1 Puis il dit à ses disciples : « Il est impossible que les scandales n’arrivent pas, mais malheur à celui par qui ils arrivent ! |
Pourquoi est-il impossible que les occasions de chute ne viennent pas ? Avec la venue du Christ dans ce monde, la porte du Royaume de Dieu s’ouvre. L’entrée dans la vie éternelle est libre. C’est bien là le point : elle est libre ! Pour entrer, l’homme doit exercer sa liberté, ce qui signifie toujours choisir entre différentes options, dont certaines peuvent paraître séduisantes mais mener à la perdition. Voilà les occasions de chute, et nous voyons qu’elles sont inévitables. Tout autre chose est d’apporter une occasion de chute. Celui qui apporte une occasion de chute y est déjà tombé auparavant et, maintenant, en tombant, cherche à entraîner d’autres personnes avec lui au lieu de se tourner vers Celui qui peut arrêter la chute. Il ne reste alors que les ténèbres extérieures et les grincements de dents... le non-être.
1 Puis il dit à ses disciples : « Il est impossible que les scandales n’arrivent pas, mais malheur à celui par qui ils arrivent ! |
Le mal et le péché ne nous plaisent pas du tout; et c’est normal. Tout ce qu’il y a dans le monde, plusieurs se passent en dépit de la vérité, en dépit de la volonté de Dieu, en dépit du bien et de l’esthétique, ne peut ne pas provoquer de protestation chez l’homme normal. Mais nous aimons nous «fâcher» contre Dieu parce qu’«Il permet à cela de se produire», levant ainsi toute responsabilité sur soi-même pour «cela». Pour quoi y a-t-il tant de mal dans le monde? – une question régulière, mais mal posée. Le Seigneur Jésus Christ demande aux disciples de prendre le problème du mal complètement différemment: activement et avec responsabilité.
Les “scandales» - tout ce qui apporte doute et déception dans la foi, tout ce qui provoque la répugnance chez les hommes - tel est le sens du mot grec «skandalon» qu’utilise l’évangéliste. Ils sont déjà dans le monde, raison pour laquelle il est déjà trop tard de tenir une conversation pour savoir comment ils ont pu arriver… «Malheur à celui par qui ils arrivent!» - voici ce qui est vraiment important pour le moment. Et si on se tourne vers les questions les plus importantes de nos vies, alors on peut dire que Le Seigneur dirige l’attention des disciples sur «ce qu’il faut faire», et non sur «qui est coupable». Il fait savoir que la diffusion du mal peut être arrêtée par la volonté des hommes, et ce n’est pas n’importe quels hommes, mais bien nous (toi et moi). «Il est impossible que les scandales n’arrivent pas», puisqu’ils sont déjà la, dans ce monde. Mais il est très important et même capital qu’ils n’arrivent pas par nous – c’est apparemment la seule voie pour résister au mal.
Il est encore substantiel que si on fait des efforts, ne serait ce que le plus moindre pour ne pas être la source du mal, les échecs sur ce chemin et la longanimité de Dieu envers nous, nous aident à trouver une réponse à deux questions: sur l’origine du mal, ainsi qu’aux raisons de la longanimité de Dieu.
1 Puis il dit à ses disciples : « Il est impossible que les scandales n’arrivent pas, mais malheur à celui par qui ils arrivent ! |
2 Mieux vaudrait pour lui se voir passer autour du cou une pierre à moudre et être jeté à la mer que de scandaliser un seul de ces petits. |
3 Prenez garde à vous ! « Si ton frère vient à pécher, réprimande-le et, s’il se repent, remets-lui. |
4 Et si sept fois le jour il pèche contre toi et que sept fois il revienne à toi, en disant : « Je me repens », tu lui remettras. » |
5 Les apôtres dirent au Seigneur : « Augmente en nous la foi. » |
6 Le Seigneur dit : « Avec la foi que vous avez, gros comme un grain de sénevé, si vous disiez à ce mûrier : « Déracine-toi et va te planter dans la mer », il vous obéirait ! |
Les paroles de Jésus sur les scandales sont souvent divisées en deux parties, et seule la première est retenue, celle qui dit que les scandales existent inévitablement dans ce monde. À quoi bon nous épuiser et nous efforcer de vivre selon la loi de l'amour, si ces mêmes scandales doivent de toute façon nous atteindre ? En poussant ce raisonnement jusqu'à sa conclusion logique, certains disent qu'il n'y a aucune raison de considérer comme terrible l'acte de Judas, puisque le Messie aurait de toute façon été trahi. D'une certaine manière, cela revient à transformer le christianisme en fatalisme : la venue du mal est prédéterminée, alors pourquoi haïr les fruits du mal dans le monde et chercher à y renoncer ? Mais ce que Jésus nous propose est dépourvu de toute prédétermination : les scandales viendront, le péché est dans le monde, le mal existe et agit, mais ce n'est pas une raison pour devenir soi-même un instrument du mal et une source de scandale.
