Bible-Centre

Lecture en trois ans pour le 24 juillet 2024

Grec / Septante (gr)

ΕΚΚΛΗΣΙΑΣΤΗΣ, κεφαλίς 3

1 τοι̃ς πα̃σιν χρόνος καὶ καιρὸς τω̨̃ παντὶ πράγματι ὑπὸ τὸν οὐρανόν
2 καιρὸς του̃ τεκει̃ν καὶ καιρὸς του̃ ἀποθανει̃ν καιρὸς του̃ φυτευ̃σαι καὶ καιρὸς του̃ ἐκτι̃λαι πεφυτευμένον
3 καιρὸς του̃ ἀποκτει̃ναι καὶ καιρὸς του̃ ἰάσασθαι καιρὸς του̃ καθελει̃ν καὶ καιρὸς του̃ οἰκοδομη̃σαι
4 καιρὸς του̃ κλαυ̃σαι καὶ καιρὸς του̃ γελάσαι καιρὸς του̃ κόψασθαι καὶ καιρὸς του̃ ὀρχήσασθαι
5 καιρὸς του̃ βαλει̃ν λίθους καὶ καιρὸς του̃ συναγαγει̃ν λίθους καιρὸς του̃ περιλαβει̃ν καὶ καιρὸς του̃ μακρυνθη̃ναι ἀπὸ περιλήμψεως
6 καιρὸς του̃ ζητη̃σαι καὶ καιρὸς του̃ ἀπολέσαι καιρὸς του̃ φυλάξαι καὶ καιρὸς του̃ ἐκβαλει̃ν
7 καιρὸς του̃ ῥη̃ξαι καὶ καιρὸς του̃ ῥάψαι καιρὸς του̃ σιγα̃ν καὶ καιρὸς του̃ λαλει̃ν
8 καιρὸς του̃ φιλη̃σαι καὶ καιρὸς του̃ μιση̃σαι καιρὸς πολέμου καὶ καιρὸς εἰρήνης
9 τίς περισσεία του̃ ποιου̃ντος ἐν οἱ̃ς αὐτὸς μοχθει̃
10 εἰ̃δον σὺν τὸν περισπασμόν ὃν ἔδωκεν ὁ θεὸς τοι̃ς υἱοι̃ς του̃ ἀνθρώπου του̃ περισπα̃σθαι ἐν αὐτω̨̃
11 σὺν τὰ πάντα ἐποίησεν καλὰ ἐν καιρω̨̃ αὐτου̃ καί γε σὺν τὸν αἰω̃να ἔδωκεν ἐν καρδία̨ αὐτω̃ν ὅπως μὴ εὕρη̨ ὁ ἄνθρωπος τὸ ποίημα ὃ ἐποίησεν ὁ θεός ἀπ' ἀρχη̃ς καὶ μέχρι τέλους
12 ἔγνων ὅτι οὐκ ἔστιν ἀγαθὸν ἐν αὐτοι̃ς εἰ μὴ του̃ εὐφρανθη̃ναι καὶ του̃ ποιει̃ν ἀγαθὸν ἐν ζωη̨̃ αὐτου̃
13 καί γε πα̃ς ὁ ἄνθρωπος ὃς φάγεται καὶ πίεται καὶ ἴδη̨ ἀγαθὸν ἐν παντὶ μόχθω̨ αὐτου̃ δόμα θεου̃ ἐστιν
14 ἔγνων ὅτι πάντα ὅσα ἐποίησεν ὁ θεός αὐτὰ ἔσται εἰς τὸν αἰω̃να ἐπ' αὐτω̨̃ οὐκ ἔστιν προσθει̃ναι καὶ ἀπ' αὐτου̃ οὐκ ἔστιν ἀφελει̃ν καὶ ὁ θεὸς ἐποίησεν ἵνα φοβηθω̃σιν ἀπὸ προσώπου αὐτου̃
