12 J’ai encore beaucoup à vous dire, mais vous ne pouvez pas le porter à présent. |
13 Mais quand il viendra, lui, l’Esprit de vérité, il vous guidera dans la vérité tout entière ; car il ne parlera pas de lui-même, mais ce qu’il entendra, il le dira et il vous expliquera les choses à venir. |
14 Lui me glorifiera, car c’est de mon bien qu’il recevra et il vous l’expliquera. |
15 Tout ce qu’a le Père est à moi. Voilà pourquoi j’ai dit que c’est de mon bien qu’il reçoit et qu’il vous expliquera. |
Dans les versets du passage de l'Évangile selon Jean que nous lisons aujourd'hui, le Seigneur parle de l'Esprit qui viendra et nous conduira « dans la vérité tout entière ». Et pourquoi pourra-t-Il le faire—révéler la vérité, nous libérer de notre « incapacité à la recevoir » (voir Jn 16:12) ? Parce qu'« Il ne parlera pas de Lui-même, mais dira ce qu'Il entendra » ; Il accomplira la volonté de Celui qui L'a envoyé. Cela seul est le gage de la réussite—non pas d'une réussite personnelle, mais d'une réussite qui constitue un gain pour l'éternité. On pourrait se demander à quoi cela sert, puisque l'Esprit Saint est Dieu et pourrait parler de Lui-même... Mais Jésus, Lui aussi, accomplit la volonté du Père qui L'a envoyé. Il n'existe tout simplement pas entre les Personnes de la Trinité une séparation semblable à celle qui existe entre nous et Dieu. Et l'accomplissement de la volonté—la concordance, pour ainsi dire, des actions de la Trinité—s'opère autrement. Cette volonté même fait précisément partie de ce qui Les lie (les Personnes de la Trinité)... Il en va de même pour nous : la volonté de Dieu, ou plus exactement notre assentiment à cette volonté, est appelée à servir de lien entre nous et le Royaume des Cieux.
12 J’ai encore beaucoup à vous dire, mais vous ne pouvez pas le porter à présent. |
13 Mais quand il viendra, lui, l’Esprit de vérité, il vous guidera dans la vérité tout entière ; car il ne parlera pas de lui-même, mais ce qu’il entendra, il le dira et il vous expliquera les choses à venir. |
14 Lui me glorifiera, car c’est de mon bien qu’il recevra et il vous l’expliquera. |
15 Tout ce qu’a le Père est à moi. Voilà pourquoi j’ai dit que c’est de mon bien qu’il reçoit et qu’il vous expliquera. |
Dans les versets du passage d'aujourd'hui de l'Évangile selon Jean, le Seigneur parle de l'Esprit qui viendra et nous conduira «dans toute la vérité». Et pourquoi pourra-t-Il le faire — manifester la vérité, nous libérer de notre «incapacité à porter» (voir Jn. 16:12)? Parce qu'«Il ne parlera pas de Lui-même, mais Il dira ce qu'Il entendra», Il accomplira la volonté de Celui qui L'a envoyé. C'est cela seul qui garantit le succès — non pas un succès personnel, mais l'obtention authentique de l'éternité.
On pourrait se demander à quoi cela rime, puisque l'Esprit Saint est Dieu, et qu'Il pourrait parler de Lui-même… Mais nous voyons que Jésus aussi accomplit la volonté du Père qui L'a envoyé. Le fait est, apparemment, qu'entre les Personnes de la Sainte Trinité il n'y a pas une séparation semblable à celle qui existe entre nous et Dieu, et l'accomplissement même de la volonté — cette très profonde concordance dans les actions de la Trinité — se produit d'une manière tout à fait différente. Cette volonté fait justement partie de ces réalités qui Les (les Personnes de la Trinité) unissent…
Ainsi pour nous aussi : la volonté de Dieu, ou plus précisément notre libre consentement à celle-ci, est appelée à servir de lien entre nous et le Royaume des Cieux.
15 Tout ce qu’a le Père est à moi. Voilà pourquoi j’ai dit que c’est de mon bien qu’il reçoit et qu’il vous expliquera. |
16 « Encore un peu et vous ne me verrez plus et puis un peu encore et vous me verrez. » |
17 Quelques-uns de ses disciples se dirent entre eux : « Qu’est-ce qu’il nous dit là : « Encore un peu et vous ne me verrez plus et puis un peu encore et vous me verrez », et : « Je vais vers le Père » ? » |
18 Ils disaient : « Qu’est-ce que ce : « un peu » ? Nous ne savons pas ce qu’il veut dire. » |
19 Jésus comprit qu’ils voulaient le questionner et il leur dit : « Vous vous interrogez entre vous sur ce que j’ai dit :“Encore un peu et vous ne me verrez plus et puis un peu encore et vous me verrez.” |
20 En vérité, en vérité, je vous le dis, vous pleurerez et vous vous lamenterez, et le monde se réjouira ; vous serez tristes, mais votre tristesse se changera en joie. |
21 La femme, sur le point d’accoucher, s’attriste parce que son heure est venue ; mais lorsqu’elle a donné le jour à l’enfant, elle ne se souvient plus des douleurs, dans la joie qu’un homme soit venu au monde. |
22 Vous aussi, maintenant vous voilà tristes ; mais je vous verrai de nouveau et votre cœur sera dans la joie, et votre joie, nul ne vous l’enlèvera. |
23 Ce jour-là, vous ne me poserez aucune question. En vérité, en vérité, je vous le dis, ce que vous demanderez au Père, il vous le donnera en mon nom. |
À ce qu'il apparaît, les disciples de Jésus comprennent difficilement leur Maître. Et lui continue à leur parler par sous-entendus et par images. On pourrait penser que si l'on ne te comprend pas, ou pas jusqu'au bout, il vaudrait mieux s'abstenir d'images, car dans une telle situation elles peuvent encore davantage compliquer les choses. Et pourtant Jésus continue à parler comme il parle. Pourquoi donc?
D'un côté, on pourrait dire qu'il avait déjà plus d'une fois, et peut-être ouvertement, parlé aux apôtres de ce qui l'attendait. Ils ne le comprenaient manifestement pas alors, comme ils ne le comprennent pas maintenant; c'est pourquoi Jésus recourt aux images et aux allégories pour mieux transmettre aux disciples ce qu'il leur est si important de comprendre.
Mais il ne s'agissait sans doute pas seulement de cela. Pourquoi les apôtres comprenaient-ils difficilement Jésus lorsqu'il leur parlait de sa mort sur la croix et de sa résurrection? Sans doute avant tout parce qu'ils n'étaient absolument pas prêts à entendre quelque chose de tel, et ce qu'ils entendirent fut pour eux un choc. Or dans un état de choc, l'homme n'est pas capable de percevoir ni d'analyser quoi que ce soit; il tombe simplement dans la stupeur.
Voyant cette réaction des disciples, Jésus recourt aux images, aux allégories et aux paroles figurées, car tout cela oblige l'auditeur non seulement à écouter, mais aussi à réfléchir sans cesse à ce qu'il a entendu, de telle sorte qu'il puisse lui-même parvenir aux conclusions qui, autrement, l'auraient simplement choqué. Mais lorsque l'on arrive soi-même à des conclusions choquantes, à la suite de sa propre réflexion, elles restent choquantes et demandent encore à être méditées, mais elles ne font pas perdre pied comme peuvent le faire les paroles d'un homme en qui l'on a confiance et qui expose devant soi les mêmes faits déjà tout prêts.
Et Jésus, en pédagogue sage, essaie, lors de sa dernière rencontre terrestre avec ses disciples, de les conduire à la compréhension de choses sans lesquelles on ne peut entrer dans le Royaume. Car il comprend parfaitement ce qu'ils auront à vivre dans les jours prochains, et il s'efforce de faire tout son possible pour que la perspective du Royaume qui vient dans le monde ne soit pas voilée par ce qu'ils devront éprouver.
