1 Quand ils approchèrent de Jérusalem et arrivèrent en vue de Bethphagé, au mont des Oliviers, alors Jésus envoya deux disciples |
2 en leur disant : « Rendez-vous au village qui est en face de vous ; et aussitôt vous trouverez, à l’attache, une ânesse avec son ânon près d’elle ; détachez-la et amenez-les-moi. |
3 Et si quelqu’un vous dit quelque chose, vous direz : « Le Seigneur en a besoin, mais aussitôt il les renverra ». » |
4 Ceci advint pour que s’accomplît l’oracle du prophète : |
5 Dites à la fille de Sion : Voici que ton Roi vient à toi ; modeste, il monte une ânesse, et un ânon, petit d’une bête de somme. |
6 Les disciples allèrent donc et, faisant comme leur avait ordonné Jésus, |
7 ils amenèrent l’ânesse et l’ânon. Puis ils disposèrent sur eux leurs manteaux et Jésus s’assit dessus. |
8 Alors les gens, en très nombreuse foule, étendirent leurs manteaux sur le chemin ; d’autres coupaient des branches aux arbres et en jonchaient le chemin. |
9 Les foules qui marchaient devant lui et celles qui suivaient criaient :« Hosanna au fils de David ! Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur ! Hosanna au plus haut des cieux ! » |
10 Quand il entra dans Jérusalem, toute la ville fut agitée. « Qui est-ce ? » disait-on, |
11 et les foules disaient : « C’est le prophète Jésus, de Nazareth en Galilée. » |
12 Puis Jésus entra dans le Temple et chassa tous les vendeurs et acheteurs qui s’y trouvaient : il culbuta les tables des changeurs, ainsi que les sièges des marchands de colombes. |
13 Et il leur dit : « Il est écrit : Ma maison sera appelée une maison de prière. Mais vous, vous en faites un repaire de brigands ! » |
14 Il y eut aussi des aveugles et des boiteux qui s’approchèrent de lui dans le Temple, et il les guérit. |
15 Voyant les prodiges qu’il venait d’accomplir et ces enfants qui criaient dans le Temple : « Hosanna au fils de David ! », les grands prêtres et les scribes furent indignés |
16 et ils lui dirent : « Tu entends ce qu’ils disent, ceux-là ? » — « Parfaitement, leur dit Jésus ; n’avez-vous jamais lu ce texte :De la bouche des tout-petits et des nourrissons, tu t’es ménagé une louange ? » |
17 Et les laissant, il sortit de la ville pour aller à Béthanie, où il passa la nuit. |
Dans presque chaque ligne de ce récit, l'évangéliste établit un parallèle avec les prophéties bibliques, et certaines d'entre elles sont directement citées dans le texte. Mais presque chaque citation reçoit ici une interprétation et un sens nouveaux ; Jésus devient le centre de toutes les prophéties et de tous les psaumes. Cette nouveauté est naturellement fondée sur le cours des événements qui suivent : tout s'accomplira ainsi et, en même temps, autrement que ne l'attendent les disciples et la foule qui accompagne Jésus. Il entre dans la ville sainte, mais ce qui L'y attend n'est pas le triomphe, c'est l'exécution. On L'accueille comme Roi, mais Il sera condamné comme imposteur et criminel. Il purifie le Temple de Jérusalem, mais Il deviendra bientôt Lui-même le nouveau Temple pour ceux qui Le suivront après Sa Résurrection. Le Christ révèle un chemin nouveau—non celui que les hommes attendent (même Ses disciples !). Il accomplira les prophéties d'une manière nouvelle, comme les plus sages d'entre les sages n'auraient jamais imaginé de les lire. Il ne fait pas ce que nous attendons de Lui—Il nous appelle à Le suivre dans Sa vie nouvelle, vers un Ciel nouveau et une Terre nouvelle.
