1 Avant la fête de la Pâque, Jésus, sachant que son heure était venue de passer de ce monde vers le Père, ayant aimé les siens qui étaient dans le monde, les aima jusqu’à la fin. |
2 Au cours d’un repas, alors que déjà le diable avait mis au cœur de Judas Iscariote, fils de Simon, le dessein de le livrer, |
3 sachant que le Père lui avait tout remis entre les mains et qu’il était venu de Dieu et qu’il s’en allait vers Dieu, |
4 il se lève de table, dépose ses vêtements, et prenant un linge, il s’en ceignit. |
5 Puis il met de l’eau dans un bassin et il commença à laver les pieds des disciples et à les essuyer avec le linge dont il était ceint. |
6 Il vient donc à Simon-Pierre, qui lui dit : « Seigneur, toi, me laver les pieds ? » |
7 Jésus lui répondit : « Ce que je fais, tu ne le sais pas à présent ; par la suite tu comprendras. » |
8 Pierre lui dit : « Non, tu ne me laveras pas les pieds, jamais ! » Jésus lui répondit : « Si je ne te lave pas, tu n’as pas de part avec moi. » |
9 Simon-Pierre lui dit : « Seigneur, pas seulement les pieds, mais aussi les mains et la tête ! » |
10 Jésus lui dit : « Qui s’est baigné n’a pas besoin de se laver ; il est pur tout entier. Vous aussi, vous êtes purs ; mais pas tous. » |
11 Il connaissait en effet celui qui le livrait ; voilà pourquoi il dit : « Vous n’êtes pas tous purs. » |
12 Quand donc il leur eut lavé les pieds, qu’il eut repris ses vêtements et se fut remis à table, il leur dit : « Comprenez-vous ce que je vous ai fait ? |
13 Vous m’appelez Maître et Seigneur, et vous dites bien, car je le suis. |
14 Si donc je vous ai lavé les pieds, moi le Seigneur et le Maître, vous aussi vous devez vous laver les pieds les uns aux autres. |
15 Car c’est un exemple que je vous ai donné, pour que vous fassiez, vous aussi, comme moi j’ai fait pour vous. |
16 En vérité, en vérité, je vous le dis, le serviteur n’est pas plus grand que son maître, ni l’envoyé plus grand que celui qui l’a envoyé. |
17 Sachant cela, heureux êtes-vous, si vous le faites. |
18 Ce n’est pas de vous tous que je parle ; je connais ceux que j’ai choisis ; mais il faut que l’Écriture s’accomplisse :Celui qui mange mon pain a levé contre moi son talon. |
19 Je vous le dis, dès à présent, avant que la chose n’arrive, pour qu’une fois celle-ci arrivée, vous croyiez que Moi, Je Suis. |
20 En vérité, en vérité, je vous le dis, qui accueille celui que j’aurai envoyé m’accueille ; et qui m’accueille, accueille celui qui m’a envoyé. » |
Bien sûr, Pierre et les autres apôtres furent embarrassés. Et pour cause : le Roi d'Israël leur lave les pieds et accomplit le travail d'un esclave ! Beaucoup d'entre nous n'aimeraient certainement pas voir la personne qui leur est la plus chère faire quelque chose d'humiliant et d'inconvenant. Pourtant, ce lavement des pieds est un moment décisif dans l'histoire des relations entre Jésus et Ses disciples ; ceux auxquels cela déplaît peuvent partir. Pourquoi est-ce si important ? Apparemment, il est impossible de comprendre le Seigneur et de Le suivre sans apprendre par l'expérience cette leçon où le Maître sert les plus petits et l'Enseignant Ses disciples. Comme il est écrit, c'est un exemple, mais non un exemple au tableau ou en image. Pierre et nous tous devons traverser ce choc, afin que ne nous choque plus jamais la pensée que nous aussi devons servir ceux qui sont plus petits et plus faibles que nous.