15 Tout ce qu’a le Père est à moi. Voilà pourquoi j’ai dit que c’est de mon bien qu’il reçoit et qu’il vous expliquera. |
16 « Encore un peu et vous ne me verrez plus et puis un peu encore et vous me verrez. » |
17 Quelques-uns de ses disciples se dirent entre eux : « Qu’est-ce qu’il nous dit là : « Encore un peu et vous ne me verrez plus et puis un peu encore et vous me verrez », et : « Je vais vers le Père » ? » |
18 Ils disaient : « Qu’est-ce que ce : « un peu » ? Nous ne savons pas ce qu’il veut dire. » |
19 Jésus comprit qu’ils voulaient le questionner et il leur dit : « Vous vous interrogez entre vous sur ce que j’ai dit :“Encore un peu et vous ne me verrez plus et puis un peu encore et vous me verrez.” |
20 En vérité, en vérité, je vous le dis, vous pleurerez et vous vous lamenterez, et le monde se réjouira ; vous serez tristes, mais votre tristesse se changera en joie. |
21 La femme, sur le point d’accoucher, s’attriste parce que son heure est venue ; mais lorsqu’elle a donné le jour à l’enfant, elle ne se souvient plus des douleurs, dans la joie qu’un homme soit venu au monde. |
22 Vous aussi, maintenant vous voilà tristes ; mais je vous verrai de nouveau et votre cœur sera dans la joie, et votre joie, nul ne vous l’enlèvera. |
23 Ce jour-là, vous ne me poserez aucune question. En vérité, en vérité, je vous le dis, ce que vous demanderez au Père, il vous le donnera en mon nom. |
Pour nous, ce qui se passe précisément au moment présent est souvent très important. Ce qui nous préoccupe avant tout, ce sont nos propres réactions à ce qui arrive. Et si nous avons mal, alors tout le monde autour de nous nous apparaît noir et méchant. Mais si nous nous sentons bien, notre disposition est bienveillante, le soleil brille et le monde entier nous sourit. Bien sûr, tout n'est pas toujours aussi net, mais le plus souvent nos sensations tendent vers l'un des pôles...
Le Seigneur, Lui, tente de nous apprendre un procédé sage : nous souvenir que notre état est changeant, parce que rien d'humain n'est éternel. Éternel est seulement ce qui vient de Dieu : « Ma justice demeurera pour toujours, et Mon salut de génération en génération » (Is 51:8). En parlant aujourd'hui de la femme qui se prépare à enfanter, le Christ souligne que nous ne devons pas nous appuyer sur ce que nous ressentons maintenant, ni pleurer et gémir à cause des afflictions, mais nous souvenir non de l'affliction, mais de la joie qui viendra après elle (voir Jn 16:20-22). Penser non avec le sentiment de l'instant, mais voir plus large et plus loin. Essayer de regarder ce qui arrive avec le regard de Dieu : chercher en toute chose un sens et un motif de joie et de gratitude envers Dieu.
15 Tout ce qu’a le Père est à moi. Voilà pourquoi j’ai dit que c’est de mon bien qu’il reçoit et qu’il vous expliquera. |
16 « Encore un peu et vous ne me verrez plus et puis un peu encore et vous me verrez. » |
17 Quelques-uns de ses disciples se dirent entre eux : « Qu’est-ce qu’il nous dit là : « Encore un peu et vous ne me verrez plus et puis un peu encore et vous me verrez », et : « Je vais vers le Père » ? » |
18 Ils disaient : « Qu’est-ce que ce : « un peu » ? Nous ne savons pas ce qu’il veut dire. » |
19 Jésus comprit qu’ils voulaient le questionner et il leur dit : « Vous vous interrogez entre vous sur ce que j’ai dit :“Encore un peu et vous ne me verrez plus et puis un peu encore et vous me verrez.” |
20 En vérité, en vérité, je vous le dis, vous pleurerez et vous vous lamenterez, et le monde se réjouira ; vous serez tristes, mais votre tristesse se changera en joie. |
21 La femme, sur le point d’accoucher, s’attriste parce que son heure est venue ; mais lorsqu’elle a donné le jour à l’enfant, elle ne se souvient plus des douleurs, dans la joie qu’un homme soit venu au monde. |
22 Vous aussi, maintenant vous voilà tristes ; mais je vous verrai de nouveau et votre cœur sera dans la joie, et votre joie, nul ne vous l’enlèvera. |
23 Ce jour-là, vous ne me poserez aucune question. En vérité, en vérité, je vous le dis, ce que vous demanderez au Père, il vous le donnera en mon nom. |
Le Seigneur dit aux disciples qu'après la joie entrée en eux avec sa venue viendra une tristesse qui ensuite se changera de nouveau en joie. Comme deux jours séparés par une nuit. Il est très important de comprendre que cette nuit de tristesse, lorsque le Seigneur repose au tombeau et qu'il n'est plus avec nous, cette nuit d'abandon de Dieu, est ce que traverse nécessairement quiconque parcourt vraiment le chemin de la formation spirituelle. Le témoignage en est que nos grands maîtres ont eux aussi vécu un état semblable, lourd et plein de grâce. On sait que saint Tikhon de Zadonsk, qui vécut au XVIIIe siècle, connut la nuit mystique de l'âme; mais plus tôt encore, au XVIe siècle, le grand mystique espagnol saint Jean de la Croix créa une notion étonnamment profonde et riche: «la nuit obscure de l'âme». Il est impossible de l'expliquer en deux mots, mais dans le poème qui porte ce titre, il donne une allusion à l'hymne pascal «Exsultet», que les catholiques chantent le Samedi saint. Voici les paroles de cet hymne :
C'est la nuit,
où jadis nos pères, les fils d'Israël,
tu les as fait sortir d'Égypte
et tu leur as fait traverser la mer Rouge à pied sec.(...)
C'est la nuit,
où, brisant les liens de la mort,
le Christ est remonté victorieux des enfers. (...)
Ô nuit vraiment bienheureuse -
la seule qui ait mérité de connaître le temps et l'heure
où le Christ est ressuscité des enfers.
C'est la nuit dont il est écrit:
et la nuit sera claire comme le jour;
et la nuit sera ma lumière et ma joie. (...)
Ô nuit vraiment bienheureuse,
où s'unissent la terre et le ciel,
l'humain et le divin.
Revenons encore à l'expérience des ascètes orthodoxes. Théophane le Reclus écrit ainsi dans son commentaire de la lecture d'aujourd'hui: «On dit que toute âme, sur le chemin de la perfection, subit une semblable atteinte. Une ténèbre universelle la couvre, et elle ne sait où aller; mais le Seigneur vient, et change sa tristesse en joie». Efforçons-nous, nous aussi, lorsque nous enveloppe l'obscurité de l'abandon de Dieu, de la perte de la foi, lorsque «l'intelligence cherche la Divinité et le coeur ne la trouve pas», de ne pas perdre courage, mais de comprendre que cette nuit est inévitable, et que devant nous nous attend un Jour nouveau.
15 Tout ce qu’a le Père est à moi. Voilà pourquoi j’ai dit que c’est de mon bien qu’il reçoit et qu’il vous expliquera. |
16 « Encore un peu et vous ne me verrez plus et puis un peu encore et vous me verrez. » |
17 Quelques-uns de ses disciples se dirent entre eux : « Qu’est-ce qu’il nous dit là : « Encore un peu et vous ne me verrez plus et puis un peu encore et vous me verrez », et : « Je vais vers le Père » ? » |
18 Ils disaient : « Qu’est-ce que ce : « un peu » ? Nous ne savons pas ce qu’il veut dire. » |
19 Jésus comprit qu’ils voulaient le questionner et il leur dit : « Vous vous interrogez entre vous sur ce que j’ai dit :“Encore un peu et vous ne me verrez plus et puis un peu encore et vous me verrez.” |
20 En vérité, en vérité, je vous le dis, vous pleurerez et vous vous lamenterez, et le monde se réjouira ; vous serez tristes, mais votre tristesse se changera en joie. |
21 La femme, sur le point d’accoucher, s’attriste parce que son heure est venue ; mais lorsqu’elle a donné le jour à l’enfant, elle ne se souvient plus des douleurs, dans la joie qu’un homme soit venu au monde. |
22 Vous aussi, maintenant vous voilà tristes ; mais je vous verrai de nouveau et votre cœur sera dans la joie, et votre joie, nul ne vous l’enlèvera. |
23 Ce jour-là, vous ne me poserez aucune question. En vérité, en vérité, je vous le dis, ce que vous demanderez au Père, il vous le donnera en mon nom. |
Le Seigneur dit aux disciples qu'après la joie entrée en eux avec sa venue viendra une tristesse qui ensuite se changera de nouveau en joie. Comme deux jours séparés par une nuit. Il est très important de comprendre que cette nuit de tristesse, lorsque le Seigneur repose au tombeau et qu'il n'est plus avec nous, cette nuit d'abandon par Dieu, est ce que traverse nécessairement quiconque parcourt vraiment le chemin de la formation spirituelle. Le témoignage en est que nos grands maîtres ont eux aussi vécu un état semblable, lourd et plein de grâce. On sait que saint Tikhon de Zadonsk, qui vécut au XVIIIe siècle, connut la nuit mystique de l'âme; mais plus tôt encore, au XVIe siècle, le grand mystique espagnol saint Jean de la Croix créa une notion étonnamment profonde et riche: «la nuit obscure de l'âme». Il est impossible de l'expliquer en deux mots, mais dans le poème qui porte ce titre, il donne une allusion à l'hymne pascal «Exsultet», que les catholiques chantent le Samedi saint. Voici les paroles de cet hymne :
C'est la nuit,
où jadis nos pères, les fils d'Israël,
tu les as fait sortir d'Égypte
et tu leur as fait traverser la mer Rouge à pied sec.(...)
