homme déchu ne choque pas le Messie : Il sait dans quel monde Il est venu et à quels hommes Il aura affaire. Mais Il est venu non pour juger ces hommes, mais pour les sauver. Car le Royaume est pour tous ceux qui cherchent, non pour les seuls justes. Pour le Royaume, même le pécheur le plus notoire peut s'engager sur le chemin de la justice. Mais une justice qui n'a pas le Royaume en vue est une impasse spirituelle. Un chemin qui ne mène nulle part.
15 " Si ton frère vient à pécher, va le trouver et reprends-le, seul à seul. S'il t'écoute, tu auras gagné ton frère. |
Comme tout est simple et évident : si un problème survient entre deux personnes, il faut d’abord essayer de le résoudre à deux. Mais malheureusement nous ne faisons que le contraire : nous discutons de nos relations abîmées avec n’importe qui, mais seulement pas avec celui qu’il faut. Avons-nous peur qu’une discussion directe pourrait révéler la précarité de notre propre position ? Ou alors avons-nous peur que notre adversaire ait raison ? Ou peut être ça ne nous plait pas de pardonner au cas où nous aurions raison et que personne n’aurait vu ou ne saurait notre générosité ? Quoi qu’il en soit, nous essayons d’augmenter notre cote de popularité aux yeux des autres en critiquant et humiliant notre frère avec tous ces commérages et médisances ; et nous le perdons ainsi. Nous avons peur du risque de la défaite lors de la conversation directe, mais n’oublions pas que l’éventuel gain est plus grand : acquérir son frère.
18 " En vérité je vous le dis : tout ce que vous lierez sur la terre sera tenu au ciel pour lié, et tout ce que vous délierez sur la terre sera tenu au ciel pour délié. |
Le seigneur Jésus Christ parle de ceci pour la première fois dans Mt 16:19 lorsqu’Il caractérise l’Église en la personne de Pierre, après que ce dernier L’ait professé Fils du Dieu Vivant ; ensuite est donné le pouvoir n’appartenant qu’a Dieu de pardonner aux gens les péchés. Le seigneur Jésus donne encore ici à ses disciples la première communauté chrétienne, le pouvoir de pardonner les péchés et souligne que tout pardon accordé par l’Église ne s’accompli pas seulement sur la terre mais aussi au ciel c'est-à-dire dans l’éternité.
Il est clair et logique que ce que Dieu a accompli au ciel se reflète dans la vie terrestre des Hommes. Nous voyons ici que Le seigneur a voulu établir dans l’Église un autre rapport : ce que l’Église accomplie sur terre s’étend jusqu’au ciel. L’Église transmet le pardon divin aux gens, et le péché professé dans le sacrement religieux qu’est la pénitence est remis et n’existe plus.
Nous pensons d’habitude que le Seigneur parle du pouvoir comme étant notre faculté ou capacité, ou encore notre force de pardonner. Mais Il parle tout à fait d’un autre pouvoir, qui est dans le Royaume des Cieux. Il faudrait mieux comprendre les mots de Jésus ainsi : Il confie à l’Église un service, dont le but consiste à transmettre Ses pardons. C’est en ceci le sens de l’existence de l’Eglise et de ses sacrements, en effet c’est Jésus Christ lui-même qui donne ce pardon aux mains des apôtres.
Il y a encore un autre sens à ces paroles à savoir: La durée terrestre de notre vie est inestimable, pendant qu’il y a encore du temps nous ne pouvons construire des relations avec les gens qu’ici-bas. Nous pouvons essayer de corriger quelque chose, pardonner et ouvrir de nouveau le cœur à ceux qui nous ont offensés, et demander pardon a ceux que nous avons offensés pendant que nous vivons encore sur terre. Alors nous pourrions mourir avec ce capital spirituel que nous avons accumulé sur terre ; Mais si nous mourons avec un cœur sans pardon, comment pourrions nous être dans le Royaume du pardon et d’amour ?
19 " De même, je vous le dis en vérité, si deux d'entre vous, sur la terre, unissent leurs voix pour demander quoi que ce soit, cela leur sera accordé par mon Père qui est aux cieux. |
20 Que deux ou trois, en effet, soient réunis en mon nom, je suis là au milieu d'eux. " |
Ces paroles frappent l’imagination, et on veut tant reposer la question : est-il possible et réel que « quoi qu’ils ne demandent, cela leur sera accordé » ? Et si…
Le Seigneur parle de toute prière, Il fait savoir que le Père qui est aux Cieux connait tous nos besoins, il nous faut juste chercher Son Royaume et demander « que Ta volonté soit faite ». Deux choses sont très importantes pour nous dans ces paroles de Jésus.
Premièrement il parle de l’entente humaine l’un envers l’autre. Ceci s’avère si important que Dieu promet d’écouter automatiquement la prière unie (en accord) de quelques personnes. Ceci explique dans la pratique pourquoi les chrétiens estiment tant l’Église: puisque c’est effectivement ici que nous demandons ensemble au Père qui est aux Cieux. Ceci signifie en outre dans la pratique que nous pouvons participer à la prière pour les besoins des autres.
Deuxièmement, le Seigneur parle de Sa présence. L’Évangile donne une simple réponse à la question « où est Dieu ? » ou « où est le Royaume des Cieux ? » en disant : la où les gens acceptent d’être ensemble, de partager la vie et les besoins les uns les autres ; c’est à la fois un fait empirique et la promesse de Dieu, dont nous pouvons croire.
