Dans les chapitres précédents, nous avons été témoins de la délivrance miraculeuse des Juifs de la main de leurs ennemis, alors que les circonstances prenaient une tournure étonnante et inattendue. Mais dans le dernier chapitre du livre, la dure réalité historique passe au premier plan. À peine délivrés, les Juifs défendent les armes à la main leur droit à l’existence et deviennent eux-mêmes les destructeurs d’un très grand nombre de personnes. Le tableau peint par l’auteur du Livre d’Esther est peu attrayant ; même le fait que le livre soit écrit dans le genre de la parabole n’atténue pas cette impression. On voit aussitôt combien l’Ancienne Alliance diffère de la Nouvelle. Pour l’homme de l’Ancien Testament, ce qui arrive est naturel et compréhensible : s’il doit y avoir victoire, elle doit nécessairement être remportée par la violence armée. Et si nous nous regardons nous-mêmes, il devient évident que l’humanité moderne ne s’est guère éloignée du mode de vie de l’Ancien Testament.
