Poursuivant son propos sur le Christ comme Grand Prêtre, l'auteur de l'épître parle des relations entre lui et les fidèles comme de l'essence de ce que les prophètes d'Israël appelaient la nouvelle alliance. En effet: l'essence de toute union-alliance consiste...
Poursuivant son propos sur le Christ comme Grand Prêtre, l'auteur de l'épître parle des relations entre lui et les fidèles comme de l'essence de ce que les prophètes d'Israël appelaient la nouvelle alliance. En effet: l'essence de toute union-alliance consiste, en fin de compte, dans la sanctification de l'homme par Dieu, dans l'action que Dieu exerce sur l'homme en changeant sa vie spirituelle, et parfois même sa nature. Et la nouvelle union, cette nouvelle alliance même dont Jérémie a parlé le premier, supposait non seulement la Torah écrite dans le coeur, mais aussi une mesure de Présence dans la vie d'une personne et du peuple de Dieu telle qu'il n'y en avait jamais eu auparavant.
C'est cette plénitude de la Présence qui était liée à la personne du Sauveur, et c'est pourquoi l'auteur de l'épître l'appelle Grand Prêtre avec une majuscule. Mais aucune mesure de Présence, fût-elle absolue, ne garantit à l'homme le salut, la purification, la sanctification ni quoi que ce soit d'autre. L'homme est libre, et tout se détermine en fin de compte précisément par son choix.
L'auteur de l'épître rappelle que le péché commis consciemment est irréparable en ce sens qu'il est impossible de se débarrasser de ses conséquences. Il en a toujours été ainsi, et même les sacrifices de purification yahvistes étaient ici impuissants, bien que la présence de Dieu auprès des autels yahvistes fût une réalité indubitable. La venue du Christ change qualitativement la situation à cet égard: désormais on peut être délivré même des conséquences de péchés autrefois commis consciemment, parce qu'en se confiant au Christ, l'homme ne reste plus seul devant Dieu avec ses péchés.
Désormais le Christ lui-même est prêt à aider l'homme à régler les conséquences de ses péchés, pourvu seulement que l'homme se repente de ce qu'il a commis et fasse confiance à son Sauveur. Mais si quelqu'un, devenu chrétien, estime possible pour lui de pécher consciemment, cela équivaut à l'apostasie et au reniement du Christ, comme l'auteur de l'épître le rappelle à ses lecteurs.
Alors revenir en arrière devient très, très difficile: en péchant consciemment et de son plein gré, l'homme s'oppose en fait à son Sauveur. Celui-ci fait tout pour délivrer l'homme de la puissance du péché, tandis que l'homme, de son côté, se livre au pouvoir du péché, et cela en pleine conscience. Une telle vie dresse un mur entre l'homme et le Christ, même si auparavant cette même personne s'était tournée vers le Christ avec une parfaite sincérité et était devenue son disciple. Voilà ces choses fondamentales pour la vie chrétienne que l'auteur de l'épître rappelle à ses lecteurs.