1 Puis il dit à ses disciples : « Il est impossible que les scandales n’arrivent pas, mais malheur à celui par qui ils arrivent ! |
2 Mieux vaudrait pour lui se voir passer autour du cou une pierre à moudre et être jeté à la mer que de scandaliser un seul de ces petits. |
3 Prenez garde à vous ! « Si ton frère vient à pécher, réprimande-le et, s’il se repent, remets-lui. |
4 Et si sept fois le jour il pèche contre toi et que sept fois il revienne à toi, en disant : « Je me repens », tu lui remettras. » |
5 Les apôtres dirent au Seigneur : « Augmente en nous la foi. » |
6 Le Seigneur dit : « Avec la foi que vous avez, gros comme un grain de sénevé, si vous disiez à ce mûrier : « Déracine-toi et va te planter dans la mer », il vous obéirait ! |
7 « Qui d’entre vous, s’il a un serviteur qui laboure ou garde les bêtes, lui dira à son retour des champs : « Vite, viens te mettre à table » ? |
8 Ne lui dira-t-il pas au contraire : « Prépare-moi de quoi dîner, ceins-toi pour me servir, jusqu’à ce que j’aie mangé et bu ; après quoi, tu mangeras et boiras à ton tour » ? |
9 Sait-il gré à ce serviteur d’avoir fait ce qui lui a été prescrit ? |
10 Ainsi de vous ; lorsque vous aurez fait tout ce qui vous a été prescrit, dites : Nous sommes de simples serviteurs ; nous avons fait ce que nous devions faire. » |
11 Et il advint, comme il faisait route vers Jérusalem, qu’il passa aux confins de la Samarie et de la Galilée. |
12 À son entrée dans un village, dix lépreux vinrent à sa rencontre et s’arrêtèrent à distance ; |
13 ils élevèrent la voix et dirent : « Jésus, Maître, aie pitié de nous. » |
14 À cette vue, il leur dit : « Allez vous montrer aux prêtres. » Et il advint, comme ils y allaient, qu’ils furent purifiés. |
15 L’un d’entre eux, voyant qu’il avait été purifié, revint sur ses pas en glorifiant Dieu à haute voix |
16 et se prosterna aux pieds de Jésus, en le remerciant. Et c’était un Samaritain. |
17 Prenant la parole, Jésus dit : « Est-ce que les dix n’ont pas été purifiés ? Les neuf autres, où sont-ils ? |
18 Il ne s’est trouvé, pour revenir rendre gloire à Dieu, que cet étranger ! » |
19 Et il lui dit : « Relève-toi, va ; ta foi t’a sauvé. » |
La lecture d'aujourd'hui est entièrement consacrée à la description de l'état spirituel de ceux qui entrent en contact avec le Royaume. Ce n'est pas un hasard si elle commence par affirmer la liberté spirituelle de l'homme (v. 1–2). Bien sûr, dans un monde qui gît dans le mal, il y aura toujours des pécheurs, jusqu'à sa complète transfiguration, mais cela n'excuse nullement ceux qui choisissent la voie du mal et du péché : chacun répond lui-même de son choix devant Dieu. Pourtant, dans le Royaume, le choix, tout comme le repentir de n'importe quel péché, reste possible jusqu'à la fin des temps, lorsque le Royaume se révélera dans toute sa plénitude. C'est pourquoi Jésus ordonne de pardonner au frère qui a péché s'il se repent et demande pardon pour ce qu'il a fait (v. 3–4).
