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La Bible de Jérusalem (fr)

Job, Chapitre 12

II. Dialogue> 1 La sagesse de Dieu se manifeste surtout par les ravages de sa puissance.
1 Job prit la parole et dit :
2 Vraiment, vous êtes la voix du peuple,
avec vous mourra la Sagesse.
3 Moi aussi, j’ai de l’intelligence, tout comme vous,
je ne vous cède en rien,
et qui donc ne sait tout cela ?
4 Mais un homme devient la risée de son ami,
quand il crie vers Dieu pour avoir une réponse.
On se moque du juste intègre.
5 « À l’infortune, le mépris ! opinent les gens heureux,
un coup de plus à qui chancelle ! »
6 Cependant, les tentes des pillards sont en paix :
pleine sécurité pour ceux qui provoquent Dieu
et pour celui qui met Dieu dans son poing !
7 Interroge pourtant le bétail pour t’instruire,
les oiseaux du ciel pour t’informer.
8 Parle à la terre, elle te donnera des leçons,
ils te renseigneront, les poissons des mers.
9 Car lequel ignore, parmi eux tous,
que la main de Dieu a fait tout cela !
10 Il tient en son pouvoir l’âme de tout vivant
et le souffle de toute chair d’homme.
11 L’oreille n’apprécie-t-elle pas les discours,
comme le palais goûte les mets ?
12 La sagesse est l’affaire des vieillards,
le discernement le fait du grand âge.
13 Mais en Lui résident sagesse et puissance,
à lui le conseil et le discernement.
14 S’il détruit, nul ne peut rebâtir,
s’il emprisonne quelqu’un, nul n’ouvrira.
15 S’il retient les eaux, c’est la sécheresse ;
s’il les relâche, elles bouleversent la terre.
16 En lui vigueur et sagacité,
à lui appartiennent l’égaré et celui qui l’égare.
17 Il rend stupides les conseillers du pays
et frappe les juges de démence.
18 Il délie la ceinture des rois
et passe une corde à leurs reins.
19 Il fait marcher nu-pieds les prêtres
et renverse les puissances établies.
20 Il ôte la parole aux plus assurés,
ravit le discernement aux vieillards.
21 Il déverse le mépris sur les nobles,
dénoue le ceinturon des forts.
22 Il dévoile les profondeurs des ténèbres,
amène à la lumière l’ombre épaisse.
23 Il agrandit des nations, puis les ruine :
il fait s’étendre des peuples, puis les supprime.
24 Il ôte l’esprit aux chefs du peuple du pays,
les fait errer dans un désert sans routes,
25 tâtonner dans les ténèbres, sans lumière,
et tituber comme sous l’ivresse.