1 Quand ils approchèrent de Jérusalem et arrivèrent en vue de Bethphagé, au mont des Oliviers, alors Jésus envoya deux disciples |
2 en leur disant : « Rendez-vous au village qui est en face de vous ; et aussitôt vous trouverez, à l’attache, une ânesse avec son ânon près d’elle ; détachez-la et amenez-les-moi. |
3 Et si quelqu’un vous dit quelque chose, vous direz : « Le Seigneur en a besoin, mais aussitôt il les renverra ». » |
4 Ceci advint pour que s’accomplît l’oracle du prophète : |
5 Dites à la fille de Sion : Voici que ton Roi vient à toi ; modeste, il monte une ânesse, et un ânon, petit d’une bête de somme. |
6 Les disciples allèrent donc et, faisant comme leur avait ordonné Jésus, |
7 ils amenèrent l’ânesse et l’ânon. Puis ils disposèrent sur eux leurs manteaux et Jésus s’assit dessus. |
8 Alors les gens, en très nombreuse foule, étendirent leurs manteaux sur le chemin ; d’autres coupaient des branches aux arbres et en jonchaient le chemin. |
9 Les foules qui marchaient devant lui et celles qui suivaient criaient :« Hosanna au fils de David ! Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur ! Hosanna au plus haut des cieux ! » |
10 Quand il entra dans Jérusalem, toute la ville fut agitée. « Qui est-ce ? » disait-on, |
11 et les foules disaient : « C’est le prophète Jésus, de Nazareth en Galilée. » |
12 Puis Jésus entra dans le Temple et chassa tous les vendeurs et acheteurs qui s’y trouvaient : il culbuta les tables des changeurs, ainsi que les sièges des marchands de colombes. |
13 Et il leur dit : « Il est écrit : Ma maison sera appelée une maison de prière. Mais vous, vous en faites un repaire de brigands ! » |
14 Il y eut aussi des aveugles et des boiteux qui s’approchèrent de lui dans le Temple, et il les guérit. |
15 Voyant les prodiges qu’il venait d’accomplir et ces enfants qui criaient dans le Temple : « Hosanna au fils de David ! », les grands prêtres et les scribes furent indignés |
16 et ils lui dirent : « Tu entends ce qu’ils disent, ceux-là ? » — « Parfaitement, leur dit Jésus ; n’avez-vous jamais lu ce texte :De la bouche des tout-petits et des nourrissons, tu t’es ménagé une louange ? » |
17 Et les laissant, il sortit de la ville pour aller à Béthanie, où il passa la nuit. |
Presque à chaque ligne de ce récit, l'évangéliste inscrit un parallèle avec les prophéties bibliques, dont certaines sont même citées directement dans le texte. Mais presque chaque citation y est interprétée et comprise d'une manière nouvelle: Jésus devient le centre de toutes les prophéties et de tous les psaumes. Et cette nouveauté est naturellement dictée par le cours des événements à venir: tout s'accomplira bien ainsi, et en même temps d'une manière tout à fait différente de ce qu'attendent les disciples et la foule qui accompagne Jésus.
Il entre dans la ville sainte, mais ce qui l'y attend n'est pas le triomphe, c'est l'exécution. On l'accueille comme Roi, mais on le condamnera comme imposteur et criminel. Il purifie le Temple de Jérusalem, mais lui-même deviendra bientôt le Temple nouveau pour ceux qui le suivront après sa Résurrection.
Le Christ montre une voie nouvelle, tout autre que celle qu'attendent les hommes, fussent-ils même ses disciples! Il accomplira les prophéties d'une manière nouvelle, comme les plus sages des sages ne sauraient les lire. Il ne fait pas ce que nous attendons de lui; il nous appelle à sa suite dans sa vie nouvelle, dans un Ciel nouveau et une Terre nouvelle.