1 Avant la fête de la Pâque, Jésus, sachant que son heure était venue de passer de ce monde vers le Père, ayant aimé les siens qui étaient dans le monde, les aima jusqu’à la fin. |
2 Au cours d’un repas, alors que déjà le diable avait mis au cœur de Judas Iscariote, fils de Simon, le dessein de le livrer, |
3 sachant que le Père lui avait tout remis entre les mains et qu’il était venu de Dieu et qu’il s’en allait vers Dieu, |
4 il se lève de table, dépose ses vêtements, et prenant un linge, il s’en ceignit. |
5 Puis il met de l’eau dans un bassin et il commença à laver les pieds des disciples et à les essuyer avec le linge dont il était ceint. |
6 Il vient donc à Simon-Pierre, qui lui dit : « Seigneur, toi, me laver les pieds ? » |
7 Jésus lui répondit : « Ce que je fais, tu ne le sais pas à présent ; par la suite tu comprendras. » |
8 Pierre lui dit : « Non, tu ne me laveras pas les pieds, jamais ! » Jésus lui répondit : « Si je ne te lave pas, tu n’as pas de part avec moi. » |
9 Simon-Pierre lui dit : « Seigneur, pas seulement les pieds, mais aussi les mains et la tête ! » |
10 Jésus lui dit : « Qui s’est baigné n’a pas besoin de se laver ; il est pur tout entier. Vous aussi, vous êtes purs ; mais pas tous. » |
11 Il connaissait en effet celui qui le livrait ; voilà pourquoi il dit : « Vous n’êtes pas tous purs. » |
12 Quand donc il leur eut lavé les pieds, qu’il eut repris ses vêtements et se fut remis à table, il leur dit : « Comprenez-vous ce que je vous ai fait ? |
13 Vous m’appelez Maître et Seigneur, et vous dites bien, car je le suis. |
14 Si donc je vous ai lavé les pieds, moi le Seigneur et le Maître, vous aussi vous devez vous laver les pieds les uns aux autres. |
15 Car c’est un exemple que je vous ai donné, pour que vous fassiez, vous aussi, comme moi j’ai fait pour vous. |
16 En vérité, en vérité, je vous le dis, le serviteur n’est pas plus grand que son maître, ni l’envoyé plus grand que celui qui l’a envoyé. |
17 Sachant cela, heureux êtes-vous, si vous le faites. |
18 Ce n’est pas de vous tous que je parle ; je connais ceux que j’ai choisis ; mais il faut que l’Écriture s’accomplisse :Celui qui mange mon pain a levé contre moi son talon. |
19 Je vous le dis, dès à présent, avant que la chose n’arrive, pour qu’une fois celle-ci arrivée, vous croyiez que Moi, Je Suis. |
20 En vérité, en vérité, je vous le dis, qui accueille celui que j’aurai envoyé m’accueille ; et qui m’accueille, accueille celui qui m’a envoyé. » |
Pierre et les autres apôtres étaient naturellement embarrassés. On le serait à moins: le Roi d'Israël leur lave les pieds, il accomplit le travail d'un esclave! Beaucoup d'entre nous n'aimeraient certainement pas que la personne qui nous est la plus chère se mette à faire quelque chose d'humiliant et d'inconvenant. Mais ce lavement des pieds est un moment décisif dans l'histoire des relations de Jésus avec ses disciples; celui à qui cela déplaît peut partir.
Pourquoi est-ce si important? Il est manifestement impossible de comprendre le Seigneur et de le suivre sans recevoir par l'expérience cette leçon où le Maître sert les plus petits et l'Enseignant ses disciples. C'est, comme il est écrit, un exemple, mais non un exemple au tableau ni en image. Pierre et nous tous devons traverser ce choc afin que ne nous choque plus jamais la pensée que nous aussi devons servir ceux qui sont plus petits et plus faibles que nous.
