Le prophète Malachie prononce des paroles terribles... Et ce qui est particulièrement terrible, c'est qu'elles ne s'adressent pas à des prêtres juifs assez abstraits pour nous, qui ont vécu il y a bien des centaines d'années, mais personnellement à chacun de nous. Nos bénédictions, nos prières sont maudites si elles ne viennent pas du cœur ! Aucune mécanique n'aide.
Le prophète Malachie prononce des paroles terribles... Et ce qui est particulièrement terrible, c'est qu'elles ne s'adressent pas à des prêtres juifs assez abstraits pour nous, qui ont vécu il y a bien des centaines d'années, mais personnellement à chacun de nous. Nos bénédictions, nos prières sont maudites si elles ne viennent pas du cœur ! Aucune mécanique n'aide. Quel que soit le nombre de beaux actes pieux que nous accomplissions, ils sont tous dépourvus de sens si le cœur n'y participe pas. Et il n'y a pas de recette, pas davantage de moyen mécanique de se réconcilier avec Dieu par le cœur. Seule la sincérité, seul l'amour véritable. Et Lui seul, Celui qui connaît les cœurs, qui connaît chacun de nous par son nom, pourra allumer dans le cœur le feu de l'amour... si nous le voulons et l'accueillons.
2 e) « votre bénédiction » grec, cf. la suite du v. ; « vos bénédictions » hébr. — Il s’agit, au sens concret, des biens matériels départis aux lévites.
3 f) « briser le bras » godea` hazzeroa` grec ; « réprimander votre semence » go`er hazzera` hébr.
11 g) Les fautes du peuple souillent le Temple.
11 h) « Juda », d’abord pris collectivement, est maintenant pris au sens distributif celui qui fait partie de Juda épouse la « fille » d’un dieu étranger, une idolâtre.
12 i) « protecteur » et « répondant » sens incertain. On propose de lire `ed « témoin » (d’après un ms et grec) au lieu de `er hébr.
Le livre dit de « Malachie » était probablement anonyme, car ce nom signifie « mon messager » et paraît être tiré de 3.1. Il se compose de six morceaux bâtis sur le même type : Yahvé, ou son prophète, lance une affirmation, qui est discutée par le peuple ou par les prêtres et qui est développée dans un discours où voisinent menaces et promesses de salut. Il y a deux grands thèmes : les fautes cultuelles des prêtres et aussi des fidèles, 1.6–2.9 et 3.6-12, le scandale des mariages mixtes et des divorces, 2.10-16. Le prophète annonce le Jour de Yahvé, qui purifiera les membres du sacerdoce, dévorera les méchants et assurera le triomphe des justes, 3.1-5, 13-21. Le passage 3.22-24 est ajouté, peut-être aussi 2 11-13.
Le contenu du livre permet de déterminer sa date : il est postérieur au rétablissement du culte dans le Temple rebâti, 515, et antérieur à l’interdiction des mariages mixtes sous Néhémie, 445, probablement assez proche de cette dernière date. L’élan qu’Aggée et Zacharie avaient donné est brisé et la communauté se laisse aller. En s’inspirant du Deutéronome, et aussi d’Ézéchiel, le prophète affirme qu’on ne se moque pas de Dieu, qui exige de son peuple religion intérieure et pureté. Il attend la venue de l’Ange de l’Alliance, préparée par un mystérieux envoyé, 3.1, dans lequel Mt 11.10, cf. Lc 7.27 et Mc 1.2, a reconnu Jean-Baptiste, le Précurseur. Cette ère messianique verra le rétablissement de l’ordre moral, 3.5, et de l’ordre cultuel, 3.4, culminant dans le sacrifice parfait offert à Dieu par toutes les nations, 1.11.