Bible-Centre

La Bible en cinq ans pour le 9 novembre 2023

La Bible de Jérusalem (fr)

Néhémie, Chapitre 11

1 Le synœcisme de Néhémie. Listes diverses., 4 La population juive à Jérusalem., 21 Notes complémentaires., 25 La population juive en province.
1 Alors les chefs du peuple s’établirent à Jérusalem. Le reste du peuple tira au sort pour qu’un homme sur dix vînt résider à Jérusalem, la Ville sainte, tandis que les neuf autres resteraient dans les villes.
2 Et le peuple bénit tous les hommes qui furent volontaires pour résider à Jérusalem.
3 Voici les chefs de la province qui étaient établis à Jérusalem et dans les villes de Juda. Israélites, prêtres, lévites, « donnés » et fils des esclaves de Salomon demeuraient dans leurs villes, chacun en sa propriété.
4 À Jérusalem demeuraient des fils de Juda et des fils de Benjamin :Parmi les fils de Juda : Ataya, fils de Uzziyya, fils de Zekarya, fils d’Amarya, fils de Shephatya, fils de Mahalaléel, des descendants de Pérèç ;
5 Maaséya, fils de Baruk, fils de Kol-Hozé, fils de Hazaya, fils de Adaya, fils de Yoyarib, fils de Zekarya, descendant de Shéla.
6 Le total des descendants de Pérèç fixés à Jérusalem était de 468, hommes de condition.
7 Voici les fils de Benjamin : Sallu, fils de Meshullam, fils de Yoëd, fils de Pedaya, fils de Qolaya, fils de Maaséya, fils d’Itiel, fils de Yeshaya,
8 et ses frères, Gabbaï, Sallaï : 928.
9 Yoël, fils de Zikri, les commandait, et Yehuda, fils de Hassenua, commandait en second la ville.
10 Parmi les prêtres : Yedaya, fils de Yoyaqim, fils de
11 Seraya, fils d’Hilqiyya, fils de Meshullam, fils de Sadoq, fils de Merayot, fils d’Ahitub, chef du Temple de Dieu,
12 et ses frères qui vaquaient au service du Temple : 822 ; Adaya, fils de Yeroham, fils de Pelalya, fils d’Amçi, fils de Zekarya, fils de Pashehur, fils de Malkiyya,
13 et ses frères, chefs de famille : 242 ; et Amasaï, fils d’Azaréel, fils d’Ahzaï, fils de Meshillémot, fils d’Immer,
14 et ses frères, hommes de condition : 128.Zabdiel, fils de Haggadol, les commandait.
15 Parmi les lévites : Shemaya, fils de Hashshub, fils d’Azriqam, fils de Hashabya, fils de Bunni ;
16 Shabtaï et Yozabad, ceux des chefs lévitiques responsables des affaires extérieures du Temple de Dieu ;
17 Mattanya, fils de Mika, fils de Zabdi, fils d’Asaph, qui dirigeait les hymnes, entonnait l’action de grâces pour la prière ; Baqbuqya, le second parmi ses frères ; Obadya, fils de Shammua, fils de Galal, fils de Yedutûn.
18 Total des lévites dans la Ville sainte : 284.
19 Les portiers : Aqqub, Talmôn et leurs frères, qui montaient la garde aux portes : 172.
...
21 Les « donnés » habitaient l’Ophel ; Çiha et Gishpa étaient à la tête des « donnés ». —
22 Le chef des lévites de Jérusalem était Uzzi, fils de Bani, fils de Hashabya, fils de Mattanya, fils de Mika ; il faisait partie des fils d’Asaph, les chantres chargés du service du Temple de Dieu ;
23 car ils faisaient l’objet d’une instruction royale et un règlement fixait aux chantres leur rôle jour par jour. —
24 Petahya, fils de Meshézabéel, qui appartenait aux fils de Zérah, fils de Juda, était à la disposition du roi pour toutes les affaires du peuple.
20 Quant au reste des Israélites, des prêtres, et des lévites, ils demeuraient dans toutes les villes de Juda, chacun dans son domaine,
...
25 et dans les villages situés dans leurs champs.Des fils de Juda demeuraient à Qiryat-ha-Arba et dans ses dépendances, à Dibôn et dans ses dépendances, à Yeqqabçéel et dans les villages de son ressort,
26 à Yeshua, à Molada, à Bet-Pélèt,
27 à Haçar-Shual, à Bersabée et dans ses dépendances,
28 à Çiqlag, à Mekona et dans ses dépendances,
29 à En-Rimmôn, à Çoréa, à Yarmut,
30 Zanoah, Adullam et les villages de leur ressort, Lakish et sa campagne, Azéqa et ses dépendances : ils s’établirent donc de Bersabée jusqu’au val d’Hinnom.
31 Des fils de Benjamin habitaient Géba, Mikmas, Ayya et Béthel ainsi que ses dépendances,
32 Anatot, Nob, Ananya,
33 Haçor, Rama, Gittayim,
34 Hadid, Çeboyim, Neballat,
35 Lod et Ono, et le val des Artisans.
36 Des groupes de lévites se trouvaient tant en Juda qu’en Benjamin.
Lire la suite:Néhémie, Chapitre 12
Notes:
Commentaire sur le fragment en cours
Commentaire sur le livre
Notes sur la partie

