18 Comme tu m’as envoyé dans le monde, moi aussi, je les ai envoyés dans le monde. |
19 Pour eux je me sanctifie moi-même, afin qu’ils soient, eux aussi, sanctifiés dans la vérité. |
20 Je ne prie pas pour eux seulement, mais aussi pour ceux qui, grâce à leur parole, croiront en moi, |
21 afin que tous soient un. Comme toi, Père, tu es en moi et moi en toi, qu’eux aussi soient en nous, afin que le monde croie que tu m’as envoyé. |
22 Je leur ai donné la gloire que tu m’as donnée, pour qu’ils soient un comme nous sommes un : |
23 moi en eux et toi en moi, afin qu’ils soient parfaits dans l’unité, et que le monde reconnaisse que tu m’as envoyé et que tu les as aimés comme tu m’as aimé. |
24 Père, ceux que tu m’as donnés, je veux que là où je suis, eux aussi soient avec moi, afin qu’ils contemplent ma gloire, que tu m’as donnée parce que tu m’as aimé avant la fondation du monde. |
25 Père juste, le monde ne t’a pas connu, mais moi je t’ai connu et ceux-ci ont reconnu que tu m’as envoyé. |
26 Je leur ai fait connaître ton nom et je le leur ferai connaître, pour que l’amour dont tu m’as aimé soit en eux et moi en eux. » |
Aujourd’hui, dans la plus grande partie du monde civilisé, on ne parle que d’unité. On donne à cette unité des noms différents : les uns disent simplement et sans détour que « l’union fait la force » ; les autres luttent pour ou contre la mondialisation ; certains prient pour l’unité de l’Église ; d’autres réfléchissent au désir profond de l’homme de vivre avec les autres et d’être en communion. Certains se contentent de réfléchir, tandis que d’autres essaient même de construire quelque chose en créant des organisations, des unions et des conseils. Bref, le sujet est actuel. Mais si l’on réunissait tous ceux qui s’en occupent et qu’on leur proposait de se mettre d’accord sur la forme que devrait prendre cette communauté recherchée, quel tumulte commencerait ! Car malgré leur aspiration commune, chacun continue à tirer la couverture à soi. Chacun voit l’unité à sa manière et distribue les places selon ses propres conceptions. Peut-être les hommes ne parviendront-ils jamais à s’entendre sur sa forme. Car la véritable unité est celle que Jésus demande au Père pour nous. Une unité qu’il est humainement impossible d’atteindre : l’unité de la Trinité. Nous ne sommes même pas capables de laisser quelqu’un s’approcher de nous autant que les personnes de la Trinité sont proches et unies, encore moins de demeurer constamment dans une telle « communion », où nous sommes à la fois différents et un. Pourtant, c’est précisément ce que Dieu attend de nous. Et Lui seul peut en faire une réalité. Il faut seulement le vouloir vraiment.
18 Comme tu m’as envoyé dans le monde, moi aussi, je les ai envoyés dans le monde. |
19 Pour eux je me sanctifie moi-même, afin qu’ils soient, eux aussi, sanctifiés dans la vérité. |
20 Je ne prie pas pour eux seulement, mais aussi pour ceux qui, grâce à leur parole, croiront en moi, |
21 afin que tous soient un. Comme toi, Père, tu es en moi et moi en toi, qu’eux aussi soient en nous, afin que le monde croie que tu m’as envoyé. |
22 Je leur ai donné la gloire que tu m’as donnée, pour qu’ils soient un comme nous sommes un : |
23 moi en eux et toi en moi, afin qu’ils soient parfaits dans l’unité, et que le monde reconnaisse que tu m’as envoyé et que tu les as aimés comme tu m’as aimé. |
24 Père, ceux que tu m’as donnés, je veux que là où je suis, eux aussi soient avec moi, afin qu’ils contemplent ma gloire, que tu m’as donnée parce que tu m’as aimé avant la fondation du monde. |
25 Père juste, le monde ne t’a pas connu, mais moi je t’ai connu et ceux-ci ont reconnu que tu m’as envoyé. |
26 Je leur ai fait connaître ton nom et je le leur ferai connaître, pour que l’amour dont tu m’as aimé soit en eux et moi en eux. » |
Maintenant, dans la plus grande partie du monde civilisé, on ne parle que d'unité. On appelle cette unité de différentes manières : certains disent simplement et sans détour que "ensemble nous sommes forts", certains luttent pour ou contre la mondialisation, certains prient pour l'unité de l'Église, certains réfléchissent à l'aspiration profonde de l'homme à vivre avec les autres et à la "communion". Certains ne font que réfléchir, et d'autres essaient même de construire quelque chose : ils créent des organisations, des unions et des conseils. En somme, le sujet est actuel.
Seulement, si l'on essayait de réunir tous les gens occupés par cette affaire et de leur proposer de se mettre d'accord sur ce que devrait être cette communauté recherchée, alors il s'en passerait des choses ! Et tout cela parce que, malgré l'aspiration commune, chacun tire quand même la couverture à soi. Chacun voit l'unité à sa manière et distribue les places selon ses propres représentations. Et il se peut que les hommes ne puissent jamais se mettre d'accord sur la forme.
Parce que la véritable unité est celle que Jésus demande pour nous au Père. Une unité qu'il est impossible d'atteindre humainement : l'unité de la Trinité. Être aussi proches que le sont les personnes de la Trinité, proches et unes, nous ne sommes même pas capables de laisser quelqu'un s'approcher ainsi de nous, sans parler de demeurer constamment dans une telle "communion", où nous sommes à la fois différents et un. Pourtant, c'est précisément cela que Dieu attend de nous. Et c'est Lui qui peut en faire une réalité. Il faut seulement le vouloir vraiment.
18 Comme tu m’as envoyé dans le monde, moi aussi, je les ai envoyés dans le monde. |
19 Pour eux je me sanctifie moi-même, afin qu’ils soient, eux aussi, sanctifiés dans la vérité. |
20 Je ne prie pas pour eux seulement, mais aussi pour ceux qui, grâce à leur parole, croiront en moi, |
21 afin que tous soient un. Comme toi, Père, tu es en moi et moi en toi, qu’eux aussi soient en nous, afin que le monde croie que tu m’as envoyé. |
22 Je leur ai donné la gloire que tu m’as donnée, pour qu’ils soient un comme nous sommes un : |
23 moi en eux et toi en moi, afin qu’ils soient parfaits dans l’unité, et que le monde reconnaisse que tu m’as envoyé et que tu les as aimés comme tu m’as aimé. |
24 Père, ceux que tu m’as donnés, je veux que là où je suis, eux aussi soient avec moi, afin qu’ils contemplent ma gloire, que tu m’as donnée parce que tu m’as aimé avant la fondation du monde. |
25 Père juste, le monde ne t’a pas connu, mais moi je t’ai connu et ceux-ci ont reconnu que tu m’as envoyé. |
26 Je leur ai fait connaître ton nom et je le leur ferai connaître, pour que l’amour dont tu m’as aimé soit en eux et moi en eux. » |
«À chaque office, nous prions «pour l'union de tous» dans l'Église du Dieu vivant. De quelle unité prions-nous, et pourquoi faut-il précisément prier pour elle?
Nous prions parce que l'unité que l'homme a détruite ne peut être restaurée que par Dieu: ses critères sont trop élevés, ses mesures ne sont pas humaines, mais divines. Une telle unité est un mystère par nature, un miracle par essence. L'unité chrétienne ne peut pas être définie dans les catégories de l'association ou de la communauté. Ce n'est pas le «fait d'être ensemble», c'est l'«unité»: «Qu'ils soient un, comme Nous sommes un», disait le Seigneur au Père dans Sa dernière prière.
C'est un appel et un modèle glorieux et redoutable, car il contient un ordre souverain adressé à tout le genre humain: atteindre la ressemblance avec la Sainte Trinité, être Son image et Sa révélation; c'est une promesse, mais aussi une responsabilité. Et nous oublions facilement l'une et l'autre. L'expérience de cette unité glorieuse et redoutable est l'être même, la substance de l'Église, sa nature: L'Église est cette unité même; l'Église est une et indivisible, bien que le monde chrétien soit morcelé par nos péchés. Demandez la paix pour Jérusalem, cité fondue en un seul tout... (voir Ps 121).»
