Isaïe de Babylone était l’un des premiers, qui a parlé de la fin imminente de Babylone et du retour du peuple juif sur la terre de leurs pères. Quand il a commencé son sermon, cela semblait tout à fait improbable : rien n'indiquait aux changements rapides. Et tout de même ils se sont produits, rapidement et pour la plupart de gens inattendus: l'armée perse sous le commandement de Cyrus le Grand a pris d'assaut Babylone et a mis fin à l'existence de Babylone. Pour les Juifs cela signifiait la possibilité de revenir sur la terre de leurs pères : peu après la fin de la guerre avec Babylone, en 517 avant J.C., Cyrus publia un décret sur le retour des Juifs sur la terre de leurs ancêtres. Alors qui était Isaïe: un prédicateur? Un visionnaire voyant tout ce qu’il va arriver?
Probablement, tout de même non. Il est tout à fait possible que le prophète ne pensait même pas aux événements politiques, lorsqu’il prédisait la fin rapide de la captivité. Il lui était révélé autre chose : il a compris que l'état spirituel du peuple avait changé, et que la période de la confession était finie. Bien sûr comprendre cela seulement par l’esprit humain, bien que et pénétrant, est impossible : il faut voir ici les profondeurs du coeur humain, et pas d’un seul, mais de plusieurs coeurs. Une telle chose est possible seulement à Dieu. Mais Dieu peut révéler Sa vision, à qui Il voudra. Et alors sur les montagnes sonne la bonne nouvelle : le temps de l'expiation du peuple est venu. Et en même temps est venu le moment de l'arrivée du Messie. Au fait, la Bonne Nouvelle était, en premier lieu, la nouvelle de l'arrivée du Messie, qu’on attendait tout juste après la fin de la captivité et le retour du peuple sur la terre de leurs pères. Bien sûr, il était encore nécessaire de restaurer la ville et le Temple, dont il restait seulement le fondement, mais cette tâche s’avéra aux futurs rapatriés facilement réalisable.
L'essentiel était dans le fait qu'est venu, enfin, le temps du Royaume de Dieu, le temps, lorsque Dieu Lui-même commencera à gouverner Son peuple. Au fait, le Royaume messianique était perçu par la plupart des croyants yahvistes, comme le Royaume de Dieu : car en le Messie ils voyaient, en premier lieu, le Régent envoyé par Dieu, Qui devait restaurer l'État indépendant juif et introduire en lui des lois, correspondantes à la Torah. C'était important : car personne de ceux qui attendaient la possibilité de revenir sur la terre de leurs pères, ne voulait plus de nouveau la perdre à cause de la violation des commandements donnés par Dieu. Le Royaume de Dieu devait notamment être le Royaume de Dieu Lui-même, où Il gouverne conformément à Ses lois à travers le Messie envoyé et mis à la tête du peuple par Lui.
Bien sûr, un tel tableau d’une société et État idéal était un peu schématique, et les espoirs de sa réalisation immédiate — quelque peu naïf. Et encore, avant l'arrivée du Messie il restait encore pas un siècle. Et tout de même, de la captivité est vraiment revenu déjà tout à fait un autre peuple. Le peuple, pour qui l'apostasie était pire que la mort, peuple, pour lequel le respect de la Torah était quelque chose qui va de soi, autant qu’il ne fallait même pas parler de cela, peuple, qui ne voulait déjà plus retourner au passé, mais voulait aller en avant — dans le Royaume du Messie, Qu’il [le peuple] s'imaginait encore de manière très terrestre, mais qu’il attendait sincèrement. Commençait une nouvelle étape de l'histoire du peuple de Dieu, qui devait s'achever au seuil du Nouveau Testament.