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La Bible en cinq ans pour le 10 octobre 2022

La Bible de Jérusalem (fr)

2 Rois, Chapitre 15

VII. Les deux royaumes jusqu’à la prise de Samarie> 1 Règne d’Ozias en Juda (781-740)., 8 Règne de Zacharie en Israël (743)., 13 Règne de Shallum en Israël (743)., 17 Règne de Menahem en Israël (743-738)., 23 Règne de Peqahya en Israël (738-737)., 27 Règne de Péqah en Israël (737-732)., 32 Règne de Yotam en Juda (740-736).
En la vingt-septième année de Jéroboam, roi d’Israël, Ozias fils d’Amasias devint roi de Juda.
Il avait seize ans à son avènement et régna cinquante-deux ans à Jérusalem ; sa mère s’appelait Yekolyahu et était de Jérusalem.
Il fit ce qui est agréable à Yahvé, comme tout ce qu’avait fait son père Amasias.
Seulement, les hauts lieux ne disparurent pas et le peuple continuait d’offrir sacrifices et encens sur les hauts lieux.
Mais Yahvé frappa le roi et il fut affligé de la lèpre jusqu’au jour de sa mort. Il demeura confiné à la chambre ; Yotam, son fils, était maître du palais et administrait le peuple.
Le reste de l’histoire d’Ozias, et tout ce qu’il a fait, cela n’est-il pas écrit au livre des Annales des rois de Juda ?
Ozias se coucha avec ses pères, on l’enterra avec ses pères dans la Cité de David et son fils Yotam devint roi à sa place.
En la trente-huitième année d’Ozias, roi de Juda, Zacharie fils de Jéroboam devint roi sur Israël à Samarie, pour six mois.
Il fit ce qui déplaît à Yahvé, comme avaient fait ses pères, il ne se détourna pas des péchés de Jéroboam fils de Nebat, où celui-ci avait entraîné Israël.
10 Shallum fils de Yabesh fit une conspiration contre lui, il le frappa à mort devant le peuple et devint roi à sa place.
11 Le reste de l’histoire de Zacharie est écrit au livre des Annales des rois d’Israël.
12 C’était ce que Yahvé avait dit à Jéhu : « Tes fils jusqu’à la quatrième génération s’assiéront sur le trône d’Israël »; et il en fut ainsi.
13 Shallum fils de Yabesh devint roi en la trente-neuvième année d’Ozias, roi de Juda, et régna un mois à Samarie.
14 Menahem fils de Gadi monta de Tirça, entra à Samarie, y frappa à mort Shallum fils de Yabesh et devint roi à sa place.
15 Le reste de l’histoire de Shallum et le complot qu’il trama, cela est écrit au livre des Annales des rois d’Israël.
16 C’est alors que Menahem châtia Tipsah — tuant tous ceux qui y étaient — et son territoire en partant de Tirça, parce qu’on ne lui avait pas ouvert les portes ; il châtia la ville et éventra toutes les femmes enceintes.
17 En la trente-neuvième année d’Ozias, roi de Juda, Menahem fils de Gadi devint roi sur Israël ; il régna dix ans à Samarie.
18 Il fit ce qui déplaît à Yahvé, il ne se détourna pas, sa vie durant, des péchés de Jéroboam fils de Nebat, où celui-ci avait entraîné Israël.
19 Pul, roi d’Assyrie, envahit le pays. Menahem donna à Pul mille talents d’argent pour qu’il le soutînt et qu’il affermît le pouvoir royal entre ses mains.
20 Menahem préleva cette somme sur Israël, sur tous les notables, pour la donner au roi d’Assyrie, à raison de cinquante sicles d’argent par tête. Alors le roi d’Assyrie s’en retourna et ne resta pas là, dans le pays.
21 Le reste de l’histoire de Menahem, et tout ce qu’il a fait, cela n’est-il pas écrit au livre des Annales des rois d’Israël ?
22 Menahem se coucha avec ses pères et Peqahya, son fils, devint roi à sa place.
23 En la cinquantième année d’Ozias, roi de Juda, Peqahya fils de Menahem devint roi sur Israël à Samarie, pour deux ans.
24 Il fit ce qui déplaît à Yahvé, il ne se détourna pas des péchés de Jéroboam fils de Nebat, où celui-ci avait entraîné Israël.
25 Son écuyer Péqah fils de Remalyahu complota contre lui et le frappa à Samarie, dans le donjon du palais royal, ainsi que Argob et Ariéh. Il y avait avec lui cinquante hommes de Galaad. Il fit mourir le roi et régna à sa place.
26 Le reste de l’histoire de Peqahya, et tout ce qu’il a fait, cela est écrit au livre des Annales des rois d’Israël.
27 En la cinquante-deuxième année d’Ozias, roi de Juda, Péqah fils de Remalyahu devint roi sur Israël à Samarie ; il régna vingt ans.
28 Il fit ce qui déplaît à Yahvé, il ne se détourna pas des péchés de Jéroboam fils de Nebat, où celui-ci avait entraîné Israël.
29 Au temps de Péqah, roi d’Israël, Téglat-Phalasar, roi d’Assyrie, vint s’emparer de Iyyôn, d’Abel-Bet-Maaka, de Yanoah, de Qédesh, de Haçor, de Galaad, de la Galilée, tout le pays de Nephtali, et il déporta les habitants en Assyrie.
30 Osée fils d’Éla ourdit un complot contre Péqah fils de Remalyahu, il le frappa à mort et devint roi à sa place dans la vingtième année de Yotam, fils d’Ozias.
31 Le reste de l’histoire de Péqah, et tout ce qu’il a fait, cela est écrit au livre des Annales des rois d’Israël.
32 En la deuxième année de Péqah fils de Remalyahu, roi d’Israël, Yotam fils d’Ozias devint roi de Juda.
33 Il avait vingt-cinq ans à son avènement et il régna seize ans à Jérusalem ; sa mère s’appelait Yerusha, fille de Sadoq.
34 Il fit ce qui est agréable à Yahvé, imitant en tout la conduite de son père Ozias.
35 Seulement, les hauts lieux ne disparurent pas, le peuple continuait d’offrir sacrifices et encens sur les hauts lieux.C’est lui qui construisit la Porte Supérieure du Temple de Yahvé.
36 Le reste de l’histoire de Yotam, et tout ce qu’il a fait, cela n’est-il pas écrit au livre des Annales des rois de Juda ?
37 En ces jours-là, Yahvé commença d’envoyer contre Juda Raçôn, roi d’Aram, et Péqah, fils de Remalyahu.
38 Yotam se coucha avec ses pères, on l’enterra avec ses pères dans la Cité de David, son ancêtre, et son fils Achaz devint roi à sa place.
Lire la suite:2 Rois, Chapitre 16
Notes:
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Commentaire sur le livre
Notes sur la partie