(Antoine, métropolite de Souroge: «… et pour l'union de tous, prions le Seigneur»)
18 Comme tu m’as envoyé dans le monde, moi aussi, je les ai envoyés dans le monde. |
19 Pour eux je me sanctifie moi-même, afin qu’ils soient, eux aussi, sanctifiés dans la vérité. |
20 Je ne prie pas pour eux seulement, mais aussi pour ceux qui, grâce à leur parole, croiront en moi, |
21 afin que tous soient un. Comme toi, Père, tu es en moi et moi en toi, qu’eux aussi soient en nous, afin que le monde croie que tu m’as envoyé. |
22 Je leur ai donné la gloire que tu m’as donnée, pour qu’ils soient un comme nous sommes un : |
23 moi en eux et toi en moi, afin qu’ils soient parfaits dans l’unité, et que le monde reconnaisse que tu m’as envoyé et que tu les as aimés comme tu m’as aimé. |
24 Père, ceux que tu m’as donnés, je veux que là où je suis, eux aussi soient avec moi, afin qu’ils contemplent ma gloire, que tu m’as donnée parce que tu m’as aimé avant la fondation du monde. |
25 Père juste, le monde ne t’a pas connu, mais moi je t’ai connu et ceux-ci ont reconnu que tu m’as envoyé. |
26 Je leur ai fait connaître ton nom et je le leur ferai connaître, pour que l’amour dont tu m’as aimé soit en eux et moi en eux. » |
En rassemblant les êtres humains et en édifiant à partir d'eux l'Église, le Seigneur ne S'oppose pas seulement à la division humaine qui vient du péché. Il ne s'agit pas seulement du fait que nous sommes tous, comme Caïn, incapables d'être ensemble. Nous sommes différents, et la cause en est la volonté du Créateur, non notre péché. Surmonter la division n'a rien à voir avec l'effacement de l'individualité de chaque personne. Aujourd'hui, nous lisons dans un passage du dernier entretien du Christ avec Ses disciples que, pour reprendre les mots de l'apôtre Paul, « Dieu a prévu pour nous quelque chose de meilleur ». Il nous donne de participer au mystère de l'unité de la Trinité, à cette unité qui n'absorbe pas les personnes et n'efface pas leur singularité. À cette unité dans laquelle la vie donnée à l'autre ne disparaît pas, mais s'accroît. À cette unité par laquelle le Père et le Fils sont un.
Cette unité est impossible pour ce monde ; c'est pourquoi le Christ dit : « qu'ils soient un en Nous ». Et derrière ces mots se trouve une réalité non moins étonnante : Il veut que nous soyons en Eux, dans le Père et le Fils. Après l'Ascension, dans la Trinité telle que nous La voyons sur l'icône de Roublev, l'Un des Trois est le Dieu-homme, donc aussi un homme ! Et en Jésus-Christ, dans Sa Chair et Son Sang, chacun de nous trouve sa place non pas simplement auprès du trône de Dieu, mais en Eux-mêmes ! Voilà ce que veulent dire les Pères orientaux de l'Église lorsqu'ils affirment que le salut consiste dans la déification de l'être humain.
20 Je ne prie pas pour eux seulement, mais aussi pour ceux qui, grâce à leur parole, croiront en moi, |
21 afin que tous soient un. Comme toi, Père, tu es en moi et moi en toi, qu’eux aussi soient en nous, afin que le monde croie que tu m’as envoyé. |
22 Je leur ai donné la gloire que tu m’as donnée, pour qu’ils soient un comme nous sommes un : |
23 moi en eux et toi en moi, afin qu’ils soient parfaits dans l’unité, et que le monde reconnaisse que tu m’as envoyé et que tu les as aimés comme tu m’as aimé. |
24 Père, ceux que tu m’as donnés, je veux que là où je suis, eux aussi soient avec moi, afin qu’ils contemplent ma gloire, que tu m’as donnée parce que tu m’as aimé avant la fondation du monde. |
25 Père juste, le monde ne t’a pas connu, mais moi je t’ai connu et ceux-ci ont reconnu que tu m’as envoyé. |
26 Je leur ai fait connaître ton nom et je le leur ferai connaître, pour que l’amour dont tu m’as aimé soit en eux et moi en eux. » |
Dans le fragment d'aujourd'hui de l'Évangile selon Jean se trouve une idée très importante pour le chrétien, l'idée d'unité, une idée qui est l'un des fondements de la compréhension et de l'expérience de l'Église. Bien plus, dans l'Évangile elle apparaît comme ce que Jésus désirait pour ses disciples presque plus que toute autre chose au monde.
Autre chose est de savoir quelle unité est visée par ces paroles: « ...Qu'ils soient tous un, comme toi, Père, tu es en moi et moi en toi... », et la suite. On les interprète habituellement ainsi: Jésus appelait tous à s'en tenir aux mêmes formulations doctrinales et à appartenir à une seule organisation ecclésiale englobante. Pourtant, comme on le sait, le formalisme et l'organisation excessive tuent, tandis que les relations vivantes donnent la vie.
Il s'agit plutôt moins d'une structure ecclésiale réunissant tous sous sa juridiction, bien qu'elle découle souvent naturellement de l'unité de foi et de vie de la communauté chrétienne: après tout, dans notre monde, tous sont obligés d'assumer certaines obligations juridiques pour coexister pleinement avec les autres hommes. Il est beaucoup plus vraisemblable que Jésus proposait à ses disciples de tendre vers une unité intérieure, non sur l'horizontale, mais sur la verticale: à l'image de son unité avec le Père, que chacun ait l'unité avec le Père et le Fils, qui viennent à celui qui garde leur parole et « font leur demeure » dans son cœur et dans sa vie. À proprement parler, c'est seulement par le lien mystique vivant avec le Père et avec la Parole qui le révèle que se construit le Royaume intérieur, qui spiritualise l'existence humaine jusque dans ses dernières profondeurs. Alors toutes les affaires de la vie et tous les projets ecclésiaux reçoivent un fondement ferme dans les cœurs humains accordés aux cœurs des trois: le Père, le Fils et l'Esprit...
Tout est mortel dans ce monde, les pays, les peuples et les structures ecclésiales; toutes peuvent même se détruire littéralement sous les yeux d'une seule génération, comme ce fut le cas dans les tragiques années 20 et 30 du siècle dernier en URSS. Mais demeure immuable cette unité, cette participation personnelle à Dieu qui, dans toutes les conditions historiques et toutes les circonstances de la vie, reste la source éternellement jaillissante de la prière et de l'action chrétiennes.
20 Je ne prie pas pour eux seulement, mais aussi pour ceux qui, grâce à leur parole, croiront en moi, |
21 afin que tous soient un. Comme toi, Père, tu es en moi et moi en toi, qu’eux aussi soient en nous, afin que le monde croie que tu m’as envoyé. |
22 Je leur ai donné la gloire que tu m’as donnée, pour qu’ils soient un comme nous sommes un : |
23 moi en eux et toi en moi, afin qu’ils soient parfaits dans l’unité, et que le monde reconnaisse que tu m’as envoyé et que tu les as aimés comme tu m’as aimé. |
24 Père, ceux que tu m’as donnés, je veux que là où je suis, eux aussi soient avec moi, afin qu’ils contemplent ma gloire, que tu m’as donnée parce que tu m’as aimé avant la fondation du monde. |
25 Père juste, le monde ne t’a pas connu, mais moi je t’ai connu et ceux-ci ont reconnu que tu m’as envoyé. |
26 Je leur ai fait connaître ton nom et je le leur ferai connaître, pour que l’amour dont tu m’as aimé soit en eux et moi en eux. » |
Dans la lecture d'aujourd'hui, Jésus prie le Père pour son Église. Et ce qu'il demande principalement, c'est l'unité. Aujourd'hui, deux mille ans plus tard, nous voyons que ceux qui ont cru par la parole des apôtres, les croyants au Christ, ne sont pas unis. Que de barrières, que de cloisons entre nous!
Et ce n'est pas par hasard que Jésus dit: « Qu'ils soient un en nous, afin que le monde croie que tu m'as envoyé ». Pour beaucoup d'incroyants, la division des chrétiens est un témoignage de plus contre l'Église. En effet, va donc comprendre qui a raison et qui a tort... Il est plus simple de dire: puisque les chrétiens ne sont pas capables de régler leurs différends et de parvenir à une opinion commune, alors ce qui les unit n'est sans doute pas si important...
Mais nous savons que c'est le Seigneur lui-même qui nous unit. Que peut faire chacun de nous pour l'unité de l'Église? Rien, et en même temps beaucoup. Car l'unité commence aujourd'hui, maintenant: lorsque nous reconnaissons les uns dans les autres des frères et des sœurs, lorsque nous prions ensemble, lorsque nous travaillons ensemble pour Dieu... lorsque nous cherchons ce qui unit, et non ce qui nous divise.