Job, Chapitre 13

II. Dialogue> 1 La sagesse de Dieu se manifeste surtout par les ravages de sa puissance.
1 Tout cela, je l’ai vu de mes yeux,
entendu de mes oreilles, et compris.
2 J’en sais, moi, autant que vous,
je ne vous cède en rien.
3 Mais c’est à Shaddaï que je parle,
à Dieu que je veux présenter mes griefs.
4 Vous, vous n’êtes que des charlatans,
des médecins de fantaisie !
5 Qui donc vous imposera le silence,
la seule sagesse qui vous convienne !
6 Écoutez, je vous prie, mes griefs,
soyez attentifs au plaidoyer de mes lèvres.
7 Est-ce pour Dieu que vous proférez des paroles injustes,
pour lui ces propos mensongers ?
8 Prenez-vous ainsi son parti,
est-ce pour Dieu que vous plaidez ?
9 Serait-il bon qu’il vous scrutât ?
L’abuse-t-on comme on abuse un homme ?
10 Il vous infligerait une sévère réprimande
pour votre partialité secrète.
11 Est-ce que sa majesté ne vous effraie pas ?
Sa terreur ne fond-elle pas sur vous ?
12 Vos leçons apprises sont des sentences de cendre,
vos défenses, des défenses d’argile.
13 Faites silence ! C’est moi qui vais parler,
quoi qu’il m’advienne.
14 Je prends ma chair entre mes dents,
je place ma vie dans mes mains,
15 il peut me tuer : je n’ai d’autre espoir
que de défendre devant lui ma conduite.
16 Et cela même me sauvera,
car un impie n’oserait comparaître en sa présence.
17 Écoutez, écoutez mes paroles,
prêtez l’oreille à mes déclarations.
18 Voici : je vais procéder en justice,
conscient d’être dans mon droit.
19 Qui veut plaider contre moi ?
D’avance, j’accepte d’être réduit au silence et de périr !
20 Fais-moi seulement deux concessions,
alors je ne me cacherai pas loin de ta face :
21 Écarte ta main qui pèse sur moi
et ne m’épouvante plus par ta terreur.
22 Puis engage le débat et je répondrai ;
ou plutôt je parlerai et tu me répliqueras.
23 Combien de fautes et de péchés ai-je commis ?
Dis-moi quelle a été ma transgression, mon péché ?
24 Pourquoi caches-tu ta face
et me considères-tu comme ton ennemi ?
25 Veux-tu effrayer une feuille chassée par le vent,
poursuivre une paille sèche ?
26 Toi qui rédiges contre moi d’amères sentences
et m’imputes mes fautes de jeunesse,
27 qui as mis mes pieds dans les ceps,
observes tous mes sentiers
et prends l’empreinte de mes pas !
28 Et lui s’effrite comme un bois vermoulu,
ou comme un vêtement dévoré par la teigne,

Job, Chapitre 14

II. Dialogue> 1 La sagesse de Dieu se manifeste surtout par les ravages de sa puissance.
1 l’homme, né de la femme,
qui a la vie courte, mais des tourments à satiété.
2 Pareil à la fleur, il éclôt puis se fane,
il fuit comme l’ombre sans arrêt.
3 Et sur cet être tu gardes les yeux ouverts,
tu l’amènes en jugement devant toi !
4 Mais qui donc extraira le pur de l’impur ?
Personne !
5 Puisque ses jours sont comptés,
que le nombre de ses mois dépend de toi,
que tu lui fixes un terme infranchissable,
6 détourne de lui tes yeux et laisse-le,
tel un mercenaire, finir sa journée.
7 L’arbre conserve un espoir,
une fois coupé, il peut renaître encore
et ses rejetons continuent de pousser.
8 Même avec des racines qui ont vieilli en terre
et une souche qui périt dans le sol,
9 dès qu’il flaire l’eau, il bourgeonne
et se fait une ramure comme un jeune plant.
10 Mais l’homme, s’il meurt, reste inerte ;
quand un humain expire, où donc est-il ?
11 Les eaux de la mer pourront disparaître,
les fleuves tarir et se dessécher
12 l’homme une fois couché ne se relèvera pas,
les cieux s’useront avant qu’il ne s’éveille,
ou ne soit réveillé de son sommeil.
13 Oh ! Si tu m’abritais dans le shéol,
si tu m’y cachais, tant que dure ta colère,
si tu me fixais un délai, pour te souvenir ensuite de moi :
14 — car, une fois mort, peut-on revivre ? —
tous les jours de mon service j’attendrais,
jusqu’à ce que vienne ma relève.
15 Tu appellerais et je te répondrais ;
tu voudrais revoir l’œuvre de tes mains.
16 Tandis que maintenant tu comptes tous mes pas,
tu n’observerais plus mon péché,
17 tu scellerais ma transgression dans un sachet
et tu couvrirais ma faute.
18 Hélas ! Comme une montagne finit par s’écrouler,
le rocher par changer de place,
19 l’eau par user les pierres,
l’averse par emporter la poussière du sol,
ainsi, l’espoir de l’homme, tu l’anéantis.
20 Tu le terrasses pour toujours et il s’en va ;
tu le défigures, puis tu le congédies.
21 Ses fils sont-ils honorés, il n’en sait rien ;
sont-ils méprisés, il ne s’en rend pas compte.
22 Il n’a de souffrance que pour son corps,
il ne se lamente que sur lui-même.
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