1 u) Le chap. 11 a deux couches littéraires les vv. 1-2, 20, 25a, 36 sont une composition du Chroniste à partir de 7.1-5a (mémoire de Néhémie) ; un rédacteur a inséré les listes des vv. 4-19 et 25-35, qu’il trouvait dans des documents d’archives. Il les a introduites par un titre, v. 3, et a ajouté (lui ou un autre) les notes des vv. 21-24.


1 v) Jérusalem est ainsi désignée depuis Isa 48.2 ; 52.1. Cf. 11.18 ; Dn 9.24 ; Tb 13.9 ; Mt 4.5 ; 27.53 ; Ap 11.2. Mais l’idée est plus ancienne, cf. 2 S 5.9.


4 w) Cette liste, dont dépend 1 Ch 9.1-18, paraît donner l’état de la population de Jérusalem, une génération ou plus après Néhémie.


5 x) « descendants de Shéla » (litt. « fils du Shélanite ») conj., cf. Nb 26.20 ; « fils du Silonite » (habitant de Silo) hébr.


8 y) « et ses frères » ms grec ; « et après lui » hébr.


10 z) « Yoyaqim fils de » conj. ; « Yoyarib, Yakîn » hébr.


11 a) Titre du grand prêtre, 2 Ch 31.13.


17 b) Les chantres sont déjà assimilés aux lévites, cf. v. 22, mais pas encore les portiers, v. 19. Parmi les chantres, seuls les fils d’Asaph étaient revenus d’Exil, Esd 2.41 = 7.44. Il est possible que les deux autres ghildes, Hémân et Yedutûn, soient issues des chantres du premier Temple qui n’avaient pas été déportés, cf. 1 Ch 16.37, 41.


17 c) « les hymnes » ms grec, Vulg. ; « le début » hébr.


19 d) Le v. 20 est reporté après le v. 24.


21 e) La note sur les « donnés », v. 21, peut être contemporaine de la liste précédente. La note sur Uzzi, v. 22-23, est postérieure il est l’arrière-petit-fils du Mattanya mentionné au v. 17. Petahya, v. 24, détenait, à une époque indéterminée, une charge analogue à celle de Néhémie.


25 f) Cette liste qui atteste l’expansion juive jusque dans le Négeb est d’un époque postérieure, à moins qu’il ne faille la reporter à l’époque préexilique (sous Josias).


31 g) « Des fils » 2 mss, cf. v. 25 ; « les fils » hébr. — « Géba » conj. ; « depuis Géba » hébr.


36 h) « tant en Juda qu’en Benjamin » ms grec ; « des groupes de Juda (se joignirent) à Benjamin » hébr.


Les livres d’Esdras et de Néhémie ne formaient qu’un seul « livre d’Esdras » dans la Bible hébraïque et dans la Septante. Comme celle-ci retenait le livre apocryphe grec d’Esdras et lui donnait la première place (Esdras I), le livre d’Esdras-Néhémie y est appelé Esdras II. À l’époque chrétienne, il fut divisé en deux et cet usage fut suivi par la Vulgate, dans laquelle Esdras I Esdras et Esdras II Néhémie ; l’apocryphe grec d’Esdras y est appelé Esdras III. La désignation des deux livres par leurs personnages principaux, Esdras et Néhémie, est encore plus récente ; elle a pénétré dans les éditions imprimées de la Bible massorétique.