20 Je ne prie pas pour eux seulement, mais aussi pour ceux qui, grâce à leur parole, croiront en moi, |
21 afin que tous soient un. Comme toi, Père, tu es en moi et moi en toi, qu’eux aussi soient en nous, afin que le monde croie que tu m’as envoyé. |
22 Je leur ai donné la gloire que tu m’as donnée, pour qu’ils soient un comme nous sommes un : |
23 moi en eux et toi en moi, afin qu’ils soient parfaits dans l’unité, et que le monde reconnaisse que tu m’as envoyé et que tu les as aimés comme tu m’as aimé. |
24 Père, ceux que tu m’as donnés, je veux que là où je suis, eux aussi soient avec moi, afin qu’ils contemplent ma gloire, que tu m’as donnée parce que tu m’as aimé avant la fondation du monde. |
25 Père juste, le monde ne t’a pas connu, mais moi je t’ai connu et ceux-ci ont reconnu que tu m’as envoyé. |
26 Je leur ai fait connaître ton nom et je le leur ferai connaître, pour que l’amour dont tu m’as aimé soit en eux et moi en eux. » |
Nous voici devant la Cène, le discours d’adieu aux disciples. Aujourd’hui, l’Église ne nous propose, semble-t-il, que sept versets de plusieurs longs chapitres dans lesquels Jésus s’entretient une dernière fois avec les futurs apôtres. Il y a tant à dire avant Son « départ » : il faut les préparer à l’épreuve principale de leur vie... C’est précisément pourquoi ces versets sont si riches : Jésus ne peut Se permettre de perdre du temps ni en paroles superflues ni en longues explications. De toute façon, les disciples ne sont pas en mesure de comprendre maintenant tout ce qu’Il dit, mais plus tard l’Esprit viendra et leur rappellera tout (voir Jn 14:26). Il leur rappellera cette prière du Maître, Son ardent désir de l’unité de Ses disciples et de tous ceux qui croiront grâce à leur témoignage. Et les mots « qu’ils soient parfaitement un » signifient bien plus que des idéologies, des aspirations communes et autres choses semblables : il s’agit d’une unité parfaite qui embrasse toutes les sphères de nos vies. Jésus prie aussi pour que chaque personne sache que le Père l’a aimée comme Il a aimé le Fils (voir Jn 17:23). Car c’est précisément cette connaissance qui peut transformer le monde en unissant tous les hommes dans l’unité que notre Seigneur attend.
20 Je ne prie pas pour eux seulement, mais aussi pour ceux qui, grâce à leur parole, croiront en moi, |
21 afin que tous soient un. Comme toi, Père, tu es en moi et moi en toi, qu’eux aussi soient en nous, afin que le monde croie que tu m’as envoyé. |
22 Je leur ai donné la gloire que tu m’as donnée, pour qu’ils soient un comme nous sommes un : |
23 moi en eux et toi en moi, afin qu’ils soient parfaits dans l’unité, et que le monde reconnaisse que tu m’as envoyé et que tu les as aimés comme tu m’as aimé. |
24 Père, ceux que tu m’as donnés, je veux que là où je suis, eux aussi soient avec moi, afin qu’ils contemplent ma gloire, que tu m’as donnée parce que tu m’as aimé avant la fondation du monde. |
25 Père juste, le monde ne t’a pas connu, mais moi je t’ai connu et ceux-ci ont reconnu que tu m’as envoyé. |
26 Je leur ai fait connaître ton nom et je le leur ferai connaître, pour que l’amour dont tu m’as aimé soit en eux et moi en eux. » |
Jésus prie pour Ses disciples comme pour ceux qui poursuivront Son œuvre dans le monde, tout en demeurant un avec Lui-même. Il ne prie pas pour eux comme pour des adeptes au sens religieux ou idéologique. Ni comme pour des continuateurs de Son œuvre au sens où les compagnons du fondateur d'un mouvement religieux poursuivent l'œuvre de celui-ci. Jésus prie pour Ses disciples comme pour des habitants de Son Royaume, qui porteront ce Royaume dans le monde comme Il l'y a porté Lui-même. Mais on ne peut le porter qu'en étant soi-même un habitant du Royaume. En vivant de sa vie, et donc de la vie de son Roi. C'est précisément cette vie pour Ses disciples que Jésus demande à Son Père céleste. En tant que Maître, Il les y a fait participer, mais ils devront désormais vivre cette vie par eux-mêmes. Bien sûr, Il ne les laissera pas sans soutien. Mais une nouvelle étape du chemin commence maintenant pour les disciples.
Auparavant, ils pouvaient participer à la vie du Christ, à la vie du Royaume, simplement en étant en communion avec le Maître. Directement, face à face. Tant qu'il y avait communion, il y avait aussi la vie. Mais la situation changeait désormais. Bien sûr, il est encore possible aujourd'hui de rencontrer le Christ face à face. Beaucoup L'ont rencontré après Sa résurrection et Son ascension : Paul fut le premier, mais nullement le dernier. Pourtant, beaucoup plus dépendra désormais de la personne elle-même. De son état spirituel. De sa propre vie et de sa richesse spirituelle.
Auparavant, Jésus seul portait en Lui la plénitude du Royaume. Désormais, Ses disciples la porteront dans le monde avec Lui. Et pas seulement les douze qui étaient avec Lui lors de la Cène, mais d'autres aussi. Ceux qui L'accueilleront sur le témoignage des douze. Le Royaume commencera à se répandre dans le monde. C'est cela, au fond, la mission chrétienne. Car le christianisme n'est pas quelque nouvelle religion, mais précisément cette vie du Royaume. Faire de quelqu'un un chrétien n'est pas au pouvoir des hommes ; l'aider à rencontrer le Christ, en revanche, l'est.
Lui montrer le Royaume et sa vie. Ensuite, chacun décidera lui-même s'il a besoin de tout cela ou non. Et s'il décide que oui, puis reste cohérent avec sa décision, la présence du Royaume dans le monde grandira encore un peu. Puis encore et encore. Jusqu'à ce qu'une certaine mesure de la plénitude de la présence du Royaume soit ainsi manifestée au monde. Alors deviendront possibles le retour du Christ dans la gloire et la transfiguration du monde, qui, à la fin des temps, devient une terre nouvelle sous un ciel nouveau.
20 Je ne prie pas pour eux seulement, mais aussi pour ceux qui, grâce à leur parole, croiront en moi, |
21 afin que tous soient un. Comme toi, Père, tu es en moi et moi en toi, qu’eux aussi soient en nous, afin que le monde croie que tu m’as envoyé. |
22 Je leur ai donné la gloire que tu m’as donnée, pour qu’ils soient un comme nous sommes un : |
23 moi en eux et toi en moi, afin qu’ils soient parfaits dans l’unité, et que le monde reconnaisse que tu m’as envoyé et que tu les as aimés comme tu m’as aimé. |
24 Père, ceux que tu m’as donnés, je veux que là où je suis, eux aussi soient avec moi, afin qu’ils contemplent ma gloire, que tu m’as donnée parce que tu m’as aimé avant la fondation du monde. |
25 Père juste, le monde ne t’a pas connu, mais moi je t’ai connu et ceux-ci ont reconnu que tu m’as envoyé. |
26 Je leur ai fait connaître ton nom et je le leur ferai connaître, pour que l’amour dont tu m’as aimé soit en eux et moi en eux. » |
Nous pouvons dire que nous devons nous estimer heureux, parce qu'il nous est possible d'« entendre » comment notre Dieu priait et aussi parce qu'Il priait pour nous. En lisant attentivement Sa prière, nous voyons comme des cercles concentriques : Jésus ; Ses disciples, les apôtres pour lesquels Il prie au début du chapitre 17 de l'Évangile selon Jean ; et nous, le troisième cercle, qui croyons en Lui par la parole des apôtres (voir Jn 17:20). Pourquoi sommes-nous seulement dans le troisième cercle, pouvons-nous demander ? Cela paraît bien loin ! En même temps, il est vrai que peu d'entre nous prétendraient au rôle et à la croix des apôtres... Mais regardons les choses autrement : Il prie aussi pour nous, nous sommes nous aussi très importants pour Lui, et Il se souvient de chacun de nous avant Sa mort. En outre, pour quoi Jésus prie-t-Il ? Pour l'unité. Non pas pour une unité quelconque, mais pour cette plénitude que l'on ne trouve qu'entre Lui et le Père (voir Jn 17:21) ! Plus tôt, Il prie pour l'unité des disciples, et maintenant pour la nôtre. Il devient alors clair que chacun de nous est pour Lui un apôtre appelé à annoncer la Bonne Nouvelle et à « unir » le monde dans l'amour.
