Historiens, sociologues, psychologues et économistes ont toujours essayé de comprendre ce qui meut l’histoire, ce qui dirige le processus historique et comment. La Bible parle de Dieu et de la providence de Dieu comme de la principale force agissante de l’histoire. Et l’homme? Peut-il participer à l’histoire, et comment? Il semblerait que les grands hommes répondent à cette question, car c’est précisément d’eux qu’on dit d’ordinaire qu’ils «font l’histoire». Pourtant, il serait sans doute plus exact de dire que c’est l’histoire qui les fait: au fond, tous les grands hommes sont devenus grands non parce qu’ils possédaient des qualités exceptionnelles, même si ces qualités pouvaient les aider à devenir grands, ou ne pas les aider, mais plutôt, d’un point de vue humain ordinaire, par hasard. Il ne suffit pas de posséder les propriétés et les dispositions d’un grand homme, ni même la volonté de vaincre et la détermination; il faut encore se trouver au bon endroit au bon moment et, en plus, rester en vie pour devenir un grand homme au sens humain habituel du terme. L’histoire porte ses grands hommes, manifestant à travers eux la puissance et l’ampleur des processus historiques. Mais manifester et révéler ne signifie pas encore diriger. Pour faire l’histoire, il faut devenir partie de la providence de Dieu. Il semblerait que l’homme ne dépende pas de grand-chose ici: après tout, Dieu choisit Lui-même ceux dont Il a besoin pour résoudre Ses tâches. Mais il y a une condition indispensable, sans laquelle aucune participation à l’œuvre de Dieu n’est possible en principe: le repentir. Un repentir tel que celui du personnage principal du livre de Daniel. Non pas celui dont nous parlons souvent aujourd’hui, comme d’une autocritique en cellule ou publique, individuelle ou même collective, où il n’y a d’ordinaire rien d’autre que des émotions passagères, mais un vrai repentir, qui suppose d’abord la réflexion et la conscience de ce qui a été fait et qui, une fois fait, nous a séparés de Dieu. En effet, agir avec Dieu signifie agir consciemment, non en supposant, mais en sachant exactement ce que Dieu veut de nous ici et maintenant, dans la situation concrète où nous nous trouvons. Le péché empêche cette clarté, et le repentir suppose que nous examinions ce qui nous entrave et d’où cela vient. Ce n’est qu’après cela qu’on peut parler d’une quelconque possibilité de participation consciente à l’histoire. Bien sûr, l’échelle de cette participation varie, mais quiconque agit consciemment avec Dieu selon Son plan participe à l’histoire. Quel rôle la prière de Daniel a joué dans la libération du peuple de l’exil, Dieu seul le sait. Une chose est claire: il n’était pas un jouet de l’histoire, mais un homme de Dieu. Et pour cette raison, il faisait l’histoire. |
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