Les paroles de Paul sur le service du témoin rappellent les instructions du Sauveur aux apôtres qu'Il envoyait...
Les paroles de Paul sur le service du témoin rappellent les instructions du Sauveur aux apôtres qu'Il envoyait au service, auxquels Il conseille d'être « prudents comme les serpents et simples comme les colombes ». Par « simplicité », Jésus entendait visiblement cette intégrité spirituelle que l'apôtre considère comme une qualité nécessaire du témoin. Il est évident pour Paul qu'aucun témoin ne peut témoigner du Royaume si son âme est alourdie par quelque péché secret ou impureté (v. 1–2). Il ne s'agit pas seulement, bien sûr, du fait qu'un tel témoignage serait une véritable hypocrisie. Ce n'est pas par hasard que l'apôtre parle de l'ouverture du témoin à ceux auprès de qui il témoigne. Car le témoignage suppose non seulement des paroles, mais avant tout l'expérience du Royaume, qui doit devenir accessible aux auditeurs. Et le péché non repenti du témoin peut facilement l'empêcher.
Bien sûr, une personne sans préjugés pardonnera très probablement au témoin son état de pécheur, car, à raisonner objectivement, il n'existe pas de personnes sans péché, et la simple justice ne permet pas d'exiger l'absence de péché d'un témoin qui accomplit son service consciencieusement et de toute son âme. Mais objectivement, la tâche du témoin, dans ce cas, peut ne pas être accomplie : car il ne pourra pas montrer à ceux auprès de qui il témoigne l'essentiel même, le Royaume que le Sauveur a apporté dans le monde. C'est pourquoi il est demandé au témoin, en un certain sens, plus qu'à une personne ordinaire : il lui est demandé la plénitude de la justice.
Bien sûr, cela ne signifie pas que le témoin soit capable d'atteindre par lui-même une telle hauteur spirituelle ; mais le témoignage, selon les paroles de Paul, n'est pleinement réel que lorsqu'il se déroule en présence de Dieu, et à Dieu, bien sûr, il est tout à fait possible de corriger ce que l'homme n'est pas en mesure de changer. Mais pour cela, le témoin lui-même doit être parfaitement transparent à l'action de Dieu, et pas seulement lorsqu'il témoigne, mais aussi à tout autre moment. Alors seulement le témoin témoignera réellement non de lui-même, non de sa religiosité ni de son expérience spirituelle, mais du Christ et de Son Royaume (v. 5–6). Et alors il n'aura pas à recourir aux moyens auxquels les gens recourent d'ordinaire pour convaincre leur entourage qu'ils ont raison : car il n'est que témoin du Royaume, et ce n'est pas à lui de décider qui y entrera et qui n'y entrera pas (v. 3–4). C'est en cela que consiste la véritable sagesse, qui ne s'impose pas et ne contraint personne à suivre ses appels et ses conseils. Seule une telle prédication peut témoigner du Christ et du Royaume, et non du témoin lui-même.