31 Quand donc il fut sorti, Jésus dit :« Maintenant le Fils de l’homme a été glorifié et Dieu a été glorifié en lui. |
32 Si Dieu a été glorifié en lui, Dieu aussi le glorifiera en lui-même et c’est aussitôt qu’il le glorifiera. |
33 Petits enfants, c’est pour peu de temps que je suis encore avec vous. Vous me chercherez, et comme je l’ai dit aux Juifs : où je vais, vous ne pouvez venir, à vous aussi je le dis à présent. |
34 Je vous donne un commandement nouveau : vous aimer les uns les autres ; comme je vous ai aimés, aimez-vous les uns les autres. |
35 À ceci tous reconnaîtront que vous êtes mes disciples : si vous avez de l’amour les uns pour les autres. » |
36 Simon-Pierre lui dit : « Seigneur, où vas-tu ? » Jésus lui répondit : « Où je vais, tu ne peux pas me suivre maintenant ; mais tu me suivras plus tard. » |
37 Pierre lui dit : « Pourquoi ne puis-je pas te suivre à présent ? Je déposerai ma vie pour toi. » |
38 Jésus répond : « Tu déposeras ta vie pour moi ? En vérité, en vérité, je te le dis, le coq ne chantera pas que tu ne m’aies renié trois fois. |
1 « Que votre cœur cesse de se troubler ! Croyez en Dieu, croyez aussi en moi. |
2 Dans la maison de mon Père, il y a de nombreuses demeures ; sinon, je vous l’aurais dit ; je vais vous préparer une place. |
3 Et quand je serai allé et que je vous aurai préparé une place, à nouveau je viendrai et je vous prendrai près de moi, afin que, là où je suis, vous aussi, vous soyez. |
4 Et du lieu où je vais, vous savez le chemin. » |
5 Thomas lui dit : « Seigneur, nous ne savons pas où tu vas. Comment saurions-nous le chemin ? » |
6 Jésus lui dit :« Moi, je suis le Chemin, la Vérité et la Vie. Nul ne vient au Père sinon par moi. |
7 Si vous me connaissez, vous connaîtrez aussi mon Père ; dès à présent vous le connaissez et vous l’avez vu. » |
8 Philippe lui dit : « Seigneur, montre-nous le Père et cela nous suffit. » |
9 Jésus lui dit : « Voilà si longtemps que je suis avec vous, et tu ne me connais pas, Philippe ?Qui m’a vu a vu le Père. Comment peux-tu dire : « Montre-nous le Père ! » ? |
10 Ne crois-tu pas que je suis dans le Père et que le Père est en moi ? Les paroles que je vous dis, je ne les dis pas de moi-même : mais le Père demeurant en moi fait ses œuvres. |
11 Croyez-m’en ! je suis dans le Père et le Père est en moi. Croyez du moins à cause des œuvres mêmes. |
12 En vérité, en vérité, je vous le dis, celui qui croit en moi fera, lui aussi, les œuvres que je fais ; et il en fera même de plus grandes, parce que je vais vers le Père. |
13 Et tout ce que vous demanderez en mon nom, je le ferai, afin que le Père soit glorifié dans le Fils. |
14 Si vous me demandez quelque chose en mon nom, je le ferai. |
15 Si vous m’aimez, vous garderez mes commandements ; |
16 et je prierai le Père et il vous donnera un autre Paraclet, pour qu’il soit avec vous à jamais, |
17 l’Esprit de Vérité, que le monde ne peut pas recevoir, parce qu’il ne le voit pas ni ne le reconnaît. Vous, vous le connaissez, parce qu’il demeure auprès de vous ; et en vous il sera. |
18 Je ne vous laisserai pas orphelins. Je viendrai vers vous. |
19 Encore un peu de temps et le monde ne me verra plus. Mais vous, vous verrez que je vis et vous aussi, vous vivrez. |
20 Ce jour-là, vous reconnaîtrez que je suis en mon Père et vous en moi et moi en vous. |
21 Celui qui a mes commandements et qui les garde, c’est celui-là qui m’aime ; or celui qui m’aime sera aimé de mon Père ; et je l’aimerai et je me manifesterai à lui. » |
22 Judas — pas l’Iscariote — lui dit : « Seigneur, comment se fait-il que tu doives te manifester à nous et non pas au monde ? » |
23 Jésus lui répondit :« Si quelqu’un m’aime, il gardera ma parole, et mon Père l’aimera et nous viendrons vers lui et nous nous ferons une demeure chez lui. |
24 Celui qui ne m’aime pas ne garde pas mes paroles ; et ma parole n’est pas de moi, mais du Père qui m’a envoyé. |
25 Je vous ai dit cela tandis que je demeurais près de vous. |
26 Mais le Paraclet, l’Esprit Saint, que le Père enverra en mon nom, lui, vous enseignera tout et vous rappellera tout ce que je vous ai dit. |
27 Je vous laisse la paix ; c’est ma paix que je vous donne ; je ne vous la donne pas comme le monde la donne. Que votre cœur ne se trouble ni ne s’effraie. |
28 Vous avez entendu que je vous ai dit : Je m’en vais et je reviendrai vers vous. Si vous m’aimiez, vous vous réjouiriez de ce que je vais vers le Père, parce que le Père est plus grand que moi. |
29 Je vous le dis maintenant avant que cela n’arrive, pour qu’au moment où cela arrivera, vous croyiez. |
30 Je ne m’entretiendrai plus beaucoup avec vous, car il vient, le Prince de ce monde ; sur moi il n’a aucun pouvoir, |
31 mais il faut que le monde reconnaisse que j’aime le Père et que je fais comme le Père m’a commandé. Levez-vous ! Partons d’ici ! |
1 « Moi, je suis la vigne véritable et mon Père est le vigneron. |
2 Tout sarment en moi qui ne porte pas de fruit, il l’enlève, et tout sarment qui porte du fruit, il l’émonde, pour qu’il porte encore plus de fruit. |
3 Déjà vous êtes purs grâce à la parole que je vous ai dite. |
4 Demeurez en moi, comme moi en vous. De même que le sarment ne peut de lui-même porter du fruit s’il ne demeure pas sur la vigne, ainsi vous non plus, si vous ne demeurez pas en moi. |
5 Moi, je suis la vigne ; vous, les sarments. Celui qui demeure en moi, et moi en lui, celui-là porte beaucoup de fruit ; car hors de moi vous ne pouvez rien faire. |
6 Si quelqu’un ne demeure pas en moi, il est jeté dehors comme le sarment et il se dessèche ; on les ramasse et on les jette au feu et ils brûlent. |
7 Si vous demeurez en moi et que mes paroles demeurent en vous, demandez ce que vous voudrez, et vous l’aurez. |
8 C’est la gloire de mon Père que vous portiez beaucoup de fruit et deveniez mes disciples. |
9 Comme le Père m’a aimé, moi aussi je vous ai aimés. Demeurez en mon amour. |
10 Si vous gardez mes commandements, vous demeurerez en mon amour, comme moi j’ai gardé les commandements de mon Père et je demeure en son amour. |
11 Je vous dis cela pour que ma joie soit en vous et que votre joie soit complète. |
12 Voici quel est mon commandement : vous aimer les uns les autres comme je vous ai aimés. |
13 Nul n’a plus grand amour que celui-ci : déposer sa vie pour ses amis. |
14 Vous êtes mes amis, si vous faites ce que je vous commande. |
15 Je ne vous appelle plus serviteurs, car le serviteur ne sait pas ce que fait son maître ; mais je vous appelle amis, parce que tout ce que j’ai entendu de mon Père, je vous l’ai fait connaître. |
16 Ce n’est pas vous qui m’avez choisi ; mais c’est moi qui vous ai choisis et vous ai établis pour que vous alliez et portiez du fruit et que votre fruit demeure, afin que tout ce que vous demanderez au Père en mon nom, il vous le donne. |
17 Ce que je vous commande, c’est de vous aimer les uns les autres. |
18 « Si le monde vous hait, sachez que moi, il m’a pris en haine avant vous. |
19 Si vous étiez du monde, le monde aimerait son bien ; mais parce que vous n’êtes pas du monde, puisque mon choix vous a tirés du monde, pour cette raison, le monde vous hait. |
20 Rappelez-vous la parole que je vous ai dite : Le serviteur n’est pas plus grand que son maître. S’ils m’ont persécuté, vous aussi ils vous persécuteront ; s’ils ont gardé ma parole, la vôtre aussi ils la garderont. |
21 Mais tout cela, ils le feront contre vous à cause de mon nom, parce qu’ils ne connaissent pas celui qui m’a envoyé. |
22 Si je n’étais pas venu et ne leur avais pas parlé, ils n’auraient pas de péché ; mais maintenant ils n’ont pas d’excuse à leur péché. |
23 Qui me hait, hait aussi mon Père. |
24 Si je n’avais pas fait parmi eux les œuvres que nul autre n’a faites, ils n’auraient pas de péché ; mais maintenant ils ont vu et ils nous haïssent, et moi et mon Père. |
25 Mais c’est pour que s’accomplisse la parole écrite dans leur Loi : Ils m’ont haï sans raison. |