1 Avant la fête de la Pâque, Jésus, sachant que son heure était venue de passer de ce monde vers le Père, ayant aimé les siens qui étaient dans le monde, les aima jusqu’à la fin. |
2 Au cours d’un repas, alors que déjà le diable avait mis au cœur de Judas Iscariote, fils de Simon, le dessein de le livrer, |
3 sachant que le Père lui avait tout remis entre les mains et qu’il était venu de Dieu et qu’il s’en allait vers Dieu, |
4 il se lève de table, dépose ses vêtements, et prenant un linge, il s’en ceignit. |
5 Puis il met de l’eau dans un bassin et il commença à laver les pieds des disciples et à les essuyer avec le linge dont il était ceint. |
6 Il vient donc à Simon-Pierre, qui lui dit : « Seigneur, toi, me laver les pieds ? » |
7 Jésus lui répondit : « Ce que je fais, tu ne le sais pas à présent ; par la suite tu comprendras. » |
8 Pierre lui dit : « Non, tu ne me laveras pas les pieds, jamais ! » Jésus lui répondit : « Si je ne te lave pas, tu n’as pas de part avec moi. » |
9 Simon-Pierre lui dit : « Seigneur, pas seulement les pieds, mais aussi les mains et la tête ! » |
10 Jésus lui dit : « Qui s’est baigné n’a pas besoin de se laver ; il est pur tout entier. Vous aussi, vous êtes purs ; mais pas tous. » |
11 Il connaissait en effet celui qui le livrait ; voilà pourquoi il dit : « Vous n’êtes pas tous purs. » |
12 Quand donc il leur eut lavé les pieds, qu’il eut repris ses vêtements et se fut remis à table, il leur dit : « Comprenez-vous ce que je vous ai fait ? |
13 Vous m’appelez Maître et Seigneur, et vous dites bien, car je le suis. |
14 Si donc je vous ai lavé les pieds, moi le Seigneur et le Maître, vous aussi vous devez vous laver les pieds les uns aux autres. |
15 Car c’est un exemple que je vous ai donné, pour que vous fassiez, vous aussi, comme moi j’ai fait pour vous. |
Un seul mot vient à l'esprit quand il est question du lavement des pieds, quand on se rappelle et qu'on s'imagine que quelqu'un te lave les pieds: «poignant». Et c'est poignant quand c'est un frère ou une soeur qui le fait, et l'idée même que ton Seigneur ait pu le faire ne vient même pas... À quel point on se retrouve désarmé, sans défense, rassemblant avec peine assez de confiance pour recevoir docilement et humblement ce don étonnant. Le coeur mis à nu se fige, presque arrêté par la profondeur des sensations et des sentiments.
Mais quand c'est toi qui laves les pieds, il bat du désir d'exprimer par toute cette action l'amour qui se multiplie avec la décision de laver les pieds de quelqu'un. Le coeur bat, ordonnant de toucher avec délicatesse les pieds du frère ou de la soeur, comprenant que la confiance qui t'est accordée confine à la douleur. Et le Seigneur, qui nous appelle à faire cela, est présent tout près, bénissant l'ouverture et multipliant l'amour.
Cependant, Son commandement de nous laver les pieds les uns aux autres ne concerne pas seulement cette action; il doit traverser toute notre communion. Mais un tel état d'esprit, qui te donne la possibilité d'être celui qui «lave» ou celui qui «est lavé», n'est possible qu'avec la présence de Jésus dans ton coeur. Car c'est Lui précisément qui peut prendre dans nos coeurs la place de l'orgueil, de la peur de faire confiance, du refus de servir le prochain.
