La parabole de la vigne, racontée pour la première fois par le prophète Isaïe, devient dans la bouche du Seigneur Jésus le bilan de toute l'histoire sainte. Le Seigneur fait clairement comprendre que toute l'histoire des tentatives du Tout-Puissant pour annoncer à l'homme sa volonté et sa vérité a été une histoire de résistance. Les envoyés par lesquels Dieu s'adresse aux hommes, on les a tantôt battus, tantôt tués. Dans cette série, le Seigneur parle aussi du dernier Envoyé: de lui-même, qui, selon la parole des prophètes, est venu dans le monde pour ouvrir aux hommes la possibilité du salut, une possibilité qui n'existait pas auparavant et qui n'existe pas hors du Christ.
Les paroles amères du Christ dénoncent les chefs religieux, qui se sont constamment opposés à l'action salvatrice du Créateur au nom d'intérêts personnels tout à fait bas; et ici, nous aussi, nous avons matière à réfléchir. Car il ne s'agit pas de païens qui sont « obscurcis dans leur intelligence, étrangers à la vie de Dieu, à cause de l'ignorance qui est en eux et de l'endurcissement de leur cœur », comme l'écrit l'apôtre Paul dans le passage d'aujourd'hui de l'Épître aux Éphésiens; il ne s'agit même pas seulement des grands prêtres, des théologiens et des ascètes, comme on pourrait traduire à notre manière « les grands prêtres, les scribes et les pharisiens »: les mauvais ouvriers de la vigne de Dieu sont tous ceux que Dieu a appelés, tous ceux qui ont accepté la responsabilité d'être son peuple.
C'est pourquoi les paroles de l'apôtre aujourd'hui sont si importantes, lorsqu'il nous appelle à « être renouvelés par l'esprit de notre intelligence », afin de ne pas devenir nous aussi de tels ouvriers inutiles.