1 Quand ils approchèrent de Jérusalem et arrivèrent en vue de Bethphagé, au mont des Oliviers, alors Jésus envoya deux disciples |
2 en leur disant : « Rendez-vous au village qui est en face de vous ; et aussitôt vous trouverez, à l’attache, une ânesse avec son ânon près d’elle ; détachez-la et amenez-les-moi. |
3 Et si quelqu’un vous dit quelque chose, vous direz : « Le Seigneur en a besoin, mais aussitôt il les renverra ». » |
4 Ceci advint pour que s’accomplît l’oracle du prophète : |
5 Dites à la fille de Sion : Voici que ton Roi vient à toi ; modeste, il monte une ânesse, et un ânon, petit d’une bête de somme. |
6 Les disciples allèrent donc et, faisant comme leur avait ordonné Jésus, |
7 ils amenèrent l’ânesse et l’ânon. Puis ils disposèrent sur eux leurs manteaux et Jésus s’assit dessus. |
8 Alors les gens, en très nombreuse foule, étendirent leurs manteaux sur le chemin ; d’autres coupaient des branches aux arbres et en jonchaient le chemin. |
9 Les foules qui marchaient devant lui et celles qui suivaient criaient :« Hosanna au fils de David ! Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur ! Hosanna au plus haut des cieux ! » |
10 Quand il entra dans Jérusalem, toute la ville fut agitée. « Qui est-ce ? » disait-on, |
11 et les foules disaient : « C’est le prophète Jésus, de Nazareth en Galilée. » |
12 Puis Jésus entra dans le Temple et chassa tous les vendeurs et acheteurs qui s’y trouvaient : il culbuta les tables des changeurs, ainsi que les sièges des marchands de colombes. |
13 Et il leur dit : « Il est écrit : Ma maison sera appelée une maison de prière. Mais vous, vous en faites un repaire de brigands ! » |
14 Il y eut aussi des aveugles et des boiteux qui s’approchèrent de lui dans le Temple, et il les guérit. |
15 Voyant les prodiges qu’il venait d’accomplir et ces enfants qui criaient dans le Temple : « Hosanna au fils de David ! », les grands prêtres et les scribes furent indignés |
16 et ils lui dirent : « Tu entends ce qu’ils disent, ceux-là ? » — « Parfaitement, leur dit Jésus ; n’avez-vous jamais lu ce texte :De la bouche des tout-petits et des nourrissons, tu t’es ménagé une louange ? » |
17 Et les laissant, il sortit de la ville pour aller à Béthanie, où il passa la nuit. |
Le peuple accueille Jésus par des cris joyeux : « Salut au Fils de David ! » Beaucoup d'entre nous sont venus à la foi avec la même joie, ont rencontré le Christ pour la première fois en prenant soudain conscience qu'Il est réellement vivant, qu'Il répond réellement à la prière et nous conduit dans la vie.
Mais après les cris enthousiastes d'accueil viennent des changements décisifs : le Seigneur se heurte à l'inadéquation complète du Temple, centre de la vie spirituelle de Jérusalem, avec ce pour quoi il avait été construit ; à la cécité spirituelle des chefs religieux ; à l'infidélité du peuple, prêt à crier aussi bien « hosanna » que « crucifie-Le ». Il se heurte à tout cela aussi au « micro-niveau », lorsqu'Il entre dans la vie d'un homme particulier qui, bien qu'heureux de la venue du Sauveur, a déjà eu le temps de devenir, de temple du Saint-Esprit, une « caverne de brigands », et qui Lui sera encore bien des fois infidèle et aveugle. Mais, comme nous le savons, ce n'est pas encore la fin de l'histoire...
1 Quand ils approchèrent de Jérusalem et arrivèrent en vue de Bethphagé, au mont des Oliviers, alors Jésus envoya deux disciples |
2 en leur disant : « Rendez-vous au village qui est en face de vous ; et aussitôt vous trouverez, à l’attache, une ânesse avec son ânon près d’elle ; détachez-la et amenez-les-moi. |
3 Et si quelqu’un vous dit quelque chose, vous direz : « Le Seigneur en a besoin, mais aussitôt il les renverra ». » |
4 Ceci advint pour que s’accomplît l’oracle du prophète : |
5 Dites à la fille de Sion : Voici que ton Roi vient à toi ; modeste, il monte une ânesse, et un ânon, petit d’une bête de somme. |
6 Les disciples allèrent donc et, faisant comme leur avait ordonné Jésus, |
7 ils amenèrent l’ânesse et l’ânon. Puis ils disposèrent sur eux leurs manteaux et Jésus s’assit dessus. |
8 Alors les gens, en très nombreuse foule, étendirent leurs manteaux sur le chemin ; d’autres coupaient des branches aux arbres et en jonchaient le chemin. |
9 Les foules qui marchaient devant lui et celles qui suivaient criaient :« Hosanna au fils de David ! Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur ! Hosanna au plus haut des cieux ! » |
10 Quand il entra dans Jérusalem, toute la ville fut agitée. « Qui est-ce ? » disait-on, |
11 et les foules disaient : « C’est le prophète Jésus, de Nazareth en Galilée. » |
12 Puis Jésus entra dans le Temple et chassa tous les vendeurs et acheteurs qui s’y trouvaient : il culbuta les tables des changeurs, ainsi que les sièges des marchands de colombes. |