20 Que deux ou trois, en effet, soient réunis en mon nom, je suis là au milieu d'eux. " |
Comme il est important s’avère-t-il du point de Dieu notre entente l’un envers l’autre et vice versa. Jésus promet l’accomplissement des demandes communes sans aucunes conditions supplémentaires. On dirait qu’Il ne soupçonne pas de telles choses comme la collusion criminelle ou l’égoïsme collectif. Apparemment Il comprend quelque peu différemment que nous ce que c’est que la prière : pour Lui cette relation avec le Père a une telle ampleur et intimité que la coordination de ces relations par les deux ne peut signifier qu’un amour authentique entre eux. Et comme on chante dans une chanson chrétienne « là ou il y a l’amour, et là se trouve Dieu ».
8 Jadis vous étiez ténèbres, mais à présent vous êtes lumière dans le Seigneur; conduisez-vous en enfants de lumière; |
9 car le fruit de la lumière consiste en toute bonté, justice et vérité. |
10 Discernez ce qui plaît au Seigneur, |
Comment savoir ce qui plait à Dieu? Comment se conduire pour ne pas être coupable devant Lui? Ces questions ne sont pas simples et encore plus, elles sont loin d’être oiseuses, car plusieurs choses dans notre vie dépendent de la réponse pratique à ces questions.
L'apôtre Paul dans l’épître aux Éphésiens utilise un fameux verbe traduit en français comme «discernez». Il signifie en effet «examiner, vérifier, reconnaitre par la vue». L'apôtre nous appelle donc à nous conduire, comme les enfants de la lumière, en examinant nos œuvres, vérifiant si elles seront convenables devant le Visage du Tout-Puissant.
Tous ces mots forment une seule phrase dans le texte grec, et c'est important. La vérification doit être fondé sur des critères, c'est pourquoi l'apôtre appelle le principal critère : les fruits du Saint Esprit. Est donc agréable à Dieu tout ce qui peut être appelé fruits d’action du Saint Esprit dans notre vie. C'est particulièrement toute bonté, la justice et la vérité.
Il peut être que L’apôtre tente de transmettre par ces mots familiers quelque chose, dont les mots ne peuvent transmettre. La langue moderne désigne cela par un terme assez vague "bien". C’est notamment ce que nous appelons «bien», son augmentation (et, donc, la diminution du mal) qui devient pour l'apôtre Paul le critère sur lequel nos œuvres et notre vie plaisent à Dieu.
8 Jadis vous étiez ténèbres, mais à présent vous êtes lumière dans le Seigneur; conduisez-vous en enfants de lumière; |
9 car le fruit de la lumière consiste en toute bonté, justice et vérité. |
10 Discernez ce qui plaît au Seigneur, |
Comment savoir ce qui plaît à Dieu ? Comment agir pour ne pas être coupable devant lui ? Ces questions ne sont pas simples et, surtout, elles sont loin d'être oiseuses, car beaucoup dans notre vie dépend de la réponse pratique qu'on leur donne. Dans la lettre aux Éphésiens, l'apôtre Paul emploie un verbe remarquable, traduit en russe par « éprouver ». Il signifie réellement « éprouver, vérifier, découvrir la vérité sur quelque chose ». Ce verbe était utilisé lorsqu'on vérifiait l'aptitude des recrues au service militaire ; à cette époque, il n'y avait pas de commission médicale, et l'on vérifiait la capacité à lancer une lance et des choses semblables. Cela signifie que l'apôtre nous appelle à agir comme des enfants de lumière, en vérifiant nos actes « quant à leur aptitude », en vérifiant s'ils seront agréables devant la face du Tout-Puissant.
Dans le texte grec, toutes ces paroles forment une seule phrase, et c'est important. Une épreuve doit reposer sur des critères, et c'est pourquoi l'apôtre nomme le critère principal : les fruits de l'Esprit Saint. Ainsi, ce qui plaît à Dieu, c'est ce que l'on peut appeler les fruits de l'action de l'Esprit Saint dans notre vie. Il s'agit principalement de toute bonté, justice et vérité. Peut-être l'apôtre essaie-t-il, par ces mots étroitement liés, d'exprimer quelque chose qui ne tient pas dans les mots. Le langage moderne désigne cela par le terme assez vague de « bien ». C'est précisément ce que nous appelons le bien, sa croissance et donc la diminution du mal, qui devient pour l'apôtre Paul le critère permettant de savoir si nos actes et la vie elle-même sont agréables à Dieu.
8 Jadis vous étiez ténèbres, mais à présent vous êtes lumière dans le Seigneur; conduisez-vous en enfants de lumière; |
9 car le fruit de la lumière consiste en toute bonté, justice et vérité. |
Comme on voit, pour Paul la vie chrétienne est une vie dans ce Royaume, qu'a apporté au monde le Sauveur. C'est pourquoi il appelle les chrétiens «les enfants de lumière» : il s’agit sans doute de cette lumière, avec laquelle on liait encore avant l'ère chrétienne, et avec laquelle s’accompagnait la présence de Dieu. Et puisque le Royaume est pénétré par cette présence, il est pénétré par la lumière. Les signes distinctifs de l’homme vivant la vie du Royaume, l'apôtre trouve la bonté, la justice et la vérité. Relativement à la justice, aucune question spéciale n'apparaît: car la vie dans le Royaume est inconcevable sans la justice. Bien sûr cela ne signifie pas du tout que l'on peut devenir juste tout seul, sans l'aide de Dieu, seulement en respectant certaines normes et règles, même les plus remarquables.