Mais un véritable repentir est impossible sans cette unité spirituelle intérieure que les disciples ont à l'esprit lorsqu'ils demandent à Jésus d'« augmenter notre foi » (v. 5). En réponse, Jésus ne se contente pas d'indiquer ce que peut accomplir la foi d'une personne spirituellement unifiée (v. 6), Il explique aussi comment acquérir une telle foi (v. 7–10). Ce n'est pas pour rabaisser Ses disciples qu'Il les compare à des esclaves, mais pour leur expliquer comment une personne qui cherche le Royaume doit considérer son ministère. De même qu'il ne vient pas à l'esprit d'un esclave qu'en exécutant l'ordre de son maître il a gagné quelque chose ou peut prétendre à quelque chose, de même celui qui a accompli ce que Dieu lui a confié ne doit en aucun cas penser qu'il a mérité quoi que ce soit ou qu'il a droit à quoi que ce soit. Une telle attitude est apparemment possible soit parce qu'il n'existe aucune issue, comme c'est habituellement le cas de l'esclave qui n'a nulle part où aller et sait qu'il ne recevra aucune récompense pour son travail, soit par la plénitude de la confiance, lorsque la profondeur des relations avec Dieu et avec les hommes est telle que Sa volonté s'accomplit comme une chose qui va de soi et que la personne ne songe même pas à réclamer une récompense pour son travail. De telles relations exigent que la personne s'abandonne entièrement à la volonté de Dieu et, si elle s'y décide, elle acquiert véritablement cette unité spirituelle qui rend la foi capable de « déplacer les montagnes ».
Mais ce qui passe ici au premier plan, ce ne sont évidemment ni les possibilités qui s'ouvrent ni même l'état spirituel en lui-même, mais les relations avec Dieu et avec Celui qu'Il envoie dans le monde. Ce n'est pas un hasard si Jésus accorde tant d'attention à l'un des hommes qu'Il a guéris et qui est revenu Le remercier (v. 12–19). Bien sûr, Jésus passe ici au second plan : la guérison elle-même s'accomplit en chemin, comme sans Sa participation directe. Mais peut-être agit-Il ainsi pour que les personnes guéries Le regardent non comme un thaumaturge, mais comme Celui Qui a apporté le Royaume dans le monde. Il leur laisse la liberté : celui qui ne veut pas Le remercier peut ne pas le faire, il ne retombera pas malade. Il apparaît alors que la relation avec Lui n'a été importante que pour un seul des dix. Dix personnes sont entrées en contact avec le Royaume, mais une seule y est entrée : celle pour qui comptaient non seulement la santé, mais aussi Celui Qui a apporté ce Royaume dans le monde.