13 Et il leur dit : « Il est écrit : Ma maison sera appelée une maison de prière. Mais vous, vous en faites un repaire de brigands ! » |
14 Il y eut aussi des aveugles et des boiteux qui s’approchèrent de lui dans le Temple, et il les guérit. |
15 Voyant les prodiges qu’il venait d’accomplir et ces enfants qui criaient dans le Temple : « Hosanna au fils de David ! », les grands prêtres et les scribes furent indignés |
16 et ils lui dirent : « Tu entends ce qu’ils disent, ceux-là ? » — « Parfaitement, leur dit Jésus ; n’avez-vous jamais lu ce texte :De la bouche des tout-petits et des nourrissons, tu t’es ménagé une louange ? » |
17 Et les laissant, il sortit de la ville pour aller à Béthanie, où il passa la nuit. |
L'entrée du Seigneur à Jérusalem est un événement unique. Unique, entre autres, en ce que Jésus y est accueilli comme le Messie-Christ, le « fils de David » (v. 9), et que, pour la première fois de Son ministère terrestre, Il ne refuse pas les honneurs qu'on Lui rend et ne cache pas Sa messianité. On pourrait se demander ce qui L'empêchait de la proclamer plus tôt. Or Il ne Se révèle que maintenant, quelques jours seulement avant Sa mort sur la croix, alors qu'on ne peut plus rien changer. Et ce n'est évidemment pas un hasard.
Il n'est pas difficile d'imaginer ce qui se serait passé si Jésus avait proclamé Sa messianité plus tôt. On aurait fait de Lui un nouveau chef d'une nouvelle insurrection populaire, comme il y en avait beaucoup en Judée à cette époque. Or, après l'accueil triomphal reçu dans les rues de Jérusalem, Il Se rend directement au Temple et en chasse les marchands (v. 12–13). Cette tâche Lui paraissait manifestement plus importante que toute révolte contre Rome. Rien d'étonnant : il s'agissait de la pureté du Temple.
Bien sûr, le commerce dans le Temple était, en réalité, interdit. Mais, avec le temps, on avait commencé à fermer les yeux : les pèlerins qui y arrivaient avaient besoin de beaucoup de choses — d'animaux pour les sacrifices, des conseils de savants rabbins et, bien sûr, de changer de l'argent. Peu à peu, la transgression de la règle était devenue la norme, dont personne ne contestait plus la légitimité. Mais Jésus n'avait manifestement pas l'intention de tolérer ces infractions communément admises.
Son geste devait très probablement être compris par ceux qui L'entouraient comme le geste symbolique d'un prophète ; même ainsi, sa signification était parfaitement claire. Nous avons ici, au passage, la réponse à la question de savoir pourquoi Jésus ne S'empressait pas de Se proclamer Messie. Le peuple attendait un Messie qui chasserait les Romains et rétablirait un État juif indépendant ; Jésus commence par purifier le Temple. Le Royaume ne commence pas par une guerre d'indépendance : il commence lorsqu'on fait de la maison de Dieu une véritable maison de Dieu, lorsqu'elle cesse d'être, selon les paroles du Sauveur, un « repaire de brigands ». Voilà l'essentiel ; le reste viendra par surcroît.
1 Quand ils approchèrent de Jérusalem et arrivèrent en vue de Bethphagé, au mont des Oliviers, alors Jésus envoya deux disciples |
2 en leur disant : « Rendez-vous au village qui est en face de vous ; et aussitôt vous trouverez, à l’attache, une ânesse avec son ânon près d’elle ; détachez-la et amenez-les-moi. |
3 Et si quelqu’un vous dit quelque chose, vous direz : « Le Seigneur en a besoin, mais aussitôt il les renverra ». » |
4 Ceci advint pour que s’accomplît l’oracle du prophète : |
5 Dites à la fille de Sion : Voici que ton Roi vient à toi ; modeste, il monte une ânesse, et un ânon, petit d’une bête de somme. |
6 Les disciples allèrent donc et, faisant comme leur avait ordonné Jésus, |
7 ils amenèrent l’ânesse et l’ânon. Puis ils disposèrent sur eux leurs manteaux et Jésus s’assit dessus. |
8 Alors les gens, en très nombreuse foule, étendirent leurs manteaux sur le chemin ; d’autres coupaient des branches aux arbres et en jonchaient le chemin. |
9 Les foules qui marchaient devant lui et celles qui suivaient criaient :« Hosanna au fils de David ! Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur ! Hosanna au plus haut des cieux ! » |
10 Quand il entra dans Jérusalem, toute la ville fut agitée. « Qui est-ce ? » disait-on, |
11 et les foules disaient : « C’est le prophète Jésus, de Nazareth en Galilée. » |
En nous rappelant l'entrée du Christ à Jérusalem, il est difficile de ne pas éprouver un sentiment mêlé. Nous voyons les foules en liesse, la joie du peuple accueillant Celui qui apporte la délivrance du mal—et en cela, le peuple ne se trompe pas ! Sans bien comprendre le véritable sens de la venue du Christ, le peuple sent pourtant qu'Il n'est pas un maître ordinaire, comme Israël en avait vu beaucoup.
