Nahum, Chapitre 1
Prélude> 2 Psaume. La Colère de Yahvé., 9 Sentences prophétiques, à Juda et à Ninive.Nahum, Chapitre 2, vers 1
Prélude> 9 Sentences prophétiques, à Juda et à Ninive.Le livre de Nahum s’ouvre par un psaume sur la Colère de Yahvé contre les méchants et par des sentences prophétiques qui opposent le châtiment d’Assur et le salut de Juda, 1.2 – 2.3, mais le sujet principal, indiqué par le titre, est la ruine de Ninive, annoncée et décrite avec une puissance d’évocation qui fait de Nahum l’un des grands poètes d’Israël, 2.4 – 3.19. Il n’y a pas de raison de lui retirer le psaume et les oracles du début, qui forment une bonne introduction à ce terrible tableau.
On a soutenu, mais sans preuves suffisantes, que cette introduction (ou tout le livre) avait une origine cultuelle ou, au moins, avait été utilisée dans la liturgie du Temple.
La prophétie est un peu antérieure à la prise de Ninive en 612. On y sent frémir toute la passion d’Israël contre l’ennemi héréditaire, le peuple d’Assur, on y entend chanter les espérances qu’éveille sa chute. Mais, à travers ce nationalisme violent qui ne soupçonne pas encore l’Évangile ni même l’universalisme de la seconde partie d’Isaïe, s’exprime un idéal de justice et de foi : la ruine de Ninive est un jugement de Dieu, qui punit l’ennemi du plan divin, Na 1.11 ; 2.1, l’oppresseur d’Israël, Na 1.12-13, et de tous les peuples, Na 3.1-7.
Le livret de Nahum a dû alimenter les espoirs humains d’Israël aux environs de 612, mais la joie fut de courte durée et la ruine de Jérusalem suivit de peu celle de Ninive. Le sens du message s’élargit et s’approfondit alors et Isa 52.7 reprend l’image de Na 2.1 pour décrire l’avènement du salut. On a retrouvé à Qumrân les fragments d’un commentaire de Nahum, qui appliquait arbitrairement les dits du prophète aux ennemis de la communauté.

2 a) Ce psaume alphabétique, cf. Pr 31.10 (mais la série alphabétique est incomplète), développe le thème traditionnel de la colère de Yahvé (Nb 11.33 ; 2 S 6.7 ; 21.14 ; Ps 2.12 ; 60.3 ; 79.5 ; 110.5, etc.) et forme ainsi un prélude à l’oracle contre Ninive.
3 b) Les quatre derniers stiques, qui ne font pas partie de la série alphabétique, semblent être un commentaire ultérieur du v. 2a, en vue d’expliquer le sens de la colère divine.
4 c) « flétris » ’umlal hébr. ; on propose dalelû « ils sont abaissés » que supposent les versions et qui permettent de rétablir une strophe dalèt.
5 d) « dévastée » wattishsha’ versions ; « se soulève » wattissa’ hébr. — Pour décrire la colère de Dieu, le poète utilise à la fois les thèmes des cosmogonies antiques (la création, victoire divine sur les eaux, Jb 7.12), et ceux de l’histoire sainte (mer Rouge et Sinaï, Ps 114.3-8 ; Isa 51.10, etc.).
8 e) Allusion probable au déluge (Noé était, comme Nahum, un « consolateur », d’après Gn 5.29). La colère divine a un sens, vv. 7-8 elle n’est pas un déchaînement aveugle mais un jugement qui discerne les croyants des impies.
8 f) « ceux qui se dressent contre lui » grec ; « son emplacement » meqômâh (celui de Ninive ; relecture), hébr.
9 g) On pourrait aussi traduire « Quelle idée vous faites-vous de Yahvé ? », ou « Comme vous devez compter sur Yahvé ! ».
10 h) « Comme un fourré » keya`ar corr. ; « car jusqu’à » kî `ad hébr. « liserons entrelacés » corr. ; « comme des buveurs, bus » hébr. (confusion de deux racines sb’).
10 i) « N’est-ce pas » halo’ corr. ; « entièrement » male’ hébr. (mal coupé). — Il s’agit de Sennachérib, cf. 2 R 18-19.
Le livre de Nahum s’ouvre par un psaume sur la Colère de Yahvé contre les méchants et par des sentences prophétiques qui opposent le châtiment d’Assur et le salut de Juda, 1.2 – 2.3, mais le sujet principal, indiqué par le titre, est la ruine de Ninive, annoncée et décrite avec une puissance d’évocation qui fait de Nahum l’un des grands poètes d’Israël, 2.4 – 3.19. Il n’y a pas de raison de lui retirer le psaume et les oracles du début, qui forment une bonne introduction à ce terrible tableau.
On a soutenu, mais sans preuves suffisantes, que cette introduction (ou tout le livre) avait une origine cultuelle ou, au moins, avait été utilisée dans la liturgie du Temple.
La prophétie est un peu antérieure à la prise de Ninive en 612. On y sent frémir toute la passion d’Israël contre l’ennemi héréditaire, le peuple d’Assur, on y entend chanter les espérances qu’éveille sa chute. Mais, à travers ce nationalisme violent qui ne soupçonne pas encore l’Évangile ni même l’universalisme de la seconde partie d’Isaïe, s’exprime un idéal de justice et de foi : la ruine de Ninive est un jugement de Dieu, qui punit l’ennemi du plan divin, Na 1.11 ; 2.1, l’oppresseur d’Israël, Na 1.12-13, et de tous les peuples, Na 3.1-7.
Le livret de Nahum a dû alimenter les espoirs humains d’Israël aux environs de 612, mais la joie fut de courte durée et la ruine de Jérusalem suivit de peu celle de Ninive. Le sens du message s’élargit et s’approfondit alors et Isa 52.7 reprend l’image de Na 2.1 pour décrire l’avènement du salut. On a retrouvé à Qumrân les fragments d’un commentaire de Nahum, qui appliquait arbitrairement les dits du prophète aux ennemis de la communauté.