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La Bible en cinq ans pour le 15 septembre 2022

La Bible de Jérusalem (fr)

1 Rois, Chapitre 15

IV. Les deux royaumes jusqu’à Élie> 1 Règne d’Abiyyam en Juda (913-911)., 9 Règne d’Asa en Juda (911-870)., 25 Règne de Nadab en Israël (910-909)., 33 Règne de Basha en Israël (909-886).
La dix-huitième année du roi Jéroboam fils de Nebat, Abiyyam devint roi de Juda
et régna trois ans à Jérusalem ; sa mère s’appelait Maaka, fille d’Absalom.
Il imita les péchés que son père avait commis avant lui et son cœur ne fut pas tout entier à Yahvé son Dieu comme le cœur de son ancêtre David.
Pourtant, en considération de David, Yahvé son Dieu lui donna une lampe à Jérusalem, en maintenant son fils après lui et en épargnant Jérusalem.
En effet David avait fait ce qui est juste aux yeux de Yahvé et il ne s’était dérobé à rien de ce qu’il lui avait ordonné durant toute sa vie (sauf dans l’histoire d’Urie le Hittite).
Il y eut tout le temps guerre entre Roboam et Jéroboam.
Le reste de l’histoire d’Abiyyam, tout ce qu’il a fait, cela n’est-il pas écrit au livre des Annales des rois de Juda ? Il y eut guerre entre Abiyyam et Jéroboam.
Puis Abiyyam se coucha avec ses pères et on l’enterra dans la Cité de David ; son fils Asa régna à sa place.
La vingtième année de Jéroboam, roi d’Israël, Asa devint roi de Juda
10 et régna quarante et un ans à Jérusalem ; sa grand-mère s’appelait Maaka, fille d’Absalom.
11 Asa fit ce qui est juste aux yeux de Yahvé, comme son ancêtre David.
12 Il expulsa du pays les prostitués sacrés et supprima toutes les idoles que ses pères avaient faites.
13 Même il enleva à sa grand-mère la dignité de Grande Dame, parce qu’elle avait fait une horreur pour Ashéra ; Asa abattit son horreur et la brûla dans la vallée du Cédron.
14 Les hauts lieux ne disparurent pas ; pourtant le cœur d’Asa fut tout entier à Yahvé pendant toute sa vie.
15 Il déposa dans le Temple de Yahvé les offrandes consacrées par son père et ses propres offrandes, de l’argent, de l’or et du mobilier.
16 Il y eut guerre entre Asa et Basha, roi d’Israël, tant qu’ils vécurent.
17 Basha, roi d’Israël, marcha contre Juda et il fortifia Rama pour bloquer les communications d’Asa, roi de Juda.
18 Alors Asa prit l’argent et l’or qui restaient dans les trésors du Temple de Yahvé et ceux du palais royal. Il les remit à ses serviteurs et envoya ceux-ci vers Ben-Hadad fils de Tabrimmôn fils de Hèzyôn, le roi d’Aram qui résidait à Damas, avec ce message :
19 « Alliance entre moi et toi, entre mon père et ton père ! Je t’envoie un présent d’argent et d’or : va, romps ton alliance avec Basha, roi d’Israël, pour qu’il s’éloigne de moi ! »
20 Ben-Hadad exauça le roi Asa et envoya ses chefs d’armée contre les villes d’Israël ; il conquit Iyyôn, Dan, Abel-Bet-Maaka, tout Kinnerot et même tout le pays de Nephtali.
21 Quand Basha l’apprit, il arrêta les travaux à Rama et résida à Tirça.
22 Le roi Asa convoqua tout Juda, sans exemption pour personne ; on enleva les pierres et le bois avec lesquels Basha fortifiait Rama et le roi en fortifia Géba de Benjamin et Miçpa.
23 Le reste de l’histoire d’Asa, toute sa vaillance et tout ce qu’il a fait et les villes qu’il a construites, cela n’est-il pas écrit au livre des Annales des rois de Juda ?
Seulement, au temps de sa vieillesse, il eut les pieds malades.
24 Asa se coucha avec ses pères et on l’enterra dans la Cité de David, son ancêtre. Son fils Josaphat régna à sa place.
25 Nadab, fils de Jéroboam, devint roi d’Israël, en la deuxième année d’Asa, roi de Juda, et régna deux ans sur Israël.
26 Il fit ce qui déplaît à Yahvé : il imita la conduite de son père et le péché où celui-ci avait entraîné Israël.
27 Basha fils d’Ahiyya, de la maison d’Issachar, conspira contre lui et l’assassina à Gibbetôn, ville philistine qu’assiégeaient Nadab et tout Israël.
28 Basha le fit périr dans la troisième année d’Asa, roi de Juda, et régna à sa place.
29 Devenu roi, il massacra toute la maison de Jéroboam sans épargner personne, jusqu’à l’extermination, selon la parole que Yahvé avait dite par le ministère de son serviteur Ahiyya de Silo,
30 pour les péchés qu’il avait commis et où il avait entraîné Israël et pour l’irritation qu’il avait causée à Yahvé Dieu d’Israël.
31 Le reste de l’histoire de Nadab, et tout ce qu’il a fait, cela n’est-il pas écrit au livre des Annales des rois d’Israël ?
32 Il y eut guerre entre Asa et Basha, roi d’Israël, tant qu’ils vécurent.
33 La troisième année d’Asa, roi de Juda, Basha, fils d’Ahiyya, devint roi sur tout Israël à Tirça, pour vingt-quatre ans.
34 Il fit ce qui déplaît à Yahvé, et il imita la conduite de Jéroboam et le péché où il avait entraîné Israël.
Lire la suite:1 Rois, Chapitre 16
Notes:
Commentaire sur le fragment en cours
Commentaire sur le livre
Notes sur la partie