C'est la nuit,
où, brisant les liens de la mort,
le Christ est remonté victorieux des enfers. (...)
Ô nuit vraiment bienheureuse -
la seule qui ait mérité de connaître le temps et l'heure
où le Christ est ressuscité des enfers.
C'est la nuit dont il est écrit:
et la nuit sera claire comme le jour;
et la nuit sera ma lumière et ma joie. (...)
Ô nuit vraiment bienheureuse,
où s'unissent la terre et le ciel,
l'humain et le divin.
Revenons encore à l'expérience des ascètes orthodoxes. Théophane le Reclus écrit ainsi dans son commentaire de la lecture d'aujourd'hui: «On dit que toute âme, sur le chemin de la perfection, subit une semblable atteinte. Les ténèbres la couvrent de toutes parts, et elle ne sait où aller; mais le Seigneur vient, et change sa tristesse en joie». Efforçons-nous, nous aussi, lorsque nous enveloppe l'obscurité de l'abandon par Dieu, de la perte de la foi, lorsque «l'intelligence cherche la Divinité et le coeur ne la trouve pas», de ne pas perdre courage, mais de comprendre que cette nuit est inévitable, et qu’un Jour nouveau nous attend.
15 Tout ce qu’a le Père est à moi. Voilà pourquoi j’ai dit que c’est de mon bien qu’il reçoit et qu’il vous expliquera. |
16 « Encore un peu et vous ne me verrez plus et puis un peu encore et vous me verrez. » |
17 Quelques-uns de ses disciples se dirent entre eux : « Qu’est-ce qu’il nous dit là : « Encore un peu et vous ne me verrez plus et puis un peu encore et vous me verrez », et : « Je vais vers le Père » ? » |
18 Ils disaient : « Qu’est-ce que ce : « un peu » ? Nous ne savons pas ce qu’il veut dire. » |
19 Jésus comprit qu’ils voulaient le questionner et il leur dit : « Vous vous interrogez entre vous sur ce que j’ai dit :“Encore un peu et vous ne me verrez plus et puis un peu encore et vous me verrez.” |
20 En vérité, en vérité, je vous le dis, vous pleurerez et vous vous lamenterez, et le monde se réjouira ; vous serez tristes, mais votre tristesse se changera en joie. |
21 La femme, sur le point d’accoucher, s’attriste parce que son heure est venue ; mais lorsqu’elle a donné le jour à l’enfant, elle ne se souvient plus des douleurs, dans la joie qu’un homme soit venu au monde. |
22 Vous aussi, maintenant vous voilà tristes ; mais je vous verrai de nouveau et votre cœur sera dans la joie, et votre joie, nul ne vous l’enlèvera. |
23 Ce jour-là, vous ne me poserez aucune question. En vérité, en vérité, je vous le dis, ce que vous demanderez au Père, il vous le donnera en mon nom. |
Votre tristesse se changera en joie : ces paroles étonnantes du Christ expriment très exactement l'essence de l'espérance chrétienne. Il serait inexact de dire qu'à la tristesse, qui cessera, succédera la joie, que la joie remplacera la tristesse. Il serait inexact de dire que la joie apparaîtra à côté de la tristesse, en complément de celle-ci. Mais la tristesse elle-même deviendra joie, et l'une se révélera alors inséparable de l'autre. Il n'y a pas de christianisme sans la peine devant les souffrances et la mort du Christ sur la Croix, pas plus qu'il n'y en a sans la joie de la Résurrection. Pour souligner ce caractère inséparable, le Seigneur prend l'image des douleurs de l'enfantement, transfigurées par la joie de la naissance d'un nouvel être humain.
Les diverses tentatives de présenter le christianisme tantôt comme « l'opium du peuple », une religion de consolation sans fondement, tantôt comme une religion de protestation sociale, tantôt comme un culte de la souffrance, se brisent sur ce mystère de la transfiguration de la tristesse en joie. La vie des hommes est toujours assez terrible, et le Seigneur souffre toujours dans les opprimés et ceux que l'on persécute pour la justice. Pourtant, même dans cette vie, il y a place pour une joie qui n'appartient pas à ce monde et n'est pas donnée par lui. Cette joie qui est la nôtre naît de l'affliction et de la tristesse ; elle n'entraîne donc pas les chrétiens dans un monde d'illusions. C'est la joie du Royaume des cieux à venir, qui nous est donnée dès aujourd'hui. Voilà pourquoi le Seigneur prononce ces paroles essentielles qui affermissent les chrétiens : « et votre joie, nul ne vous l'enlèvera ». L'apôtre Paul écrira plus tard : « rien ne peut nous séparer de l'amour du Christ ».
31 Quand donc il fut sorti, Jésus dit :« Maintenant le Fils de l’homme a été glorifié et Dieu a été glorifié en lui. |
32 Si Dieu a été glorifié en lui, Dieu aussi le glorifiera en lui-même et c’est aussitôt qu’il le glorifiera. |
33 Petits enfants, c’est pour peu de temps que je suis encore avec vous. Vous me chercherez, et comme je l’ai dit aux Juifs : où je vais, vous ne pouvez venir, à vous aussi je le dis à présent. |
34 Je vous donne un commandement nouveau : vous aimer les uns les autres ; comme je vous ai aimés, aimez-vous les uns les autres. |
35 À ceci tous reconnaîtront que vous êtes mes disciples : si vous avez de l’amour les uns pour les autres. » |
36 Simon-Pierre lui dit : « Seigneur, où vas-tu ? » Jésus lui répondit : « Où je vais, tu ne peux pas me suivre maintenant ; mais tu me suivras plus tard. » |
37 Pierre lui dit : « Pourquoi ne puis-je pas te suivre à présent ? Je déposerai ma vie pour toi. » |
38 Jésus répond : « Tu déposeras ta vie pour moi ? En vérité, en vérité, je te le dis, le coq ne chantera pas que tu ne m’aies renié trois fois. |
1 « Que votre cœur cesse de se troubler ! Croyez en Dieu, croyez aussi en moi. |
2 Dans la maison de mon Père, il y a de nombreuses demeures ; sinon, je vous l’aurais dit ; je vais vous préparer une place. |
3 Et quand je serai allé et que je vous aurai préparé une place, à nouveau je viendrai et je vous prendrai près de moi, afin que, là où je suis, vous aussi, vous soyez. |
4 Et du lieu où je vais, vous savez le chemin. » |
5 Thomas lui dit : « Seigneur, nous ne savons pas où tu vas. Comment saurions-nous le chemin ? » |
6 Jésus lui dit :« Moi, je suis le Chemin, la Vérité et la Vie. Nul ne vient au Père sinon par moi. |
7 Si vous me connaissez, vous connaîtrez aussi mon Père ; dès à présent vous le connaissez et vous l’avez vu. » |
8 Philippe lui dit : « Seigneur, montre-nous le Père et cela nous suffit. » |
9 Jésus lui dit : « Voilà si longtemps que je suis avec vous, et tu ne me connais pas, Philippe ?Qui m’a vu a vu le Père. Comment peux-tu dire : « Montre-nous le Père ! » ? |
10 Ne crois-tu pas que je suis dans le Père et que le Père est en moi ? Les paroles que je vous dis, je ne les dis pas de moi-même : mais le Père demeurant en moi fait ses œuvres. |
11 Croyez-m’en ! je suis dans le Père et le Père est en moi. Croyez du moins à cause des œuvres mêmes. |
12 En vérité, en vérité, je vous le dis, celui qui croit en moi fera, lui aussi, les œuvres que je fais ; et il en fera même de plus grandes, parce que je vais vers le Père. |
13 Et tout ce que vous demanderez en mon nom, je le ferai, afin que le Père soit glorifié dans le Fils. |
14 Si vous me demandez quelque chose en mon nom, je le ferai. |
15 Si vous m’aimez, vous garderez mes commandements ; |
16 et je prierai le Père et il vous donnera un autre Paraclet, pour qu’il soit avec vous à jamais, |
17 l’Esprit de Vérité, que le monde ne peut pas recevoir, parce qu’il ne le voit pas ni ne le reconnaît. Vous, vous le connaissez, parce qu’il demeure auprès de vous ; et en vous il sera. |
18 Je ne vous laisserai pas orphelins. Je viendrai vers vous. |
19 Encore un peu de temps et le monde ne me verra plus. Mais vous, vous verrez que je vis et vous aussi, vous vivrez. |
20 Ce jour-là, vous reconnaîtrez que je suis en mon Père et vous en moi et moi en vous. |
21 Celui qui a mes commandements et qui les garde, c’est celui-là qui m’aime ; or celui qui m’aime sera aimé de mon Père ; et je l’aimerai et je me manifesterai à lui. » |
