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La Bible en cinq ans pour le 26 janvier 2022

La Bible de Jérusalem (fr)

1 Samuel, Chapitre 23

III. Saül et David> 1 David à Qéïla., 15 David à Horsha. Visite de Jonathan., 19 David échappe de justesse à Saül.
1 On apporta cette nouvelle à David : « Les Philistins assiègent Qéïla et pillent les aires. »
2 David consulta Yahvé : « Dois-je partir et battrai-je ces Philistins ? » Yahvé répondit : « Va, tu battras les Philistins et tu sauveras Qéïla. »
3 Cependant les hommes de David lui dirent : « Ici, en Juda, nous avons peur ; qu’en sera-t-il si nous allons à Qéïla contre les lignes philistines ! »
4 David consulta encore une fois Yahvé, et Yahvé répondit : « Pars ! Descends à Qéïla, car je livre les Philistins entre tes mains. »
5 David alla donc à Qéïla avec ses hommes, il attaqua les Philistins, enleva leurs troupeaux et leur porta un coup très dur. David sauva les habitants de Qéïla. —
6 Lorsque Ébyatar, fils d’Ahimélek, s’était enfui auprès de David, il avait emporté à Qéïla, l’éphod avec lui.
7 On informa Saül que David était entré à Qéïla. Saül dit : « Dieu l’a livré en ma main, car il s’est pris au piège en entrant dans une ville à portes et à verrous ! »
8 Saül appela tout le peuple au combat pour descendre à Qéïla, puis bloqua David et ses hommes.
9 David sut que c’était contre lui que Saül projetait une mauvaise action, il dit au prêtre Ébyatar : « Apporte l’éphod. »
10 David dit : « Yahvé, Dieu d’Israël, ton serviteur a entendu dire que Saül se préparait à venir à Qéïla pour détruire la ville à cause de moi.
11 Les notables de Qéïla me livreront-ils entre ses mains ? Saül descendra-t-il, comme ton serviteur l’a appris ? Yahvé, Dieu d’Israël, veuille informer ton serviteur ! » Yahvé répondit : « Il descendra. »
12 David dit : « Est-ce que les notables de Qéïla me livreront, moi et mes hommes, entre les mains de Saül ? » Yahvé dit : « Ils vous livreront. »
13 David partit avec ses hommes, au nombre d’environ six cents, ils sortirent de Qéïla et s’en allèrent ailleurs. On informa Saül que David s’était échappé de Qéïla et il abandonna l’expédition.
14 David demeura au désert dans les falaises ; il demeura dans la montagne au désert de Ziph et Saül le rechercha pendant tout ce temps, mais Dieu ne le livra pas entre ses mains.
15 David vit que Saül était entré en campagne pour attenter à sa vie. David était alors dans le désert de Ziph, à Horsha.
16 S’étant mis en route, Jonathan, fils de Saül, se leva et vint auprès de David à Horsha et le réconforta au nom de Dieu.
17 Il lui dit : « Sois sans crainte, car la main de mon père Saül ne t’atteindra pas. C’est toi qui régneras sur Israël et moi je serai ton second ; mon père Saül lui-même le sait bien. »
18 Ils conclurent tous les deux un pacte devant Yahvé. David demeura à Horsha et Jonathan s’en alla chez lui.
19 Des gens de Ziph montèrent à Gibéa auprès de Saül pour lui dire : « David ne se cache-t-il pas chez nous dans les falaises, à Horsha, sur la colline de Hakila, au sud de la steppe ?
20 Maintenant, quand tu désireras descendre, ô roi, descends c’est à nous de le livrer entre les mains du roi. »
21 Saül répondit : « Soyez bénis de Yahvé pour avoir eu pitié de moi.
22 Allez donc, assurez-vous encore, reconnaissez et voyez l’endroit où il se trouve, qui il y a, car on m’a dit : il est très rusé.
23 Voyez et reconnaissez toutes les cachettes où il peut se cacher et revenez me voir quand vous serez sûrs. Alors, j’irai avec vous et, s’il est dans le pays, je le traquerai dans tous les clans de Juda. »
24 Se mettant en route, ils partirent pour Ziph, en avant de Saül. David et ses hommes étaient au désert de Maôn, dans la plaine au sud de la steppe.
25 Saül et ses hommes partirent à sa recherche. On en informa David. Celui-ci descendit à la Roche et demeura dans le désert de Maôn. Saül l’apprit et il poursuivit David dans le désert de Maôn.
26 Saül marchait d’un côté de la montagne ; David et ses hommes étaient de l’autre côté de la montagne. David se hâtait de s’éloigner de Saül. Saül et ses hommes voulaient encercler David et ses hommes pour les capturer.
27 Un messager vint dire à Saül : « Hâte-toi ! Pars, car les Philistins ont envahi le pays ! »
28 Saül cessa donc de poursuivre David et marcha à la rencontre des Philistins. C’est pourquoi on a appelé cet endroit la Roche des Hésitations.
Lire la suite:1 Samuel, Chapitre 24
Notes:
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Commentaire sur le livre
Notes sur la partie

