La lecture d'aujourd'hui nous propose de nouveau la parabole de la vigne racontée par Jésus. Cette parabole, comme toutes les paraboles...
La lecture d'aujourd'hui nous propose de nouveau la parabole de la vigne racontée par Jésus. Cette parabole, comme toutes les paraboles de ce genre, est messianique, et la vigne y devient, comme dans la Bible en général, le symbole du Royaume messianique.
Pour comprendre la parabole, il est important de garder à l'esprit que le mouvement pharisien était un mouvement messianique : ses membres se considéraient comme ce reste même dont parlaient les prophètes. Certes, les prophètes parlaient du reste en pensant à une petite partie du peuple qui, après avoir traversé les épreuves (et l'exil babylonien fut une telle épreuve pour le peuple juif), garderait la foi et rencontrerait le Messie promis par Dieu. Mais déjà après l'exil et après le retour du peuple sur la terre des pères, un mouvement fraternel s'était formé dans la Synagogue, dont les membres commencèrent à se considérer eux-mêmes comme le reste. On les appelait « pharisiens », c'est-à-dire « séparés », « sectaires ». Au début, c'était peut-être un surnom quelque peu méprisant, mais à l'époque évangélique les membres de la fraternité se nommaient déjà volontiers « pharisiens », et même avec un certain défi. Ils se considéraient comme les héritiers spirituels des prophètes et les gardiens des traditions du messianisme prophétique.
Jésus les place sur le même rang que ceux qui, dans l'Antiquité, persécutaient et tuaient les prophètes (v. 34-36). De Son point de vue, ils se sont trouvés en fait héritiers non des prophètes, mais de leurs persécuteurs. Et ils ont achevé ce que leurs prédécesseurs avaient commencé (v. 37-39).
Et c'est alors que se produisit ce qui rend proprement inévitable la croix du Christ. Les auditeurs comprirent parfaitement Jésus. Et ils décidèrent de Le tuer (v. 45-46). Tout récemment encore, il pouvait être question d'une discussion théologique (v. 23-27) ; désormais la discussion menaçait de tourner au sang. Rien d'étonnant : car le refus de répondre à la question de Jésus (v. 25-27) n'était pas fortuit ; il y avait là un choix : reconnaître l'évidence et renoncer à ses propres vues et conceptions, ou ne renoncer à rien en fermant les yeux sur la volonté de Dieu. Les interlocuteurs de Jésus choisissent de fait la seconde voie. Et si, dans cette situation, Jésus, même après avoir dénoncé Ses auditeurs, n'avait insisté sur rien, tout aurait peut-être pu s'arranger ; il aurait été possible de faire coexister des points de vue différents, déjà fort nombreux dans la Synagogue de l'époque évangélique.
Mais Jésus dit directement qu'il ne s'agit pas d'opinions, mais du Royaume, et qu'aucun compromis n'est possible ici (v. 43-44). Et ses auditeurs comprennent qu'il n'est plus question d'une dispute théologique, mais de survie : car si cet étrange Maître a raison, ils devront partir et céder la place à d'autres. Or Lui ne cédera pas si simplement ; Il pose la question de front et tiendra jusqu'au bout. Alors, pour ceux qui ne veulent pas partir et ne veulent pas accepter, il ne reste qu'une seule possibilité. Car si cet Homme meurt vraiment, le problème se résoudra de lui-même : il deviendra clair qu'Il n'est ni Messie ni prophète ; par conséquent, ceux qui ne L'avaient pas accepté avaient raison et pourront dormir tranquilles. Ainsi le refus du Christ rend Sa croix inévitable.