Qu'y a-t-il de grave dans le désir de David de compter son peuple? Le roi ne fait que déterminer ce qu'il possède. L'information n'est pas inutile, et elle est très importante pour un souverain. Elle permet de savoir sur combien de soldats on peut compter en cas de guerre, combien d'impôts on peut percevoir, etc. Il nous semble que le roi a le droit de savoir tout cela, puisque le pouvoir du roi est illimité. Surtout celui d'un roi établi par Dieu. Mais la singularité de la position du roi d'Israël tient au fait que le peuple qui lui est donné appartient en réalité à Dieu. C'est Dieu qui le compte, le multiplie, l'éduque. Et le désir d'écarter Dieu, de le priver de son pouvoir au moins en pensée, de tout compter et de tout posséder en repoussant Dieu plus haut pour disposer soi-même des choses terrestres, ce désir n'est pas celui de l'oint, mais de tout homme. En même temps, c'est aussi la racine du péché originel: tout posséder soi-même et se déclarer maître de tout ce qui paraissait être à soi. Mais ce «tout» n'est donné qu'en gestion. Et le Propriétaire connaît lui-même les temps et les moments où il vérifie avec quelle sagesse tu gères ce qui t'a été confié.