Paul a tout de même, semble-t-il, consulté les autres apôtres au sujet de son ministère (v. 1–2). À en juger par le fait que la question portait sur la circoncision, Paul la soumit à l'Église afin qu'elle n'introduise pas dans les Églises de divisions ni de ruptures (v. 3–5). Mais pour Paul lui-même, il ne s'agissait pas tant d'une autorisation de prêcher ce qu'il prêchait sur la religion en général et sur la circoncision en particulier, que du témoignage de l'Église elle-même, qui était pour lui aussi indiscutable que tout autre témoignage. Il n'attend des hommes aucune confirmation de l'authenticité spirituelle de son ministère, même si ces hommes sont les apôtres eux-mêmes (v. 6). Mais les apôtres, semble-t-il, confirmèrent l'authenticité du ministère de Paul (v. 7–10).
Ici, l'apôtre nous révèle un principe très important de la vie spirituelle et du ministère spirituel : son caractère unique et irrépétable. C'est pourquoi l'évaluation du ministère d'autrui est une affaire loin d'être simple. Toute révélation est toujours irrépétable et n'est pleinement compréhensible que pour celui à qui elle est destinée. Pour en évaluer l'authenticité, il faut savoir voir la révélation d'autrui avec les yeux de celui à qui elle a été donnée, et cela est loin d'être simple. Il en va autrement lorsqu'un homme ne vit pas de sa propre révélation, mais des idées et opinions d'autrui, au sujet desquelles il lui semble qu'elles sont les siennes. Là, tout est beaucoup plus univoque. C'est pourquoi Paul évalue assez sévèrement les tentatives des chrétiens de Galatie de suivre des prédicateurs qui s'appuient non sur l'expérience de la révélation, mais sur leurs constructions humaines. Il ne faut pas empêcher l'homme de faire l'œuvre de Dieu. Mais on peut et l'on doit l'avertir lorsqu'il tente de remplacer l'œuvre de Dieu par des œuvres humaines.
