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Lectionnaire catholique pour le 10 octobre 2023

Traduction en slavon d'Église (ru)

Кни1га Проро1ка їHны, ГлавA 3

1 И# бы1сть сло1во гDне ко їHнэ втори1цею гlz:
2 востaни и3 и3ди2 въ нінеvjю грaдъ вели1кій, и3 проповёждь въ не1мъ по про1повэди пре1ждней, ю4же ѓзъ гlахъ тебЁ.
3 И# востA їHна и3 и4де въ нінеvjю, ћкоже гlа гDь. Нінеvjа же бsше грaдъ вели1къ бг7у, ћкw ше1ствіz пути2 тріе1хъ днjй.
4 И# начaтъ їHна входи1ти во грaдъ, ћкw ше1ствіе пути2 дне2 є3ди1нагw, и3 проповёда и3 рече2: є3ще2 три2 дни6, и3 нінеvjа преврати1тсz.
5 И# вёроваша мyжіе нінеvjйстіи бг7ови, и3 заповёдаша по1стъ, и3 њблеко1шасz во врє1тища t вели1ка и4хъ дaже до мaла и4хъ.
6 И# до1йде сло1во ко царю2 нінеvjйскому, и3 востA съ престо1ла своегw2 и3 све1рже ри6зы сво‰ съ себє2, и3 њблече1сz во вре1тище и3 сёде на пе1пелэ.
7 И# проповёдасz и3 рече1но бы1сть въ нінеvjи t царS и3 вельмо1жъ є3гw2 глаго1лющихъ: человёцы и3 ско1ти, и3 воло1ве и3 џвцы да не вкyсzтъ ничесHже, ни да пасyтсz, ниже2 воды2 да пію1тъ.
8 И# њблеко1шасz во врє1тища человёцы и3 ско1ти и3 возопи1ша прилёжнw къ бг7у, и3 возврати1сz кjйждо t пути2 своегw2 лукaвагw и3 t непрaвды сyщіz въ рукaхъ и4хъ, глаго1люще:
9 кто2 вёсть, ѓще раскaетсz и3 ўмоле1нъ бyдетъ бг7ъ, и3 њбрати1тсz t гнёва ћрости своеS, и3 не поги1бнемъ;
10 И# ви1дэ бг7ъ дэлA и4хъ, ћкw њбрати1шасz t путjй свои1хъ лукaвыхъ, и3 раскazсz бг7ъ њ ѕлЁ, є4же гlаше сотвори1ти и5мъ, и3 не сотвори2.
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Notes:
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3 j) Littéralement « grande devant Dieu », l’expression la plus forte du superlatif en hébreu. Les « trois journées de marche » sont une autre hyperbole, pour évoquer les dimensions fabuleuses de la cité.


4 k) Les « quarante jours » rappellent les quarante jours du Déluge ou les quarante ans de l’Exode ; cf. aussi 1 R 19.8. Le grec lit « Encore trois jours », cf. 2.1.


5 l) La conversion exemplaire des Ninivites sera rappelée par Jésus, Mt 12.41 ; Lc 11.32.


6 m) Toute cette scène de pénitence et de conversion est l’antithèse de Jr 36 (cf. l’Introduction) ; elle est en outre remplie d’expressions chères à Jérémie.


8 n) On omet ici « hommes et bêtes », répété par erreur du v. précédent.


Ce petit livre diffère de tous les autres livres prophétiques. C’est uniquement un récit : il raconte l’histoire d’un prophète désobéissant qui veut d’abord se dérober à sa mission et qui ensuite se plaint à Dieu du succès inattendu de sa prédication. Le héros à qui est attribuée cette aventure un peu ridicule est un prophète contemporain de Jéroboam II, mentionné en 2 R 14.25. Mais le livret ne se présente pas comme étant son œuvre et effectivement ne peut pas être de lui. La « grande ville » de Ninive, détruite en 612, n’est plus qu’un lointain souvenir, la pensée et l’expression empruntent aux livres de Jérémie et d’Ézéchiel, la langue est tardive. Tout invite à placer la composition après l’Exil, dans le courant du Ve siècle. Le psaume, 2.3-10, qui est d’un genre littéraire différent et qui n’a aucun rapport avec la situation concrète de Jonas ni avec l’enseignement du livre, a été ajouté après coup.

Cette date basse doit déjà mettre en garde contre une interprétation historique. Celle-ci est écartée aussi par d’autres arguments : Dieu peut changer les cœurs, mais la subite conversion au Dieu d’Israël du roi de Ninive et de tout son peuple aurait laissé des traces dans les documents assyriens et dans la Bible. Dieu est aussi maître des lois de la nature, mais les prodiges sont ici accumulés comme autant de « bons tours » joués par Dieu au prophète : la tempête subite, Jonas désigné par le sort, le poisson monstrueux, le ricin qui pousse en une nuit et qui sèche en une heure, et le tout est raconté avec une ironie non déguisée, bien étrangère au style de l’histoire.