Les livres d’Esdras et de Néhémie sont, comme on l’a dit, la continuation de l’œuvre du Chroniste. Après les cinquante années de l’Exil, dont il ne parle pas, celui-ci reprend l’histoire au moment où l’édit de Cyrus, en 538 av. J.-C., autorise les Juifs à retourner à Jérusalem pour y reconstruire le Temple. Les retours commencent aussitôt, mais les travaux du Temple sont interrompus par l’opposition des Samaritains et ne reprennent que sous Darius Ier ; le Temple est achevé en 515. Dans le demi-siècle qui suit, les efforts pour relever les remparts de Jérusalem sont entravés par les mêmes Samaritains, 1-6. Sous Artaxerxès, Esdras, un scribe chargé des affaires juives à la cour de Perse, arrive à Jérusalem avec une nouvelle caravane. Il est muni d’un firman qui lui donne autorité pour imposer à la communauté la Loi de Moïse, reconnue comme loi du roi. Il doit prendre des mesures sévères contre les Juifs qui avaient contracté mariage avec des femmes étrangères, 7-10. Puis Néhémie, échanson d’Artaxerxès, se fait donner par le roi la mission d’aller à Jérusalem pour en relever les murailles. Ce travail est rapidement achevé, malgré les oppositions des ennemis, et la ville est repeuplée, Ne 1.1 – 7.72a. Entre-temps, Néhémie a été nommé gouverneur. Esdras fait une lecture solennelle de la Loi, on célèbre la fête des Tentes, le peuple confesse ses péchés et s’engage à observer la Loi, Ne 7.72b – 10.40. Suivent des listes, des mesures complémentaires et la dédicace du rempart, 11.1-13.3. Néhémie, après être retourné en Perse, revient pour une seconde mission, au cours de laquelle il doit réprimer certains désordres qui se sont déjà introduits dans la communauté, Ne 13.4-31.

On voit, par ce sommaire, que ces livres sont très importants pour l’histoire de la Restauration juive après l’Exil. Les premiers chapitres d’Esdras complètent les renseignements qu’on peut tirer des prophètes Aggée, Zacharie et Malachie. Les deux livres sont la seule source que nous ayons sur l’activité d’Esdras et de Néhémie. La date de leur composition est antérieure à celle des Chroniques, mais surtout ils utilisent et citent textuellement des documents contemporains des faits : listes de rapatriés ou du peuplement de Jérusalem, actes des rois de Perse, correspondances avec la cour, surtout le rapport où Esdras rendit compte de sa mission et le mémoire justificatif de Néhémie.

Malgré cette abondance de sources, l’exégèse d’Esdras et de Néhémie est hérissée de difficultés, car les documents s’y présentent dans un ordre déconcertant. La liste des immigrants est donnée deux fois, Esd 2 et Ne 7 ; dans la section d’Esd 4.6 – 6.18, écrite en araméen, les événements du temps de Darius sont racontés après ceux des règnes de Xerxès et d’Artaxerxès, qui se placent cependant dans le demi-siècle qui suit. Les écrits provenant d’Esdras et de Néhémie ont été disloqués, puis combinés ensemble. En utilisant les dates précises qui y sont données, le rapport d’Esdras peut se restituer dans cet ordre : Esd 7.1-8.36 ; Ne 7.72b – 8.18 ; Esd 9.1 – 10.44 ; Ne 9.1-37.

Mais ce document a été récrit par le Chroniste, qui en a mis certaines parties à la troisième personne, et il a reçu des additions : la liste des coupables d’Esd 10.18, 20-44 et les prières d’Esd 9.6-15 et Ne 9.6-37. Le mémoire de Néhémie comprend les morceaux suivants : 1-2 ; 3.33– 7.5 ; 12.27 – 13.31. Le Chroniste y a inséré un document sur la reconstruction des murailles, Ne 3.1-32. La liste des premiers sionistes, Ne 7.6-72a, est reprise d’Esd 2. Le chap. 10 est un autre document d’archives, qui scelle l’engagement pris par la communauté lors de la seconde mission de Néhémie, 13. Le cadre du chap. 11 est une composition du Chroniste, à quoi ont été ajoutées des listes de la population de Jérusalem et de Juda et, au chap. 12, des listes de prêtres et de lévites.

Il apparaît que le Chroniste a voulu procéder par tableaux d’ensemble. Dans Esd 1-6, son objet principal est la reconstruction du Temple sous Darius : il a groupé les retours successifs de la captivité, estompé la figure de Sheshbaççar au profit de celle de Zorobabel, constitué une sorte de dossier antisamaritain. Dans la suite des livres, il a présenté Esdras et Néhémie travaillant ensemble à la réalisation d’une même œuvre.