15 τὸ γενόμενον ἤδη ἐστίν καὶ ὅσα του̃ γίνεσθαι ἤδη γέγονεν καὶ ὁ θεὸς ζητήσει τὸν διωκόμενον
16 καὶ ἔτι εἰ̃δον ὑπὸ τὸν ἥλιον τόπον τη̃ς κρίσεως ἐκει̃ ὁ ἀσεβής καὶ τόπον του̃ δικαίου ἐκει̃ ὁ ἀσεβής
17 εἰ̃πα ἐγὼ ἐν καρδία̨ μου σὺν τὸν δίκαιον καὶ σὺν τὸν ἀσεβη̃ κρινει̃ ὁ θεός ὅτι καιρὸς τω̨̃ παντὶ πράγματι καὶ ἐπὶ παντὶ τω̨̃ ποιήματι
18 ἐκει̃ εἰ̃πα ἐγὼ ἐν καρδία̨ μου περὶ λαλια̃ς υἱω̃ν του̃ ἀνθρώπου ὅτι διακρινει̃ αὐτοὺς ὁ θεός καὶ του̃ δει̃ξαι ὅτι αὐτοὶ κτήνη εἰσὶν καί γε αὐτοι̃ς
19 ὅτι συνάντημα υἱω̃ν του̃ ἀνθρώπου καὶ συνάντημα του̃ κτήνους συνάντημα ἓν αὐτοι̃ς ὡς ὁ θάνατος τούτου οὕτως ὁ θάνατος τούτου καὶ πνευ̃μα ἓν τοι̃ς πα̃σιν καὶ τί ἐπερίσσευσεν ὁ ἄνθρωπος παρὰ τὸ κτη̃νος οὐδέν ὅτι τὰ πάντα ματαιότης
20 τὰ πάντα πορεύεται εἰς τόπον ἕνα τὰ πάντα ἐγένετο ἀπὸ του̃ χοός καὶ τὰ πάντα ἐπιστρέφει εἰς τὸν χου̃ν
21 καὶ τίς οἰ̃δεν πνευ̃μα υἱω̃ν του̃ ἀνθρώπου εἰ ἀναβαίνει αὐτὸ εἰς ἄνω καὶ πνευ̃μα του̃ κτήνους εἰ καταβαίνει αὐτὸ κάτω εἰς γη̃ν
22 καὶ εἰ̃δον ὅτι οὐκ ἔστιν ἀγαθὸν εἰ μὴ ὃ εὐφρανθήσεται ὁ ἄνθρωπος ἐν ποιήμασιν αὐτου̃ ὅτι αὐτὸ μερὶς αὐτου̃ ὅτι τίς ἄξει αὐτὸν του̃ ἰδει̃ν ἐν ὡ̨̃ ἐὰν γένηται μετ' αὐτόν
Pour que les textes en grec s’affichent correctement, il est préférable d’installer la police Lucida Sans Unicode. De même, pour les textes en slavon ancien, installez la police Hirmos. Si votre navigateur prend en charge CSS3, les polices s’afficheront automatiquement.
Notes:
Commentaire sur le fragment en cours
Commentaire sur le livre
Notes sur la partie

