L'évangéliste Jean parle ici de l'essence de ce dont il est devenu témoin: la vie terrestre de Jésus Christ. En regardant en arrière, soixante ans après les événements décrits, il voit et nomme l'essentiel: le Logos prééternel, Celui en qui se trouve tout le sens de l'univers, tout le dessein sur la création, Celui qui est Dieu, s'est incarné, a abaissé sa vie jusqu'à la vie humaine et a habité sur la terre, en communion avec Jean et les autres contemporains. Ici, dans notre monde, est descendue la plénitude de la grâce et de la vérité; elle est devenue visible, audible, tangible, montrant à tous que la chair humaine peut contenir la présence de Dieu, peut être pure du péché, peut être élevée à la vie éternelle. Le mot même de « gloire », « gloire de Dieu », signifie la manifestation visible et connaissable du Dieu invisible et incompréhensible, non pas seulement un symbole, mais le fait de sa présence agissante. Et l'apôtre Jean témoigne de cette manifestation de Dieu lui-même dans la personne, l'hypostase selon la terminologie patristique, du Fils unique: Fils de Dieu et Fils de l'Homme, Jésus Christ.
Deux questions surgissent ici. La première: croyons-nous à ce témoignage? Ce n'est pas si facile: nous sommes habitués au fait que l'on nous prouve tout, nous contraignant ainsi à être d'accord; ici, il n'y a et ne peut y avoir aucune preuve, aucune contrainte. Il faut prendre sa propre décision, absolument libre...
Et la deuxième question: même si tout cela a eu lieu, cela a-t-il un rapport quelconque avec ma vie? Si l'on y réfléchit, tout cela nous révèle à quelle hauteur peut atteindre la vie humaine, combien elle peut être remplie de sens et de justice. Bien plus: s'il y a une présence de Dieu dans ce monde, on peut y entrer; et si Dieu a pu entrer dans un corps humain, il peut entrer aussi en nous. Ainsi, une union dans les deux sens entre notre vie et la vie de Dieu, la vie éternelle, est possible! C'est assez considérable, n'est-ce pas?