La justice de l’homme est toujours seulement le reflet de la justice de Dieu, et juste devrait bien sûr être considéré non pas l’homme sans péché (il n’y a simplement pas de telles personnes dans le monde, excepté le Sauveur), mais l’homme, qui sait suivre Dieu et témoigner de Lui en dépit de son propre état pécheur. Mais tout ceci était connu et avant l'arrivée au monde du Christ. Avec la bonté tout n’est pas aussi univoque: le mot correspondant grec est assez universel, il peut désigner tout de bon en général qu’on rencontre dans le monde et dans la nature humaine. Mais prédomine dans son champ sémantique l'idée de la bénignité, la qualité, comme dans ce mot juif, dont elle est l'équivalent. C'est cette même «bonté», qui était propre au monde à la création, lorsque Dieu, créant le monde, regarda sur ce qu’Il a créé, Se persuadant qu’il est «tout à fait bien» (ou «très bon», selon la traduction Bible de Jérusalem).
Elle a disparu, a cessé d'être propre au monde après la chute. Mais il n’y a aucune claudication dans le Royaume, et chacun vivant sa vie, s'en débarrasse, et avant tout en ce qui concerne sa propre nature humaine. Avant c'était impossible pour tout le monde, même pour le juste, maintenant cette possibilité s'est ouverte à chacun, qui se joint à la vie du Royaume. Et la plénitude de la vie est aussi inséparable de la vérité, qui devient maintenant non pas une spéculation, dont elle était autrefois, mais une réalité. Certes, l'idéal de la Justice existait toujours, et longtemps avant l'arrivée au monde du Sauveur, mais il restait toujours inaccessible.
Maintenant l'idéal est devenu la réalité : ce n’est pas par hasard que Jésus parle de Lui-même comme le chemin, la vérité et la vie : Il porte en Lui le Royaume, à travers Lui on peut joindre le Royaume, Il est la plénitude de la vie et la vérité personnifiée, l'idéal personnifié de la justice, et dans l'union avec Lui, chaque chrétien peut et doit devenir un tel idéal personnifié de la justice. Paul exhorte à cela les destinataires de son message : car il comprend que la vie chrétienne n’est possible que comme la vie du Royaume dans toute sa plénitude.
1 Oui, cherchez à imiter Dieu, comme des enfants bien-aimés, |
2 et suivez la voie de l'amour, à l'exemple du Christ qui vous a aimés et s'est livré pour nous, s'offrant à Dieu en sacrifice d'agréable odeur. |
3 Quant à la fornication, à l'impureté sous toutes ses formes, ou encore à la cupidité, que leurs noms ne soient même pas prononcés parmi vous: c'est ce qui sied à des saints. |
4 De même pour les grossièretés, les inepties, les facéties: tout cela ne convient guère; faites entendre plutôt des actions de grâces. |
5 Car, sachez-le bien, ni le fornicateur, ni le débauché, ni le cupide - qui est un idolâtre - n'ont droit à l'héritage dans le Royaume du Christ et de Dieu. |
6 Que nul ne vous abuse par de vaines raisons: ce sont bien de tels désordres qui attirent la colère de Dieu sur ceux qui lui résistent. |
7 N'ayez donc rien de commun avec eux. |
8 Jadis vous étiez ténèbres, mais à présent vous êtes lumière dans le Seigneur; conduisez-vous en enfants de lumière; |
9 car le fruit de la lumière consiste en toute bonté, justice et vérité. |
10 Discernez ce qui plaît au Seigneur, |
11 et ne prenez aucune part aux œuvres stériles des ténèbres, dénoncez-les plutôt. |
12 Certes, ce que ces gens-là font en cachette, on a honte même de le dire; |
13 mais quand tout cela est dénoncé, c'est dans la lumière qu'on le voit apparaître; |
14 tout ce qui apparaît, en effet, est lumière. C'est pourquoi l'on dit: Éveille-toi, toi qui dors, lève-toi d'entre les morts, et sur toi luira le Christ. |
15 Ainsi prenez bien garde à votre conduite; qu'elle soit celle non d'insensés mais de sages, |
16 qui tirent bon parti de la période présente; car nos temps sont mauvais; |
17 ne vous montrez donc pas inconsidérés, mais sachez voir quelle est la volonté du Seigneur. |
18 Ne vous enivrez pas de vin: on n'y trouve que libertinage; mais cherchez dans l'Esprit votre plénitude. |
19 Récitez entre vous des psaumes, des hymnes et des cantiques inspirés; chantez et célébrez le Seigneur de tout votre cœur. |
20 En tout temps et à tout propos, rendez grâces à Dieu le Père, au nom de notre Seigneur Jésus Christ. |
21 Soyez soumis les uns aux autres dans la crainte du Christ. |
En parlant de la vie spirituelle, Paul ne se lasse pas de répéter que la plénitude du Royaume est incompatible avec tout péché (v. 3-7). Ces mentions si insistantes de ce fait évident étaient, manifestement, liées au fait que, pour beaucoup de chrétiens (et peut-être pas seulement à Éphèse), il n'était pas du tout évident. À en juger par certains enseignements de l'apôtre dans sa lettre aux chrétiens d'Éphèse, ceux-ci étaient manifestement déjà prêts à se résigner à ce que le péché demeure tout de même, dans une certaine mesure, une part de leur vie (v. 1-3, 15-21).