22 Judas — pas l’Iscariote — lui dit : « Seigneur, comment se fait-il que tu doives te manifester à nous et non pas au monde ? » |
23 Jésus lui répondit :« Si quelqu’un m’aime, il gardera ma parole, et mon Père l’aimera et nous viendrons vers lui et nous nous ferons une demeure chez lui. |
24 Celui qui ne m’aime pas ne garde pas mes paroles ; et ma parole n’est pas de moi, mais du Père qui m’a envoyé. |
25 Je vous ai dit cela tandis que je demeurais près de vous. |
26 Mais le Paraclet, l’Esprit Saint, que le Père enverra en mon nom, lui, vous enseignera tout et vous rappellera tout ce que je vous ai dit. |
27 Je vous laisse la paix ; c’est ma paix que je vous donne ; je ne vous la donne pas comme le monde la donne. Que votre cœur ne se trouble ni ne s’effraie. |
28 Vous avez entendu que je vous ai dit : Je m’en vais et je reviendrai vers vous. Si vous m’aimiez, vous vous réjouiriez de ce que je vais vers le Père, parce que le Père est plus grand que moi. |
29 Je vous le dis maintenant avant que cela n’arrive, pour qu’au moment où cela arrivera, vous croyiez. |
30 Je ne m’entretiendrai plus beaucoup avec vous, car il vient, le Prince de ce monde ; sur moi il n’a aucun pouvoir, |
31 mais il faut que le monde reconnaisse que j’aime le Père et que je fais comme le Père m’a commandé. Levez-vous ! Partons d’ici ! |
1 « Moi, je suis la vigne véritable et mon Père est le vigneron. |
2 Tout sarment en moi qui ne porte pas de fruit, il l’enlève, et tout sarment qui porte du fruit, il l’émonde, pour qu’il porte encore plus de fruit. |
3 Déjà vous êtes purs grâce à la parole que je vous ai dite. |
4 Demeurez en moi, comme moi en vous. De même que le sarment ne peut de lui-même porter du fruit s’il ne demeure pas sur la vigne, ainsi vous non plus, si vous ne demeurez pas en moi. |
5 Moi, je suis la vigne ; vous, les sarments. Celui qui demeure en moi, et moi en lui, celui-là porte beaucoup de fruit ; car hors de moi vous ne pouvez rien faire. |
6 Si quelqu’un ne demeure pas en moi, il est jeté dehors comme le sarment et il se dessèche ; on les ramasse et on les jette au feu et ils brûlent. |
7 Si vous demeurez en moi et que mes paroles demeurent en vous, demandez ce que vous voudrez, et vous l’aurez. |
8 C’est la gloire de mon Père que vous portiez beaucoup de fruit et deveniez mes disciples. |
9 Comme le Père m’a aimé, moi aussi je vous ai aimés. Demeurez en mon amour. |
10 Si vous gardez mes commandements, vous demeurerez en mon amour, comme moi j’ai gardé les commandements de mon Père et je demeure en son amour. |
11 Je vous dis cela pour que ma joie soit en vous et que votre joie soit complète. |
12 Voici quel est mon commandement : vous aimer les uns les autres comme je vous ai aimés. |
13 Nul n’a plus grand amour que celui-ci : déposer sa vie pour ses amis. |
14 Vous êtes mes amis, si vous faites ce que je vous commande. |
15 Je ne vous appelle plus serviteurs, car le serviteur ne sait pas ce que fait son maître ; mais je vous appelle amis, parce que tout ce que j’ai entendu de mon Père, je vous l’ai fait connaître. |
16 Ce n’est pas vous qui m’avez choisi ; mais c’est moi qui vous ai choisis et vous ai établis pour que vous alliez et portiez du fruit et que votre fruit demeure, afin que tout ce que vous demanderez au Père en mon nom, il vous le donne. |
17 Ce que je vous commande, c’est de vous aimer les uns les autres. |
18 « Si le monde vous hait, sachez que moi, il m’a pris en haine avant vous. |
19 Si vous étiez du monde, le monde aimerait son bien ; mais parce que vous n’êtes pas du monde, puisque mon choix vous a tirés du monde, pour cette raison, le monde vous hait. |
20 Rappelez-vous la parole que je vous ai dite : Le serviteur n’est pas plus grand que son maître. S’ils m’ont persécuté, vous aussi ils vous persécuteront ; s’ils ont gardé ma parole, la vôtre aussi ils la garderont. |
21 Mais tout cela, ils le feront contre vous à cause de mon nom, parce qu’ils ne connaissent pas celui qui m’a envoyé. |
22 Si je n’étais pas venu et ne leur avais pas parlé, ils n’auraient pas de péché ; mais maintenant ils n’ont pas d’excuse à leur péché. |
23 Qui me hait, hait aussi mon Père. |
24 Si je n’avais pas fait parmi eux les œuvres que nul autre n’a faites, ils n’auraient pas de péché ; mais maintenant ils ont vu et ils nous haïssent, et moi et mon Père. |
25 Mais c’est pour que s’accomplisse la parole écrite dans leur Loi : Ils m’ont haï sans raison. |
26 Lorsque viendra le Paraclet, que je vous enverrai d’auprès du Père, l’Esprit de vérité, qui vient du Père, il me rendra témoignage. |
27 Mais vous aussi, vous témoignerez, parce que vous êtes avec moi depuis le commencement. |
1 « Je vous ai dit cela pour vous éviter le scandale. |
2 On vous exclura des synagogues. Bien plus, l’heure vient où quiconque vous tuera pensera rendre un culte à Dieu. |
3 Et cela, ils le feront pour n’avoir reconnu ni le Père ni moi. |
4 Mais je vous ai dit cela, pour qu’une fois leur heure venue, vous vous rappeliez que je vous l’ai dit. « Je ne vous ai pas dit cela dès le commencement, parce que j’étais avec vous. |
5 Mais maintenant je m’en vais vers celui qui m’a envoyé et aucun de vous ne me demande : « Où vas-tu ? » |
6 Mais parce que je vous ai dit cela, la tristesse remplit vos cœurs. |
7 Cependant je vous dis la vérité : c’est votre intérêt que je parte ; car si je ne pars pas, le Paraclet ne viendra pas vers vous ; mais si je pars, je vous l’enverrai. |
8 Et lui, une fois venu, il établira la culpabilité du monde en fait de péché, en fait de justice et en fait de jugement : |
9 de péché, parce qu’ils ne croient pas en moi ; |
10 de justice, parce que je vais vers le Père et que vous ne me verrez plus ; |
11 de jugement, parce que le Prince de ce monde est jugé. |
12 J’ai encore beaucoup à vous dire, mais vous ne pouvez pas le porter à présent. |
13 Mais quand il viendra, lui, l’Esprit de vérité, il vous guidera dans la vérité tout entière ; car il ne parlera pas de lui-même, mais ce qu’il entendra, il le dira et il vous expliquera les choses à venir. |
14 Lui me glorifiera, car c’est de mon bien qu’il recevra et il vous l’expliquera. |
15 Tout ce qu’a le Père est à moi. Voilà pourquoi j’ai dit que c’est de mon bien qu’il reçoit et qu’il vous expliquera. |
16 « Encore un peu et vous ne me verrez plus et puis un peu encore et vous me verrez. » |
17 Quelques-uns de ses disciples se dirent entre eux : « Qu’est-ce qu’il nous dit là : « Encore un peu et vous ne me verrez plus et puis un peu encore et vous me verrez », et : « Je vais vers le Père » ? » |
18 Ils disaient : « Qu’est-ce que ce : « un peu » ? Nous ne savons pas ce qu’il veut dire. » |
19 Jésus comprit qu’ils voulaient le questionner et il leur dit : « Vous vous interrogez entre vous sur ce que j’ai dit :“Encore un peu et vous ne me verrez plus et puis un peu encore et vous me verrez.” |
20 En vérité, en vérité, je vous le dis, vous pleurerez et vous vous lamenterez, et le monde se réjouira ; vous serez tristes, mais votre tristesse se changera en joie. |
21 La femme, sur le point d’accoucher, s’attriste parce que son heure est venue ; mais lorsqu’elle a donné le jour à l’enfant, elle ne se souvient plus des douleurs, dans la joie qu’un homme soit venu au monde. |
22 Vous aussi, maintenant vous voilà tristes ; mais je vous verrai de nouveau et votre cœur sera dans la joie, et votre joie, nul ne vous l’enlèvera. |
23 Ce jour-là, vous ne me poserez aucune question. En vérité, en vérité, je vous le dis, ce que vous demanderez au Père, il vous le donnera en mon nom. |
24 Jusqu’à présent vous n’avez rien demandé en mon nom ; demandez et vous recevrez, pour que votre joie soit complète. |