6 w) Cette remarque prépare la consultation par l’éphod qui va suivre, cf. v. 9.


7 x) Ce verbe, comme l’a bien compris le grec, signifie « vendre »; cette idée se retrouve en Jg 2.14 ; 3.8.


11 y) La première question est répétée au v. 12 et elle est omise dans le grec.


12 z) David a sauvé les habitants de Qéïla, mais il leur a fait payer cette assistance en vivant à leurs dépens avec sa troupe, cf. 25.4-8 ; alors ils le trahissent et font appel au pouvoir régulier. Cf. 23.19-20 ; 24.2 ; 26.1.


14 a) Au sud d’Hébron. Le v. relie l’épisode de Qéïla, vv. 1-13, à celui de Ziph, vv. 19-28.


15 b) Les vv. 15-18 appartiennent aux traditions sur l’amitié de David et de Jonathan, cf. particulièrement 20.11-27. L’annonce de la royauté de David est ici explicite et Jonathan se réserve la seconde place, v. 17. Cela ne signifie pas qu’il y ait eu un complot des deux amis contre Saül (cf. 20.30 ; 22.8). Ces histoires sont racontées à la lumière des événements qui suivirent.


25 c) Selac a ici son sens premier de « coupure dans le roc », Saül et David suivent, non pas les deux versants d’une hauteur, mais les deux versants d’une gorge difficile à franchir, v. 26. Cf. des situations analogues en 26.13, 22 ; 2 S 16.13.


Les livres de Samuel ne formaient qu’un seul ouvrage dans la Bible hébraïque. La division en deux livres remonte à la traduction grecque, qui a également joint Samuel et Rois sous un même titre : les quatre livres des Règnes ; la Vulgate les appelle les quatre livres des Rois. Le Samuel hébreu correspond aux deux premiers. Ce titre provient de la tradition qui attribuait au prophète Samuel la composition de cet écrit.

Le texte est l’un des plus mal conservés de l’Ancien Testament. La traduction grecque des Septante donne un texte assez souvent différent, qui remonte à un prototype dont les grottes de Qumrân ont livré d’importants fragments. Il existait donc plusieurs recensions hébraïques des livres de Samuel.

On y distingue cinq parties : a) Samuel, 1 S 1-7 ; b) Samuel et Saül, 1 S 8-15 ; c) Saül et David, 1 S 16 à 2 S 1 ; d) David, 2 S 2-20 ; e) suppléments, 2 S 21-24.