1 Avant la fête de la Pâque, Jésus, sachant que son heure était venue de passer de ce monde vers le Père, ayant aimé les siens qui étaient dans le monde, les aima jusqu’à la fin. |
2 Au cours d’un repas, alors que déjà le diable avait mis au cœur de Judas Iscariote, fils de Simon, le dessein de le livrer, |
3 sachant que le Père lui avait tout remis entre les mains et qu’il était venu de Dieu et qu’il s’en allait vers Dieu, |
4 il se lève de table, dépose ses vêtements, et prenant un linge, il s’en ceignit. |
5 Puis il met de l’eau dans un bassin et il commença à laver les pieds des disciples et à les essuyer avec le linge dont il était ceint. |
6 Il vient donc à Simon-Pierre, qui lui dit : « Seigneur, toi, me laver les pieds ? » |
7 Jésus lui répondit : « Ce que je fais, tu ne le sais pas à présent ; par la suite tu comprendras. » |
8 Pierre lui dit : « Non, tu ne me laveras pas les pieds, jamais ! » Jésus lui répondit : « Si je ne te lave pas, tu n’as pas de part avec moi. » |
9 Simon-Pierre lui dit : « Seigneur, pas seulement les pieds, mais aussi les mains et la tête ! » |
10 Jésus lui dit : « Qui s’est baigné n’a pas besoin de se laver ; il est pur tout entier. Vous aussi, vous êtes purs ; mais pas tous. » |
11 Il connaissait en effet celui qui le livrait ; voilà pourquoi il dit : « Vous n’êtes pas tous purs. » |
12 Quand donc il leur eut lavé les pieds, qu’il eut repris ses vêtements et se fut remis à table, il leur dit : « Comprenez-vous ce que je vous ai fait ? |
13 Vous m’appelez Maître et Seigneur, et vous dites bien, car je le suis. |
14 Si donc je vous ai lavé les pieds, moi le Seigneur et le Maître, vous aussi vous devez vous laver les pieds les uns aux autres. |
15 Car c’est un exemple que je vous ai donné, pour que vous fassiez, vous aussi, comme moi j’ai fait pour vous. |
Jésus a lavé les pieds de tous les disciples. Même ceux de Judas. Cela nous révèle la perfection de l'amour de Dieu pour nous, dont rien ne peut nous séparer. C'est pourquoi le Seigneur nous donne la liberté, la possibilité de choisir à tout moment. À n'importe quel moment de notre vie, nous pouvons devenir des traîtres ; peut-être est-ce précisément alors que le Seigneur voudra nous laver les pieds, mais nous ne le remarquerons pas. Ou bien, au contraire, nous pouvons le remarquer, accueillir Son amour et revenir à Dieu en renonçant à la trahison.
5 Puis il met de l’eau dans un bassin et il commença à laver les pieds des disciples et à les essuyer avec le linge dont il était ceint. |
6 Il vient donc à Simon-Pierre, qui lui dit : « Seigneur, toi, me laver les pieds ? » |
De nos jours, le lavement des pieds, dans certaines églises et communautés, se transforme souvent en une sorte de mystère symbolisant l'humilité et le service. Pourtant, aux temps évangéliques, il n'y avait là rien de mystérieux ni d'inhabituel. En Palestine, on portait alors des chaussures ouvertes, pieds nus, et à table on ne s'asseyait pas, on s'allongeait sur des lits particuliers ; se laver les pieds était donc aussi nécessaire que se laver les mains. Le plus souvent, un esclave spécialement chargé de cette tâche lavait les pieds des invités ; s'il n'y en avait pas, les invités le faisaient eux-mêmes : dans la cour, près de l'entrée, se trouvaient d'ordinaire des récipients d'eau prévus à cet effet. Parfois, en signe de respect particulier envers un invité honoré, le maître de maison pouvait aider cet invité à se laver les pieds. Ce travail était considéré comme l'un des moins honorables, bien qu'il fût absolument nécessaire.
Et voilà que maintenant, pendant la Cène (plus précisément, avant son commencement), Jésus Lui-même le prend sur Lui. Un tel comportement était pour le moins inhabituel : à qui que ce soit, mais certainement pas à Jésus, il ne revenait de laver les pieds des invités. Mais Il le fait, donnant un exemple à Ses disciples. Il ne s'agit pas ici d'un abaissement particulier de soi : Il veut seulement faire comprendre aux apôtres ce qu'est le véritable service, lorsque l'on fait ce qui doit être fait pour Dieu et pour le prochain sans penser à son propre statut ni se soucier de son prestige.
Ce n'est pas un hasard si Jésus coupe résolument court à la tentative de Pierre de transformer le simple lavage des pieds en une sorte de lavage rituel : lorsque l'apôtre demande à son Maître de lui laver non seulement les pieds, mais aussi les mains et la tête, Celui-ci le lui refuse, en disant qu'un tel lavage n'est pas nécessaire. Les apôtres doivent accepter que leur Maître prenne sur Lui le travail d'un esclave, un travail sale et sans prestige. Et le Maître, quant à Lui, leur donne l'exemple du véritable amour et de la véritable humilité.
