Le récit de la cruche brisée est indissociablement lié à l’image du potier qui refait un vase défectueux. Mais le maître ne pétrit l’argile que lorsque le vase n’est pas encore achevé ni cuit, tant qu’il n’est pas encore trop tard pour le modifier. Or maintenant nous avons devant nous une cruche achevée, dont les propriétés se sont définitivement durcies, et il est déjà impossible de l’améliorer. Une cruche inutilisable ou fendue n’a qu’un seul chemin : la décharge.
Ce n’est pas un hasard si la cruche qui symbolise les pécheurs endurcis est brisée dans cette même vallée où s’accomplissaient les sacrifices païens. Le nom même de cette vallée, la Géhenne, est devenu synonyme de l’enfer, du séjour des morts, où devront aller les amateurs des abominations païennes.
Des abominations, précisément : ce mot ne doit pas paraître excessif ; ce n’est pas une injure, mais une appréciation objective de ce que faisaient les païens. Leur perte, annoncée par le prophète, ils l’ont appelée eux-mêmes lorsqu’ils offraient leurs propres enfants en sacrifice aux idoles, à l’endroit même où ils devront maintenant récolter les fruits du mal qu’ils ont semé.
Et si quelqu’un pense que la foi d’Israël ressemble en quoi que ce soit aux croyances des peuples qui l’entourent, et qu’il n’y a pas de différence fondamentale entre les religions, qu’il se souvienne des paroles du Seigneur où Il témoigne que non seulement Il n’a pas ordonné d’accomplir les sacrifices que les païens accomplissaient, mais qu’Il n’a même jamais eu de tels désirs à l’esprit. Hélas, même beaucoup de fidèles sous-estiment les différences fondamentales entre la révélation biblique et les autres doctrines, alors qu’il est vital de le comprendre.
