Bible-Centre

La réflexion principale pour le 10 décembre 2024

L'image du maître dur qui «prend ce qu'il n'a pas déposé et moissonne ce qu'il n'a pas semé» peut paraître un peu étrange. En effet, selon le sens général de la parabole, il s'agit non d'un homme, mais de Dieu. Mais chacun voit Dieu à sa manière, d'ordinaire selon son propre état spirituel.

En effet, même si l'on se limite au texte de la parabole et que l'on garde à l'esprit l'image du maître que nous y voyons, il est difficile de parler de lui comme d'un homme avide et dur. Certes, en laissant à ses serviteurs une certaine somme, il espère à son retour un revenu correspondant, mais telle est l'essence de l'argent: il doit être en circulation, sinon la possession même d'une somme quelque peu importante perd tout sens.

Il y a ici un risque, bien sûr, mais le maître ne s'oppose pas à ce que ceux à qui il a confié son argent prennent des risques. On ne sait pas quelle aurait été sa réaction à des pertes causées par un placement malheureux, mais sa réaction au refus de mettre en circulation les sommes confiées est décrite très clairement dans la parabole. Et, comme dans toute parabole, l'argent mis en circulation symbolise ici quelque chose qui se rapporte à la vie spirituelle. Il faut même parler non de l'argent en tant que tel, mais précisément de la disponibilité à le mettre en circulation. De cette dynamique sans laquelle l'argent cesse d'avoir un sens.

Dieu donne la vie à l'homme pour qu'elle existe dans une dynamique constante. La vie, dans toutes ses manifestations, des plus hautes et spirituelles aux plus ordinaires et naturelles, ne peut exister que dans la dynamique. Seules l'ouverture de l'homme au monde et la confiance en Dieu peuvent rendre cette dynamique réelle. Le serviteur qui a préféré cacher l'argent n'avait ni l'une ni l'autre. Il était certain que le maître lui donnait l'argent pour avoir ensuite la possibilité de lui demander des comptes et de reprendre ce qui était à lui. Il ne lui venait même pas à l'esprit que l'argent du maître pouvait être utile à lui-même et à son maître.

Il était certain qu'on ne pouvait rien attendre de bon du maître. Et il reçut selon ses attentes. Dieu donne à l'homme la vie non pour trouver une occasion de lui faire un reproche ou de le punir une fois de plus, mais pour que cette vie grandisse en lui jusqu'à la plénitude que l'homme peut contenir. Mais si l'homme voit dans le don de Dieu un piège, il se retrouvera dans un piège. Et ce n'est pas Dieu qui y pousse l'homme. L'homme entre lui-même dans son piège. Par son propre choix.

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