6 c) Doublet de 14.30, absent dans le grec.


10 d) Hébr. « mère » ; id. au v. 13 ; le v. 2 fait de Maaka la mère d’Abiyyam, et non de Asa. L’usage est aussi attesté du mot « père » au lieu de « grand-père » Gn 28.13.


13 e) En Juda, comme dans d’autres royaumes orientaux, la reine mère avait un rang d’honneur, cf. 2.19, et certaines prérogatives. Elle portait le titre de « Grande Dame ». Son nom est donné, sauf exception, dans l’introduction à chaque règne. Maaka avait conservé cette dignité sous son petit-fils, qui avait accédé très jeune au pouvoir.


13 f) Traduction incertaine. On ne sait pas ce qu’était cet objet.


18 g) Ben-Hadad Ier. Sur la suite de la dynastie, voir 20.1. Asa inaugure la politique d’alliances étrangères que les grands prophètes reprocheront sans cesse aux rois de Juda, cf. Isa 7.4-9 ; 8.6-8, etc.


20 h) La région à l’ouest du lac de Tibériade.


32 i) Doublet de 15.16, absent du grec.


Comme ceux de Samuel, les livres des Rois ne formaient d’abord qu’un ouvrage de la Bible hébraïque. Ils correspondent aux deux derniers livres des Règnes dans la traduction grecque et des Rois dans la Vulgate.

Ils font immédiatement suite aux livres de Samuel et 1 R 1-2 contient la fin du grand document de 2 S 9-20. Le long récit du règne de Salomon, 1 R 3-11, détaille l’excellence de sa sagesse, la splendeur de ses constructions, surtout du Temple de Jérusalem, l’étendue de ses richesses. C’est une époque glorieuse, certes, mais l’esprit conquérant du règne de David a disparu : on conserve, on organise, surtout on exploite. L’opposition entre les deux fractions du peuple se maintient et, à la mort de Salomon, en 931, le royaume se divise : les dix tribus du Nord font une sécession aggravée d’un schisme religieux, 1 R 12-13. L’histoire parallèle des deux royaumes d’Israël et de Juda se développe de 1 R 14 à 2 R 17 : c’est souvent l’histoire des luttes entre ces royaumes frères, c’est aussi celle des assauts extérieurs de l’Égypte contre Juda et des Araméens dans le Nord. Le danger devient plus pressant quand les armées assyriennes interviennent dans la région, d’abord au IXe siècle, plus fortement au VIIIe siècle, où Samarie tombe sous leurs coups en 721, cependant que Juda s’est déjà déclaré vassal. L’histoire de Juda seul se continue jusqu’à la ruine de Jérusalem en 587 dans 2 R 18-25.21. Le récit s’étend surtout sur deux règnes, celui d’Ézéchias, 2 R 18-20, et celui de Josias 2 R 22-23, marqués par un réveil national et une réforme religieuse. Les grands événements politiques sont alors l’invasion de Sennachérib sous Ézéchias en 701, en réponse au refus du tribut assyrien, et, sous Josias, la ruine de l’Assyrie et la formation de l’empire chaldéen. Juda dut se soumettre aux nouveaux maîtres de l’Orient, mais se révolta bientôt. Le châtiment ne tarda pas : en 597, les armées de Nabuchodonosor prirent Jérusalem et déportèrent une partie de ses habitants ; dix ans après, un sursaut d’indépendance amena une nouvelle intervention de Nabuchodonosor, qui s’acheva en 587 par la ruine de Jérusalem et une seconde déportation. Les Rois s’achèvent par deux courts appendices, 2 R 25.22-30.