25 Tout cela, je vous l’ai dit en figures. L’heure vient où je ne vous parlerai plus en figures, mais je vous entretiendrai du Père en toute clarté. |
26 Ce jour-là, vous demanderez en mon nom et je ne vous dis pas que j’interviendrai pour vous auprès du Père, |
27 car le Père lui-même vous aime, parce que vous m’aimez et que vous croyez que je suis sorti d’auprès de Dieu. |
28 Je suis sorti d’auprès du Père et venu dans le monde. À présent je quitte le monde et je vais vers le Père. » |
29 Ses disciples lui disent : « Voilà que maintenant tu parles en clair et sans figures ! |
30 Nous savons maintenant que tu sais tout et n’as pas besoin qu’on te questionne. À cela nous croyons que tu es sorti de Dieu. » |
31 Jésus leur répondit :« Vous croyez à présent ? |
32 Voici venir l’heure — et elle est venue — où vous serez dispersés chacun de votre côté et me laisserez seul. Mais je ne suis pas seul : le Père est avec moi. |
33 Je vous ai dit ces choses, pour que vous ayez la paix en moi. Dans le monde vous aurez à souffrir. Mais gardez courage ! Moi, j’ai bel et bien vaincu le monde. » |
1 Ainsi parla Jésus, et levant les yeux au ciel, il dit :« Père, l’heure est venue : glorifie ton Fils, afin que ton Fils te glorifie |
2 et que, selon le pouvoir que tu lui as donné sur toute chair, il donne la vie éternelle à tous ceux que tu lui as donnés ! |
3 Or, la vie éternelle, c’est qu’ils te connaissent, toi, le seul véritable Dieu, et celui que tu as envoyé, Jésus-Christ. |
4 Je t’ai glorifié sur la terre, en menant à bonne fin l’œuvre que tu m’as donné de faire. |
5 Et maintenant, Père, glorifie-moi auprès de toi de la gloire que j’avais auprès de toi, avant que fût le monde. |
6 J’ai manifesté ton Nom aux hommes, que tu as tirés du monde pour me les donner. Ils étaient à toi et tu me les as donnés et ils ont gardé ta parole. |
7 Maintenant ils ont reconnu que tout ce que tu m’as donné vient de toi ; |
8 car les paroles que tu m’as données, je les leur ai données, et ils les ont accueillies et ils ont vraiment reconnu que je suis sorti d’auprès de toi, et ils ont cru que tu m’as envoyé. |
9 C’est pour eux que je prie ; je ne prie pas pour le monde, mais pour ceux que tu m’as donnés, car ils sont à toi, |
10 et tout ce qui est à moi est à toi, et tout ce qui est à toi est à moi, et je suis glorifié en eux. |
11 Je ne suis plus dans le monde ; eux sont dans le monde, et moi, je viens vers toi. Père saint, garde-les dans ton Nom que tu m’as donné, pour qu’ils soient un comme nous. |
12 Quand j’étais avec eux, je les gardais dans ton Nom que tu m’as donné. J’ai veillé et aucun d’eux ne s’est perdu, sauf le fils de perdition, afin que l’Écriture fût accomplie. |
13 Mais maintenant je viens vers toi et je parle ainsi dans le monde, afin qu’ils aient en eux-mêmes ma joie complète. |
14 Je leur ai donné ta parole et le monde les a haïs, parce qu’ils ne sont pas du monde, comme moi je ne suis pas du monde. |
15 Je ne te prie pas de les enlever du monde, mais de les garder du Mauvais. |
16 Ils ne sont pas du monde, comme moi je ne suis pas du monde. |
17 Sanctifie-les dans la vérité : ta parole est vérité. |
18 Comme tu m’as envoyé dans le monde, moi aussi, je les ai envoyés dans le monde. |
19 Pour eux je me sanctifie moi-même, afin qu’ils soient, eux aussi, sanctifiés dans la vérité. |
20 Je ne prie pas pour eux seulement, mais aussi pour ceux qui, grâce à leur parole, croiront en moi, |
21 afin que tous soient un. Comme toi, Père, tu es en moi et moi en toi, qu’eux aussi soient en nous, afin que le monde croie que tu m’as envoyé. |
22 Je leur ai donné la gloire que tu m’as donnée, pour qu’ils soient un comme nous sommes un : |
23 moi en eux et toi en moi, afin qu’ils soient parfaits dans l’unité, et que le monde reconnaisse que tu m’as envoyé et que tu les as aimés comme tu m’as aimé. |
24 Père, ceux que tu m’as donnés, je veux que là où je suis, eux aussi soient avec moi, afin qu’ils contemplent ma gloire, que tu m’as donnée parce que tu m’as aimé avant la fondation du monde. |
25 Père juste, le monde ne t’a pas connu, mais moi je t’ai connu et ceux-ci ont reconnu que tu m’as envoyé. |
26 Je leur ai fait connaître ton nom et je le leur ferai connaître, pour que l’amour dont tu m’as aimé soit en eux et moi en eux. » |
1 Ayant dit cela, Jésus s’en alla avec ses disciples de l’autre côté du torrent du Cédron. Il y avait là un jardin dans lequel il entra, ainsi que ses disciples. |
2 Or Judas, qui le livrait, connaissait aussi ce lieu, parce que bien des fois Jésus et ses disciples s’y étaient réunis. |
3 Judas donc, menant la cohorte et des gardes détachés par les grands prêtres et les Pharisiens, vient là avec des lanternes, des torches et des armes. |
4 Alors Jésus, sachant tout ce qui allait lui advenir, sortit et leur dit : « Qui cherchez-vous ? » |
5 Ils lui répondirent : « Jésus le Nazôréen. » Il leur dit : « C’est moi. » Or Judas, qui le livrait, se tenait là, lui aussi, avec eux. |
6 Quand Jésus leur eut dit : « C’est moi », ils reculèrent et tombèrent à terre. |
7 De nouveau il leur demanda : « Qui cherchez-vous ? » Ils dirent : « Jésus le Nazôréen. » |
8 Jésus répondit : « Je vous ai dit que c’est moi. Si donc c’est moi que vous cherchez, laissez ceux-là s’en aller », |
9 afin que s’accomplît la parole qu’il avait dite : « Ceux que tu m’as donnés, je n’en ai pas perdu un seul. » |
10 Alors Simon-Pierre, qui portait un glaive, le tira, frappa le serviteur du grand prêtre et lui trancha l’oreille droite. Ce serviteur avait nom Malchus. |
11 Jésus dit à Pierre : « Rentre le glaive dans le fourreau. La coupe que m’a donnée le Père, ne la boirai-je pas ? » |
12 Alors la cohorte, le tribun et les gardes des Juifs saisirent Jésus et le lièrent. |
13 Ils le menèrent d’abord chez Anne ; c’était en effet le beau-père de Caïphe, qui était grand prêtre cette année-là. |
14 Or Caïphe était celui qui avait donné ce conseil aux Juifs : « Il y a intérêt à ce qu’un seul homme meure pour le peuple. » |
15 Or Simon-Pierre suivait Jésus, ainsi qu’un autre disciple. Ce disciple était connu du grand prêtre et entra avec Jésus dans la cour du grand prêtre, |
16 tandis que Pierre se tenait près de la porte, dehors. L’autre disciple, celui qui était connu du grand prêtre, sortit donc et dit un mot à la portière et il fit entrer Pierre. |
17 La servante, celle qui gardait la porte, dit alors à Pierre : « N’es-tu pas, toi aussi, des disciples de cet homme ? » Lui dit : « Je n’en suis pas. » |
18 Les serviteurs et les gardes, qui avaient fait un feu de braise, parce que le temps était froid, se tenaient là et se chauffaient. Pierre aussi se tenait là avec eux et se chauffait. |
19 Le grand prêtre interrogea Jésus sur ses disciples et sur sa doctrine. |
20 Jésus lui répondit : « C’est au grand jour que j’ai parlé au monde, j’ai toujours enseigné en synagogue et dans le Temple où tous les Juifs s’assemblent et je n’ai rien dit en secret. |
21 Pourquoi m’interroges-tu ? Demande à ceux qui ont entendu ce que je leur ai enseigné ; eux, ils savent ce que j’ai dit. » |
22 À ces mots, l’un des gardes, qui se tenait là, donna une gifle à Jésus en disant : « C’est ainsi que tu réponds au grand prêtre ? » |
23 Jésus lui répondit : « Si j’ai mal parlé, témoigne de ce qui est mal ; mais si j’ai bien parlé, pourquoi me frappes-tu ? » |
24 Anne l’envoya alors, toujours lié, au grand prêtre, Caïphe. |
25 Or Simon-Pierre se tenait là et se chauffait. Ils lui dirent : « N’es-tu pas, toi aussi, de ses disciples ? » Lui le nia et dit : « Je n’en suis pas. » |
26 Un des serviteurs du grand prêtre, un parent de celui à qui Pierre avait tranché l’oreille, dit : « Ne t’ai-je pas vu dans le jardin avec lui ? » |