5 b) Traduction incertaine. L’expression rendue par « confiné à la chambre » est unique.


10 c) Traduction incertaine ; « à Yibleam » grec luc.


16 d) Cette ville, sur le bord de l’Euphrate, est invraisemblable comme but de l’expédition de Menahem ; lire avec grec luc. « Tappuah ».


18 e) Littéralement « tous ses jours »; grec « en ses jours », reporté au début du v. suivant.


19 f) D’après les documents assyro-babyloniens, Pûlu est le nom de couronnement que prit Téglat-Phalasar III, roi d’Assyrie (745-727), lorsqu’il assuma le pouvoir à Babylone en 729. — Le tribut du v. 20 est mentionné dans les textes assyriens en connexion avec la campagne de ce roi en Syrie, en 738.


25 g) Ces deux noms posent problème. On peut aussi supposer qu’ils aient été des comploteurs « (avec l’aide de) Argob et Ariéh et, avec lui, cinquante hommes de... ».


27 h) Cinq ans au plus, selon les dates assurées.


29 i) Les villes mentionnées (« tout Nephtali ») furent conquises au passage par Téglat-Phalasar dans sa campagne contre la Philistie en 734. La mention de Galaad et de la Galilée bloque avec ces conquêtes celles de la campagne de 733-732, dirigée principalement contre Damas.


29 j) Première déportation israélite.


30 k) Cette précision manque dans grec. Elle est contredite par le v. 33.


33 l) Si ce chiffre est exact, il comprend les années de régence de Yotam, v. 5.


37 m) Raçôn (grec ; hébr. Reçin) est le dernier roi de Damas, avant la prise de la ville par les Assyriens, 2 R 16.9. C’est la préparation de la guerre qui se développera sous Achaz, 2 R 16.5-9.


Comme ceux de Samuel, les livres des Rois ne formaient d’abord qu’un ouvrage de la Bible hébraïque. Ils correspondent aux deux derniers livres des Règnes dans la traduction grecque et des Rois dans la Vulgate.