1 r) L’homme ne dispose pour agir que du moment présent et il ne peut faire qu’une seule chose en son temps. La moitié des occupations de l’homme est sinistre, la moitié de ses gestes, des gestes de deuil. La mort a déjà mis son empreinte sur la vie. Celle-ci est une suite d’actes décousus, vv. 1-8, sans but, vv. 9-13. Et Dieu réédite ce qui a déjà eu lieu (vv. 14-15) rien de nouveau (cf. Qo 1.9).


11 s) Ou « Dieu a mis dans leur cœur l’éternité », mais cette phrase n’a pas le sens qu’elle prendrait dans le vocabulaire chrétien. Elle veut dire seulement Dieu a donné au cœur (à la pensée) de l’homme l’ensemble de la durée, il lui a permis de réfléchir sur la suite des faits et de dominer le moment présent. Mais l’auteur ajoute que cet aperçu est décevant il ne révèle pas le sens de la vie. Cf. Dt 29.28.


12 t) « pour lui », litt. « pour eux » bâm. On propose « pour l’homme » bâ’adâm cf. Qo 2.24.


15 u) Littéralement « ce qui est chassé, ce qui a fui », c’est-à-dire le passé (cf. Si 5.3 hébreu). Le midrash Qohélet Rabba a compris « ce qui est poursuivi, persécuté ».


16 v) « là » shâmmâh (adverbe avec mouvement) peut se traduire « là-bas », et indiquer le Shéol, ce lieu unique où tout homme s’en va (v. 20).


17 w) Peut-être une addition du second éditeur (cf. 12.14), comme 11.9. La fin du v. 17 répète Qo 3.1.


18 x) Allitération dans l’hébr. eux-mêmes (hêmmâ), bêtes (behêmâ).


21 y) Les versions ont ici une double interrogation « Qui sait si le souffle des fils d’Adam monte vers le haut et si le souffle de la bête descend, lui, vers le bas, vers la terre ? » Ce doute suffit à donner toute son épouvante à la mort. Le souffle ne désigne pas l’âme immortelle, mais seulement le souffle vital. La vocalisation de l’hébreu a été retouchée ; le texte reçu est à rapprocher de Qo 12.7 « le souffle retourne à Dieu qui l’a donné », stique que certains considèrent comme une addition évoquant la vie future, ignorée par l’Ecclésiaste.


Ce petit livre s’intitule « Propos de Qohélet, fils de David, roi à Jérusalem ». Le mot « Qohélet », cf. Ec 12, 12 ; 7.27 ; 12.8-10, n’est pas un nom propre mais un nom commun employé parfois avec l’article ; bien que sa forme soit féminine, il se construit au masculin. D’après l’explication la plus vraisemblable, c’est un nom de fonction qui désigne celui qui parle dans l’assemblée (qahal, en grec ekklèsia, d’où les titres latin et français, transcrits de la Bible grecque), en somme le « Prédicateur ». Il est dit « fils de David et roi dans Jérusalem », cf. Ec 1.12, et, bien que le nom ne soit pas écrit, il est certainement identifié avec Salomon à qui le texte fait clairement allusion, Ec 1.16 (cf. 1 R 3.12 ; 5.10-11 ; 10.7) ou Ec 2.7-9 (cf. 1 R 3.13 ; 10.23). Mais cette attribution n’est qu’une fiction littéraire de l’auteur qui met ses réflexions sous le patronage du plus illustre des sages d’Israël. La langue du livre et sa doctrine, sur laquelle on va revenir, interdisent de le placer avant l’Exil. On a souvent contesté l’unité d’auteur et l’on a distingué deux, trois, quatre et jusqu’à huit mains différentes. Mais beaucoup d’incohérences s’expliquent si l’on discerne un certain nombre de citations faites par Qohélet et ensuite critiquées par lui. L’épilogue (Ec 12.9-14) est dû à deux mains distinctes : l’une (9-11) est celle d’un disciple fervent ; la seconde (12-14), d’un juif pieux qui exhorte à craindre Dieu et à observer ses commandements.

Comme en d’autres livres sapientiaux, ainsi Job et l’Ecclésiastique, pour ne rien dire des Proverbes qui sont composites, la pensée va et vient, elle se reprend et se corrige. Il n’y a pas de plan défini, mais ce sont des variations sur un thème unique, la vanité des choses humaines, qui est affirmé au début et à la fin du livre, Ec 1.2, 12.8. Tout est décevant : la science, la richesse, l’amour, la vie même. Celle-ci n’est qu’une suite d’actes décousus et sans portée, Ec 3.1-11, qui s’achève par la vieillesse, Ec 12.1-7, et par la mort, laquelle frappe également sages et fous, riches et pauvres, bêtes et hommes, Ec 3.14-20. Le problème de Qohélet est celui de Job : le bien et le mal ont-ils leur sanction ici-bas ? Et, comme la réponse de Job, celle de Qohélet est négative, car l’expérience contredit les solutions reçues, Ec 7.25-8.14. Seulement, Qohélet est un homme en bonne santé, il ne cherche pas comme Job les raisons de la souffrance, il constate l’inanité du bonheur et il se console en cueillant les joies modestes que peut donner l’existence, Ec 3.12-13 ; 8.15 ; 9.7-9. Disons plutôt qu’il cherche à se consoler, car il est d’un bout à l’autre insatisfait. Le mystère de l’au-delà le tourmente, sans qu’il entrevoie une solution au problème du Shéol, Ec 3.21 ; 9.10 ; 12.7. Mais Qohélet est un croyant et, s’il est déconcerté par le tour que Dieu donne aux affaires humaines, il affirme que Dieu n’a pas de comptes à rendre, Ec 3.11, 14 ; 7.13, qu’on doit accepter de sa main les épreuves comme les joies, Ec 7.14 (cf. 1 S 2.6 ; Jb 2.10). À Qohélet comme à Job, la réponse ne peut être donnée que par l’affirmation d’une sanction d’outre-tombe.

