Bien sûr, Job n’a rien à répondre à Éliphaz au sujet de ce qui a été dit. Mais il comprend parfaitement...
Bien sûr, Job n’a rien à répondre à Éliphaz au sujet de ce qui a été dit. Mais il comprend parfaitement que les paroles de son ami, dans ce cas, manquent leur but (v. 26 – 30). Car Job ne voulait nullement nier ces vérités évidentes de la religion qu’il connaissait aussi bien qu’Éliphaz, ou que n’importe lequel de ses autres amis. Job ne discute pas avec Éliphaz et ne lui oppose pas d’objection. Il dit: combien de temps puis-je encore endurer, et que puis-je espérer (v. 11 – 13)? Car le pire est arrivé: sur le juste s’est abattu ce qu’il ne mérite absolument pas, et l’homme ne peut rien y faire, car Dieu ne lui explique rien; Il frappe seulement coup sur coup, et les forces de l’homme ne sont pas sans limites (v. 2 – 4).
Job a toujours craint par-dessus tout le péché et l’impureté; et voilà qu’il est atteint d’une maladie qui rend l’homme impur, une maladie dont on savait qu’elle était envoyée par Dieu aux pécheurs les plus terribles comme châtiment de leurs péchés, et maintenant Dieu contraint Job à vivre précisément dans une telle impureté, comme le plus terrible des pécheurs (v. 5 – 7). Mieux vaudrait qu’Il donne à Job la possibilité de mourir: la mort est le lot de chacun, il n’y a pas de péché en elle, et la mort du juste est aussi pure devant Dieu que sa vie. Mais la mort ne vient pas, et l’on ne voit pas la fin de cette vie passée dans l’impureté (v. 8 – 10).
Job, manifestement, ne redoute pas la mort, mais la vie dont il ne voit ni le sens ni le but, et le châtiment dont il ne comprend pas la cause. Dans une telle situation, ses amis auraient vraiment mieux fait de se taire et d’être simplement près de celui qui souffre, sans essayer de le «ramener à la raison» par des vérités toutes faites et des généralités (v. 14 – 20). Mais ils ne peuvent pas se taire, et Job lui-même leur indique pourquoi: ils ont peur (v. 21). Il ne s’agit évidemment pas de la peur de la lèpre; autrement, les amis de Job ne seraient guère venus le voir, et ils n’auraient certainement pas passé toute une semaine à ses côtés. Ce qui effraie les amis de Job, c’est ce qu’il dit. Les paroles de Job ne rentrent pas dans les cadres de la religiosité traditionnelle, et ses amis tentent de le «raisonner», c’est-à-dire, au fond, de le faire rentrer dans ces anciens cadres devenus trop étroits pour celui qui souffre. Mais Job reste ferme dans ce qu’il dit; il est convaincu d’avoir raison (v. 24, 29).