Bible-Centre

La réflexion principale pour le 16 mars 2023

Il est difficile aujourd'hui de dire avec certitude ce qui se cache derrière toute l'histoire de la statue d'or. Certains historiens ont avancé l'hypothèse qu'à la fin du règne de Nabuchodonosor, ou sous le règne de Balthazar, une réforme religieuse fut menée à l'initiative du roi, au cours de laquelle les autels des sanctuaires royaux, jusque-là fermés aux simples gens, furent ouverts, au grand mécontentement des prêtres.

Après cela, les cultes babyloniens officiels, comme le culte de Bel-Marduk, protecteur de Babylone, devinrent publics et obligatoires. Auparavant, on supposait par défaut que tous les habitants du pays adhéraient à la religion d'État ; désormais, il fallait manifester publiquement sa fidélité aux dieux de Babylonie. Il est possible que, durant cette période, vers la fin de l'exil, se soit aussi dessiné un conflit entre la Synagogue et les autorités babyloniennes sur un terrain religieux, dont on peut trouver de vagues échos dans la seconde partie du livre d'Isaïe. Peu après, cependant, la Babylonie tomba sous les coups de l'armée perse, et la situation changea radicalement.

Bien sûr, dans le livre de Daniel, écrit bien plus tard que les événements mentionnés, ceux-ci sont reflétés plutôt comme une légende que comme un événement historiquement certain. Mais cette légende, à l'époque où le livre fut écrit, arriva plus qu'à propos : le livre fut en effet rédigé au temps des persécutions contre la Synagogue par le roi syrien Antiochus Épiphane. Ces persécutions se distinguaient par leur caractère organisé et systématique. Antiochus lui-même exigeait de tous ses sujets sans exception un culte public et rigoureux rendu à Zeus, sous des noms divers selon les régions, comme cela arrivait souvent dans l'Antiquité, Zeus qu'il considérait sérieusement comme son père.

Chacun à son tour devait offrir à Zeus, ou à Baal-Shamem comme on l'appelait officiellement en Judée, un sacrifice public qui, pour tout Juif croyant, équivalait à une apostasie. C'est alors qu'apparurent dans la Synagogue beaucoup de martyrs, mais aussi beaucoup d'apostats. Le récit de la confession des trois jeunes gens devait soutenir ceux qui voulaient garder la fidélité au Dieu d'Israël et à la foi des pères. Bien sûr, c'est avant tout un récit de miracle, d'intervention miraculeuse de Dieu, qui soutint Ses témoins et leur conserva la vie.

Mais dans le texte du récit résonne la compréhension que le miracle aurait pu ne pas avoir lieu. Dieu sait Lui-même quand intervenir dans une situation, si toutefois une telle intervention est nécessaire. Mais la fidélité à Dieu est inconditionnelle, elle ne dépend pas des miracles. Une telle attitude envers les miracles devient compréhensible si l'on se souvient qu'au temps des Maccabées, époque où le livre fut écrit, la foi en la résurrection universelle au jour du Jugement et de la venue du Messie était déjà largement répandue. Mourir pour la foi n'était pas la fin du chemin, mais seulement son commencement. Et c'était un chemin vers le Royaume, dont il ne fallait pas se détourner, même si le prix en était la vie terrestre.

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