26 Lorsque viendra le Paraclet, que je vous enverrai d’auprès du Père, l’Esprit de vérité, qui vient du Père, il me rendra témoignage. |
27 Mais vous aussi, vous témoignerez, parce que vous êtes avec moi depuis le commencement. |
1 « Je vous ai dit cela pour vous éviter le scandale. |
2 On vous exclura des synagogues. Bien plus, l’heure vient où quiconque vous tuera pensera rendre un culte à Dieu. |
3 Et cela, ils le feront pour n’avoir reconnu ni le Père ni moi. |
4 Mais je vous ai dit cela, pour qu’une fois leur heure venue, vous vous rappeliez que je vous l’ai dit. « Je ne vous ai pas dit cela dès le commencement, parce que j’étais avec vous. |
5 Mais maintenant je m’en vais vers celui qui m’a envoyé et aucun de vous ne me demande : « Où vas-tu ? » |
6 Mais parce que je vous ai dit cela, la tristesse remplit vos cœurs. |
7 Cependant je vous dis la vérité : c’est votre intérêt que je parte ; car si je ne pars pas, le Paraclet ne viendra pas vers vous ; mais si je pars, je vous l’enverrai. |
8 Et lui, une fois venu, il établira la culpabilité du monde en fait de péché, en fait de justice et en fait de jugement : |
9 de péché, parce qu’ils ne croient pas en moi ; |
10 de justice, parce que je vais vers le Père et que vous ne me verrez plus ; |
11 de jugement, parce que le Prince de ce monde est jugé. |
12 J’ai encore beaucoup à vous dire, mais vous ne pouvez pas le porter à présent. |
13 Mais quand il viendra, lui, l’Esprit de vérité, il vous guidera dans la vérité tout entière ; car il ne parlera pas de lui-même, mais ce qu’il entendra, il le dira et il vous expliquera les choses à venir. |
14 Lui me glorifiera, car c’est de mon bien qu’il recevra et il vous l’expliquera. |
15 Tout ce qu’a le Père est à moi. Voilà pourquoi j’ai dit que c’est de mon bien qu’il reçoit et qu’il vous expliquera. |
16 « Encore un peu et vous ne me verrez plus et puis un peu encore et vous me verrez. » |
17 Quelques-uns de ses disciples se dirent entre eux : « Qu’est-ce qu’il nous dit là : « Encore un peu et vous ne me verrez plus et puis un peu encore et vous me verrez », et : « Je vais vers le Père » ? » |
18 Ils disaient : « Qu’est-ce que ce : « un peu » ? Nous ne savons pas ce qu’il veut dire. » |
19 Jésus comprit qu’ils voulaient le questionner et il leur dit : « Vous vous interrogez entre vous sur ce que j’ai dit :“Encore un peu et vous ne me verrez plus et puis un peu encore et vous me verrez.” |
20 En vérité, en vérité, je vous le dis, vous pleurerez et vous vous lamenterez, et le monde se réjouira ; vous serez tristes, mais votre tristesse se changera en joie. |
21 La femme, sur le point d’accoucher, s’attriste parce que son heure est venue ; mais lorsqu’elle a donné le jour à l’enfant, elle ne se souvient plus des douleurs, dans la joie qu’un homme soit venu au monde. |
22 Vous aussi, maintenant vous voilà tristes ; mais je vous verrai de nouveau et votre cœur sera dans la joie, et votre joie, nul ne vous l’enlèvera. |
23 Ce jour-là, vous ne me poserez aucune question. En vérité, en vérité, je vous le dis, ce que vous demanderez au Père, il vous le donnera en mon nom. |
24 Jusqu’à présent vous n’avez rien demandé en mon nom ; demandez et vous recevrez, pour que votre joie soit complète. |
25 Tout cela, je vous l’ai dit en figures. L’heure vient où je ne vous parlerai plus en figures, mais je vous entretiendrai du Père en toute clarté. |
26 Ce jour-là, vous demanderez en mon nom et je ne vous dis pas que j’interviendrai pour vous auprès du Père, |
27 car le Père lui-même vous aime, parce que vous m’aimez et que vous croyez que je suis sorti d’auprès de Dieu. |
28 Je suis sorti d’auprès du Père et venu dans le monde. À présent je quitte le monde et je vais vers le Père. » |
29 Ses disciples lui disent : « Voilà que maintenant tu parles en clair et sans figures ! |
30 Nous savons maintenant que tu sais tout et n’as pas besoin qu’on te questionne. À cela nous croyons que tu es sorti de Dieu. » |
31 Jésus leur répondit :« Vous croyez à présent ? |
32 Voici venir l’heure — et elle est venue — où vous serez dispersés chacun de votre côté et me laisserez seul. Mais je ne suis pas seul : le Père est avec moi. |
33 Je vous ai dit ces choses, pour que vous ayez la paix en moi. Dans le monde vous aurez à souffrir. Mais gardez courage ! Moi, j’ai bel et bien vaincu le monde. » |
1 Ainsi parla Jésus, et levant les yeux au ciel, il dit :« Père, l’heure est venue : glorifie ton Fils, afin que ton Fils te glorifie |
2 et que, selon le pouvoir que tu lui as donné sur toute chair, il donne la vie éternelle à tous ceux que tu lui as donnés ! |
3 Or, la vie éternelle, c’est qu’ils te connaissent, toi, le seul véritable Dieu, et celui que tu as envoyé, Jésus-Christ. |
4 Je t’ai glorifié sur la terre, en menant à bonne fin l’œuvre que tu m’as donné de faire. |
5 Et maintenant, Père, glorifie-moi auprès de toi de la gloire que j’avais auprès de toi, avant que fût le monde. |
6 J’ai manifesté ton Nom aux hommes, que tu as tirés du monde pour me les donner. Ils étaient à toi et tu me les as donnés et ils ont gardé ta parole. |
7 Maintenant ils ont reconnu que tout ce que tu m’as donné vient de toi ; |
8 car les paroles que tu m’as données, je les leur ai données, et ils les ont accueillies et ils ont vraiment reconnu que je suis sorti d’auprès de toi, et ils ont cru que tu m’as envoyé. |
9 C’est pour eux que je prie ; je ne prie pas pour le monde, mais pour ceux que tu m’as donnés, car ils sont à toi, |
10 et tout ce qui est à moi est à toi, et tout ce qui est à toi est à moi, et je suis glorifié en eux. |
11 Je ne suis plus dans le monde ; eux sont dans le monde, et moi, je viens vers toi. Père saint, garde-les dans ton Nom que tu m’as donné, pour qu’ils soient un comme nous. |
12 Quand j’étais avec eux, je les gardais dans ton Nom que tu m’as donné. J’ai veillé et aucun d’eux ne s’est perdu, sauf le fils de perdition, afin que l’Écriture fût accomplie. |
13 Mais maintenant je viens vers toi et je parle ainsi dans le monde, afin qu’ils aient en eux-mêmes ma joie complète. |
14 Je leur ai donné ta parole et le monde les a haïs, parce qu’ils ne sont pas du monde, comme moi je ne suis pas du monde. |
15 Je ne te prie pas de les enlever du monde, mais de les garder du Mauvais. |
16 Ils ne sont pas du monde, comme moi je ne suis pas du monde. |
17 Sanctifie-les dans la vérité : ta parole est vérité. |
18 Comme tu m’as envoyé dans le monde, moi aussi, je les ai envoyés dans le monde. |
19 Pour eux je me sanctifie moi-même, afin qu’ils soient, eux aussi, sanctifiés dans la vérité. |
20 Je ne prie pas pour eux seulement, mais aussi pour ceux qui, grâce à leur parole, croiront en moi, |
21 afin que tous soient un. Comme toi, Père, tu es en moi et moi en toi, qu’eux aussi soient en nous, afin que le monde croie que tu m’as envoyé. |
22 Je leur ai donné la gloire que tu m’as donnée, pour qu’ils soient un comme nous sommes un : |
23 moi en eux et toi en moi, afin qu’ils soient parfaits dans l’unité, et que le monde reconnaisse que tu m’as envoyé et que tu les as aimés comme tu m’as aimé. |
24 Père, ceux que tu m’as donnés, je veux que là où je suis, eux aussi soient avec moi, afin qu’ils contemplent ma gloire, que tu m’as donnée parce que tu m’as aimé avant la fondation du monde. |
25 Père juste, le monde ne t’a pas connu, mais moi je t’ai connu et ceux-ci ont reconnu que tu m’as envoyé. |
26 Je leur ai fait connaître ton nom et je le leur ferai connaître, pour que l’amour dont tu m’as aimé soit en eux et moi en eux. » |
1 Ayant dit cela, Jésus s’en alla avec ses disciples de l’autre côté du torrent du Cédron. Il y avait là un jardin dans lequel il entra, ainsi que ses disciples. |
2 Or Judas, qui le livrait, connaissait aussi ce lieu, parce que bien des fois Jésus et ses disciples s’y étaient réunis. |
3 Judas donc, menant la cohorte et des gardes détachés par les grands prêtres et les Pharisiens, vient là avec des lanternes, des torches et des armes. |
