Réfléchissant à la Torah et au Royaume, Paul revient de nouveau au thème de la vie et...
Réfléchissant à la Torah et au Royaume, Paul revient de nouveau au thème de la vie et de la mort. Il part de cette prémisse évidente que l’action et le pouvoir de la Torah ne s’étendent qu’aux vivants, non aux morts (v. 1). À titre d’exemple, il évoque le droit de la veuve à un nouveau mariage, que la Torah ne conteste pas (v. 2-3). L’union conjugale est l’union de deux êtres que le pouvoir de la Torah unit devant Dieu. Elle est indestructible, et toute tentative de rompre les liens conjugaux est une violation de la Torah.
Mais après la mort de l’un des conjoints, il ne peut évidemment plus être question de violation de la fidélité conjugale : le pouvoir de la Torah ne s’étend qu’aux vivants. On peut être libéré du pouvoir de la Torah soit par sa violation, soit par la mort. Mais la mort, selon les représentations généralement admises au temps de Paul, n’était pas une disparition sans trace du défunt, mais son passage à un certain état nouveau, qualitativement autre. Il n’existe pas de représentation unique de l’au-delà, ni dans l’Ancien Testament ni dans la théologie rabbinique, mais tous s’accordent sur le fait qu’il s’agit d’un changement, et d’un changement radical.
C’est précisément pourquoi la Torah perd son pouvoir sur le mort : elle est nécessaire pour aider l’homme à choisir entre le péché et la justice dans son état actuel, c’est-à-dire tant qu’il est vivant. Si cet état est devenu absolument autre, les normes de la Torah perdent leur sens pour l’homme, et la Torah perd par conséquent son pouvoir sur lui.
La même chose, selon la pensée de l’apôtre, arrive à ceux qui choisissent le Royaume. Du point de vue de ceux qui restent hors du Royaume, ils sont morts : car, comme les défunts, ils cessent de vivre la vie qu’ils vivaient auparavant, et leur vie nouvelle est inséparable de la vie du Christ ressuscité (v. 4). Mais la vie du Ressuscité se déroule selon des lois tout à fait différentes de celles de la vie de notre monde, pas encore pleinement transfiguré. En un certain sens, la différence entre ceux qui vivent dans le Royaume et ceux qui vivent dans notre monde non transfiguré est presque aussi grande qu’entre les vivants et ceux qui demeurent dans le shéol. Et la Torah perd son pouvoir sur ceux qui ont reçu le Royaume de la même manière qu’elle le perd sur ceux qui sont partis dans le shéol (v. 5-6).