26 Emportez-vous, mais ne commettez pas le péché : que le soleil ne se couche pas sur votre colère ; |
En général, le début de ce verset « accroche » notre attention. Comment peut-on se mettre en colère et ne pas pécher, si le Seigneur lui-même a assimilé la colère à la transgression du sixième commandement de Moïse : « tu ne tueras pas » ? Et dans le même chapitre de l'épître aux Éphésiens, Paul range la colère parmi les vices qui doivent être ôtés de nous. Mais l'Écriture parle tant de fois de la colère de Dieu, et Jésus lui-même n'est pas étranger à la colère ! (voir Mc 3:5). Une solution possible du problème peut se trouver en Jc 1:20, où la colère humaine est opposée à la justice de Dieu. Il y a donc deux colères différentes : la colère humaine pécheresse et la juste colère de Dieu. L'objet de la juste colère est le péché ; l'objet de la colère pécheresse est le pécheur. On peut alors comprendre la première moitié du verset ainsi : soit ne péchez pas du tout par la colère, soit ne vous mettez pas en colère d'une colère pécheresse, c'est-à-dire non contre le pécheur, mais contre le péché. Mais la seconde moitié du verset donne la conclusion dans les deux cas : « que le soleil ne se couche pas sur votre colère ». Il ne faut pas rester « bloqué » dans la colère ; il faut la porter devant la Face de Dieu, afin que Dieu la détruise comme notre péché, ou l'accueille dans sa juste colère, et nous remplisse de sa miséricorde.
26 Emportez-vous, mais ne commettez pas le péché : que le soleil ne se couche pas sur votre colère ; |
D’une manière générale, le début de ce verset "attire" notre attention. Comment peut-on étant en colère – ne pas commettre de péché, si le Seigneur a Lui-même assimilé la colère à la violation du sixième commandement de Moise «ne tue point» ? Et dans ce même chapitre de l’épître aux Éphésiens Paul nomme la colère parmi ces défauts, qui doivent être extirpés de chez nous. Mais les Saintes Ecritures ne parlent-elles pas tant de fois de la colère de Dieu, et Jésus aussi n'est pas étranger à la colère! (Voir Mc 3:5).
La résolution possible du problème peut être Jacques 1:20, où la colère humaine est opposée à la vérité de Dieu. Il y a donc deux différentes colères : la peccable colère humaine et la juste colère Divine. L'objet de la colère juste est le péché, l'objet de la colère peccable - le pécheur. Alors on peut comprendre la première moitié du verset ainsi : soit vous ne commettez pas le péché par la colère, soit emportez vous pas d’une colère peccable (c'est-à-dire non sur le pécheur, mais sur le péché).
Mais la deuxième moitié du verset fait le bilan dans les deux cas - «que le soleil ne se couche pas sur votre colère;». Il ne faut pas "rester" dans la colère, il faut l'apporter devant Dieu pour qu’Il le supprime comme notre péché ou l'accepte dans Sa colère juste, et nous remplit avec Sa faveur.
25 Dès lors, plus de mensonge : que chacun dise la vérité à son prochain ; ne sommes-nous pas membres les uns des autres ? |
26 Emportez-vous, mais ne commettez pas le péché : que le soleil ne se couche pas sur votre colère ; |
27 il ne faut pas donner prise au diable. |
28 Que celui qui volait ne vole plus ; qu’il prenne plutôt la peine de travailler de ses mains, au point de pouvoir faire le bien en secourant les nécessiteux. |
29 De votre bouche ne doit sortir aucun mauvais propos, mais plutôt toute bonne parole capable d’édifier, quand il le faut, et de faire du bien à ceux qui l’entendent. |
30 Ne contristez pas l’Esprit Saint de Dieu, qui vous a marqués de son sceau pour le jour de la rédemption. |
31 Aigreur, emportement, colère, clameurs, outrages, tout cela doit être extirpé de chez vous, avec la malice sous toutes ses formes. |
32 Montrez-vous au contraire bons et compatissants les uns pour les autres, vous pardonnant mutuellement, comme Dieu vous a pardonné dans le Christ. |
Le mot clé de la lecture apostolique d'aujourd'hui est « c'est pourquoi ». Dans les lignes précédentes, l'apôtre dit que nous devons être renouvelés dans l'esprit de notre intelligence et revêtir l'homme nouveau, puisque nous avons reconnu que Jésus de Nazareth est le Fils de Dieu, le Christ. Puis, dans la fin du quatrième chapitre de l'épître aux Éphésiens que nous lisons aujourd'hui, il énumère les conséquences de ce fait.
On ne peut manquer de remarquer que les traits qu'il décrit concernent les relations du chrétien avec son entourage. On peut les résumer ainsi : le chrétien ne ment pas, ne vole pas, pardonne aux autres et ne les injurie pas ; par sa parole, il apporte la paix et la consolation. En théorie, il est très agréable de vivre près d'une telle personne. Les apologistes chrétiens des IIe et IIIe siècles attiraient souvent l'attention des puissants sur le fait que la société n'avait pas de meilleurs citoyens que les chrétiens. Pourtant, il est difficile d'être ainsi, car de telles personnes nous irritent. À côté d'elles, ce que nous sommes nous-mêmes apparaît trop clairement. Mais c'est précisément pourquoi le Seigneur disait aux disciples : vous êtes la lumière du monde.