4 Alors Jésus, sachant tout ce qui allait lui advenir, sortit et leur dit : « Qui cherchez-vous ? » |
5 Ils lui répondirent : « Jésus le Nazôréen. » Il leur dit : « C’est moi. » Or Judas, qui le livrait, se tenait là, lui aussi, avec eux. |
6 Quand Jésus leur eut dit : « C’est moi », ils reculèrent et tombèrent à terre. |
7 De nouveau il leur demanda : « Qui cherchez-vous ? » Ils dirent : « Jésus le Nazôréen. » |
8 Jésus répondit : « Je vous ai dit que c’est moi. Si donc c’est moi que vous cherchez, laissez ceux-là s’en aller », |
9 afin que s’accomplît la parole qu’il avait dite : « Ceux que tu m’as donnés, je n’en ai pas perdu un seul. » |
10 Alors Simon-Pierre, qui portait un glaive, le tira, frappa le serviteur du grand prêtre et lui trancha l’oreille droite. Ce serviteur avait nom Malchus. |
11 Jésus dit à Pierre : « Rentre le glaive dans le fourreau. La coupe que m’a donnée le Père, ne la boirai-je pas ? » |
12 Alors la cohorte, le tribun et les gardes des Juifs saisirent Jésus et le lièrent. |
13 Ils le menèrent d’abord chez Anne ; c’était en effet le beau-père de Caïphe, qui était grand prêtre cette année-là. |
14 Or Caïphe était celui qui avait donné ce conseil aux Juifs : « Il y a intérêt à ce qu’un seul homme meure pour le peuple. » |
15 Or Simon-Pierre suivait Jésus, ainsi qu’un autre disciple. Ce disciple était connu du grand prêtre et entra avec Jésus dans la cour du grand prêtre, |
16 tandis que Pierre se tenait près de la porte, dehors. L’autre disciple, celui qui était connu du grand prêtre, sortit donc et dit un mot à la portière et il fit entrer Pierre. |
17 La servante, celle qui gardait la porte, dit alors à Pierre : « N’es-tu pas, toi aussi, des disciples de cet homme ? » Lui dit : « Je n’en suis pas. » |
18 Les serviteurs et les gardes, qui avaient fait un feu de braise, parce que le temps était froid, se tenaient là et se chauffaient. Pierre aussi se tenait là avec eux et se chauffait. |
19 Le grand prêtre interrogea Jésus sur ses disciples et sur sa doctrine. |
20 Jésus lui répondit : « C’est au grand jour que j’ai parlé au monde, j’ai toujours enseigné en synagogue et dans le Temple où tous les Juifs s’assemblent et je n’ai rien dit en secret. |
21 Pourquoi m’interroges-tu ? Demande à ceux qui ont entendu ce que je leur ai enseigné ; eux, ils savent ce que j’ai dit. » |
22 À ces mots, l’un des gardes, qui se tenait là, donna une gifle à Jésus en disant : « C’est ainsi que tu réponds au grand prêtre ? » |
23 Jésus lui répondit : « Si j’ai mal parlé, témoigne de ce qui est mal ; mais si j’ai bien parlé, pourquoi me frappes-tu ? » |
24 Anne l’envoya alors, toujours lié, au grand prêtre, Caïphe. |
25 Or Simon-Pierre se tenait là et se chauffait. Ils lui dirent : « N’es-tu pas, toi aussi, de ses disciples ? » Lui le nia et dit : « Je n’en suis pas. » |
26 Un des serviteurs du grand prêtre, un parent de celui à qui Pierre avait tranché l’oreille, dit : « Ne t’ai-je pas vu dans le jardin avec lui ? » |
27 De nouveau Pierre nia, et aussitôt un coq chanta. |
28 Alors ils mènent Jésus de chez Caïphe au prétoire. C’était le matin. Eux-mêmes n’entrèrent pas dans le prétoire, pour ne pas se souiller, mais pour pouvoir manger la Pâque. |
Un Vendredi saint, un Vendredi saint qui n'est pas loin de nous mais plus proche que jamais, même si nous n'étions pas encore de ce monde, le métropolite Antoine de Souroge prononçait en chaire ces paroles : « <...> La Mère se tenait près de la Croix ; Son Fils, trahi, outragé, rejeté, battu, déchiré, torturé, mourait sur la Croix. Et Elle mourait avec Lui… Beaucoup, sans doute, regardaient le Christ ; beaucoup, sans doute, eurent honte et peur et ne regardèrent pas Sa Mère en face. Et voici que nous nous tournons vers Elle en disant : Mère, je suis coupable — parmi d'autres, certes — de la mort de Ton Fils ; je suis coupable : intercède pour moi. Sauve-nous par Ta prière, par Ta protection, car si Tu pardonnes, personne ne nous condamnera ni ne nous perdra… Mais si Tu ne pardonnes pas, Ta parole sera plus forte que toute parole prononcée pour notre défense… <...> Tenons-nous donc devant le jugement de notre conscience, éveillée par Sa douleur, et apportons un cœur repentant et contrit ; adressons au Christ la prière de nous donner la force de nous réveiller, de reprendre nos esprits, de revivre, de devenir humains, de rendre notre vie profonde, vaste, capable d'accueillir l'amour et la présence du Seigneur. Et avec cet amour, allons dans la vie pour créer la vie, pour façonner et bâtir un monde profond et spacieux, qui serait comme un vêtement enveloppant la présence du Seigneur, qui rayonnerait de toute la lumière et de toute la joie du paradis. C'est notre vocation ; c'est ce que nous devons accomplir en nous brisant nous-mêmes, en nous donnant, en mourant s'il le faut — et il le faut ! —, car aimer, c'est mourir à soi-même, c'est ne plus s'estimer soi-même, mais estimer l'autre, qu'il soit Dieu ou un être humain ; c'est vivre pour l'autre en laissant de côté le souci de soi. Mourons autant que nous le pouvons, mettons toutes nos forces à mourir pour vivre d'amour et vivre pour Dieu et pour les autres. » Ce vendredi où le métropolite prononçait ces paroles nous est si proche, comme tous les Vendredis saints passés et à venir. « Je suis coupable. » Je n'étais pas encore de ce monde, mais je suis coupable. On ne peut voir dans ce jour une commémoration symbolique d'événements survenus autrefois. Non. Car le Corps et le Sang auxquels nous communions ne sont pas un symbole, mais le Corps Lui-même et le Sang Lui-même. Me voici, et je suis coupable ici et maintenant. Il est effrayant de voir des gens commencer à se souhaiter de joyeuses Pâques à l'avance — cela arrive vraiment, et souvent ! Aujourd'hui, je ne sais rien de Pâques ; je sais seulement une chose : femme ou homme, je suis coupable, car Il est mort, et je n'ai rien fait pour l'empêcher.
11 Je ne suis plus dans le monde ; eux sont dans le monde, et moi, je viens vers toi. Père saint, garde-les dans ton Nom que tu m’as donné, pour qu’ils soient un comme nous. |
12 Quand j’étais avec eux, je les gardais dans ton Nom que tu m’as donné. J’ai veillé et aucun d’eux ne s’est perdu, sauf le fils de perdition, afin que l’Écriture fût accomplie. |
13 Mais maintenant je viens vers toi et je parle ainsi dans le monde, afin qu’ils aient en eux-mêmes ma joie complète. |
14 Je leur ai donné ta parole et le monde les a haïs, parce qu’ils ne sont pas du monde, comme moi je ne suis pas du monde. |
15 Je ne te prie pas de les enlever du monde, mais de les garder du Mauvais. |
16 Ils ne sont pas du monde, comme moi je ne suis pas du monde. |
17 Sanctifie-les dans la vérité : ta parole est vérité. |
18 Comme tu m’as envoyé dans le monde, moi aussi, je les ai envoyés dans le monde. |
19 Pour eux je me sanctifie moi-même, afin qu’ils soient, eux aussi, sanctifiés dans la vérité. |
Dans ce passage, Jésus dit une fois encore que Ses disciples, comme Lui-même, « ne sont pas du monde ». Les chrétiens sont appelés à vivre selon les Béatitudes, qui ne correspondent en rien aux conceptions habituelles de la réussite terrestre. Ce à quoi le Seigneur nous appelle ne garantit ni reconnaissance universelle, ni richesse, ni prospérité. Il parle ici d'une récompense tout autre—de Sa « joie parfaite », pour laquelle le Seigneur « Se consacre Lui-même ». Il va au sacrifice de la Croix afin que nous portions la joie dans ce monde qui Le rejette.
Les disciples de Jésus sont appelés à vivre dans ce monde difficile sans tenter d'éviter tout ce qui ne correspond pas à leurs conceptions du juste. Combien souvent, lorsque nous rencontrons quelque chose de non chrétien, essayons-nous de ne pas le voir et demandons-nous à Dieu de le retirer de notre champ de vision. Pourtant, le Christ a clairement prié le Père non pas de nous enlever du monde, mais de nous « garder du mal ».
