Les événements racontés dans le livre d’Esther connaissent un retournement remarquable et tout à fait inattendu. Aman, dignitaire de la cour, décrit en détail au roi les honneurs qu’il faut rendre à un homme méritant, s’attendant à recevoir lui-même ces honneurs. Mais le roi ordonne de les rendre à Mardochée, celui-là même contre qui la haine d’Aman s’était enflammée. « L’ironie du sort », dirions-nous. Les proches d’Aman parlent autrement : tu ne l’emporteras pas sur Mardochée, car il est Juif et le Dieu vivant est avec lui. Ce qui s’est produit est donc ironique, mais ce n’est pas l’ironie d’un destin impersonnel : c’est celle du Dieu Tout-Puissant. On voit ici apparaître l’une des idées essentielles de tout le livre : l’intervention de Dieu dans la vie des hommes, incompréhensible pour eux et souvent même imperceptible.
