Les paroles du Sauveur sur le Royaume paraissent parfois contradictoires. Tantôt Il parle du Royaume comme d'une réalité d'ampleur universelle, cosmique, tantôt...
Les paroles du Sauveur sur le Royaume paraissent parfois contradictoires. Tantôt Il parle du Royaume comme d'une réalité d'ampleur universelle, cosmique, tantôt comme de quelque chose de presque imperceptible, de quelque chose qui croît dans le silence et dans l'obscurité, pareil à une graine dans la terre.
Pourtant, en réalité, il n'y a ici aucune contradiction. Le Royaume est vraiment une réalité d'ampleur universelle. Il dépasse même notre univers : nous vivons en effet dans un monde déchu, et le Royaume est bien plus vaste que lui ; il l'inclut en lui-même, le transformant et en faisant une partie d'une autre réalité, nouvelle. En même temps, le Royaume ne descend pas simplement dans notre monde depuis quelque ciel ; il croît de l'intérieur de notre monde déchu. Bien sûr, de lui-même, à partir de rien, il ne poussera pas : le Royaume est une fleur précieuse, et d'elles-mêmes, comme on le sait, seules les mauvaises herbes poussent bien et vite.
D'où la nécessité de semer les graines appropriées et d'en prendre soin ; autrement, il n'y aura rien. Cependant, il ne s'agit pas seulement du fait que la graine a besoin de temps pour germer. Il s'agit aussi du fait que les graines du Royaume croissent dans les coeurs humains, et cela constitue l'espérance principale, tout en étant aussi le principal problème. Lorsque nous parlons du Royaume qui croît à partir de graines jetées dans la terre de notre monde, il est important de nous rappeler que cette terre, c'est nous-mêmes. C'est en nous que la semence du Royaume jetée par Dieu peut soit germer, soit pourrir. C'est là que commence précisément ce qui, en fin de compte, détermine les délais du triomphe définitif du Royaume.
Nous vivons à l'époque du Royaume qui vient, mais le moment où il viendra enfin et se révélera dans toute sa plénitude dépend précisément de nous. La date du retour du Christ dans la gloire, de Sa seconde venue, n'est connue que du Père, non parce que le Père cache quelque chose au Fils, mais parce qu'elle n'est pas encore déterminée et, peut-être, ne peut pas être déterminée avec précision : elle dépend en effet du choix de chacun de nous et, par conséquent, elle devra inévitablement changer sans cesse, changer à chaque choix accompli.
Cela ralentit beaucoup les choses, mais c'est seulement ainsi que l'on peut donner à chacun la possibilité de participer au processus par lequel le Royaume entre dans le monde. La participation de l'homme est nécessaire ici parce qu'autrement cet homme ne pourra pas entrer dans le Royaume. Il pourra alors, au mieux, communier à sa vie, mais il ne pourra pas changer de telle sorte que la vie du Royaume devienne aussi sa propre vie ; alors tous les efforts se révéleront inutiles, car dans le Royaume, l'essentiel, ce sont les personnes qui le composent.