L’ouvrage combine ou juxtapose des sources et des traditions diverses sur les débuts de la période monarchique. Il y a une histoire de l’arche et de sa captivité chez les Philistins, 1 S 4-6, où Samuel ne paraît pas et qui se continuera dans 2 S 6. Elle est encadrée par un récit de l’enfance de Samuel, 1 S 1-3, et par un récit qui présente Samuel comme le dernier des Juges et anticipe la libération du joug philistin, 7. Samuel joue un rôle essentiel dans l’histoire de l’institution de la royauté, 1 S 8-12, où l’on a distingué depuis longtemps deux groupes de traditions : 1 S 9 ; 10.1-16 ; 11 d’une part et 1 S 8 ; 10.17-24 ; 12 d’autre part. On a appelé le premier groupe une version « monarchiste » de l’événement et le second, une version « anti-monarchiste »; cette dernière serait postérieure. En fait, les deux traditions sont anciennes et représentent seulement des tendances différentes ; de plus, le second courant n’est pas si « anti-monarchiste » qu’on le dit, il est seulement opposé à une royauté qui ne respecterait pas les droits de Dieu. Les guerres de Saül contre les Philistins sont racontées dans 13-14, avec une première version du rejet de Saül, 13.7b-15a ; une seconde version de ce rejet est donnée dans 15, en liaison avec une guerre contre les Amalécites. Ce rejet prépare l’onction de David par Samuel, 1 S 16.1-13. Sur les débuts de David et ses démêlés avec Saül, des traditions parallèles et, semble-t-il, également anciennes ont été recueillies dans 1 S 16.14 – 2 S 1, où les doublets sont fréquents. La fin de cette histoire se trouve dans 2 S 2-5 : la royauté de David à Hébron, la guerre philistine et la prise de Jérusalem assurent la confirmation de David comme roi sur tout Israël, 2 S 5.12. Le chap. 6 reprend l’histoire de l’arche ; la prophétie de Natân, 7, est ancienne mais a été remaniée ; le chap. 8 est un sommaire rédactionnel. À partir de 2 S 9 commence un long récit qui ne s’achèvera qu’au début des Rois, 1 R 1-2. C’est l’histoire de la famille de David et des luttes autour de la succession au trône, écrite dans la première moitié du règne de Salomon peut-être en utilisant des témoignages directs. Elle est interrompue par 2 S 21-24, qui rassemble des pièces d’origine diverse sur le règne de David.

En dehors de la grande histoire de 2 S 9-20, il est possible que d’autres ensembles aient été constitués dès les premiers siècles de la monarchie : un premier cycle de Samuel, deux histoires de Saül et de David. Il se peut aussi que ces ensembles aient déjà été combinés aux environs de l’an 700, mais les livres ne reçurent leur forme définitive que dans la grande histoire deutéronomiste. Cependant l’influence du Deutéronome est ici beaucoup moins apparente que dans Juges et Rois. On la décèle en particulier dans les premiers chapitres de l’ouvrage, notamment 1 S 2.22-36 ; 7 et 12, peut-être dans un remaniement de la prophétie de Natân, 2 S 7, mais le récit de 2 S 9-20 a été conservé à peu près sans retouche.

Les livres de Samuel couvrent la période qui va des origines de la monarchie israélite à la fin du règne de David. L’expansion des Philistins – la bataille d’Apheq, 1 S 4, se situe vers 1050 – mettait en danger l’existence même d’Israël et imposa la monarchie. Saül, vers 1030, débute comme un continuateur des Juges, mais sa reconnaissance par toutes les tribus lui confère une autorité générale et permanente : la royauté est née. La guerre de libération commence et les Philistins sont rejetés chez eux, 1 S 14 ; les rencontres ultérieures se font en bordure du territoire israélite, 1 S 17 (Vallée du Térébinthe), 28 et 31 (Gelboé). Ce dernier combat tourne au désastre et Saül y meurt, vers 1010. L’unité nationale est à nouveau compromise, David est sacré roi à Hébron par les Judéens, et les tribus du Nord lui opposent Ishbaal, descendant de Saül, réfugié en Transjordanie. Cependant, le meurtre d’Ishbaal rend l’union possible et David est reconnu comme roi par Israël.

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