1 Puis il dit à ses disciples : « Il est impossible que les scandales n’arrivent pas, mais malheur à celui par qui ils arrivent ! |
2 Mieux vaudrait pour lui se voir passer autour du cou une pierre à moudre et être jeté à la mer que de scandaliser un seul de ces petits. |
3 Prenez garde à vous ! « Si ton frère vient à pécher, réprimande-le et, s’il se repent, remets-lui. |
4 Et si sept fois le jour il pèche contre toi et que sept fois il revienne à toi, en disant : « Je me repens », tu lui remettras. » |
5 Les apôtres dirent au Seigneur : « Augmente en nous la foi. » |
6 Le Seigneur dit : « Avec la foi que vous avez, gros comme un grain de sénevé, si vous disiez à ce mûrier : « Déracine-toi et va te planter dans la mer », il vous obéirait ! |
7 « Qui d’entre vous, s’il a un serviteur qui laboure ou garde les bêtes, lui dira à son retour des champs : « Vite, viens te mettre à table » ? |
8 Ne lui dira-t-il pas au contraire : « Prépare-moi de quoi dîner, ceins-toi pour me servir, jusqu’à ce que j’aie mangé et bu ; après quoi, tu mangeras et boiras à ton tour » ? |
9 Sait-il gré à ce serviteur d’avoir fait ce qui lui a été prescrit ? |
10 Ainsi de vous ; lorsque vous aurez fait tout ce qui vous a été prescrit, dites : Nous sommes de simples serviteurs ; nous avons fait ce que nous devions faire. » |
11 Et il advint, comme il faisait route vers Jérusalem, qu’il passa aux confins de la Samarie et de la Galilée. |
12 À son entrée dans un village, dix lépreux vinrent à sa rencontre et s’arrêtèrent à distance ; |
13 ils élevèrent la voix et dirent : « Jésus, Maître, aie pitié de nous. » |
14 À cette vue, il leur dit : « Allez vous montrer aux prêtres. » Et il advint, comme ils y allaient, qu’ils furent purifiés. |
15 L’un d’entre eux, voyant qu’il avait été purifié, revint sur ses pas en glorifiant Dieu à haute voix |
16 et se prosterna aux pieds de Jésus, en le remerciant. Et c’était un Samaritain. |
17 Prenant la parole, Jésus dit : « Est-ce que les dix n’ont pas été purifiés ? Les neuf autres, où sont-ils ? |
18 Il ne s’est trouvé, pour revenir rendre gloire à Dieu, que cet étranger ! » |
19 Et il lui dit : « Relève-toi, va ; ta foi t’a sauvé. » |
Comme on le voit d'après les paroles du Sauveur, la question de la foi est directement liée à la question de la vie spirituelle comme telle. Que signifie augmenter la foi ? Comment les disciples eux-mêmes comprenaient-ils l'augmentation de la foi ? Ils y mettaient sans doute quelque chose lié à cette assurance qu'ils éprouvaient lorsque, sur l'ordre de leur Maître, ils prêchaient le Royaume et voyaient avec joie que non seulement les hommes, mais aussi les esprits leur obéissaient. À cette époque, on liait habituellement ce sentiment de puissance à la foi, à sa présence ou à son absence. Jésus, Lui, parle d'autre chose. Il parle de la foi comme d'un état spirituel. Précisément et seulement spirituel. Après tout, toute manifestation de force intérieure chez l'homme est un phénomène naturel autant que spirituel. Il n'y a pas seulement ici l'élan spirituel comme tel, ni l'intention seule, mais aussi la nature et la psyché, qui répondent elles aussi à l'action spirituelle. Jésus, Lui, parle seulement de l'esprit. Seulement de la volonté. Seulement de l'intention.
L'esprit n'est pas la nature. Ici, les mesures quantitatives sont impossibles. Il n'y a pas plus ou moins d'esprit, de volonté. La volonté, si elle n'est pas morcelée ni dispersée dans l'espace intérieur (psychique) ou extérieur (physique), possède une force absolue. Non pas dans tout l'univers créé par Dieu, bien sûr (seule la volonté du Créateur Lui-même possède une telle force), mais en un point concret de cet univers, très certainement. C'est pourquoi une foi grosse comme un grain de moutarde suffit à déplacer une montagne. La foi n'est pas ici une force intérieure et encore moins une conviction quelconque, mais la plénitude de la relation avec Dieu. Cette même plénitude qui, tournée vers la création, devient la source d'une force infiniment puissante, pourvu qu'on la concentre entièrement sur quelque chose de concret. Mais atteindre une telle concentration n'est pas simple. Aucune méthode psychologique n'y aidera.
Cette concentration découle de cette plénitude de vie du Royaume qui, depuis la venue du Christ, est en principe ouverte à quiconque cherche. De cette plénitude même dont l'expérience permet de servir sans compter les mérites : nous avons fait ce que nous devions, nous ne sommes que des serviteurs qui ne méritent pas de récompense. De cette plénitude dont l'expérience fait comprendre que tout péché est absolument destructeur et que, même si le péché est inévitable dans le monde déchu, y prendre part est toujours, pour un habitant du Royaume, une catastrophe existentielle. De cette plénitude qui n'est possible que dans le Royaume et sans laquelle il n'y a pas de Royaume. Cette plénitude pour laquelle seule il vaut la peine de vivre.