En énumérant des choses ordinaires dans le monde, mais inadmissibles pour les chrétiens — la colère, le vol, les propos grossiers et le mensonge —, l'apôtre les exhorte à ne pas attrister ainsi l'Esprit Saint. C'est que la voix de l'Esprit, qui résonne dans le cœur des hommes, peut facilement être étouffée par celle de la chair. Ce fait montre clairement que le don de l'Esprit ne supprime ni la liberté ni la responsabilité humaines. Il est également évident que des choses aussi simples que s'abstenir de propos grossiers, de mensonges et de vols peuvent exprimer notre amour pour l'Esprit qui nous a marqués de Son sceau.
17 Je vous dis donc et vous adjure dans le Seigneur de ne plus vous conduire comme le font les païens, avec leur vain jugement |
18 et leurs pensées enténébrées : ils sont devenus étrangers à la vie de Dieu à cause de l’ignorance qu’a entraînée chez eux l’endurcissement du cœur, |
19 et, leur sens moral une fois émoussé, ils se sont livrés à la débauche au point de perpétrer avec frénésie toute sorte d’impureté. |
20 Mais vous, ce n’est pas ainsi que vous avez appris le Christ, |
21 si du moins vous l’avez reçu dans une prédication et un enseignement conformes à la vérité qui est en Jésus, |
22 à savoir qu’il vous faut abandonner votre premier genre de vie et dépouiller le vieil homme, qui va se corrompant au fil des convoitises décevantes, |
23 pour vous renouveler par une transformation spirituelle de votre jugement |
24 et revêtir l’Homme Nouveau, qui a été créé selon Dieu, dans la justice et la sainteté de la vérité. |
25 Dès lors, plus de mensonge : que chacun dise la vérité à son prochain ; ne sommes-nous pas membres les uns des autres ? |
26 Emportez-vous, mais ne commettez pas le péché : que le soleil ne se couche pas sur votre colère ; |
27 il ne faut pas donner prise au diable. |
28 Que celui qui volait ne vole plus ; qu’il prenne plutôt la peine de travailler de ses mains, au point de pouvoir faire le bien en secourant les nécessiteux. |
29 De votre bouche ne doit sortir aucun mauvais propos, mais plutôt toute bonne parole capable d’édifier, quand il le faut, et de faire du bien à ceux qui l’entendent. |
30 Ne contristez pas l’Esprit Saint de Dieu, qui vous a marqués de son sceau pour le jour de la rédemption. |
31 Aigreur, emportement, colère, clameurs, outrages, tout cela doit être extirpé de chez vous, avec la malice sous toutes ses formes. |
32 Montrez-vous au contraire bons et compatissants les uns pour les autres, vous pardonnant mutuellement, comme Dieu vous a pardonné dans le Christ. |
En appelant les chrétiens de l’Église d’Éphèse à une vie nouvelle dans le Christ, l’apôtre Paul explique en détail le lien de cause à effet entre la foi et ce que nous appellerions aujourd’hui le caractère moral d’une personne. Il dit que l’ignorance et l’endurcissement du cœur des païens entraînent l’obscurcissement de l’intelligence. C’est précisément cela qui éloigne l’homme de la vie de Dieu. En s’éloignant toujours davantage de Lui, l’homme atteint l’insensibilité. Le mot grec employé ici peut se traduire par « anesthésie, incapacité à ressentir la douleur ». La Vulgate, traduction latine de saint Jérôme, emploie un mot qui signifie désespoir ou absence d’espoir. Il s’agit en substance de l’état où l’intelligence humaine émoussée ne peut entendre la voix de sa propre conscience, ne peut ressentir la douleur causée par ses propres actes ni compatir à la douleur d’autrui. Surtout, cette insensibilité nous prive de la possibilité de voir la douleur atroce que nos bassesses infligent au Créateur. C’est pourquoi, dit l’apôtre Paul, l’homme se livre à une débauche et à une impureté extrêmes et sans frein. Leur moteur est le vide intérieur qui se forme parce que le cœur insensible est privé de communion avec Dieu. La débauche et l’impureté ne peuvent combler ce vide ; c’est pourquoi, dit l’apôtre, nous nous y livrons avec insatiabilité et avidité. C’est la chute ultime : une mort sans retour. Une issue à cette chute désespérée s’ouvre parce que la Vérité elle-même Se manifeste à l’homme dans le Christ. Nous sortons de l’état d’ignorance et d’endurcissement du cœur qui, comme l’apôtre l’a montré plus haut, nous mène à une mort sans espoir, et nous recevons en don la possibilité de tout recommencer. C’est pourquoi il nous appelle à nous défaire—littéralement, à nous dépouiller—du vieil homme, à renouveler l’esprit de notre intelligence et à revêtir l’homme nouveau. Tout dépend donc de notre choix. Il est en outre essentiel que nous participions ainsi à la vie de Dieu et que, au lieu de l’insensibilité, nous devenions capables non seulement de connaître la vérité, mais de la sentir de tout notre être. Au lieu de l’anesthésie païenne, l’homme acquiert la capacité de voir la souffrance du Crucifié et, grâce à elle, de choisir la vérité. De toujours choisir la vérité.