Cela tenait sans doute au fait que beaucoup, dans l'Église d'Éphèse, regardaient le christianisme non comme une vie dans le Royaume, mais comme une nouvelle religion, peut-être comme une variante particulière du judaïsme pour les païens. Dans ce cas, il aurait fallu se résigner au fait que le péché existe dans la vie des fidèles: il n'y a pas d'hommes sans péché, et le judaïsme n'a jamais exigé de l'homme l'impossible; il exigeait seulement l'exclusion absolue du péché commis consciemment et volontairement, et non de tout péché en général. Ce dernier point était un idéal inaccessible vers lequel on pouvait et devait tendre, mais qu'on ne pouvait exiger de personne comme norme de vie.
Apparemment, les chrétiens d'Éphèse voyaient les choses de la même manière, en acceptant comme un fait donné les péchés de certains de leurs frères. Paul, lui, comprend parfaitement que le christianisme n'est pas du tout une nouvelle religion, mais précisément la vie dans le Royaume; c'est pourquoi il insiste sur un idéal qui, dans le Royaume, peut et doit devenir réalité. Il sait que, pour un chrétien, le péché signifie non seulement un écart du chemin de la justice, mais aussi la perte du Royaume, qui n'est pas toujours visible d'emblée seulement parce qu'il ne s'est pas encore pleinement révélé dans notre monde en voie de transfiguration, mais encore non transfiguré. Celui qui a péché se trouve de façon tout à fait réelle dans ces ténèbres extérieures que le Sauveur lui-même oppose au Royaume; et s'il ne s'en rend pas toujours compte, c'est seulement parce qu'il lui reste encore la possibilité d'éviter à la fois le choix définitif qu'il devra faire au dernier Jugement et toute la plénitude des conséquences du péché qu'il a commis, conséquences qui restent cachées à l'homme jusqu'à la fin des temps.
Mais Paul appelle ses lecteurs à regarder la situation avec les yeux d'un homme pour qui la fin des temps est déjà arrivée, et à évaluer chacun de ses actes en conséquence, afin de devenir habitant du Royaume en pleine mesure, ici et maintenant.
15 " Si ton frère vient à pécher, va le trouver et reprends-le, seul à seul. S'il t'écoute, tu auras gagné ton frère. |
16 S'il n'écoute pas, prends encore avec toi un ou deux autres, pour que toute affaire soit décidée sur la parole de deux ou trois témoins. |
17 Que s'il refuse de les écouter, dis-le à la communauté. Et s'il refuse d'écouter même la communauté, qu'il soit pour toi comme le païen et le publicain. |
18 " En vérité je vous le dis : tout ce que vous lierez sur la terre sera tenu au ciel pour lié, et tout ce que vous délierez sur la terre sera tenu au ciel pour délié. |
19 " De même, je vous le dis en vérité, si deux d'entre vous, sur la terre, unissent leurs voix pour demander quoi que ce soit, cela leur sera accordé par mon Père qui est aux cieux. |
20 Que deux ou trois, en effet, soient réunis en mon nom, je suis là au milieu d'eux. " |
21 Alors Pierre, s'avançant, lui dit : " Seigneur, combien de fois mon frère pourra-t-il pécher contre moi et devrai-je lui pardonner ? Irai-je jusqu'à sept fois ? " |
22 Jésus lui dit : " Je ne te dis pas jusqu'à sept fois, mais jusqu'à soixante-dix-sept fois. |
23 " A ce propos, il en va du Royaume des Cieux comme d'un roi qui voulut régler ses comptes avec ses serviteurs. |
24 L'opération commencée, on lui en amena un qui devait dix mille talents. |
25 Cet homme n'ayant pas de quoi rendre, le maître donna l'ordre de le vendre, avec sa femme, ses enfants et tous ses biens, et d'éteindre ainsi la dette. |
26 Le serviteur alors se jeta à ses pieds et il s'y tenait prosterné en disant : "Consens-moi un délai, et je te rendrai tout. " |
27 Apitoyé, le maître de ce serviteur le relâcha et lui fit remise de sa dette. |
28 En sortant, ce serviteur rencontra un de ses compagnons, qui lui devait cent deniers ; il le prit à la gorge et le serrait à l'étrangler, en lui disant : "Rends tout ce que tu dois. " |
29 Son compagnon alors se jeta à ses pieds et il le suppliait en disant : "Consens-moi un délai, et je te rendrai. " |
30 Mais l'autre n'y consentit pas; au contraire, il s'en alla le faire jeter en prison, en attendant qu'il eût remboursé son dû. |
31 Voyant ce qui s'était passé, ses compagnons en furent navrés, et ils allèrent raconter toute l'affaire à leur maître. |
32 Alors celui-ci le fit venir et lui dit : "Serviteur méchant, toute cette somme que tu me devais, je t'en ai fait remise, parce que tu m'as supplié ; |
33 ne devais-tu pas, toi aussi, avoir pitié de ton compagnon comme moi j'ai eu pitié de toi ?" |
34 Et dans son courroux son maître le livra aux tortionnaires, jusqu'à ce qu'il eût remboursé tout son dû. |
35 C'est ainsi que vous traitera aussi mon Père céleste, si chacun de vous ne pardonne pas à son frère du fond du cœur. " |
La lecture d’aujourd’hui est consacrée à l’un des thèmes évangéliques les plus importants : le pardon des péchés. Le sens de la parabole comme celui de l’enseignement se résume à ceci : Dieu ne nous pardonne nos péchés que si nous sommes nous-mêmes prêts à pardonner les péchés de ceux qui pèchent contre nous.