Le livre est destiné à plaire, et aussi à instruire : c’est un récit didactique, et son enseignement marque l’un des sommets de l’Ancien Testament. Brisant avec une interprétation étroite des prophéties, il affirme que les menaces, même les plus catégoriques, sont l’expression d’une volonté miséricordieuse de Dieu, qui n’attend que la manifestation du repentir pour accorder son pardon. Si l’oracle de Jonas ne se réalise pas, c’est qu’en effet les décrets de destruction sont toujours conditionnels. Ce que Dieu veut, c’est la conversion, et la mission du prophète est donc parfaitement réussie, cf. Jr 18.7-8.

Brisant avec le particularisme dans lequel la communauté postexilique était tentée de s’enfermer, ce livre prêche un universalisme extraordinairement ouvert. Ici, tout le monde est sympathique, les marins païens du naufrage, le roi, les habitants et jusqu’aux animaux de Ninive, tout le monde sauf le seul Israélite qui soit en scène, et c’est un prophète, Jonas ! Dieu sera indulgent pour son prophète rebelle, mais surtout, sa miséricorde s’étend même à l’ennemie la plus honnie d’Israël.

On est tout près du Nouveau Testament : Dieu n’est pas seulement le Dieu des Juifs, il est aussi le Dieu des païens, car il n’y a qu’un seul Dieu, Rm 3.29. Dans Mt 12.41 et Lc 11.29-32, Notre Seigneur donnera en exemple la conversion des Ninivites, et Mt 12.40 verra dans Jonas enfermé dans le ventre du monstre la figure du séjour du Christ au tombeau. Cet emploi de l’histoire de Jonas ne doit pas être invoqué comme une preuve de son historicité : Jésus utilise cet apologue de l’Ancien Testament comme les prédicateurs chrétiens utilisent les paraboles du Nouveau ; c’est le même souci d’enseigner par des images familières aux auditeurs, sans qu’un jugement soit porté sur la réalité des faits.

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T луки2 С™о1е бlговэствовaніе, ГлавA 10,  стіхи2 38-42

38 (За? #54#.) Бы1сть же ходsщымъ и5мъ, и3 сaмъ вни1де въ ве1сь нёкую: женa же нёкаz и4менемъ мaрfа пріsтъ є3го2 въ до1мъ сво1й:
39 и3 сестрA є4й бЁ нарицaемаz марjа, ћже и3 сёдши при ногY ї}сwву, слы1шаше сло1во є3гw2.
40 Мaрfа же мо1лвzше њ мно1зэ слyжбэ, стaвши же рече2: гDи, не бреже1ши ли, ћкw сестрA моS є3ди1ну мS њстaви служи1ти; рцы2 ў2бо є4й, да ми2 помо1жетъ.
41 Tвэщaвъ же ї}съ рече2 є4й: мaрfо, мaрfо, пече1шисz и3 мо1лвиши њ мно1зэ,
42 є3ди1но же є4сть на потре1бу. Марjа же бlгyю чaсть и3збрA, ћже не tи1метсz t неS.
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Notes:
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38 e) On retrouve les deux sœurs avec les mêmes traits de caractère dans le récit de la résurrection de Lazare, Jn 11.1-44.


42 f) Var. « il n’en faut pourtant qu’une », « il n’en faut pourtant que peu », leçons qui mutilent le texte et altèrent le sens. ­ Jésus passe de la perspective du repas (« il en faut peu ») à celle de l’unique nécessaire.


