À première vue, ce que Pierre dit au sanhédrin n'est qu'une dénonciation, rien de plus. Il leur déclare ouvertement qu'ils ont commis la plus grande erreur de leur vie : ils ont crucifié Celui que, en principe, ils attendaient de toute leur âme, le Messie. « Leurs oeuvres étaient mauvaises », et c'est pourquoi ils sont « déjà jugés » (voir Jn 3:18-19)... Et il est très facile, humainement, de comprendre de telles accusations lancées par les apôtres contre les grands prêtres qui ont tué leur Maître. Nous aurions sûrement dit des choses encore plus dures.
Pourtant, il y a ici quelque chose de plus. Les apôtres ne disent pas cela d'eux-mêmes. Au verset 8 sont écrits des mots très importants : « rempli de l'Esprit Saint ». Cette réponse de Pierre au sanhédrin est moins une accusation qu'un témoignage et une prédication. Une véritable annonce de l'Évangile. Une prédication qui n'hésite pas à indiquer la nécessité du repentir. Un témoignage qui donne aux hommes la chance de choisir la lumière (voir Jn 3:19).
D'ailleurs, le témoignage de Pierre est celui de l'homme à qui une seconde chance avait lui-même été donnée... En s'adressant aux grands prêtres, les apôtres, pour parler notre langue, ne « font pas une croix sur eux ». Sinon, pourquoi prêcher ? Ils ne répètent pas l'erreur du prophète Jonas (voir Jon 4) ; ils savent déjà que Dieu ne veut pas « juger le monde, mais que le monde soit sauvé » (Jn 3:17).