Ces procédés de composition littéraire posent de graves problèmes aux historiens. La question la plus discutée et la plus difficile concerne la chronologie d’Esdras et de Néhémie. D’après l’ordre du livre, Esdras arriva à Jérusalem en 458, la septième année d’Artaxerxès Ier, Esd 7.8, Néhémie le rejoignit en 445, la vingtième année du même roi, Ne 2.1. Il resta douze années, Ne 13.6, donc jusqu’en 433, repartit en Perse pour un temps indéterminé et revint faire un second séjour, encore sous ArtaxerxèsIer, qui ne mourut qu’en 424. Cet ordre traditionnel est maintenu par de bons exégètes qui cependant restreignent à une année, d’après les indications précises du livre lui-même, la mission d’Esdras, et le font repartir avant l’arrivée de Néhémie. D’autres exégètes inversent cet ordre car il leur semble que l’œuvre d’Esdras suppose celle de Néhémie déjà accomplie. Les dates données pour Esdras se rapporteraient, non au règne d’Artaxerxès Ier comme celles de Néhémie, mais au règne d’ArtaxerxèsII, et Esdras ne serait arrivé qu’en 398. Enfin, accordant qu’Esdras est venu après Néhémie mais refusant de reconnaître un changement de règne dont le texte ne dit rien, certains exégètes récents font venir Esdras entre les deux missions de Néhémie, au prix d’une correction textuelle d’Esd 7.8 : Esdras serait arrivé, non la septième année, mais la trente-septième année d’Artaxerxès, en 428.

Chacune de ces solutions peut invoquer de bons arguments et chacune aussi se heurte à des difficultés ; le problème doit rester ouvert. Un seul point est sûr : l’activité de Néhémie à Jérusalem de 445 à 433 av. J.-C.

Pour l’intelligence religieuse des livres, il est d’ailleurs d’un intérêt secondaire. Conformément à l’intention de l’auteur, ils donnent un tableau synthétique, mais non pas trompeur, de la Restauration juive, et, pour comprendre celle-ci, les idées qui l’ont animée sont plus importantes à connaître que la suite exacte des faits. Profitant de la politique religieuse libérale que les Achéménides appliquaient dans leur empire, les Juifs reviennent en Terre promise, rétablissent le culte, reconstruisent le Temple, relèvent les murs de Jérusalem et vivent en communauté, gouvernés par des hommes de leur race et régis par la Loi de Moïse. Il ne leur en coûte qu’un loyalisme facile à garder vis-à-vis d’un pouvoir central respectueux de leurs coutumes. C’est un événement considérable, c’est la naissance du judaïsme, préparée par les longues méditations de l’Exil, aidée par l’intervention d’hommes providentiels.

Après Zorobabel, qui reconstruit le Temple mais dont le Chroniste tait les titres messianiques reconnus par Aggée et Zacharie, Ag 2.23 ; Za 6.12s, les pionniers de cette restauration furent Esdras et Néhémie. Esdras est vraiment le père du judaïsme, avec ses trois idées essentielles : la Race élue, le Temple, la Loi. Sa foi ardente et la nécessité de sauvegarder la communauté renaissante expliquent l’intransigeance de ses réformes et le particularisme qu’il imposa aux siens. Il est le patron des scribes et sa figure est allée en grandissant dans la tradition juive. Néhémie est au service des mêmes idées, mais il agit sur un autre plan : dans Jérusalem restaurée et repeuplée par lui, il donne à son peuple la possibilité et le goût d’une vie nationale. Son mémoire, plus personnel que le rapport d’Esdras, nous le fait connaître sensible et humain, payant de sa personne mais prudent et réfléchi, se confiant en Dieu qu’il prie souvent. Il laissa un grand souvenir et Ben Sira chante l’éloge de « celui qui releva pour nous les murs en ruines », Si 49.13.

Il n’est pas étonnant que, dans ce regroupement de la communauté autour du Temple et sous l’égide de la Loi, le Chroniste ait vu une réalisation de l’idéal théocratique qu’il avait prôné dans les Chroniques. Il sait bien que cette réalisation est imparfaite et qu’il faut attendre autre chose, mais, plus que dans les Chroniques, il est dépendant des documents qu’il reproduit : il garde leur ton particulariste qu’excusaient les circonstances, il respecte leur silence – inspiré sans doute par un loyalisme honorable – sur l’espérance messianique. Il écrit au milieu de cette période des IVe et IIIe siècles avant notre ère, qui nous est si mal connue et où la communauté de Jérusalem, repliée sur elle-même, se reconstruit en silence et s’approfondit spirituellement.

Réduire

Après votre inscription, vous pourrez vous abonner à l’envoi des textes de n’importe quel plan de lecture de la Bible.

Nous prévoyons d’ajouter progressivement des paramètres personnalisés ainsi que d’autres services pour les utilisateurs inscrits. Nous vous conseillons donc de vous inscrire dès maintenant. C’est gratuit.