On interprète parfois cette exigence comme un appel au pardon indistinct de tout. Mais une lecture plus attentive du texte montre qu’il n’en est pas du tout ainsi. En effet, ce pardon indistinct suppose souvent que la personne offensée ne remarque tout simplement pas le péché commis contre elle ou n’y prête pas attention. Dans les milieux chrétiens, on entend même parfois des appels à apprendre à ignorer les péchés de son prochain, y compris ceux qui sont dirigés contre nous. Cependant, dans la pratique, une telle ignorance conduit habituellement tôt ou tard à une explosion émotionnelle, dans laquelle toutes les blessures accumulées se déversent au dehors, au point qu’il ne reste aucune trace de l’apparence de paix.
Jésus, Lui, n’appelle nullement à ignorer le péché ; au contraire, Il juge nécessaire d’appeler les choses par leur nom, ouvertement et, si nécessaire, en présence de témoins, parfois même publiquement, dans l’assemblée de l’Église (v. 15-17). Bien sûr, une telle explication peut mener non seulement à la réconciliation, mais aussi à la rupture ; cependant, dans tous les cas, les choses auront été clarifiées dans les relations entre les personnes, et ce n’est qu’alors que le pardon et la restauration des relations deviendront possibles.
Ce n’est pas un hasard si l’enseignement parle aussi de l’assemblée des fidèles (v. 19-20) : elle est impossible tant que les relations ne sont pas restaurées. Mais on ne peut les restaurer en ne remarquant pas le péché ou en l’ignorant ; cela n’est possible que par le repentir, d’une part, et par le pardon du péché, d’autre part.
Et cela n’a rien d’étonnant : il est ici question de la vie spirituelle, où les relations, aussi bien entre les personnes qu’entre chaque personne et Dieu, passent au premier plan. Ne pas remarquer le péché, faire comme si rien ne s’était passé entre frères, signifierait dès le départ construire ces relations sur le mensonge, ce qui serait une grave erreur spirituelle.
Mais une erreur non moins grande serait d’absolutiser le péché, de le considérer comme quelque chose qui aurait désormais rendu à jamais impossibles des relations normales entre frères. Bien sûr, dans notre monde encore non transfiguré, les conséquences d’un péché commis consciemment et délibérément étaient effectivement tenues pour irréversibles ; mais nous ne vivons déjà plus dans les temps anciens, nous vivons à l’époque du Royaume qui vient et se révèle, et désormais le péché, même commis consciemment, ne peut avoir de conséquences irréversibles si celui qui l’a commis se repent sincèrement de ce qu’il a fait. Et si nous vivons dans le Royaume, nous saurons discerner la personne derrière son péché, et donc nous saurons aussi lui pardonner ; sinon, un seul péché commis contre nous détruira pour toujours nos relations avec elle.
Mais nous ne pouvons compter sur le pardon de nos propres péchés que dans le Royaume. Dieu n’exige pas de nous de pardonner les péchés du prochain parce que, sans cela, nous ne serions pas assez bons pour Lui et pour le Royaume ; simplement, en ne manifestant pas la disposition à tout pardonner au prochain et à recommencer une relation avec lui, nous refusons aussi le Royaume, où tout commence précisément à partir d’une page blanche, y compris pour nous-mêmes.
15 " Si ton frère vient à pécher, va le trouver et reprends-le, seul à seul. S'il t'écoute, tu auras gagné ton frère. |
16 S'il n'écoute pas, prends encore avec toi un ou deux autres, pour que toute affaire soit décidée sur la parole de deux ou trois témoins. |
17 Que s'il refuse de les écouter, dis-le à la communauté. Et s'il refuse d'écouter même la communauté, qu'il soit pour toi comme le païen et le publicain. |
18 " En vérité je vous le dis : tout ce que vous lierez sur la terre sera tenu au ciel pour lié, et tout ce que vous délierez sur la terre sera tenu au ciel pour délié. |
19 " De même, je vous le dis en vérité, si deux d'entre vous, sur la terre, unissent leurs voix pour demander quoi que ce soit, cela leur sera accordé par mon Père qui est aux cieux. |
20 Que deux ou trois, en effet, soient réunis en mon nom, je suis là au milieu d'eux. " |
21 Alors Pierre, s'avançant, lui dit : " Seigneur, combien de fois mon frère pourra-t-il pécher contre moi et devrai-je lui pardonner ? Irai-je jusqu'à sept fois ? " |
22 Jésus lui dit : " Je ne te dis pas jusqu'à sept fois, mais jusqu'à soixante-dix-sept fois. |
23 " A ce propos, il en va du Royaume des Cieux comme d'un roi qui voulut régler ses comptes avec ses serviteurs. |
24 L'opération commencée, on lui en amena un qui devait dix mille talents. |
25 Cet homme n'ayant pas de quoi rendre, le maître donna l'ordre de le vendre, avec sa femme, ses enfants et tous ses biens, et d'éteindre ainsi la dette. |
26 Le serviteur alors se jeta à ses pieds et il s'y tenait prosterné en disant : "Consens-moi un délai, et je te rendrai tout. " |
27 Apitoyé, le maître de ce serviteur le relâcha et lui fit remise de sa dette. |
28 En sortant, ce serviteur rencontra un de ses compagnons, qui lui devait cent deniers ; il le prit à la gorge et le serrait à l'étrangler, en lui disant : "Rends tout ce que tu dois. " |
29 Son compagnon alors se jeta à ses pieds et il le suppliait en disant : "Consens-moi un délai, et je te rendrai. " |
30 Mais l'autre n'y consentit pas; au contraire, il s'en alla le faire jeter en prison, en attendant qu'il eût remboursé son dû. |
31 Voyant ce qui s'était passé, ses compagnons en furent navrés, et ils allèrent raconter toute l'affaire à leur maître. |
32 Alors celui-ci le fit venir et lui dit : "Serviteur méchant, toute cette somme que tu me devais, je t'en ai fait remise, parce que tu m'as supplié ; |
33 ne devais-tu pas, toi aussi, avoir pitié de ton compagnon comme moi j'ai eu pitié de toi ?" |
34 Et dans son courroux son maître le livra aux tortionnaires, jusqu'à ce qu'il eût remboursé tout son dû. |
35 C'est ainsi que vous traitera aussi mon Père céleste, si chacun de vous ne pardonne pas à son frère du fond du cœur. " |
Dans la parabole, l'incommensurabilité de nos dettes mutuelles et du pardon de Dieu est soulignée : une myriade de talents vaut un million de fois plus que cent deniers (un tel numéral n'existe tout simplement pas en grec). C'est comme si, ayant reçu un appartement en cadeau, nous arrachions un rouble à quelque mendiant (on peut imaginer des comparaisons encore plus grandioses). D'un autre côté, une dette de cent deniers est aussi une somme : l'offense infligée par nos proches peut être très amère.
