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La réflexion principale pour le 14 mai 2026

En parlant de la vie chrétienne et des chrétiens, Pierre compare le Sauveur à un surveillant ou à un gardien qui veille à la sécurité de ceux qui lui sont confiés. On peut certes traduire le mot grec correspondant autrement, de façon plus « élevée », mais son sens premier est bien celui-ci: gardien, surveillant, sentinelle. Cependant, aux temps évangéliques, il avait encore un autre sens.

À cette époque, il existait chez les Juifs des fraternités religieuses d'un type particulier, dont les membres se réunissaient régulièrement pour des repas communs, généralement liés à telle ou telle fête; les plus fréquents étaient les repas du sabbat, célébré chaque semaine. Dans ces fraternités, il y avait des serviteurs particuliers qui présidaient les assemblées, appelés en grec diacres, et des administrateurs spéciaux chargés d'organiser la réunion et de maintenir l'ordre pendant la rencontre. C'était particulièrement important lorsque la fraternité était nombreuse; ces serviteurs étaient appelés en grec évêques, c'est-à-dire surveillants.

C'est précisément par ce mot que Pierre nomme Jésus dans son épître. À première vue, une telle désignation peut paraître étrange. En effet, dans la terminologie de cette époque, il aurait été plus logique d'appeler le Sauveur diacre, serviteur, chef de la communauté fraternelle, et l'Église primitive avait effectivement, par sa forme, le caractère d'une fraternité religieuse. C'était le serviteur-diacre qui présidait l'assemblée, rompait le pain et disait la prière de bénédiction sur le pain et le vin.

Mais l'évêque avait, entre autres, une autre obligation: il devait se souvenir de tous les membres de la fraternité par leur nom et prendre soin d'eux. Si, par exemple, l'un des frères ne paraissait pas à l'assemblée pendant assez longtemps, généralement un mois, c'était l'évêque qui devait en découvrir la raison. Et s'il s'avérait que cette personne était malade, par exemple, ou qu'elle avait d'autres problèmes, l'évêque devait organiser l'aide que la fraternité pouvait lui apporter. L'évêque devait avoir en vue non seulement les problèmes de la fraternité dans son ensemble, mais aussi ceux de chaque personne en particulier, en prenant soin des personnes concrètes qui avaient besoin d'aide.

En appelant le Sauveur évêque, Pierre veut manifestement souligner ce dont Jésus lui-même a souvent parlé en caractérisant le sens de son ministère: chacun de ceux qui peuvent être sauvés lui importe, chaque personne en particulier avec tous ses problèmes. Car dans le Royaume il n'y a ni masses ni collectivités, mais des personnes concrètes qui aiment le Christ et sont aimées de lui.

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