17 Je vous dis donc et vous adjure dans le Seigneur de ne plus vous conduire comme le font les païens, avec leur vain jugement |
18 et leurs pensées enténébrées : ils sont devenus étrangers à la vie de Dieu à cause de l’ignorance qu’a entraînée chez eux l’endurcissement du cœur, |
19 et, leur sens moral une fois émoussé, ils se sont livrés à la débauche au point de perpétrer avec frénésie toute sorte d’impureté. |
20 Mais vous, ce n’est pas ainsi que vous avez appris le Christ, |
21 si du moins vous l’avez reçu dans une prédication et un enseignement conformes à la vérité qui est en Jésus, |
22 à savoir qu’il vous faut abandonner votre premier genre de vie et dépouiller le vieil homme, qui va se corrompant au fil des convoitises décevantes, |
23 pour vous renouveler par une transformation spirituelle de votre jugement |
24 et revêtir l’Homme Nouveau, qui a été créé selon Dieu, dans la justice et la sainteté de la vérité. |
25 Dès lors, plus de mensonge : que chacun dise la vérité à son prochain ; ne sommes-nous pas membres les uns des autres ? |
26 Emportez-vous, mais ne commettez pas le péché : que le soleil ne se couche pas sur votre colère ; |
27 il ne faut pas donner prise au diable. |
28 Que celui qui volait ne vole plus ; qu’il prenne plutôt la peine de travailler de ses mains, au point de pouvoir faire le bien en secourant les nécessiteux. |
29 De votre bouche ne doit sortir aucun mauvais propos, mais plutôt toute bonne parole capable d’édifier, quand il le faut, et de faire du bien à ceux qui l’entendent. |
30 Ne contristez pas l’Esprit Saint de Dieu, qui vous a marqués de son sceau pour le jour de la rédemption. |
31 Aigreur, emportement, colère, clameurs, outrages, tout cela doit être extirpé de chez vous, avec la malice sous toutes ses formes. |
32 Montrez-vous au contraire bons et compatissants les uns pour les autres, vous pardonnant mutuellement, comme Dieu vous a pardonné dans le Christ. |
En appelant les chrétiens d'Éphèse à une vie spirituelle normale et pleine, Paul parle de la nécessité pour eux d'être renouvelés par le «souffle («l'esprit») de l'intelligence», afin de devenir autres, des hommes nouveaux, capables de vivre une vie juste conformément au dessein de Dieu sur l'homme et sur sa vocation. Cette vie nouvelle, l'apôtre la considère comme chrétienne au sens propre du mot (v. 20-24). Un tel appel correspond pleinement aux conceptions de la vie spirituelle généralement admises dans le milieu rabbinique au temps de Paul. Leur quintessence est exprimée par le célèbre appel à aimer Dieu «de tout son coeur, de tout son être («de toute son âme») et de toutes ses forces» (Dt 6:5). La vie spirituelle de l'homme est déterminée par le choix de son coeur, qui, dans la langue de la Bible, désigne ce centre de la personne humaine où se fait le choix et où se prennent les décisions qui déterminent les relations de l'homme avec Dieu et avec les hommes, ainsi que le système de valeurs qui détermine toute sa vie. En grec, depuis l'Antiquité déjà, on a commencé à l'appeler «intelligence»; et les philosophes grecs rattachaient à la notion d'«intelligence» ce que les auteurs bibliques écrivant en hébreu mettaient dans la notion de «coeur». C'est précisément l'action spirituelle («l'esprit») de cette «intelligence-coeur» qui renouvelait l'homme, et avant tout son monde intérieur, ce que la Bible appelle ordinairement «l'âme», par quoi il faut entendre ici non pas le principe personnel auquel nous sommes habitués, mais la force vitale intérieure.
Paul parle en ce sens du «renouvellement de l'homme intérieur», ce qui n'a rien d'étonnant: le renouvellement spirituel de l'homme commence toujours de l'intérieur, même si, dans un cas normal, il ne se limite jamais à son seul monde intérieur. Et l'apôtre, en parlant du renouvellement de «l'homme intérieur», estime lui aussi que celui-ci doit être suivi d'un changement de toute la vie du converti. Ce n'est pas par hasard qu'il oppose deux modes de vie: l'ancien, que beaucoup de chrétiens d'Éphèse menaient manifestement auparavant, avant leur conversion (v. 17-19), et le nouveau, auquel Paul les appelle (v. 25-32). Mais si autrefois, avant la venue du Christ dans le monde, il s'agissait de choisir ou de rejeter le chemin de la justice, il s'agit désormais de choisir ou de rejeter le Royaume et le salut. Et l'apôtre appelle de nouveau les fidèles à rester fidèles jusqu'au bout, après avoir choisi le Royaume.
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