L’ouvrage cite nommément trois de ses sources, une Histoire de Salomon, les Annales des rois d’Israël et les Annales des rois de Juda, mais il en eut d’autres : outre la fin du grand document davidique, 1 R 1-2, une description du Temple, d’origine sacerdotale, 1 R 6-7, surtout une histoire d’Élie composée vers la fin du IXe siècle et une histoire d’Élisée un peu postérieure ; ces deux histoires sont à la base des cycles d’Élie, 1 R 172 R 1, et d’Élisée, 2 R 2-13. Les récits du règne d’Ézéchias qui mettent en scène Isaïe, 2 R 18.17-20.19, proviennent des disciples de ce prophète.

Lorsque l’utilisation des sources n’y contrevient pas, les événements sont enfermés dans un cadre uniforme : chaque règne est traité pour lui-même et entièrement, le début et la fin des règnes sont marqués par des formules à peu près constantes, où ne manque jamais un jugement sur la conduite religieuse du roi. Tous les rois d’Israël sont condamnés à cause du « péché originel » de ce royaume, la fondation du sanctuaire de Béthel ; parmi les rois de Juda, huit seulement sont loués pour leur fidélité générale aux prescriptions de Yahvé. Mais cette louange est six fois restreinte par la remarque que « les hauts lieux ne disparurent pas »; seuls Ézéchias et Josias reçoivent une approbation sans réserve.

Ces jugements s’inspirent évidemment de la loi du Deutéronome sur l’unité du sanctuaire. Il y a davantage : la découverte du Deutéronome sous Josias et la réforme religieuse qu’elle inspira marquent le point culminant de toute cette histoire, et l’ouvrage entier est une démonstration de la thèse fondamentale du Deutéronome, qui est reprise dans 1 R 8 et 2 R 17 : si le peuple observe l’alliance conclue avec Dieu, il sera béni, s’il la transgresse, il sera châtié. Cette influence deutéronomiste se retrouve dans le style, chaque fois que le rédacteur développe ou commente ses sources.

Il est vraisemblable qu’une première rédaction deutéronomiste fut faite avant l’Exil, avant la mort de Josias à Megiddo en 609, et la louange décernée à ce roi, 2 R 23.25 (moins les derniers mots), serait la conclusion de l’ouvrage primitif. Une seconde édition, également deutéronomiste, fut donnée pendant l’Exil, après 562 Si on lui attribue la fin actuelle du livre, 2 R 25.22-30, un peu plus tôt si on l’arrête après le récit de la seconde déportation, 2 R 25.21, qui a l’allure d’une conclusion. Il y eut enfin quelques additions, pendant et après l’Exil.

Les livres des Rois doivent être lus dans l’esprit où ils ont été écrits, comme une histoire du salut. L’ingratitude du peuple élu, la ruine successive des deux fractions de la nation paraissent tenir en échec le plan de Dieu, mais il y a toujours pour sauvegarder l’avenir du groupe de fidèles qui n’ont pas plié le genou devant Baal, un reste de Sion qui garde l’Alliance. La stabilité des résolutions divines se manifeste dans la permanence étonnante de la lignée davidique, dépositaire des promesses messianiques, et le livre, sous sa forme dernière, se clôt sur la grâce fait à Joiakîn, comme sur l’aurore d’une rédemption.

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