11 Je ne suis plus dans le monde ; eux sont dans le monde, et moi, je viens vers toi. Père saint, garde-les dans ton Nom que tu m’as donné, pour qu’ils soient un comme nous. |
12 Quand j’étais avec eux, je les gardais dans ton Nom que tu m’as donné. J’ai veillé et aucun d’eux ne s’est perdu, sauf le fils de perdition, afin que l’Écriture fût accomplie. |
13 Mais maintenant je viens vers toi et je parle ainsi dans le monde, afin qu’ils aient en eux-mêmes ma joie complète. |
14 Je leur ai donné ta parole et le monde les a haïs, parce qu’ils ne sont pas du monde, comme moi je ne suis pas du monde. |
15 Je ne te prie pas de les enlever du monde, mais de les garder du Mauvais. |
16 Ils ne sont pas du monde, comme moi je ne suis pas du monde. |
17 Sanctifie-les dans la vérité : ta parole est vérité. |
18 Comme tu m’as envoyé dans le monde, moi aussi, je les ai envoyés dans le monde. |
19 Pour eux je me sanctifie moi-même, afin qu’ils soient, eux aussi, sanctifiés dans la vérité. |
Nous savons tous que Jésus est venu dans ce monde et s'est fait homme. Cela signifie que le Seigneur a connu toutes les faiblesses de notre existence corporelle, qu'il a éprouvé sur lui-même ce que c'est que d'avoir soif et faim, d'avoir froid et de languir de chaleur, de souffrir et de prendre plaisir à une bonne nourriture. Et tout cela afin qu'il ne se trouve personne qui puisse lui faire ce reproche: « Toi, mon Dieu, qui m'as envoyé dans ce monde cruel, tu n'as pas toi-même éprouvé tout ce que j'ai dû éprouver! » Nous avons la possibilité de regarder Jésus, de voir comment il enseigne, parle avec ses disciples, rompt le pain, souffre. Et le plus souvent, une image très, très sérieuse se présente à nous. Mais cela signifie que nous ne voyons pas tout, ou que nous ne voulons pas tout voir: il nous est plus facile, et d'une certaine manière plus convenable, de voir Dieu précisément ainsi.
Et pourtant le Seigneur est un Dieu qui se réjouit. Et il ne se réjouit pas simplement de choses matérielles, comme nous le faisons tous, mais il se réjouit d'une joie parfaite. Lui-même, en s'adressant au Père, en parle et demande cette joie pour nous tous aussi (voir Jn 17:13). Il se réjouit d'être un avec le Père et d'aller vers lui. Cela signifie que notre joie aussi sera parfaite précisément lorsque lui-même, avec sa joie, viendra à nous et fera sa demeure chez nous (voir Jn 14:23).
6 J’ai manifesté ton Nom aux hommes, que tu as tirés du monde pour me les donner. Ils étaient à toi et tu me les as donnés et ils ont gardé ta parole. |
7 Maintenant ils ont reconnu que tout ce que tu m’as donné vient de toi ; |
8 car les paroles que tu m’as données, je les leur ai données, et ils les ont accueillies et ils ont vraiment reconnu que je suis sorti d’auprès de toi, et ils ont cru que tu m’as envoyé. |
9 C’est pour eux que je prie ; je ne prie pas pour le monde, mais pour ceux que tu m’as donnés, car ils sont à toi, |
10 et tout ce qui est à moi est à toi, et tout ce qui est à toi est à moi, et je suis glorifié en eux. |
11 Je ne suis plus dans le monde ; eux sont dans le monde, et moi, je viens vers toi. Père saint, garde-les dans ton Nom que tu m’as donné, pour qu’ils soient un comme nous. |
12 Quand j’étais avec eux, je les gardais dans ton Nom que tu m’as donné. J’ai veillé et aucun d’eux ne s’est perdu, sauf le fils de perdition, afin que l’Écriture fût accomplie. |
13 Mais maintenant je viens vers toi et je parle ainsi dans le monde, afin qu’ils aient en eux-mêmes ma joie complète. |
14 Je leur ai donné ta parole et le monde les a haïs, parce qu’ils ne sont pas du monde, comme moi je ne suis pas du monde. |
15 Je ne te prie pas de les enlever du monde, mais de les garder du Mauvais. |
16 Ils ne sont pas du monde, comme moi je ne suis pas du monde. |
17 Sanctifie-les dans la vérité : ta parole est vérité. |
18 Comme tu m’as envoyé dans le monde, moi aussi, je les ai envoyés dans le monde. |
19 Pour eux je me sanctifie moi-même, afin qu’ils soient, eux aussi, sanctifiés dans la vérité. |
Lorsqu'Il parle de Ses relations avec les disciples, Jésus souligne constamment l'union essentielle qui les lie à Lui. Bien plus : Il compare Ses relations avec Ses disciples à Ses relations avec le Père. Pour Jésus, il s'agit manifestement des mêmes relations. Ou d'un autre aspect de Ses relations avec Son Père céleste. Ce sont en quelque sorte deux composantes d'un seul et même processus spirituel, qui constitue le fondement spirituel du Royaume. Et ce sont précisément les disciples de Jésus qui demeurent dans le monde qui constituent la frontière du Royaume dans le monde déchu. C'est en eux que Jésus est glorifié comme Roi de Son Royaume. Mais cette glorification n'est possible que dans la mesure où ils ne sont « pas du monde ».
Dans la mesure où ils appartiennent entièrement à leur Maître et à Son Père céleste. Non au sens d'une unité de vues, mais d'une unité de vie. De cette vie même du Royaume que Jésus porte en Lui dans toute sa plénitude. Et qu'Il leur a transmise à tous, sauf à un : celui qui l'a lui-même rejetée. Rejetée en Le rejetant. Mais il s'agit là du libre choix d'un être humain. Ceux qui L'avaient choisi se trouvaient, eux, devant une nouvelle tâche : préserver ce qu'ils avaient reçu. Non en quittant le monde déchu, mais en y demeurant. Sans toutefois laisser place, dans leur cœur et dans leur vie, au mal dans lequel gît le monde déchu. Sinon, leur vie n'a pas de sens.
S'ils étaient tous partis en quittant ce monde, le Royaume serait parti avec eux. L'œuvre du Sauveur serait restée inachevée. Mais s'ils avaient fait une place dans leur vie au mal de ce monde, Son œuvre aurait tout simplement échoué : car le Royaume devait entrer, et est entré, dans ce monde dans sa pureté et sa plénitude, sans se mêler à lui ni au mal dans lequel il gît. Cela ne signifie pas, bien sûr, qu'un abîme infranchissable sépare le monde du Royaume, mais il existe bel et bien une frontière entre eux. Et le monde ne peut franchir cette frontière qu'en changeant qualitativement.
En devenant autre, non par sa nature, mais en étant libéré du pouvoir du mal et du péché. Bien sûr, dans le Royaume, la nature même du monde change aussi. Mais ces changements ne peuvent survenir qu'après la purification du monde de tout mal. C'est pourquoi Jésus prie le Père pour Ses disciples, afin qu'Il les garde du mal, et non qu'Il les retire du monde. Il prie pour eux comme pour ceux qui poursuivront ce qu'Il a commencé. Qui le poursuivront en devenant des hommes du Royaume demeurant dans ce monde. Ceux par qui le Royaume continuera d'entrer dans le monde.