Cependant, le fait même que la majorité de ceux qui L'accueillent soient guidés par une compréhension déformée des événements conduira bientôt la foule à se détourner de Lui. Les paroles du peuple, qui appelle prophète Celui qui entre à Jérusalem, expliquent beaucoup de choses. Les hommes étaient prêts à accueillir un prophète, mais il leur était plus difficile d'accepter qu'Il fût plus qu'un prophète. Même pour ceux qui étaient capables de le comprendre, les jugements établis sur ce que devait être le Messie se révéleraient plus précieux que Jésus, qui ne correspondait pas à leurs idées à Son sujet.
C'est ainsi que les habitants de Jérusalem L'ont accueilli. Mais ne sommes-nous pas, nous aussi, prêts à accueillir le Christ de cette manière aujourd'hui ? Ne voulons-nous pas, nous aussi, qu'Il accomplisse des miracles d'une utilité pratique et punisse nos ennemis ? Et s'Il ne Se hâte pas de satisfaire nos caprices, sommes-nous toujours prêts à accepter Sa volonté plutôt qu'à insister sur la nôtre ?
12 Puis Jésus entra dans le Temple et chassa tous les vendeurs et acheteurs qui s’y trouvaient : il culbuta les tables des changeurs, ainsi que les sièges des marchands de colombes. |
13 Et il leur dit : « Il est écrit : Ma maison sera appelée une maison de prière. Mais vous, vous en faites un repaire de brigands ! » |
14 Il y eut aussi des aveugles et des boiteux qui s’approchèrent de lui dans le Temple, et il les guérit. |
15 Voyant les prodiges qu’il venait d’accomplir et ces enfants qui criaient dans le Temple : « Hosanna au fils de David ! », les grands prêtres et les scribes furent indignés |
16 et ils lui dirent : « Tu entends ce qu’ils disent, ceux-là ? » — « Parfaitement, leur dit Jésus ; n’avez-vous jamais lu ce texte :De la bouche des tout-petits et des nourrissons, tu t’es ménagé une louange ? » |
17 Et les laissant, il sortit de la ville pour aller à Béthanie, où il passa la nuit. |
On ne peut pas dire que le commerce du Temple soit apparu comme quelque chose de mauvais dès l’origine. Dans les limites convenables, il est nécessaire. Mais avec quelle facilité nous détruisons les limites nécessaires... Remarquons qu’en chassant les marchands, le Christ ne s’indigne pas de ce que la maison de prière soit transformée en « marché », mais de ce qu’elle soit devenue une caverne de brigands. Il existe tout de même une différence entre le commerce normal et le brigandage, quoi qu’en disent ceux qui veulent effacer cette différence pour blanchir l’argent sale. Manifestement, l’activité commerciale et financière liée à l’usage du Temple a dépassé les besoins économiques et est devenue une fin en soi, entraînant dans des moyens pécheurs d’enrichissement.
À toutes les époques, l’humanité pécheresse a plus d’une fois introduit dans l’Église les fruits de sa propre imperfection, et a aussi cédé à la tentation d’utiliser les possibilités de l’Église à des fins pratiques. Tout commençait par de bonnes intentions et aboutissait à de tristes résultats. Or nos corps sont eux aussi appelés temples de l’Esprit Saint! Et si nous souillons ce que le Seigneur nous a donné, nous devenons à nouveau dignes de ce qu’Il a fait à ceux qui commerçaient dans le Temple.
