Pour prononcer le mot « je », il faut avant tout exister, être vivant. Ma vie est tout ce que j'ai, et tout ce que je rencontre devient une partie de ma vie. C'est pourquoi la vie est l'étalon naturel auquel je compare tout le reste ; la vie est pour moi la valeur ultime ; s'il n'y a pas de vie, il n'y a pas de moi. Quand l'homme crie en lui-même : « Je ne veux plus vivre », cela signifie : « Je ne veux plus vivre AINSI », et non un refus conscient d'exister. Mais voici que le psalmiste découvre quelque chose de plus grand, de meilleur que la vie elle-même : la miséricorde de Dieu. Cette miséricorde est la source de la vie humaine ; elle est aussi ce qui remplit la vie de sens et de beauté ; elle est encore le fondement de l'espérance que la vie ne s'achèvera pas par la mort. Lorsque notre vie est placée par nous à sa juste place dans le système des valeurs, après Dieu, « je te bénirai pendant ma vie », alors nous la recevons véritablement.