Paul s’adresse aux frères corinthiens avec une demande en son nom et au nom de ses compagnons: faites-nous place. Par là il poursuit son propos sur les cœurs étroits et larges, appelant ceux à qui il écrit à élargir leurs cœurs.
L’apôtre dit: si je me réjouis, ce n’est pas d’avoir attristé certains d’entre vous, mais de ce que nos relations demeurent inébranlables; car elles sont enracinées plus profondément que les réactions émotionnelles, qui sont tout à fait naturelles mais ne touchent pas la véritable profondeur spirituelle, celle-là même que Paul, suivant l’usage traditionnel du mot, appelle le cœur. Et il s’adresse d’abord à cette profondeur spirituelle, au vrai «moi» de l’homme, à l’homme en tant que tel, et non à ses enveloppes extérieures ou à ses états passagers. Il ne s’agit pas seulement du désir d’être compris et accueilli.
Il s’agit du fait que les relations authentiques entre les personnes sont en elles-mêmes un critère d’authenticité, de l’authenticité de la vie spirituelle et de la vie en général. En recevant l’expérience de véritables relations spirituelles, l’homme apprend la vie spirituelle elle-même, il apprend à distinguer le réel de ce qui n’est qu’ajouté. Il apprend, pour parler le langage de Paul, à élargir son cœur. Voilà ce qui importe à l’apôtre: il veut que sa venue et son activité à Corinthe contribuent non pas à démontrer qu’il a raison, car Paul n’a pas besoin de s’affirmer, mais à la formation spirituelle de ses frères corinthiens.
S’ils pouvaient maintenant faire le premier pas, accueillir l’apôtre tel qu’il est venu à eux, afin que la forme sous laquelle Paul s’adresse à eux ne les empêche pas de percevoir le sens de ce que l’apôtre veut leur dire, ils élargiraient leurs cœurs. Ils recevraient une nouvelle expérience de la véritable vie spirituelle. Ils se rapprocheraient du Royaume. Ils feraient donc encore un pas sur leur chemin chrétien. Un pas vers le salut.