27 De nouveau Pierre nia, et aussitôt un coq chanta. |
28 Alors ils mènent Jésus de chez Caïphe au prétoire. C’était le matin. Eux-mêmes n’entrèrent pas dans le prétoire, pour ne pas se souiller, mais pour pouvoir manger la Pâque. |
Un Vendredi saint, un Vendredi saint qui n'est pas loin de nous mais plus proche que jamais, même si nous n'étions pas encore de ce monde, le métropolite Antoine de Souroge prononçait en chaire ces paroles : « <...> La Mère se tenait près de la Croix ; Son Fils, trahi, outragé, rejeté, battu, déchiré, torturé, mourait sur la Croix. Et Elle mourait avec Lui… Beaucoup, sans doute, regardaient le Christ ; beaucoup, sans doute, eurent honte et peur et ne regardèrent pas Sa Mère en face. Et voici que nous nous tournons vers Elle en disant : Mère, je suis coupable — parmi d'autres, certes — de la mort de Ton Fils ; je suis coupable : intercède pour moi. Sauve-nous par Ta prière, par Ta protection, car si Tu pardonnes, personne ne nous condamnera ni ne nous perdra… Mais si Tu ne pardonnes pas, Ta parole sera plus forte que toute parole prononcée pour notre défense… <...> Tenons-nous donc devant le jugement de notre conscience, éveillée par Sa douleur, et apportons un cœur repentant et contrit ; adressons au Christ la prière de nous donner la force de nous réveiller, de reprendre nos esprits, de revivre, de devenir humains, de rendre notre vie profonde, vaste, capable d'accueillir l'amour et la présence du Seigneur. Et avec cet amour, allons dans la vie pour créer la vie, pour façonner et bâtir un monde profond et spacieux, qui serait comme un vêtement enveloppant la présence du Seigneur, qui rayonnerait de toute la lumière et de toute la joie du paradis. C'est notre vocation ; c'est ce que nous devons accomplir en nous brisant nous-mêmes, en nous donnant, en mourant s'il le faut — et il le faut ! —, car aimer, c'est mourir à soi-même, c'est ne plus s'estimer soi-même, mais estimer l'autre, qu'il soit Dieu ou un être humain ; c'est vivre pour l'autre en laissant de côté le souci de soi. Mourons autant que nous le pouvons, mettons toutes nos forces à mourir pour vivre d'amour et vivre pour Dieu et pour les autres. » Ce vendredi où le métropolite prononçait ces paroles nous est si proche, comme tous les Vendredis saints passés et à venir. « Je suis coupable. » Je n'étais pas encore de ce monde, mais je suis coupable. On ne peut voir dans ce jour une commémoration symbolique d'événements survenus autrefois. Non. Car le Corps et le Sang auxquels nous communions ne sont pas un symbole, mais le Corps Lui-même et le Sang Lui-même. Me voici, et je suis coupable ici et maintenant. Il est effrayant de voir des gens commencer à se souhaiter de joyeuses Pâques à l'avance — cela arrive vraiment, et souvent ! Aujourd'hui, je ne sais rien de Pâques ; je sais seulement une chose : femme ou homme, je suis coupable, car Il est mort, et je n'ai rien fait pour l'empêcher.
2 On vous exclura des synagogues. Bien plus, l’heure vient où quiconque vous tuera pensera rendre un culte à Dieu. |
3 Et cela, ils le feront pour n’avoir reconnu ni le Père ni moi. |
4 Mais je vous ai dit cela, pour qu’une fois leur heure venue, vous vous rappeliez que je vous l’ai dit. « Je ne vous ai pas dit cela dès le commencement, parce que j’étais avec vous. |
5 Mais maintenant je m’en vais vers celui qui m’a envoyé et aucun de vous ne me demande : « Où vas-tu ? » |
6 Mais parce que je vous ai dit cela, la tristesse remplit vos cœurs. |
7 Cependant je vous dis la vérité : c’est votre intérêt que je parte ; car si je ne pars pas, le Paraclet ne viendra pas vers vous ; mais si je pars, je vous l’enverrai. |
8 Et lui, une fois venu, il établira la culpabilité du monde en fait de péché, en fait de justice et en fait de jugement : |
9 de péché, parce qu’ils ne croient pas en moi ; |
10 de justice, parce que je vais vers le Père et que vous ne me verrez plus ; |
11 de jugement, parce que le Prince de ce monde est jugé. |
12 J’ai encore beaucoup à vous dire, mais vous ne pouvez pas le porter à présent. |
13 Mais quand il viendra, lui, l’Esprit de vérité, il vous guidera dans la vérité tout entière ; car il ne parlera pas de lui-même, mais ce qu’il entendra, il le dira et il vous expliquera les choses à venir. |
Le fait que le Seigneur ait Ses propres principes pédagogiques, incompréhensibles pour nous, n'a pas été inventé récemment ni par nous. Les paroles célèbres dites par Dieu par le prophète Isaïe portent précisément là-dessus : « Mes pensées ne sont pas vos pensées » (Is 55:8). Lui, le maître du temps, a Son propre moment pour chaque chose ; Il sait quand Ses disciples doivent apprendre et comprendre quelque chose.
Parfois Ses paroles peuvent sembler se contredire : « Je ne suis pas venu apporter la paix, mais l'épée » (Mt 10:34) et « Je ne suis pas venu juger le monde, mais sauver le monde » (Jn 12:46). Mais ce que nous essayons de percevoir de notre point de vue peut être tout autre chose pour Dieu. Et c'est pourquoi Il prend, pour ainsi dire, soin de nous, veille sur nous et attend le moment où il sera le meilleur pour nous d'entendre Sa parole, afin que nous puissions la recevoir (voir Jn 16:12).
Mais il arrive souvent que les paroles du Christ nous soient données « d'avance », pour l'avenir. Le Seigneur sait que nous ne comprendrons pas tout immédiatement, mais Il partage tout de même généreusement avec nous Sa Parole, Sa vie. Et peu Lui importe qu'il nous faille beaucoup de temps pour que le sens de ce qu'Il a dit nous parvienne, d'abord à la conscience, puis au coeur. Il nous parle quand même, afin que, plus tard, sur ce sol, l'Esprit Saint fasse pousser quelque chose de nouveau (voir Jn 16:13).
2 On vous exclura des synagogues. Bien plus, l’heure vient où quiconque vous tuera pensera rendre un culte à Dieu. |
3 Et cela, ils le feront pour n’avoir reconnu ni le Père ni moi. |
4 Mais je vous ai dit cela, pour qu’une fois leur heure venue, vous vous rappeliez que je vous l’ai dit. « Je ne vous ai pas dit cela dès le commencement, parce que j’étais avec vous. |
5 Mais maintenant je m’en vais vers celui qui m’a envoyé et aucun de vous ne me demande : « Où vas-tu ? » |
6 Mais parce que je vous ai dit cela, la tristesse remplit vos cœurs. |
7 Cependant je vous dis la vérité : c’est votre intérêt que je parte ; car si je ne pars pas, le Paraclet ne viendra pas vers vous ; mais si je pars, je vous l’enverrai. |
8 Et lui, une fois venu, il établira la culpabilité du monde en fait de péché, en fait de justice et en fait de jugement : |
9 de péché, parce qu’ils ne croient pas en moi ; |
10 de justice, parce que je vais vers le Père et que vous ne me verrez plus ; |
11 de jugement, parce que le Prince de ce monde est jugé. |
12 J’ai encore beaucoup à vous dire, mais vous ne pouvez pas le porter à présent. |
13 Mais quand il viendra, lui, l’Esprit de vérité, il vous guidera dans la vérité tout entière ; car il ne parlera pas de lui-même, mais ce qu’il entendra, il le dira et il vous expliquera les choses à venir. |
À l'approche du jour de la Pentecôte, il est nécessaire d'écouter attentivement les paroles du Christ sur la venue de l'Esprit Saint, afin de ne pas être privés de Ses dons de grâce. Deux choses sont d'une importance fondamentale pour nous. Premièrement, le fait que le Consolateur, l'Esprit Saint, convaincra le monde en matière de péché, de justice et de jugement. Cela signifie que, dans la venue de l'Esprit, nous verrons tout cela; ces réalités deviendront présentes, deviendront visibles. Dans la force de l'Esprit Saint, l'Église saura que le péché, c'est l'incrédulité envers le Christ, que la justice, c'est Sa Résurrection, que le jugement, c'est Sa victoire sur le mal.
