Depuis longtemps déjà Dieu avait rejeté Saül (chapitre 15), mais ce n’est que maintenant que la mort le rattrape et que son règne s’achève. Cela ressemble à ce qui arriva à Adam, qui ne mourut pas « le jour même »—le jour de la chute—mais vécut encore 930 ans. Pourquoi en est-il ainsi, pourquoi la décision de Dieu ne s’accomplit-elle pas immédiatement ? Plusieurs réponses sont possibles. Premièrement, Dieu ne demeure pas dans le temps, et pour Lui la décision et son accomplissement sont un seul et même instant. Deuxièmement, Son but n’est pas de châtier aussitôt l’homme, de telle sorte que celui-ci ne comprenne rien, mais de lui donner la possibilité de voir où le conduit son péché. Cela demande du temps, même si l’homme peut ne rien voir durant tout ce temps. Nous ne savons évidemment pas ce que Saül a pu comprendre, mais il est significatif qu’au fil de ces chapitres, du chapitre 15 au chapitre 31, il se souvienne de Dieu de moins en moins souvent ; même au dernier instant avant sa mort, il ne s’adresse pas à Lui, mais à son écuyer, lui remettant sa vie. Lorsque celui-ci refuse de transpercer le roi, Saül se donne la mort, violant une fois de plus la volonté de Dieu. Si l’homme n’humilie pas son orgueil par le repentir, celui-ci le dévore tout entier et l’emporte dans les ténèbres éternelles.