Nous devons tous quelque chose les uns aux autres ; tous, d'une manière ou d'une autre, nous blessons et nous nous sentons blessés. Mais lorsque Dieu entre dans l'écheveau compliqué et confus de nos offenses mutuelles et de nos anciennes dettes, Il rompt tout l'équilibre moral et matériel de nos relations humaines. Cela se produit lorsque, face au malheur, nos désaccords et nos querelles pâlissent, ou lorsque, sur le lit de mort, la vie acquiert une telle gravité que les offenses et les blessures que nous nous sommes infligées les uns aux autres paraissent absurdes.
1 A ce moment les disciples s'approchèrent de Jésus et dirent : " Qui donc est le plus grand dans le Royaume des Cieux ? " |
2 Il appela à lui un petit enfant, le plaça au milieu d'eux |
3 et dit : " En vérité je vous le dis, si vous ne retournez à l'état des enfants, vous n'entrerez pas dans le Royaume des Cieux. |
4 Qui donc se fera petit comme ce petit enfant-là, celui-là est le plus grand dans le Royaume des Cieux. |
5 " Quiconque accueille un petit enfant tel que lui à cause de mon nom, c'est moi qu'il accueille. |
6 Mais si quelqu'un doit scandaliser l'un de ces petits qui croient en moi, il serait préférable pour lui de se voir suspendre autour du cou une de ces meules que tournent les ânes et d'être englouti en pleine mer. |
7 Malheur au monde à cause des scandales! Il est fatal, certes, qu'il arrive des scandales, mais malheur à l'homme par qui le scandale arrive! |
8 " Si ta main ou ton pied sont pour toi une occasion de péché, coupe-les et jette-les loin de toi : mieux vaut pour toi entrer dans la Vie manchot ou estropié que d'être jeté avec tes deux mains ou tes deux pieds dans le feu éternel. |
9 Et si ton œil est pour toi une occasion de péché, arrache-le et jette-le loin de toi: mieux vaut pour toi entrer borgne dans la Vie que d'être jeté avec tes deux yeux dans la géhenne de feu. |
10 " Gardez-vous de mépriser aucun de ces petits : car, je vous le dis, leurs anges aux cieux voient constamment la face de mon Père qui est aux cieux [ |
11 ]. |
12 " A votre avis, si un homme possède cent brebis et qu'une d'elles vienne à s'égarer, ne va-t-il pas laisser les quatre-vingt-dix-neuf autres sur les montagnes pour s'en aller à la recherche de l'égarée ? |
13 Et s'il parvient à la retrouver, en vérité je vous le dis, il tire plus de joie d'elle que des quatre-vingt-dix-neuf qui ne se sont pas égarées. |
14 Ainsi on ne veut pas, chez votre Père qui est aux cieux, qu'un seul de ces petits se perde. |
Comment comprendre les paroles selon lesquelles il faut devenir comme des enfants pour entrer dans le Royaume des Cieux ? Sans doute chacun de ceux qui connaissent un peu les petits enfants sait qu’ils ne sont nullement des anges (bien que leurs anges se tiennent devant le trône du Très-Haut dans les cieux). Peut-être l’essentiel est-il justement dans leur petitesse, leur absence de défense, leur dépendance à l’égard des parents — car le Seigneur parle précisément d’abaissement (v. 4). Ils sont les plus exposés au danger du scandale, de la tromperie, de l’action du mal du monde ; c’est pourquoi ils ont tant besoin de l’amour et de la protection de Dieu. Apparemment, ce sont précisément de telles relations avec Dieu qui constituent la réalisation du Royaume des Cieux.