8 Pierre lui dit : « Non, tu ne me laveras pas les pieds, jamais ! » Jésus lui répondit : « Si je ne te lave pas, tu n’as pas de part avec moi. » |
9 Simon-Pierre lui dit : « Seigneur, pas seulement les pieds, mais aussi les mains et la tête ! » |
10 Jésus lui dit : « Qui s’est baigné n’a pas besoin de se laver ; il est pur tout entier. Vous aussi, vous êtes purs ; mais pas tous. » |
Dans certaines Églises chrétiennes, la coutume du lavement des pieds est devenue une tradition. Jésus dit bien directement que nous, chrétiens, devons faire cela les uns pour les autres, et si l'on comprend ses paroles littéralement, la coutume ou même le rite du lavement des pieds peut paraître tout à fait approprié, s'il n'y avait pas un « mais »: Jésus lui-même insiste catégoriquement sur le fait qu'il ne s'agit absolument pas d'un rite ni d'un rituel. Le lavage rituel, habituel pendant le séder pascal (la Cène était précisément un séder pascal, un repas rituel juif célébré pendant la fête de Pessa'h), était déjà achevé à ce moment-là. Il fallait maintenant se mettre à table, à cette époque on ne s'asseyait pas à table, on s'y étendait, et avant cela il fallait laver les pieds de tous, car on montait généralement sur les couches avec les pieds.
En règle générale, on confiait ce travail à un esclave de la maison; c'est pourquoi, lorsque Jésus lui-même le fait, cela provoque un véritable choc: ce n'est pas au Maître de faire une telle tâche. Pierre proteste, mais Jésus est inflexible: si tu refuses, tu ne t'assiéras pas avec moi à la table pascale. Alors Pierre essaie de transformer tout cela précisément en rite, en lavage rituel.
Si Jésus lui avait lavé, ainsi qu'aux autres disciples, les mains et la tête aussi, cela aurait effectivement ressemblé à un lavage rituel de purification; mais Jésus ne le veut pas. Il n'a pas l'intention de transformer un simple lavage des pieds en rituel. Au contraire, il veut montrer à ses disciples que le Royaume n'est pas un rituel, mais une vie ordinaire que l'on vit, et que l'on vit simplement, non pour observer d'infinis rites mystérieux. Seulement, dans cette vie, il n'y a pas, d'un côté, des tâches « hautes » et « spirituelles » et, de l'autre, des tâches « basses »: tout travail est rempli de sens spirituel s'il est accompli selon la volonté de Dieu et avec amour.
Et la place de l'homme dans le Royaume, son statut, pour ainsi dire, comme habitant de ce Royaume, autant qu'il soit pertinent de parler ici de statut, n'est affectée par aucun service ni aucun travail: ce qui importe ici, c'est l'état intérieur de l'homme, la qualité spirituelle de sa vie, non ce dont il est occupé. C'est cette vérité simple que Jésus veut transmettre à ses disciples par son propre exemple. Et si, au lieu de comprendre et d'accueillir cette vérité, nous la transformons encore et encore en rituel, le problème est en nous, non dans la vérité.
8 Pierre lui dit : « Non, tu ne me laveras pas les pieds, jamais ! » Jésus lui répondit : « Si je ne te lave pas, tu n’as pas de part avec moi. » |
9 Simon-Pierre lui dit : « Seigneur, pas seulement les pieds, mais aussi les mains et la tête ! » |
10 Jésus lui dit : « Qui s’est baigné n’a pas besoin de se laver ; il est pur tout entier. Vous aussi, vous êtes purs ; mais pas tous. » |
Dans le récit évangélique du lavement des pieds de Ses disciples par Jésus, nous sommes souvent enclins à voir quelque chose de considérable et de mystérieux, parfois presque mystique. Parfois, dans certaines communautés chrétiennes, on tente même de faire revivre ce «rite sacré», en en attendant soit une grâce particulière, soit d'abondants fruits spirituels.