12 Puis Jésus entra dans le Temple et chassa tous les vendeurs et acheteurs qui s’y trouvaient : il culbuta les tables des changeurs, ainsi que les sièges des marchands de colombes. |
13 Et il leur dit : « Il est écrit : Ma maison sera appelée une maison de prière. Mais vous, vous en faites un repaire de brigands ! » |
L'image de Jésus renversant les tables des changeurs, ces bureaux de change antiques, et les bancs des vendeurs de colombes, l'équivalent sioniste du comptoir de cierges, est si inhabituelle qu'au cours de leur vie les chrétiens doivent souvent répondre à des questions perplexes : pourquoi agit-Il ainsi ? Cela contredit radicalement le petit visage sucré de cette peinture religieuse que l'on appelle « troisième moitié du XIXe siècle », mais non le Fils de Dieu réel. Pourtant, en effet, le Seigneur, dont il est dit qu'Il ne brisera pas le roseau froissé et n'éteindra pas la mèche qui fume (Is 42.3), ne devrait apparemment pas agir de la sorte.
Ce que Jésus accomplit à ce moment s'appelle un acte prophétique. Ainsi Osée et Isaïe donnent à leurs enfants des noms symboliques comme témoins de l'accomplissement des prophéties ; ainsi Jérémie achète un champ à Anatoth lorsque tout Israël va être occupé d'un jour à l'autre. Ce sont des images visibles qui entrent dans la conscience de gens qui ne veulent pas écouter, qui ont des oreilles et n'entendent pas. Cependant, cette action du Christ n'est pas une prophétie, mais l'accomplissement d'une prophétie : « Le zèle de Ta maison Me dévore » (Ps 68.10), dit le très célèbre psaume messianique. L'évangéliste Jean, au nom des disciples, écrit au deuxième chapitre de son Évangile qu'ils comprirent précisément ainsi cette action de Jésus : Il agit comme, selon les prophéties, le Messie doit agir.
Franchement, c'est vraiment un signe distinctif du Messie, car nous tous traitons les convenances sociales et les stéréotypes d'onction avec un respect bien plus grand que la sainteté du Tout-Puissant. Parce que Lui nous pardonnera peut-être notre manque de révérence, tandis que la société ne pardonnera pas le reproche, comme elle ne l'a pas pardonné à Jésus.
12 Puis Jésus entra dans le Temple et chassa tous les vendeurs et acheteurs qui s’y trouvaient : il culbuta les tables des changeurs, ainsi que les sièges des marchands de colombes. |
13 Et il leur dit : « Il est écrit : Ma maison sera appelée une maison de prière. Mais vous, vous en faites un repaire de brigands ! » |
14 Il y eut aussi des aveugles et des boiteux qui s’approchèrent de lui dans le Temple, et il les guérit. |
15 Voyant les prodiges qu’il venait d’accomplir et ces enfants qui criaient dans le Temple : « Hosanna au fils de David ! », les grands prêtres et les scribes furent indignés |
16 et ils lui dirent : « Tu entends ce qu’ils disent, ceux-là ? » — « Parfaitement, leur dit Jésus ; n’avez-vous jamais lu ce texte :De la bouche des tout-petits et des nourrissons, tu t’es ménagé une louange ? » |
17 Et les laissant, il sortit de la ville pour aller à Béthanie, où il passa la nuit. |
18 Comme il rentrait en ville de bon matin, il eut faim. |
19 Voyant un figuier près du chemin, il s’en approcha, mais n’y trouva rien que des feuilles. Il lui dit alors : « Jamais plus tu ne porteras de fruit ! » Et à l’instant même le figuier devint sec. |
20 À cette vue, les disciples dirent tout étonnés : « Comment, en un instant, le figuier est-il devenu sec ? » |
Le passage composé d'aujourd'hui dans l'Évangile selon Matthieu raconte deux actions semblables du Seigneur Jésus-Christ, qui ont suscité un grand étonnement chez ceux qui en furent témoins. Ces deux moments, l'expulsion des vendeurs du Temple et le figuier desséché, s'inscrivent dans le cadre des «actions prophétiques» bien connues dans l'Ancien Testament. Ces actions sont accomplies sur l'ordre de Dieu et servent de paraboles visibles. Les prophètes les accomplissaient pour transmettre à leurs contemporains une révélation, et cela de manière à ce qu'elle reste longtemps dans les mémoires.