Et la seconde chose dont nous avons tant besoin, c'est d'être guidés vers toute la vérité. Le Seigneur dit que nous ne serons plus comme des aveugles tâtonnant dans la vie, sans savoir ni comprendre où est la vie et où est la mort. L'Esprit Saint nous guidera, et en Lui nous connaîtrons la vérité et nous pourrons vivre et avancer vers Dieu. C'est précisément cela le don principal et si nécessaire de l'Esprit.
2 On vous exclura des synagogues. Bien plus, l’heure vient où quiconque vous tuera pensera rendre un culte à Dieu. |
3 Et cela, ils le feront pour n’avoir reconnu ni le Père ni moi. |
4 Mais je vous ai dit cela, pour qu’une fois leur heure venue, vous vous rappeliez que je vous l’ai dit. « Je ne vous ai pas dit cela dès le commencement, parce que j’étais avec vous. |
5 Mais maintenant je m’en vais vers celui qui m’a envoyé et aucun de vous ne me demande : « Où vas-tu ? » |
6 Mais parce que je vous ai dit cela, la tristesse remplit vos cœurs. |
7 Cependant je vous dis la vérité : c’est votre intérêt que je parte ; car si je ne pars pas, le Paraclet ne viendra pas vers vous ; mais si je pars, je vous l’enverrai. |
8 Et lui, une fois venu, il établira la culpabilité du monde en fait de péché, en fait de justice et en fait de jugement : |
9 de péché, parce qu’ils ne croient pas en moi ; |
10 de justice, parce que je vais vers le Père et que vous ne me verrez plus ; |
11 de jugement, parce que le Prince de ce monde est jugé. |
12 J’ai encore beaucoup à vous dire, mais vous ne pouvez pas le porter à présent. |
13 Mais quand il viendra, lui, l’Esprit de vérité, il vous guidera dans la vérité tout entière ; car il ne parlera pas de lui-même, mais ce qu’il entendra, il le dira et il vous expliquera les choses à venir. |
En parlant à ses disciples du Royaume, Jésus a mentionné plus d'une fois son incompatibilité organique avec le monde non transfiguré. C'est par cela, et par rien d'autre, qu'il explique aussi les persécutions qui deviendront le compagnon inévitable des chrétiens tout au long du chemin historique de l'Église. Qu'est-ce donc qui se révèle pour le monde une dénonciation absolument insupportable, provoquant une réaction aussi violente?
Avant tout, bien sûr, le témoignage que « le prince de ce monde » est déjà jugé. Si, sans doute, il était précisément question du diable, des forces obscures, des forces du mal, il n'y aurait pas une réaction aussi vive à ce témoignage. Mais il s'agit du « prince de ce monde », et donc de tout l'ordre des choses existant dans le monde. Même les justes qui suivent la Torah y sont justifiés non parce qu'ils font partie de ce monde, mais parce que, et dans la mesure où, étant justes et suivant la Torah, ils ne lui appartiennent déjà plus. Le monde voudrait s'approprier tout ce qui arrive parfois de bon en lui malgré sa propre nature, et se dissocier de tout le mal qu'il engendre lui-même en vertu de cette nature; et le Royaume, en entrant dans le monde, témoigne de sa vraie nature, corrompue par le péché, provoquant ainsi la fureur des forces de ce monde, la fureur du malfaiteur à qui l'on a publiquement arraché le masque.
Un irritant supplémentaire est le rappel de celui que le monde voudrait oublier, mais qu'on lui rappelle sans cesse. Non, bien sûr, si l'on rappelait au monde Jésus comme, par exemple, un grand théologien, un réformateur religieux ou, à la rigueur, un maître de morale, ce serait encore supportable: après tout, il n'est ni le premier ni le dernier. Mais on le désigne comme quelqu'un d'unique et d'incomparable, qui de surcroît ne veut absolument tenir compte ni du monde, ni de ses faiblesses et de ses péchés.
À ce qu'il apparaît, le conflit est provoqué par l'essence même des différences qui séparent le Royaume et le monde embourbé dans le mal. Il n'est pas étonnant qu'il dure jusqu'à la fin des temps, ne faisant que s'aiguiser au fil des années.
1 « Je vous ai dit cela pour vous éviter le scandale. |
2 On vous exclura des synagogues. Bien plus, l’heure vient où quiconque vous tuera pensera rendre un culte à Dieu. |
3 Et cela, ils le feront pour n’avoir reconnu ni le Père ni moi. |
4 Mais je vous ai dit cela, pour qu’une fois leur heure venue, vous vous rappeliez que je vous l’ai dit. « Je ne vous ai pas dit cela dès le commencement, parce que j’étais avec vous. |
5 Mais maintenant je m’en vais vers celui qui m’a envoyé et aucun de vous ne me demande : « Où vas-tu ? » |
6 Mais parce que je vous ai dit cela, la tristesse remplit vos cœurs. |
7 Cependant je vous dis la vérité : c’est votre intérêt que je parte ; car si je ne pars pas, le Paraclet ne viendra pas vers vous ; mais si je pars, je vous l’enverrai. |
8 Et lui, une fois venu, il établira la culpabilité du monde en fait de péché, en fait de justice et en fait de jugement : |
9 de péché, parce qu’ils ne croient pas en moi ; |
10 de justice, parce que je vais vers le Père et que vous ne me verrez plus ; |
11 de jugement, parce que le Prince de ce monde est jugé. |
12 J’ai encore beaucoup à vous dire, mais vous ne pouvez pas le porter à présent. |
13 Mais quand il viendra, lui, l’Esprit de vérité, il vous guidera dans la vérité tout entière ; car il ne parlera pas de lui-même, mais ce qu’il entendra, il le dira et il vous expliquera les choses à venir. |
14 Lui me glorifiera, car c’est de mon bien qu’il recevra et il vous l’expliquera. |
15 Tout ce qu’a le Père est à moi. Voilà pourquoi j’ai dit que c’est de mon bien qu’il reçoit et qu’il vous expliquera. |
16 « Encore un peu et vous ne me verrez plus et puis un peu encore et vous me verrez. » |
17 Quelques-uns de ses disciples se dirent entre eux : « Qu’est-ce qu’il nous dit là : « Encore un peu et vous ne me verrez plus et puis un peu encore et vous me verrez », et : « Je vais vers le Père » ? » |
18 Ils disaient : « Qu’est-ce que ce : « un peu » ? Nous ne savons pas ce qu’il veut dire. » |
19 Jésus comprit qu’ils voulaient le questionner et il leur dit : « Vous vous interrogez entre vous sur ce que j’ai dit :“Encore un peu et vous ne me verrez plus et puis un peu encore et vous me verrez.” |
20 En vérité, en vérité, je vous le dis, vous pleurerez et vous vous lamenterez, et le monde se réjouira ; vous serez tristes, mais votre tristesse se changera en joie. |
21 La femme, sur le point d’accoucher, s’attriste parce que son heure est venue ; mais lorsqu’elle a donné le jour à l’enfant, elle ne se souvient plus des douleurs, dans la joie qu’un homme soit venu au monde. |
22 Vous aussi, maintenant vous voilà tristes ; mais je vous verrai de nouveau et votre cœur sera dans la joie, et votre joie, nul ne vous l’enlèvera. |
23 Ce jour-là, vous ne me poserez aucune question. En vérité, en vérité, je vous le dis, ce que vous demanderez au Père, il vous le donnera en mon nom. |
24 Jusqu’à présent vous n’avez rien demandé en mon nom ; demandez et vous recevrez, pour que votre joie soit complète. |
25 Tout cela, je vous l’ai dit en figures. L’heure vient où je ne vous parlerai plus en figures, mais je vous entretiendrai du Père en toute clarté. |
26 Ce jour-là, vous demanderez en mon nom et je ne vous dis pas que j’interviendrai pour vous auprès du Père, |
27 car le Père lui-même vous aime, parce que vous m’aimez et que vous croyez que je suis sorti d’auprès de Dieu. |
28 Je suis sorti d’auprès du Père et venu dans le monde. À présent je quitte le monde et je vais vers le Père. » |
29 Ses disciples lui disent : « Voilà que maintenant tu parles en clair et sans figures ! |
30 Nous savons maintenant que tu sais tout et n’as pas besoin qu’on te questionne. À cela nous croyons que tu es sorti de Dieu. » |
31 Jésus leur répondit :« Vous croyez à présent ? |
32 Voici venir l’heure — et elle est venue — où vous serez dispersés chacun de votre côté et me laisserez seul. Mais je ne suis pas seul : le Père est avec moi. |
33 Je vous ai dit ces choses, pour que vous ayez la paix en moi. Dans le monde vous aurez à souffrir. Mais gardez courage ! Moi, j’ai bel et bien vaincu le monde. » |
Les disciples ne peuvent pas comprendre les paroles mystérieuses de Jésus : « Encore un peu de temps et vous ne Me verrez plus, puis encore un peu de temps et vous Me verrez... ». Nous pouvons, nous aussi, partager leur perplexité. Même si nous savons qu’Il leur a dit ces paroles en pensant à la crucifixion prochaine, à la mort, puis à la rencontre après Sa résurrection, pourquoi ces paroles nous sont-elles maintenant adressées ? Nous ne L’avons vu ni avant la croix ni après la Résurrection.