1 Puis il dit à ses disciples : « Il est impossible que les scandales n’arrivent pas, mais malheur à celui par qui ils arrivent ! |
2 Mieux vaudrait pour lui se voir passer autour du cou une pierre à moudre et être jeté à la mer que de scandaliser un seul de ces petits. |
3 Prenez garde à vous ! « Si ton frère vient à pécher, réprimande-le et, s’il se repent, remets-lui. |
4 Et si sept fois le jour il pèche contre toi et que sept fois il revienne à toi, en disant : « Je me repens », tu lui remettras. » |
5 Les apôtres dirent au Seigneur : « Augmente en nous la foi. » |
6 Le Seigneur dit : « Avec la foi que vous avez, gros comme un grain de sénevé, si vous disiez à ce mûrier : « Déracine-toi et va te planter dans la mer », il vous obéirait ! |
7 « Qui d’entre vous, s’il a un serviteur qui laboure ou garde les bêtes, lui dira à son retour des champs : « Vite, viens te mettre à table » ? |
8 Ne lui dira-t-il pas au contraire : « Prépare-moi de quoi dîner, ceins-toi pour me servir, jusqu’à ce que j’aie mangé et bu ; après quoi, tu mangeras et boiras à ton tour » ? |
9 Sait-il gré à ce serviteur d’avoir fait ce qui lui a été prescrit ? |
10 Ainsi de vous ; lorsque vous aurez fait tout ce qui vous a été prescrit, dites : Nous sommes de simples serviteurs ; nous avons fait ce que nous devions faire. » |
11 Et il advint, comme il faisait route vers Jérusalem, qu’il passa aux confins de la Samarie et de la Galilée. |
12 À son entrée dans un village, dix lépreux vinrent à sa rencontre et s’arrêtèrent à distance ; |
13 ils élevèrent la voix et dirent : « Jésus, Maître, aie pitié de nous. » |
14 À cette vue, il leur dit : « Allez vous montrer aux prêtres. » Et il advint, comme ils y allaient, qu’ils furent purifiés. |
15 L’un d’entre eux, voyant qu’il avait été purifié, revint sur ses pas en glorifiant Dieu à haute voix |
16 et se prosterna aux pieds de Jésus, en le remerciant. Et c’était un Samaritain. |
17 Prenant la parole, Jésus dit : « Est-ce que les dix n’ont pas été purifiés ? Les neuf autres, où sont-ils ? |
18 Il ne s’est trouvé, pour revenir rendre gloire à Dieu, que cet étranger ! » |
19 Et il lui dit : « Relève-toi, va ; ta foi t’a sauvé. » |
Le paradoxe du Royaume de Dieu pénètre dans les domaines les plus intimes de la vie humaine. Aujourd’hui, au centre du paradoxe se trouve la foi. C’est peut-être le mot le plus difficile de la langue humaine, parce que nous l’utilisons presque toujours à mauvais escient. Par exemple, lorsque les disciples demandent à Jésus d’augmenter leur foi, il s’avère qu’ils ne demandent pas ce dont ils ont besoin. Ils pourraient déplacer des montagnes même avec une foi infime (« un grain de moutarde » est clairement quelque chose de très petit). Mais alors, qu’y a-t-il de plus important ? Pourtant le Christ prononce à plusieurs reprises, à l’adresse de différentes personnes, les paroles : « Ta foi t’a sauvé ». C’est ce qui se passe aussi avec le lépreux samaritain guéri : le miracle même de la guérison arrive en fait aux dix, mais « la foi a sauvé » seulement lui. Et quelle foi peut donc avoir cet hérétique ? Les autres, eux, sont allés se montrer aux prêtres, ce que leur foi exigeait justement. Dans les deux cas, le Christ entend manifestement par « foi » quelque chose qui n’est pas tout à fait ce que les disciples entendent par là, ni ce que nous entendons d’ordinaire, vous et moi.
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