1 A ce moment les disciples s'approchèrent de Jésus et dirent : " Qui donc est le plus grand dans le Royaume des Cieux ? " |
2 Il appela à lui un petit enfant, le plaça au milieu d'eux |
3 et dit : " En vérité je vous le dis, si vous ne retournez à l'état des enfants, vous n'entrerez pas dans le Royaume des Cieux. |
4 Qui donc se fera petit comme ce petit enfant-là, celui-là est le plus grand dans le Royaume des Cieux. |
5 " Quiconque accueille un petit enfant tel que lui à cause de mon nom, c'est moi qu'il accueille. |
6 Mais si quelqu'un doit scandaliser l'un de ces petits qui croient en moi, il serait préférable pour lui de se voir suspendre autour du cou une de ces meules que tournent les ânes et d'être englouti en pleine mer. |
7 Malheur au monde à cause des scandales! Il est fatal, certes, qu'il arrive des scandales, mais malheur à l'homme par qui le scandale arrive! |
8 " Si ta main ou ton pied sont pour toi une occasion de péché, coupe-les et jette-les loin de toi : mieux vaut pour toi entrer dans la Vie manchot ou estropié que d'être jeté avec tes deux mains ou tes deux pieds dans le feu éternel. |
9 Et si ton œil est pour toi une occasion de péché, arrache-le et jette-le loin de toi: mieux vaut pour toi entrer borgne dans la Vie que d'être jeté avec tes deux yeux dans la géhenne de feu. |
10 " Gardez-vous de mépriser aucun de ces petits : car, je vous le dis, leurs anges aux cieux voient constamment la face de mon Père qui est aux cieux [ |
11 ]. |
12 " A votre avis, si un homme possède cent brebis et qu'une d'elles vienne à s'égarer, ne va-t-il pas laisser les quatre-vingt-dix-neuf autres sur les montagnes pour s'en aller à la recherche de l'égarée ? |
13 Et s'il parvient à la retrouver, en vérité je vous le dis, il tire plus de joie d'elle que des quatre-vingt-dix-neuf qui ne se sont pas égarées. |
14 Ainsi on ne veut pas, chez votre Père qui est aux cieux, qu'un seul de ces petits se perde. |
Les paroles sur les enfants qu’il faut devenir pour entrer dans le Royaume des Cieux sont reliées par l’évangéliste à une petite parabole sur le berger et la brebis perdue, et cela remet aussitôt tout à sa place. Il ne s’agit pas seulement de devenir faibles, sans défense et dépendants, même s’il nous est parfois vraiment nécessaire de nous sentir enfants devant Dieu ; le Christ parle clairement ici d’une « nouvelle enfance », c’est-à-dire d’une seconde naissance : non seulement de nous sentir enfants par rapport à Dieu, mais de devenir réellement enfants du Père céleste, et ici aucune infantilité n’a sa place, tant cet appel est élevé.
Dans cette compréhension, le commandement habituel « soyez comme des enfants » devient un appel insondable à participer à la vie de Dieu, à devenir des fils et des filles bien-aimés dans le Fils unique bien-aimé : le chemin qui s’ouvre devant nous dans la Résurrection du Christ...
1 A ce moment les disciples s'approchèrent de Jésus et dirent : " Qui donc est le plus grand dans le Royaume des Cieux ? " |
2 Il appela à lui un petit enfant, le plaça au milieu d'eux |
3 et dit : " En vérité je vous le dis, si vous ne retournez à l'état des enfants, vous n'entrerez pas dans le Royaume des Cieux. |
4 Qui donc se fera petit comme ce petit enfant-là, celui-là est le plus grand dans le Royaume des Cieux. |
5 " Quiconque accueille un petit enfant tel que lui à cause de mon nom, c'est moi qu'il accueille. |
6 Mais si quelqu'un doit scandaliser l'un de ces petits qui croient en moi, il serait préférable pour lui de se voir suspendre autour du cou une de ces meules que tournent les ânes et d'être englouti en pleine mer. |
7 Malheur au monde à cause des scandales! Il est fatal, certes, qu'il arrive des scandales, mais malheur à l'homme par qui le scandale arrive! |
8 " Si ta main ou ton pied sont pour toi une occasion de péché, coupe-les et jette-les loin de toi : mieux vaut pour toi entrer dans la Vie manchot ou estropié que d'être jeté avec tes deux mains ou tes deux pieds dans le feu éternel. |
9 Et si ton œil est pour toi une occasion de péché, arrache-le et jette-le loin de toi: mieux vaut pour toi entrer borgne dans la Vie que d'être jeté avec tes deux yeux dans la géhenne de feu. |
10 " Gardez-vous de mépriser aucun de ces petits : car, je vous le dis, leurs anges aux cieux voient constamment la face de mon Père qui est aux cieux [ |
11 ]. |
La question de ce que signifie être comme des enfants préoccupe les chrétiens depuis de nombreux siècles. Cela se comprend: c'est bien la condition indispensable pour entrer dans le Royaume. Le plus souvent, on mentionne ici l'innocence enfantine et la naïveté enfantine. En réalité, cependant, les choses ne sont pas si simples avec la naïveté et l'innocence.
Déjà Augustin avait remarqué que les enfants ne sont nullement innocents; ils n'ont simplement pas encore assez de force ni d'habileté pour pécher «comme des adultes», mais il n'est pas possible de parler de leur absence de péché, ni même d'une moindre culpabilité par rapport aux adultes, car tous les grands pécheurs grandissent naturellement à partir de petits, s'ils ne tentent pas de résister à leur péché. Avec la naïveté non plus, tout n'est pas simple: les enfants comprennent d'habitude beaucoup plus qu'ils ne disent aux adultes, bien que, en règle générale, ils le fassent à leur manière, dans le cadre de leur propre logique et de leurs propres représentations du monde.
Il existe cependant une différence essentielle entre les enfants et les adultes, du moins jusqu'à un certain âge: ils se soucient d'habitude assez peu de l'image qu'ils donnent aux autres et de la place qu'ils occupent dans le monde «adulte». Pendant cette période de leur vie, les enfants ignorent simplement les repères du monde «adulte», tout en comprenant qu'il est une réalité objective. Les adultes perçoivent généralement cette existence de l'enfant comme un jeu permanent, plus important pour lui que la vie que les adultes considèrent comme «réelle».