Parle-t-Il peut-être de la Seconde Venue ? Peut-être... Mais ici même, nous entendons que les paroles, l’image et la présence même du Christ peuvent nous rencontrer avant la fin du monde, lorsque le Consolateur les apportera avec Lui, Lui qui parlera avec la voix de Jésus, enseignera comme le Seigneur enseignait, parce qu’Il vient Lui aussi du même lieu que le Christ : du Père.
1 « Je vous ai dit cela pour vous éviter le scandale. |
2 On vous exclura des synagogues. Bien plus, l’heure vient où quiconque vous tuera pensera rendre un culte à Dieu. |
3 Et cela, ils le feront pour n’avoir reconnu ni le Père ni moi. |
4 Mais je vous ai dit cela, pour qu’une fois leur heure venue, vous vous rappeliez que je vous l’ai dit. « Je ne vous ai pas dit cela dès le commencement, parce que j’étais avec vous. |
5 Mais maintenant je m’en vais vers celui qui m’a envoyé et aucun de vous ne me demande : « Où vas-tu ? » |
6 Mais parce que je vous ai dit cela, la tristesse remplit vos cœurs. |
7 Cependant je vous dis la vérité : c’est votre intérêt que je parte ; car si je ne pars pas, le Paraclet ne viendra pas vers vous ; mais si je pars, je vous l’enverrai. |
8 Et lui, une fois venu, il établira la culpabilité du monde en fait de péché, en fait de justice et en fait de jugement : |
9 de péché, parce qu’ils ne croient pas en moi ; |
10 de justice, parce que je vais vers le Père et que vous ne me verrez plus ; |
11 de jugement, parce que le Prince de ce monde est jugé. |
12 J’ai encore beaucoup à vous dire, mais vous ne pouvez pas le porter à présent. |
13 Mais quand il viendra, lui, l’Esprit de vérité, il vous guidera dans la vérité tout entière ; car il ne parlera pas de lui-même, mais ce qu’il entendra, il le dira et il vous expliquera les choses à venir. |
14 Lui me glorifiera, car c’est de mon bien qu’il recevra et il vous l’expliquera. |
15 Tout ce qu’a le Père est à moi. Voilà pourquoi j’ai dit que c’est de mon bien qu’il reçoit et qu’il vous expliquera. |
16 « Encore un peu et vous ne me verrez plus et puis un peu encore et vous me verrez. » |
17 Quelques-uns de ses disciples se dirent entre eux : « Qu’est-ce qu’il nous dit là : « Encore un peu et vous ne me verrez plus et puis un peu encore et vous me verrez », et : « Je vais vers le Père » ? » |
18 Ils disaient : « Qu’est-ce que ce : « un peu » ? Nous ne savons pas ce qu’il veut dire. » |
19 Jésus comprit qu’ils voulaient le questionner et il leur dit : « Vous vous interrogez entre vous sur ce que j’ai dit :“Encore un peu et vous ne me verrez plus et puis un peu encore et vous me verrez.” |
20 En vérité, en vérité, je vous le dis, vous pleurerez et vous vous lamenterez, et le monde se réjouira ; vous serez tristes, mais votre tristesse se changera en joie. |
21 La femme, sur le point d’accoucher, s’attriste parce que son heure est venue ; mais lorsqu’elle a donné le jour à l’enfant, elle ne se souvient plus des douleurs, dans la joie qu’un homme soit venu au monde. |
22 Vous aussi, maintenant vous voilà tristes ; mais je vous verrai de nouveau et votre cœur sera dans la joie, et votre joie, nul ne vous l’enlèvera. |
23 Ce jour-là, vous ne me poserez aucune question. En vérité, en vérité, je vous le dis, ce que vous demanderez au Père, il vous le donnera en mon nom. |
24 Jusqu’à présent vous n’avez rien demandé en mon nom ; demandez et vous recevrez, pour que votre joie soit complète. |
25 Tout cela, je vous l’ai dit en figures. L’heure vient où je ne vous parlerai plus en figures, mais je vous entretiendrai du Père en toute clarté. |
26 Ce jour-là, vous demanderez en mon nom et je ne vous dis pas que j’interviendrai pour vous auprès du Père, |
27 car le Père lui-même vous aime, parce que vous m’aimez et que vous croyez que je suis sorti d’auprès de Dieu. |
28 Je suis sorti d’auprès du Père et venu dans le monde. À présent je quitte le monde et je vais vers le Père. » |
29 Ses disciples lui disent : « Voilà que maintenant tu parles en clair et sans figures ! |
30 Nous savons maintenant que tu sais tout et n’as pas besoin qu’on te questionne. À cela nous croyons que tu es sorti de Dieu. » |
31 Jésus leur répondit :« Vous croyez à présent ? |
32 Voici venir l’heure — et elle est venue — où vous serez dispersés chacun de votre côté et me laisserez seul. Mais je ne suis pas seul : le Père est avec moi. |
33 Je vous ai dit ces choses, pour que vous ayez la paix en moi. Dans le monde vous aurez à souffrir. Mais gardez courage ! Moi, j’ai bel et bien vaincu le monde. » |
En parlant à ses disciples de son chemin et de son ministère, Jésus ne pouvait manquer de leur parler aussi du sens de la mort qui l'attendait. Il dit aux apôtres: mon chemin terrestre est achevé, le temps de la séparation est venu (v. 5-6). Mais ce n'est pas une simple séparation: Jésus part afin que le Royaume puisse se révéler au monde dans toute sa plénitude. Il dit: si je n'achève pas mon chemin terrestre et humain, ma plénitude divine demeurera elle aussi cachée au monde. Alors les apôtres eux-mêmes ne sentiront pas le souffle de Dieu et ne connaîtront pas l'Esprit-Paraclet dont Jésus leur a parlé (v. 6-7).
Pendant ce temps, le Sauveur parle aux disciples de la venue du Royaume. Il dit: venu dans le monde, l'Esprit de Dieu deviendra le témoin principal de tout ce que beaucoup n'ont pas voulu entendre de moi ni de vous: le témoin de ma mission, de la défaite des forces des ténèbres, ainsi que du péché qui consiste à rejeter le Messie envoyé par Dieu (v. 8-11). Le sens d'un tel témoignage est évident: c'est un témoignage sur le Royaume et sur Jésus comme le Messie qui a apporté le Royaume dans le monde. Aucun témoignage en lui-même ne prive évidemment personne de la liberté de choisir, et ceux qui rejettent le témoignage de l'Esprit de Dieu deviendront les persécuteurs des témoins du Royaume (v. 1-4). C'est là l'essentiel; les disciples apprendront et comprendront le reste en participant au Royaume et en recevant la révélation de l'Esprit de Dieu (v. 12-15).
Pourtant, les disciples ne semblent pas encore croire jusqu'au bout que Jésus leur parle de sa mort. Ils sont perplexes: que veut-il dire? Où veut-il aller, pourquoi veut-il se cacher d'eux (v. 16-18)? Alors Jésus parle aux apôtres de sa mort et de sa résurrection avec toute la clarté possible. Il avertit ses disciples qu'ils devront éprouver une grande tristesse, qui sera bientôt remplacée par une joie plus grande encore (v. 21-22). Il leur promet qu'un jour viendra où ils se rencontreront de nouveau, un jour où tout leur deviendra clair et où ils n'auront plus aucune question (v. 22-23). Enfin, Jésus dit directement aux disciples: je suis venu dans le monde d'auprès du Père, et maintenant je quitte de nouveau le monde et je vais vers le Père (v. 28).
Après ces paroles du Maître, les apôtres pensent avoir enfin tout compris, mais Jésus semble penser autrement. Il leur dit directement que bientôt ils se disperseront tous et le laisseront seul (v. 29-32). Mais même la fuite des disciples désemparés n'a aucune importance: la victoire sur les forces du mal qui tiennent le monde captif est remportée, et aucune souffrance des témoins du Royaume ne peut désormais l'annuler (v. 33).
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