Le mérite particulier du troisième évangile lui vient de la personnalité très attachante de son auteur, qui y transparaît sans cesse. Saint Luc est un écrivain de grand talent et une âme délicate. Il a mené son œuvre de façon originale, avec un souci d’information et d’ordre, 1.3. Ce n’est pas à dire qu’il ait pu donner aux matériaux reçus de la tradition un arrangement plus «sp;historique » que Matthieu et Marc ; son respect des sources et sa façon de les juxtaposer ne le lui permettaient pas. Son plan reprend les grandes lignes de celui de Marc avec quelques transpositions, ou omissions. Des épisodes sont déplacés, 3.19-20 ; 4.16-30 ; 5.1-11 ; 6.12-19 ; 22.31-34, etc., tantôt par soucis de clarté et de logique, tantôt par influence d’autres traditions, parmi lesquelles il faut noter celle qui se reflète également dans le quatrième évangile. D’autres épisodes sont omis, soit comme moins intéressants pour les lecteurs païens, cf. Mc 12.28-34, à comparer Lc 10.25-28. On remarquera surtout l’absence d’un correspondant à Mc 6.45-8.26. La différence la plus notable par rapport au deuxième évangile est la longue section médiane 9.51-18.14, qui est présentée sous la forme d’une montée vers Jérusalem à l’aide de notations répétées, 9.51 ; 13.22 ; 17.11, cf. Mc 10.1, et où l’on verra moins le souvenir réel de différents voyages que l’insistance voulue sur une idée théologique chère à Luc : la Ville sainte est le lieu où doit s’accomplir le salut 9.31 ; 13.33 ; 18.31 ; 19.11, c’est là que l’Évangile a commencé, 1.5s, et c’est là qu’il doit finir, 24.52s – par des apparitions et des entretiens qui n’ont pas lieu en Galilée, 24.13-51 ; et comp. 24.6 avec Mc 16.7, Mt 28.7, 16-20 – car c’est de là que doit partir l’évangélisation du monde, 24.47 ; Ac 1.8. Dans un sens plus large, c’est la montée de Jésus (et du chrétien) vers Dieu.

D’autres traits littéraires de Luc sont l’emploi des genres du symposium, 7.36-50 ; 11.37-54 ; 14.1-24, et du discours des adieux, 22.14-38, son goût des parallèles (Jean le Baptiste et Jésus, 1.5-2.52) et des inclusions, et le schéma promesse-accomplissement qui ponctue son récit.

Si l’on poursuit dans le détail la comparaison de Luc avec Marc et Matthieu, on observe sur le vif l’activité toujours en éveil d’un écrivain qui excelle à présenter les choses d’une façon qui lui est propre, évitant ou atténuant ce qui peut froisser sa sensibilité ou celle de ses lecteurs (8.43 comp. Mc 5.26 om. Mc 9.43-48 ; 13.32, etc.), ou bien leur être peu compréhensible (om. Mc 4.13 ; 8.32s ; 9.28s ; 14.50) ou les excluant (Lc 9.45 ; 18.24 ; 22.45), interprétant les termes obscurs (6.15) ou précisant la géographie (4.31 ; 19.28s, 37 ; 23.51), etc. Par ces nombreuses et fines touches, et surtout par le riche apport dû à son enquête personnelle, Luc nous livre les réactions et les tendances de son âme ; ou plutôt, par le moyen de cet instrument de choix, l’Esprit-Saint nous présente le message évangélique d’une façon originale, riche de doctrine. Il s’agit moins d’ailleurs de grandes thèses théologiques (les idées maîtresses sont les mêmes que chez Marc et Matthieu) que d’une psychologie religieuse où l’on trouve, mêlées à une influence très discrète de son maître Paul, les inclinations propres au tempérament de Luc. En vrai « scriba mansuetudinis Christi » (Dante), il aime à souligner la miséricorde de son Maître pour les pécheurs, 15.1s, 7, 10, et à raconter des scènes de pardon, 7.36-50 ; 15.11-32 ; 19.1-10 ; 23.34, 39-43. Il insiste volontiers sur la tendresse de Jésus pour les humbles et les pauvres, tandis que les orgueilleux et les riches jouisseurs sont sévèrement traités, 1.51-53 ; 6.20-26 ; 12.13-21 ; 14.7-11 ; 16.15, 19-31 ; 18.9-14. Cependant même la juste condamnation ne se fera qu’après les délais patients de la miséricorde, 13.6-9 ; comp. Mc 11.12-14. Il faut seulement qu’on se repente, qu’on se renonce, et ici la générosité exigeante de Luc tient à répéter l’exigences d’un détachement décidé et absolu, 14.25-34, notamment par l’abandon des richesses, 6.34s ; 12.33 ; 16.9-13. On notera encore les passages propres au troisième évangile sur la nécessité de la prière, 11.5-8 ; 18.1-8, et sur l’exemple qu’en a donné Jésus, 3.21 ; 5.16 ; 6.12 ; 9.28. Enfin, comme chez saint Paul et dans les Actes, l’Esprit Saint occupe une place de premier plan que Luc seul souligne en 1.15, 35, 41, 67 ; 2.25-27 ; 4.1, 14, 18 ; 10.21 ; 11.13 ; 24.49. Ceci, avec l’atmosphère de reconnaissance pour les bienfaits divins et d’allégresse spirituelle, qui enveloppe tout le troisième évangile, 2.14 ; 5.26 ; 10.17 ; 13.17 ; 18.43 ; 19.37 ; 24.51s, achève de donner à l’œuvre de Luc cette ferveur qui touche et réchauffe le cœur.

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