Pour l'enfant, en ce temps-là, ce qui importe est ce qu'il considère lui-même comme réel et véritable, et non ce qu'il est convenu de considérer comme tel selon des règles admises par tous, auxquelles les adultes eux-mêmes ne croient souvent pas beaucoup. Une telle attitude enfantine devant la vie est un trésor inestimable pour quiconque aspire à une vie spirituelle normale et plénière. Car une vie spirituelle normale est impossible si l'on ne vit pas de ce que l'on reconnaît soi-même comme vrai, authentique, réel.
En grandissant, nous apprenons plus ou moins à renoncer à ce que nous-mêmes considérons comme vrai et authentique au profit de ce qu'il est convenu de considérer comme tel, et nous passons de la réalité à l'illusion, dont nous nous efforçons de toutes nos forces de convaincre nous-mêmes et les autres qu'elle est réelle. Être comme des enfants signifie renoncer à cette tromperie de soi. Ce n'est bien sûr que le premier pas sur le chemin du Royaume, vers la vie spirituelle authentique, mais sans le premier pas il n'y aura pas les suivants, et donc il n'y aura pas non plus de chemin.
1 A ce moment les disciples s'approchèrent de Jésus et dirent : " Qui donc est le plus grand dans le Royaume des Cieux ? " |
2 Il appela à lui un petit enfant, le plaça au milieu d'eux |
3 et dit : " En vérité je vous le dis, si vous ne retournez à l'état des enfants, vous n'entrerez pas dans le Royaume des Cieux. |
4 Qui donc se fera petit comme ce petit enfant-là, celui-là est le plus grand dans le Royaume des Cieux. |
5 " Quiconque accueille un petit enfant tel que lui à cause de mon nom, c'est moi qu'il accueille. |
6 Mais si quelqu'un doit scandaliser l'un de ces petits qui croient en moi, il serait préférable pour lui de se voir suspendre autour du cou une de ces meules que tournent les ânes et d'être englouti en pleine mer. |
7 Malheur au monde à cause des scandales! Il est fatal, certes, qu'il arrive des scandales, mais malheur à l'homme par qui le scandale arrive! |
8 " Si ta main ou ton pied sont pour toi une occasion de péché, coupe-les et jette-les loin de toi : mieux vaut pour toi entrer dans la Vie manchot ou estropié que d'être jeté avec tes deux mains ou tes deux pieds dans le feu éternel. |
9 Et si ton œil est pour toi une occasion de péché, arrache-le et jette-le loin de toi: mieux vaut pour toi entrer borgne dans la Vie que d'être jeté avec tes deux yeux dans la géhenne de feu. |
10 " Gardez-vous de mépriser aucun de ces petits : car, je vous le dis, leurs anges aux cieux voient constamment la face de mon Père qui est aux cieux [ |
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Depuis longtemps, la question de l'origine et de la nature du mal dans le monde occupe et tourmente l'homme. Et personne n'aurait sans doute pu en dire davantage que Jésus, qui devait affronter le mal du monde. Pourtant, il parle peu à ses disciples du diable et du mal du monde; il leur dit seulement que le diable est vaincu et qu'un jour viendra où cela deviendra clairement visible pour tous.
En revanche, il parle longuement et en détail à ses disciples et à ceux qui le suivent de la manière de résister au mal dans la vie quotidienne. L'une des tentations les plus sérieuses de cette vie, en ce qui concerne les actes mauvais, est celle de l'impuissance imaginaire de l'homme devant le mal qui s'accomplit. Il ne s'agit même pas de la possibilité d'arrêter ceux qui font le mal, mais de la prétendue absurdité de s'en abstenir. La logique du mal suggère: ta participation ou ta non-participation ne changera rien; si ce n'est pas toi, ce sera un autre. Et en essayant de résister au mal, même sous la forme d'un refus d'y participer, tu ne fais que compliquer ta vie sans rien obtenir du tout, car il n'y a pas moins de mal dans le monde pour autant.
Cette logique paraît d'une simplicité séduisante, et elle serait exhaustive si le monde non transfiguré était l'unique et l'ultime réalité. Mais, heureusement, il n'en est pas ainsi. L'homme qui refuse de participer au mal a une bonne raison d'agir comme il le fait. Il s'agit ici non seulement, ni même principalement, du monde qui gît au pouvoir du mal, mais de l'homme et de son destin spirituel: pourra-t-il entrer dans le Royaume ou demeurera-t-il dans les « ténèbres extérieures »? Même si la situation dans le monde déchu échappe souvent réellement au pouvoir de l'homme — « il faut que les scandales arrivent » —, son propre choix reste toujours en son pouvoir. Jésus ne tient manifestement aucun compte de ce que l'on appelle l'influence du milieu, le déterminisme social et les autres justifications semblables du mal commis par l'homme.
Cela ne signifie évidemment pas qu'il ne tienne pas compte de la situation dans laquelle l'homme doit faire son choix. Il dit seulement que l'on ne doit pas consentir au mal ni capituler intérieurement devant lui en l'acceptant comme norme simplement parce qu'il est la norme du monde déchu. La norme du monde déchu n'est pas une norme, mais une perversion, et quiconque accepte de devenir le conducteur des forces du mal doit s'en souvenir, car « malheur à l'homme par qui le scandale arrive ». Il peut certes se produire que, même en refusant de participer au mal, l'homme ne puisse empêcher ce mal. Mais il pourra l'empêcher de pénétrer dans son propre cœur et ainsi préserver ce cœur pour le Royaume.
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