Jésus Lui-même n'avait rien de tel en vue. Il ne pensait manifestement à rien de mystérieux, à aucun rituel particulier, à aucune ablution sacrée. C'est ainsi que Pierre voulait voir la situation, mais Jésus ne le lui permit pas. Il ne transforma pas une tâche ordinaire, mais absolument nécessaire, en rituel. Il fit simplement le travail que l'on confiait d'ordinaire à un esclave domestique. Et Il dit alors: vous M'appelez Maître et Seigneur, et vous avez raison; s'il en est ainsi, agissez comme Moi.
Cela signifie-t-il qu'il ne convient au chrétien que des occupations qui, autrefois, étaient confiées aux esclaves? À peine. Mais il doit y avoir la disposition à accomplir n'importe quel travail, s'il est nécessaire à des prochains concrets dans une situation concrète. Vraiment n'importe lequel, même celui que l'on ne ferait pas d'ordinaire.
Ce qui choquait surtout Pierre, c'était justement que son Maître s'occupât d'une affaire qui ne convenait absolument pas à Sa position. Il tente d'adoucir la situation, qui lui paraît humiliante pour son Maître, en transformant le simple lavage des pieds, alors tout à fait nécessaire, en une sorte d'ablution rituelle qui n'humiliera pas Jésus: c'est pourquoi il Lui demande de lui laver non seulement les pieds, mais aussi les mains et la tête, comme on le faisait d'ordinaire lors des ablutions de purification.
Jésus Lui-même ne voit rien d'humiliant pour Lui dans la situation qui s'est créée. Bien plus: Il en parle comme de la norme des relations entre chrétiens. Non pour que les uns puissent rejeter sur les autres les tâches qu'ils n'ont pas envie de faire eux-mêmes, mais pour que Ses disciples comprennent ce qu'est la vie du Royaume. Une vie où ce qui est si important dans ce monde-ci n'a pas d'importance: le statut, le prestige, la dignité imaginaire qui nous empêche souvent de faire ce que nos proches attendent de nous, bref tout ce qui n'a pas de rapport avec l'amour du Royaume, dont devaient vivre et témoigner les véritables disciples du Christ, tels que Jésus voulait voir les apôtres.
16 En vérité, en vérité, je vous le dis, le serviteur n’est pas plus grand que son maître, ni l’envoyé plus grand que celui qui l’a envoyé. |
17 Sachant cela, heureux êtes-vous, si vous le faites. |
18 Ce n’est pas de vous tous que je parle ; je connais ceux que j’ai choisis ; mais il faut que l’Écriture s’accomplisse :Celui qui mange mon pain a levé contre moi son talon. |
19 Je vous le dis, dès à présent, avant que la chose n’arrive, pour qu’une fois celle-ci arrivée, vous croyiez que Moi, Je Suis. |
20 En vérité, en vérité, je vous le dis, qui accueille celui que j’aurai envoyé m’accueille ; et qui m’accueille, accueille celui qui m’a envoyé. » |
Nous avons devant nous des paroles de Jésus (Jn 13:16) qui peuvent susciter diverses réactions. D'un côté, comment pourrait-il en être autrement ? L'esclave et l'envoyé peuvent-ils être plus grands que leurs maîtres ? Mais, d'un autre côté, combien souvent naissent dans l'âme de celui qui accomplit une mission l'orgueil et le désir de s'élever ? Cela arrive malheureusement aussi dans nos relations avec Dieu... Ces paroles s'évaporent de la tête, et l'on a envie de créer soi-même, sans demeurer sous aucune autorité. Et quel bonheur lorsque le coeur consent à la volonté de Dieu, et que l'envoyé ne porte pas son propre message, mais le message de Celui qui l'a envoyé, et que l'esclave « co-crée » avec le Seigneur !
C'est ainsi que Jésus en parle : « Si vous savez cela, vous êtes heureux, pourvu que vous le mettiez en pratique » (Jn 13:17). Et heureux est le coeur qui ne veut pas s'élever et qui aspire à l'accomplissement de la volonté du Seigneur. Alors celui qui reçoit un tel homme reçoit Jésus Lui-même, puisqu'Il demeure en lui (Jn 6:56).