Le livre a le caractère d’une œuvre de transition. Les assurances traditionnelles sont ébranlées mais rien de ferme ne les remplace encore. Dans ce tournant de la pensée hébraïque, on a cherché à discerner des influences étrangères qui se seraient exercées sur Qohélet. Il faut écarter les rapprochements souvent proposés avec les courants philosophiques du stoïcisme, de l’épicurisme et du cynisme, que Qohélet aurait pu connaître par l’intermédiaire de l’Égypte hellénisée ; aucun de ces rapprochements n’est décisif et la mentalité de l’auteur est très éloignée de celle des philosophes grecs. On a établi des parallèles, en apparence plus valables, avec des compositions égyptiennes comme le Dialogue du Désespéré avec son âme ou les Chants du Harpiste et, plus récemment, avec la littérature mésopotamienne de sagesse et avec l’Épopée de Gilgamesh où figure déjà le proverbe « le fil triple ne rompt pas » (cf. Ec 4.1), ainsi que l’exhortation au Carpe Diem (cf. Ec 9.7ss.). Mais on ne peut démontrer l’influence directe d’aucune de ces œuvres. Les rencontres se font sur des thèmes qui sont parfois très anciens et qui étaient devenus le bien commun de la sagesse orientale. C’est sur cet héritage du passé que Qohélet a exercé sa réflexion personnelle, comme le dit son éditeur, Ec 12.9.

Qohélet est un Juif de Palestine, probablement de Jérusalem même. Il écrit un hébreu tardif, semé d’aramaïsmes, et il emploie deux mots perses (pardes, Ec 2.5 ; pitgam, Ec 8.11). Cela suppose une date assez postérieure à l’Exil, mais antérieure au début du IIe siècle av. J.-C., où Ben Sira a utilisé le livret ; de fait, la paléographie situe aux environs de 150 av. J.-C. des fragments de Qo trouvés dans les grottes de Qumrân. Le IIIe siècle est donc la date de composition la plus vraisemblable. C’est le temps où la Palestine, soumise aux Ptolémées, est atteinte par le courant humaniste et ne connaît pas encore le sursaut de foi et d’espérance de l’époque des Maccabées.

Le livre ne marque qu’un moment dans le développement religieux et il ne faut pas le juger en le détachant de ce qui l’a précédé et de ce qui le suivra. En soulignant l’insuffisance des conceptions anciennes et en forçant les esprits à affronter les énigmes humaines, il appelle une révélation plus haute. Il donne une leçon de détachement des biens terrestres et, en niant le bonheur des riches, il prépare le monde à entendre que « bienheureux sont les pauvres », Lc 6.20.

Réduire

Pour que les textes en grec s’affichent correctement, il est préférable d’installer la police Lucida Sans Unicode. De même, pour les textes en slavon ancien, installez la police Hirmos. Si votre navigateur prend en charge CSS3, les polices s’afficheront automatiquement.

Après votre inscription, vous pourrez vous abonner à l’envoi des textes de n’importe quel plan de lecture de la Bible.

Nous prévoyons d’ajouter progressivement des paramètres personnalisés ainsi que d’autres services pour les utilisateurs inscrits. Nous vous conseillons donc de vous inscrire dès maintenant. C’est gratuit.