L'une des interdictions les plus importantes de l'Ancien Testament, que nous trouvons déjà dans l'alliance « après le déluge » avec Noé, est l'interdiction de consommer le sang. Là comme dans la lecture d'aujourd'hui, il est souligné que la raison de cette interdiction tient à ceci: dans le sang de l'animal se trouve sa vie, son âme. Le sang, comme nous le savons, joue effectivement un rôle essentiel et irremplaçable dans le fonctionnement de l'organisme; sa maladie ou sa perte équivaut à la perte de la vie.
Ainsi, aujourd'hui, il n'est pas seulement question d'un quelconque tabou rituel, mais de l'affirmation par Dieu de son pouvoir indivis sur la vie et la mort. En effet, puisqu'il est le Créateur et la source de la vie, il en est aussi le maître. Lui seul peut permettre à l'homme de tuer des animaux pour se nourrir, bien qu'il n'en ait pas été ainsi à l'origine, de même qu'il interdit le meurtre de l'homme.
Cependant, chaque jour, des hommes tuent tout à fait légalement des milliers de leurs semblables, dans les avortements, les exécutions, les guerres, et, en substance, boivent devant le Seigneur des fleuves de sang humain. Ce commandement est assimilé par l'humanité avec une extrême difficulté: quand comprendrons-nous tous que nous n'avons pas le droit de tuer?
