«Ne crains pas, petit troupeau!» C'était aussi le titre d'un article du père Gueorgui Tchistiakov, où l'on trouve le passage suivant...
«Ne crains pas, petit troupeau!» C'était aussi le titre d'un article du père Gueorgui Tchistiakov, où l'on trouve le passage suivant:
«Si l'on analyse la Sainte Écriture à partir de ce que les linguistes appellent la «fréquence» d'emploi de tel ou tel mot, nous découvrons que l'appel «Ne crains pas!» y apparaît presque 370 fois. Il s'adresse tantôt à Abraham, tantôt à Jacob, tantôt à Gédéon dans l'Ancien Testament, tantôt aux apôtres et aux femmes myrophores dans l'Évangile. Cet appel est constant et insistant. Dieu ne dit pas: ne craignez pas ceci ou cela. Il s'adresse à nous avec une simplicité extrême: ne craignez pas. Jamais rien! Bien sûr, la peur est inscrite dès l'origine dans notre nature, comme beaucoup d'autres choses. Mais certaines particularités naturelles doivent être développées, et d'autres dépassées. Surmontées. Dieu s'adresse précisément à notre mémoire animale: «Ne crains pas, petit troupeau!» et même plus durement encore: «Je vous envoie comme des brebis au milieu des loups»» («Ogoniok», 1999).
Ici tout est dit avec une exactitude et une unité extrêmes, il est difficile d'ajouter quoi que ce soit. Mais on peut tout de même rappeler ces paroles si connues de l'évangéliste: «Il n'y a pas de crainte dans l'amour; mais l'amour parfait bannit la crainte, car la crainte suppose un châtiment. Celui qui craint n'est pas parfait dans l'amour» (1 Jn 4:18). Pour nous, c'est paradoxal; chez nous, en règle générale, tout est inverse: plus nous aimons, plus nous craignons pour l'être aimé, mais ce n'est que le commencement de l'amour. Car si le Seigneur est tout-bon, et si la «station» finale sera l'état où «Dieu sera tout en tous», de quoi aurions-nous peur? Il ne reste qu'à endurer et attendre; endurer et attendre, cela signifie croire. Mais le terrible se dresse clairement devant nos yeux, tandis que le monde angélique est caché. Comment ne pas avoir peur? Comment ne pas vouloir manger, ne pas vouloir dormir, et ainsi de suite... C'est impossible. Et c'est précisément en vertu de cette impossibilité que c'est quelque chose d'absolument vrai.
J'accepterai tout, je prendrai tout ce que Tu donneras,
Ce que Tu donneras, ce que Tu m'enverras.
Que s'accomplisse le caprice sauvage,
Que le sombre mensonge enveloppe tout.
Donne-moi de T'entendre au milieu du mensonge
Et de ne pas confondre Ta voix avec une autre.
Aide-moi, fortifie-moi, soutiens-moi
Par Ton souffle prudent.
(Juli Schreider)
«Que s'accomplisse le caprice sauvage»: ces mots font vraiment peur d'une certaine manière. Et pourtant, comme l'a dit encore un autre poète, «Nous n'avons pas à craindre cette obscurité, et nous ne ferons pas semblant d'être heureux» (B. Okoudjava).