16 En vérité, en vérité, je vous le dis, le serviteur n’est pas plus grand que son maître, ni l’envoyé plus grand que celui qui l’a envoyé. |
17 Sachant cela, heureux êtes-vous, si vous le faites. |
18 Ce n’est pas de vous tous que je parle ; je connais ceux que j’ai choisis ; mais il faut que l’Écriture s’accomplisse :Celui qui mange mon pain a levé contre moi son talon. |
19 Je vous le dis, dès à présent, avant que la chose n’arrive, pour qu’une fois celle-ci arrivée, vous croyiez que Moi, Je Suis. |
20 En vérité, en vérité, je vous le dis, qui accueille celui que j’aurai envoyé m’accueille ; et qui m’accueille, accueille celui qui m’a envoyé. » |
Qu’est-ce que le christianisme? Où sont ses frontières? Pour beaucoup aujourd’hui, le christianisme s’associe aux disciples du Christ qui se déclarent tels, et à l’Église (plus exactement, à la multitude d’Églises existant dans le monde moderne). Certains se souviendront de l’Église avec une majuscule, de ce corps du Christ dont parlait l’apôtre Paul. Pourtant Jésus Lui-même n’a jamais affirmé qu’Il limiterait Sa communion à Ses seuls disciples. Aux seuls chrétiens. À vrai dire, Il n’a laissé dans le monde aucun chrétien : Il a laissé une petite communauté de Ses disciples, qui s’est ensuite développée.
Puis, quelque temps plus tard, un petit groupe encore de ces mêmes disciples s’est appelé « chrétiens », ou, pour parler en langage contemporain, « messianistes ». Ensuite ce nom qu’ils s’étaient donné a été adopté par tous les disciples du Christ. Lui-même, en revanche, n’a parlé d’aucun « chrétien ». Il a parlé de Ses disciples, de ceux qui ont avec Lui certaines relations. Précisément certaines, au moins minimales. Médiatisées. Au moins à travers ceux qui ont avec Lui des relations plus conscientes et plus responsables.
Ici, bien sûr, la mesure de plénitude peut varier. Il y a des disciples et des fidèles plus proches, il y a le cercle le plus proche des disciples-apôtres, et parmi les apôtres eux-mêmes il y a des personnes qui Lui sont les plus proches. Il y a ceux qui Le connaissent personnellement, plus ou moins, mieux ou moins bien. Et il y a aussi ceux qui ne Le connaissent pas personnellement, mais que Lui connaît.
Il les connaît au moins, par exemple, parce que l’un de ces hommes est lié à l’un de Ses disciples immédiats. Lié par l’amitié, par la collaboration, par un service rendu un jour ou par une aide. Car le Royaume, celui qu’Il a apporté dans le monde, est d’abord relation. Dans l’idéal, ce sont des relations personnelles avec Lui-même comme Roi de ce Royaume; mais, pour commencer, au moins avec l’un de Ses disciples. Une chaîne de relations peut relier indirectement une personne au Royaume et à son Roi.
De telles relations ne sont pas encore tout, mais elles peuvent devenir le commencement d’un chemin. Si l’homme est conséquent, tôt ou tard viendra dans sa vie le moment où il faudra non seulement entrer en contact avec le Royaume et sa vie, mais aussi faire connaissance avec le Roi qui gouverne ce Royaume.
Toutefois, chaque chose en son temps. Une seule chose importe : aucun contact avec le Royaume, direct ou médiatisé, ne reste sans trace. Chacun d’eux est une chance qui, si l’on en use correctement, peut devenir une chance de salut.
Après votre inscription, vous pourrez vous abonner à l’envoi des textes de n’importe quel plan de lecture de la Bible. Nous prévoyons d’ajouter progressivement des paramètres personnalisés ainsi que d’autres services pour les utilisateurs inscrits. Nous vous conseillons donc de vous inscrire dès maintenant. C’est gratuit. | ||
| ||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||