L'expulsion des vendeurs du Temple est directement l'accomplissement de ce qui était dit du Christ dans les Psaumes et chez les prophètes. Cette action est interprétée de façon tout à fait univoque comme l'accomplissement des prophéties; c'est pourquoi, littéralement dès le lendemain, les grands prêtres et les anciens demandent au Christ: «Par quelle autorité fais-Tu cela?». Le Seigneur ne leur donne pas de réponse directe, mais ses disciples, comme en témoignent les évangélistes, l'ont bien compris et s'en sont souvenus pour toujours.
Le figuier desséché suscite le plus souvent la question: «pourquoi?». Le figuier, bien sûr, n'est coupable de rien, mais depuis l'antiquité l'arbre était un symbole que les prophètes utilisaient souvent lui aussi. Ils disaient qu'Israël est la plantation de Dieu, nécessaire uniquement pour porter du fruit pour Dieu. Si cela ne se produit pas, l'existence de cette plantation perd son sens. C'est précisément vers cela que le Seigneur tourne ses disciples.
17 Et les laissant, il sortit de la ville pour aller à Béthanie, où il passa la nuit. |
18 Comme il rentrait en ville de bon matin, il eut faim. |
19 Voyant un figuier près du chemin, il s’en approcha, mais n’y trouva rien que des feuilles. Il lui dit alors : « Jamais plus tu ne porteras de fruit ! » Et à l’instant même le figuier devint sec. |
20 À cette vue, les disciples dirent tout étonnés : « Comment, en un instant, le figuier est-il devenu sec ? » |
À première vue, l'histoire du figuier desséché paraît quelque peu étrange : pourquoi Jésus aurait-il dû s'attendre à trouver des fruits là où il ne pouvait y en avoir ? Selon les lois du monde non transfiguré, exiger d'un arbre des fruits hors saison ressemble à un caprice absurde et arbitraire. Mais Jésus ne vit pas selon les lois du monde non transfiguré : il vit selon celles du Royaume, dont il porte toujours avec lui la plénitude. Or l'alternance des saisons, familière à notre monde, ne s'applique pas au Royaume. Ce n'est pas un hasard si, dans les livres bibliques, un jardin d'arbres toujours verts portant du fruit toute l'année devient le symbole du Royaume messianique.
Certes ; mais il s'agit là d'un symbole, tandis qu'ici nous avons un arbre réel, qui vit selon les lois du monde non transfiguré et n'a aucun rapport avec le Royaume. Ou peut-être en a-t-il un, malgré tout ? Car celui qui s'est approché du figuier est Celui qui a apporté le Royaume au monde, Celui auprès de qui tous ceux qui osaient lui faire confiance participaient au Royaume. Et la nature lui était toujours soumise ; elle devenait réceptive à chaque action spirituelle, à chaque souffle du Royaume. Mais, pour une raison inconnue, le figuier n'a pas cédé à ce souffle. Il n'est pas devenu une partie du Royaume, restant dans l'ancien ordre des choses, non transfiguré.
Pourquoi cela s'est-il produit ? Peut-être ne connaîtrons-nous pas la réponse avant la fin des temps. Il semble que se soit manifestée ainsi, dans le monde, l'action du mal dans lequel il gît, un mal dont l'arbre n'était évidemment coupable en aucune manière, un mal dont il est devenu victime. Mais une chose est claire : l'exemple du figuier desséché montre concrètement ce qui attend ceux qui rejettent le Royaume.
Bien sûr, lorsqu'il s'agit d'un être humain, la fin ne vient pas si vite, mais seulement parce que Dieu lui-même en diffère les conséquences, donnant à l'homme de nouvelles chances, encore et encore, d'une meilleure issue. Au fond, c'est précisément l'histoire du figuier desséché qui permet de comprendre ce que signifie refuser le Royaume. Il n'y a pas de vie véritable dans le monde non transfiguré ; c'est un monde sans vie par définition. Et si l'on y rencontre malgré tout un semblant de vie, c'est uniquement dans la mesure où il n'est pas totalement coupé de la plénitude de la vie divine. Mais maintenant que le Royaume entre dans le monde, la vie n'est possible que là, et nulle part ailleurs. Celui qui ignore ce fait est voué à la mort. Bien sûr, Dieu ralentit la mort de ceux qui rejettent le Royaume afin de leur donner une chance de salut. Mais s'il ne le faisait pas, le sort de ceux qui rejettent le Royaume serait semblable à celui du figuier desséché. Dans ces conditions, l'antique appel « Choisis la vie ! » devient particulièrement actuel.
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