Paul considère que la tâche principale du chrétien est un changement qualitatif de sa vie spirituelle. Dans cet appel lui-même, bien sûr, il n’y a rien de nouveau : le chemin de la justice a toujours supposé un tel changement. Mais désormais ce changement s’accomplit avec...
Paul considère que la tâche principale du chrétien est un changement qualitatif de sa vie spirituelle. Dans cet appel lui-même, bien sûr, il n’y a rien de nouveau : le chemin de la justice a toujours supposé un tel changement. Mais désormais ce changement s’accomplit dans une confiance totale au Christ et avec Sa participation directe. La vie chrétienne est la vie du Royaume et la vie dans le Royaume, impensable sans une communion quotidienne directe avec le Christ comme avec son Roi.
C’est précisément dans ce contexte que l’apôtre parle de « l’homme intérieur », développant en quelque sorte le thème de la Torah intérieure, notion parfaitement connue à son époque de tout Juif qui prenait un tant soit peu au sérieux la vie spirituelle. Mais la Torah intérieure signifiait d’abord la présence, chez l’homme, d’un impératif spirituel et moral intérieur qui déterminait toute sa vie et qui, à son tour, était déterminé par la présence intérieure de Dieu et par la volonté de Dieu, que l’homme percevait comme une partie de son espace spirituel et comme un élément inséparable de sa vie spirituelle.
La Torah intérieure supposait une dynamique bien déterminée, liée à la dualité de l’homme déchu, de sorte que l’impératif intérieur exigeait de lui quelque chose d’autre, et souvent l’opposé de sa propre nature. L’apparition de « l’homme intérieur » signifiait que la nature humaine elle-même commence à changer. Elle n’est plus seulement une matière brute qu’il faut travailler par des influences spirituelles ciblées ; on a déjà réussi à en construire quelque chose d’assez apte, dans une certaine mesure, à la vie dans le Royaume.
Bien sûr, le processus est encore loin d’être achevé ; la pleine transfiguration est encore lointaine. Mais le fondement d’une humanité nouvelle, transfigurée, est déjà posé, et il repose sur la présence du Christ, qui a « habité » dans le cœur de ceux qui se sont confiés à Lui. Tout le travail spirituel ultérieur se déroulera désormais avec Sa participation directe, jusqu’au moment du triomphe complet du Royaume et de la transfiguration complète de la nature humaine.