Bible-Centre

La réflexion principale pour le 22 septembre 2022

La vie humaine a-t-elle donc un sens ? La vie ordinaire, terrestre ? Qohélet trouve un sens : recevoir la joie de ses œuvres. Dans le texte hébreu, il s'agit précisément de joie, et non de plaisir, de cette joie dont d'autres se réjouissaient dans la présence de Dieu. Mais où donc est ici la présence de Dieu ? Peut-être dans cette danse cosmique dont parle tout le chapitre ?

À chaque chose son lieu et son temps, et le monde tourne, présentant à celui qui contemple sa danse tantôt un côté, tantôt l'autre. Un temps pour naître, un temps pour mourir, un temps pour aimer, un temps pour haïr, un temps pour la guerre, un temps pour la paix... Mais autour de quoi le monde tourne-t-il ? Et qui regarde sa danse sacrée ? Dieu ? Oui, bien sûr, Il ne voit pas seulement danser Sa création, Il dirige aussi cette danse. Mais Qohélet n'est ni mystique ni prophète. Il est simplement contemplatif. Il sait voir ce qu'il voit dans son intégrité et sa plénitude. Et c'est pourquoi le monde familier s'est soudain ouvert à lui autrement. Comme il ne s'était jamais ouvert auparavant.

Derrière le mouvement infini, il a senti le repos. Non le repos de la mort, mais le repos de l'éternité. Du Présent éternel. Celui où Dieu demeure. Un Présent qui demeure toujours lui-même, immobile et immuable. Et qui, tout en demeurant tel, embrasse tout mouvement, rendant possible tout changement. Ce n'est pas encore l'éternité de Dieu, mais c'en est déjà la frontière. La frontière qui sépare l'éternité de Dieu des espaces et des temps créés dans la mauvaise infinité de leur diversité.

En prenant appui sur le mouvement infini des espaces et des temps infinis, on peut se trouver à la frontière de l'éternité de Dieu. Elle passe non seulement dans l'infinité mystérieuse de l'univers, mais aussi dans la profondeur non moins mystérieuse du cœur humain. Là, sur cette frontière, on peut trouver le repos. La paix intérieure. Comme les prophètes la trouvaient, tout en demeurant intérieurement absolument calmes au milieu de leurs rondes extatiques insaisissablement rapides.

Un mouvement rapide à l'extérieur, et une immobilité complète à l'intérieur, le repos dans le cœur, là où le « souffle de vie » de Dieu ouvre la porte du ciel. De l'éternité de Dieu. Et Qohélet, qui n'était pas prophète, a soudain découvert pour lui-même le même repos en contemplant la danse infinie du cosmos. Alors il apparut que celui-ci ne tourne nullement autour du vide. Derrière le vide s'est dessinée la plénitude. Plénitude de l'existence. Plénitude du sens. Et, si fugitive que soit la révélation, une chose est devenue claire : ce n'est plus « vanité des vanités ».

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