1 Ainsi parla Jésus, et levant les yeux au ciel, il dit :« Père, l’heure est venue : glorifie ton Fils, afin que ton Fils te glorifie |
2 et que, selon le pouvoir que tu lui as donné sur toute chair, il donne la vie éternelle à tous ceux que tu lui as donnés ! |
3 Or, la vie éternelle, c’est qu’ils te connaissent, toi, le seul véritable Dieu, et celui que tu as envoyé, Jésus-Christ. |
4 Je t’ai glorifié sur la terre, en menant à bonne fin l’œuvre que tu m’as donné de faire. |
5 Et maintenant, Père, glorifie-moi auprès de toi de la gloire que j’avais auprès de toi, avant que fût le monde. |
6 J’ai manifesté ton Nom aux hommes, que tu as tirés du monde pour me les donner. Ils étaient à toi et tu me les as donnés et ils ont gardé ta parole. |
7 Maintenant ils ont reconnu que tout ce que tu m’as donné vient de toi ; |
8 car les paroles que tu m’as données, je les leur ai données, et ils les ont accueillies et ils ont vraiment reconnu que je suis sorti d’auprès de toi, et ils ont cru que tu m’as envoyé. |
9 C’est pour eux que je prie ; je ne prie pas pour le monde, mais pour ceux que tu m’as donnés, car ils sont à toi, |
10 et tout ce qui est à moi est à toi, et tout ce qui est à toi est à moi, et je suis glorifié en eux. |
11 Je ne suis plus dans le monde ; eux sont dans le monde, et moi, je viens vers toi. Père saint, garde-les dans ton Nom que tu m’as donné, pour qu’ils soient un comme nous. |
12 Quand j’étais avec eux, je les gardais dans ton Nom que tu m’as donné. J’ai veillé et aucun d’eux ne s’est perdu, sauf le fils de perdition, afin que l’Écriture fût accomplie. |
13 Mais maintenant je viens vers toi et je parle ainsi dans le monde, afin qu’ils aient en eux-mêmes ma joie complète. |
14 Je leur ai donné ta parole et le monde les a haïs, parce qu’ils ne sont pas du monde, comme moi je ne suis pas du monde. |
15 Je ne te prie pas de les enlever du monde, mais de les garder du Mauvais. |
16 Ils ne sont pas du monde, comme moi je ne suis pas du monde. |
17 Sanctifie-les dans la vérité : ta parole est vérité. |
18 Comme tu m’as envoyé dans le monde, moi aussi, je les ai envoyés dans le monde. |
19 Pour eux je me sanctifie moi-même, afin qu’ils soient, eux aussi, sanctifiés dans la vérité. |
20 Je ne prie pas pour eux seulement, mais aussi pour ceux qui, grâce à leur parole, croiront en moi, |
21 afin que tous soient un. Comme toi, Père, tu es en moi et moi en toi, qu’eux aussi soient en nous, afin que le monde croie que tu m’as envoyé. |
22 Je leur ai donné la gloire que tu m’as donnée, pour qu’ils soient un comme nous sommes un : |
23 moi en eux et toi en moi, afin qu’ils soient parfaits dans l’unité, et que le monde reconnaisse que tu m’as envoyé et que tu les as aimés comme tu m’as aimé. |
24 Père, ceux que tu m’as donnés, je veux que là où je suis, eux aussi soient avec moi, afin qu’ils contemplent ma gloire, que tu m’as donnée parce que tu m’as aimé avant la fondation du monde. |
25 Père juste, le monde ne t’a pas connu, mais moi je t’ai connu et ceux-ci ont reconnu que tu m’as envoyé. |
26 Je leur ai fait connaître ton nom et je le leur ferai connaître, pour que l’amour dont tu m’as aimé soit en eux et moi en eux. » |
Dans l’Évangile de Jean, le Seigneur Jésus dit plusieurs fois qu’Il est venu pour que les hommes qui entendent Son message, Ses disciples, croient et aient la vie qu’Il a apportée du Père. C’est pourquoi, dans Sa dernière prière avant Son arrestation, Il prie pour les disciples et pour ceux qui les suivront, et non pour le monde, non pour ceux qui ne L’ont pas reçu.
Mais en même temps, Il prie aussi pour le monde, sous une forme indirecte, afin que le monde croie en Lui en voyant l’unité des disciples. Ainsi, Il attend de ceux qui ont cru en Lui qu’ils poursuivent Son œuvre : contribuer au salut et à la vivification du monde entier, non pas en remplaçant le Christ, mais en manifestant Sa présence dans leur unité, qui témoigne qu’ils vivent déjà de la vie divine en imitant l’unité inimitable du Père et du Fils.
1 Ainsi parla Jésus, et levant les yeux au ciel, il dit :« Père, l’heure est venue : glorifie ton Fils, afin que ton Fils te glorifie |
2 et que, selon le pouvoir que tu lui as donné sur toute chair, il donne la vie éternelle à tous ceux que tu lui as donnés ! |
3 Or, la vie éternelle, c’est qu’ils te connaissent, toi, le seul véritable Dieu, et celui que tu as envoyé, Jésus-Christ. |
4 Je t’ai glorifié sur la terre, en menant à bonne fin l’œuvre que tu m’as donné de faire. |
5 Et maintenant, Père, glorifie-moi auprès de toi de la gloire que j’avais auprès de toi, avant que fût le monde. |
6 J’ai manifesté ton Nom aux hommes, que tu as tirés du monde pour me les donner. Ils étaient à toi et tu me les as donnés et ils ont gardé ta parole. |
7 Maintenant ils ont reconnu que tout ce que tu m’as donné vient de toi ; |
8 car les paroles que tu m’as données, je les leur ai données, et ils les ont accueillies et ils ont vraiment reconnu que je suis sorti d’auprès de toi, et ils ont cru que tu m’as envoyé. |
9 C’est pour eux que je prie ; je ne prie pas pour le monde, mais pour ceux que tu m’as donnés, car ils sont à toi, |
10 et tout ce qui est à moi est à toi, et tout ce qui est à toi est à moi, et je suis glorifié en eux. |
11 Je ne suis plus dans le monde ; eux sont dans le monde, et moi, je viens vers toi. Père saint, garde-les dans ton Nom que tu m’as donné, pour qu’ils soient un comme nous. |
12 Quand j’étais avec eux, je les gardais dans ton Nom que tu m’as donné. J’ai veillé et aucun d’eux ne s’est perdu, sauf le fils de perdition, afin que l’Écriture fût accomplie. |
13 Mais maintenant je viens vers toi et je parle ainsi dans le monde, afin qu’ils aient en eux-mêmes ma joie complète. |
14 Je leur ai donné ta parole et le monde les a haïs, parce qu’ils ne sont pas du monde, comme moi je ne suis pas du monde. |
15 Je ne te prie pas de les enlever du monde, mais de les garder du Mauvais. |
16 Ils ne sont pas du monde, comme moi je ne suis pas du monde. |
17 Sanctifie-les dans la vérité : ta parole est vérité. |
18 Comme tu m’as envoyé dans le monde, moi aussi, je les ai envoyés dans le monde. |
19 Pour eux je me sanctifie moi-même, afin qu’ils soient, eux aussi, sanctifiés dans la vérité. |
20 Je ne prie pas pour eux seulement, mais aussi pour ceux qui, grâce à leur parole, croiront en moi, |
21 afin que tous soient un. Comme toi, Père, tu es en moi et moi en toi, qu’eux aussi soient en nous, afin que le monde croie que tu m’as envoyé. |
22 Je leur ai donné la gloire que tu m’as donnée, pour qu’ils soient un comme nous sommes un : |
23 moi en eux et toi en moi, afin qu’ils soient parfaits dans l’unité, et que le monde reconnaisse que tu m’as envoyé et que tu les as aimés comme tu m’as aimé. |
24 Père, ceux que tu m’as donnés, je veux que là où je suis, eux aussi soient avec moi, afin qu’ils contemplent ma gloire, que tu m’as donnée parce que tu m’as aimé avant la fondation du monde. |
25 Père juste, le monde ne t’a pas connu, mais moi je t’ai connu et ceux-ci ont reconnu que tu m’as envoyé. |
26 Je leur ai fait connaître ton nom et je le leur ferai connaître, pour que l’amour dont tu m’as aimé soit en eux et moi en eux. » |
La prière que Jésus adresse pour ses disciples résume tout ce qui a été dit pendant la dernière Cène. On l'appelle habituellement la prière pour l'unité, ce que l'on peut sans aucun doute accepter. Mais il n'y est pas seulement question d'une unité extérieure. Jésus demande de nouveau au Père de préserver entre lui-même et ses disciples cette même union qui existe entre lui et le Père (v. 21-23). Sans une telle union, aucun témoignage n'est manifestement possible; sans elle, le monde ne croira pas que les apôtres ont réellement été envoyés dans le monde par le Sauveur lui-même.
Or le témoignage sur le Royaume et sa manifestation au monde sont précisément la tâche principale des envoyés. En s'adressant au Père, Jésus transmet en quelque sorte aux apôtres la mission que le Père lui avait confiée et confie les apôtres eux-mêmes au Père. Il dit: j'ai donné la vie du Royaume que tu m'as remise à quiconque voulait la recevoir; j'ai accompli tout ce que tu m'as confié (v. 1-5). Je me suis révélé moi-même, et je t'ai révélé, toi et ton Royaume, à ceux que tu m'as envoyés, et ils ont tout reçu (v. 6-8). Et maintenant, dit Jésus, je pars tandis qu'ils demeurent, et je prie pour eux, pour ceux qui t'appartiennent (v. 9-11).
Une telle demande était tout à fait naturelle, car les apôtres devenaient maintenant les témoins de ce Royaume dont Jésus avait auparavant parlé au monde, et la communauté apostolique devait devenir le noyau de l'Église. Auparavant, Jésus lui-même gardait ses disciples dans un monde qui leur était hostile. Maintenant, en allant vers le Père, il demande que le Père aide les apôtres à préserver la joie du Royaume qu'ils ont connue pendant le ministère terrestre du Sauveur (v. 12-13). Il ne s'agit pas d'emmener les apôtres hors du monde vers une autre réalité particulière: le Royaume devait être manifesté ici, et non quelque part sur une autre planète ou dans une autre dimension (v. 14-16). Mais pour le manifester, la communauté apostolique devait être sanctifiée en recevant la plénitude de la révélation vivante de Dieu, dont le Sauveur lui-même est devenu l'incarnation (v. 17). Alors seulement les apôtres pourraient devenir témoins du Royaume et leur communauté le noyau de l'Église, dont le sens même de l'existence serait de préserver le Royaume dans notre monde encore imparfaitement transfiguré et de lui rendre témoignage. Et ce noyau grandirait, l'Église s'étendrait en accueillant quiconque cherche le Royaume et la vie éternelle (v. 18-21).
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