Ils font immédiatement suite aux livres de Samuel et 1 R 1-2 contient la fin du grand document de 2 S 9-20. Le long récit du règne de Salomon, 1 R 3-11, détaille l’excellence de sa sagesse, la splendeur de ses constructions, surtout du Temple de Jérusalem, l’étendue de ses richesses. C’est une époque glorieuse, certes, mais l’esprit conquérant du règne de David a disparu : on conserve, on organise, surtout on exploite. L’opposition entre les deux fractions du peuple se maintient et, à la mort de Salomon, en 931, le royaume se divise : les dix tribus du Nord font une sécession aggravée d’un schisme religieux, 1 R 12-13. L’histoire parallèle des deux royaumes d’Israël et de Juda se développe de 1 R 14 à 2 R 17 : c’est souvent l’histoire des luttes entre ces royaumes frères, c’est aussi celle des assauts extérieurs de l’Égypte contre Juda et des Araméens dans le Nord. Le danger devient plus pressant quand les armées assyriennes interviennent dans la région, d’abord au IXe siècle, plus fortement au VIIIe siècle, où Samarie tombe sous leurs coups en 721, cependant que Juda s’est déjà déclaré vassal. L’histoire de Juda seul se continue jusqu’à la ruine de Jérusalem en 587 dans 2 R 18-25.21. Le récit s’étend surtout sur deux règnes, celui d’Ézéchias, 2 R 18-20, et celui de Josias 2 R 22-23, marqués par un réveil national et une réforme religieuse. Les grands événements politiques sont alors l’invasion de Sennachérib sous Ézéchias en 701, en réponse au refus du tribut assyrien, et, sous Josias, la ruine de l’Assyrie et la formation de l’empire chaldéen. Juda dut se soumettre aux nouveaux maîtres de l’Orient, mais se révolta bientôt. Le châtiment ne tarda pas : en 597, les armées de Nabuchodonosor prirent Jérusalem et déportèrent une partie de ses habitants ; dix ans après, un sursaut d’indépendance amena une nouvelle intervention de Nabuchodonosor, qui s’acheva en 587 par la ruine de Jérusalem et une seconde déportation. Les Rois s’achèvent par deux courts appendices, 2 R 25.22-30.

L’ouvrage cite nommément trois de ses sources, une Histoire de Salomon, les Annales des rois d’Israël et les Annales des rois de Juda, mais il en eut d’autres : outre la fin du grand document davidique, 1 R 1-2, une description du Temple, d’origine sacerdotale, 1 R 6-7, surtout une histoire d’Élie composée vers la fin du IXe siècle et une histoire d’Élisée un peu postérieure ; ces deux histoires sont à la base des cycles d’Élie, 1 R 172 R 1, et d’Élisée, 2 R 2-13. Les récits du règne d’Ézéchias qui mettent en scène Isaïe, 2 R 18.17-20.19, proviennent des disciples de ce prophète.

Lorsque l’utilisation des sources n’y contrevient pas, les événements sont enfermés dans un cadre uniforme : chaque règne est traité pour lui-même et entièrement, le début et la fin des règnes sont marqués par des formules à peu près constantes, où ne manque jamais un jugement sur la conduite religieuse du roi. Tous les rois d’Israël sont condamnés à cause du « péché originel » de ce royaume, la fondation du sanctuaire de Béthel ; parmi les rois de Juda, huit seulement sont loués pour leur fidélité générale aux prescriptions de Yahvé. Mais cette louange est six fois restreinte par la remarque que « les hauts lieux ne disparurent pas »; seuls Ézéchias et Josias reçoivent une approbation sans réserve.

Ces jugements s’inspirent évidemment de la loi du Deutéronome sur l’unité du sanctuaire. Il y a davantage : la découverte du Deutéronome sous Josias et la réforme religieuse qu’elle inspira marquent le point culminant de toute cette histoire, et l’ouvrage entier est une démonstration de la thèse fondamentale du Deutéronome, qui est reprise dans 1 R 8 et 2 R 17 : si le peuple observe l’alliance conclue avec Dieu, il sera béni, s’il la transgresse, il sera châtié. Cette influence deutéronomiste se retrouve dans le style, chaque fois que le rédacteur développe ou commente ses sources.

Il est vraisemblable qu’une première rédaction deutéronomiste fut faite avant l’Exil, avant la mort de Josias à Megiddo en 609, et la louange décernée à ce roi, 2 R 23.25 (moins les derniers mots), serait la conclusion de l’ouvrage primitif. Une seconde édition, également deutéronomiste, fut donnée pendant l’Exil, après 562 Si on lui attribue la fin actuelle du livre, 2 R 25.22-30, un peu plus tôt si on l’arrête après le récit de la seconde déportation, 2 R 25.21, qui a l’allure d’une conclusion. Il y eut enfin quelques additions, pendant et après l’Exil.

Les livres des Rois doivent être lus dans l’esprit où ils ont été écrits, comme une histoire du salut. L’ingratitude du peuple élu, la ruine successive des deux fractions de la nation paraissent tenir en échec le plan de Dieu, mais il y a toujours pour sauvegarder l’avenir du groupe de fidèles qui n’ont pas plié le genou devant Baal, un reste de Sion qui garde l’Alliance. La stabilité des résolutions divines se manifeste dans la permanence étonnante de la lignée davidique, dépositaire des promesses messianiques, et le livre, sous sa forme dernière, se clôt sur la grâce fait à Joiakîn, comme sur l’aurore d’une rédemption.

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