Tout le chemin du peuple depuis le Sinaï jusqu’à la terre promise par Dieu est décrit en détail dans le livre des Nombres ; toutes les étapes sont nommées une par une. À quoi bon, pourrait-on penser, de tels détails, d’autant qu’aujourd’hui beaucoup des lieux géographiques énumérés dans le livre...
Tout le chemin du peuple depuis le Sinaï jusqu’à la terre promise par Dieu est décrit en détail dans le livre des Nombres ; toutes les étapes sont nommées une par une. À quoi bon, pourrait-on penser, de tels détails, d’autant qu’aujourd’hui beaucoup des lieux géographiques énumérés dans le livre ne sont plus que des noms dont il est même impossible de dire exactement où ils se trouvaient ? D’un point de vue humain, cette liste n’a en effet pas de signification particulière. En fin de compte, ce qui compte, c’est le résultat : le peuple est arrivé là où il devait arriver, là où Dieu voulait le voir et où Il avait l’intention de l’installer. Pour Dieu, tout est un peu différent. Pour Lui, le résultat n’est jamais moins important que le chemin qui y a conduit.
Pour nous, d’ordinaire, seul le résultat a du sens et de l’importance ; nous travaillons pour le résultat, il est pour nous l’unique chose importante. Bien sûr, nous tenons généralement compte des pertes et des dépenses, mais seulement en ce sens qu’elles ne doivent pas dévaloriser le résultat, comme cela arrive lorsque les dépenses le dépassent sous tel ou tel rapport. Pour nous, cependant, ce n’est ici que de l’arithmétique ; les chiffres nous importent, et généralement nous voulons que le bilan soit équilibré, que les dépenses, au bout du compte, ne dépassent pas les revenus.
Pour Dieu, ce qui importe, c’est la manière dont l’homme changera en atteignant le résultat qu’il cherchait. Lorsque Dieu place devant un homme telle ou telle tâche, Il a toujours en vue la formation spirituelle de cet homme, et pas seulement la résolution de la tâche posée. De plus, la formation spirituelle de l’homme est toujours au premier plan pour Dieu ; le résultat Lui importe dans le contexte du processus, et non en lui-même.
Cela se comprend : le but principal de Dieu est de faire de l’homme un habitant de Son Royaume ; dans cette perspective, la formation spirituelle de l’homme est encore plus importante que les tâches données par Dieu qu’il pourra résoudre. Après tout, pour résoudre une même tâche, Dieu peut trouver des personnes très diverses, et le plus souvent Il dispose de plusieurs possibilités. L’homme, lui, est toujours unique, comme son chemin spirituel est unique. Son chemin spirituel, l’homme ne peut le parcourir que lui-même, et chaque chemin est unique, de sorte que seul celui à qui il est destiné peut le parcourir.
Sans avoir parcouru le chemin, l’homme ne verra pas le Royaume. Dieu peut certes transporter n’importe qui n’importe où, mais pour devenir habitant du Royaume, il faut changer intérieurement, et cela est impossible en principe sans la participation de l’homme. Tel est tout chemin, qu’il soit celui d’un homme particulier ou d’un peuple entier. Tel fut aussi le chemin du peuple de Dieu à travers la terre qu’il devait traverser pour atteindre le lieu où Dieu lui avait assigné de vivre. Il n’y a pas là seulement de la géographie : il y a les étapes d’un chemin spirituel, absolument importantes pour Dieu et absolument uniques dans leur qualité spirituelle, même si extérieurement elles peuvent ressembler à une simple énumération de campements nomades dans le désert.