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La Bible en cinq ans pour le 29 novembre 2021

La Bible de Jérusalem (fr)

Juges, Chapitre 3

Seconde introduction> 20 Raison de la permanence des nations étrangères., Histoire des Juges> 7 1. OTNIEL, 12 2. ÉHUD, 31 3. SHAMGAR
1 Voici les nations que Yahvé a laissé subsister afin de mettre par elles Israël à l’épreuve, tous ceux qui n’avaient connu aucune des guerres de Canaan
2 — ce fut uniquement pour l’enseignement des descendants des Israélites, pour leur apprendre l’art de la guerre ; à ceux du moins qui ne l’avaient pas connu autrefois — :
3 les cinq princes des Philistins et tous les Cananéens, les Sidoniens et les Hivvites qui habitaient la chaîne du Liban, depuis la montagne de Baal-Hermôn jusqu’à l’Entrée de Hamat.
4 Ils servirent à éprouver Israël, pour savoir s’ils écouteraient les commandements que Yahvé avait prescrits à leurs pères par l’intermédiaire de Moïse.
5 Et les Israélites habitèrent au milieu des Cananéens, des Hittites, des Amorites, des Perizzites, des Hivvites et des Jébuséens ;
6 ils prirent pour femmes leurs filles, ils donnèrent leurs filles à leurs fils et ils servirent leurs dieux.
7 Les Israélites firent ce qui est mal aux yeux de Yahvé. Ils oublièrent Yahvé leur Dieu pour servir les Baals et les Ashéras.
8 Alors la colère de Yahvé s’enflamma contre Israël, il les livra aux mains de Kushân-Risheatayim, roi d’Aram-Naharayim, et les Israélites furent asservis à Kushân-Risheatayim pendant huit ans.
9 Alors les Israélites crièrent vers Yahvé et Yahvé suscita aux Israélites un sauveur qui les libéra, Otniel fils de Qenaz, frère cadet de Caleb.
10 L’esprit de Yahvé fut sur lui ; il jugea Israël et il partit pour la guerre. Yahvé livra entre ses mains Kushân-Risheatayim, roi d’Aram, et il triompha de Kushân-Risheatayim.
11 Le pays fut alors en repos pendant quarante ans. Puis Otniel, fils de Qenaz, mourut.
12 Les Israélites recommencèrent à faire ce qui est mal aux yeux de Yahvé et Yahvé fortifia Églôn, roi de Moab, contre Israël, parce qu’ils faisaient ce qui est mal aux yeux de Yahvé.
13 Églôn s’adjoignit les fils d’Ammon et Amaleq, marcha contre Israël, le battit et prit possession de la ville des Palmiers.
14 Les Israélites furent asservis à Églôn, roi de Moab, pendant dix-huit ans.
15 Alors les Israélites crièrent vers Yahvé et Yahvé leur suscita un sauveur, Éhud, fils de Géra, Benjaminite, qui était gaucher. Par son intermédiaire les Israélites envoyèrent un tribut à Églôn, roi de Moab.
16 Éhud se fit un poignard à double tranchant, long d’un gomed, et il l’attacha sous son vêtement, sur sa hanche droite.
17 Il offrit donc le tribut à Églôn, roi de Moab. Cet Églôn était très gros.
18 Une fois le tribut offert, Éhud renvoya les gens qui l’avaient apporté.
19 Mais lui-même, arrivé aux Idoles qui sont près de Gilgal, revint et dit : « J’ai un message secret pour toi, ô roi ! » Le roi répondit : « Silence ! » et tous ceux qui se trouvaient auprès de lui sortirent.
20 Éhud vint vers lui ; il était assis dans la chambre haute où l’on prend le frais, qui lui était réservée. Éhud lui dit : « C’est une parole de Dieu que j’ai pour toi, ô roi ! » Et celui-ci se leva aussitôt de son siège.
21 Alors Éhud étendit la main gauche, prit le poignard de dessus sa hanche droite et l’enfonça dans le ventre du roi.
22 La poignée même entra avec la lame et la graisse se referma sur la lame, car Éhud n’avait pas retiré le poignard de son ventre ; alors les excréments sortirent.
23 Éhud sortit par le vestibule, il avait fermé derrière lui les portes de la chambre haute et poussé le verrou.
24 Quand il fut sorti, les serviteurs revinrent et ils regardèrent : les portes de la chambre haute étaient fermées au verrou. Ils se dirent : « Sans doute il se couvre les pieds dans le réduit de la chambre fraîche. »
25 Ils attendirent jusqu’à en être inquiets, car il n’ouvrait toujours pas les portes de la chambre haute. Ils prirent enfin la clef et ouvrirent : leur maître gisait à terre, mort.
26 Pendant qu’ils attendaient, Éhud s’était enfui. Il dépassa les Idoles et se mit en sûreté à Ha-Séïra.
27 Sitôt arrivé, il sonna du cor dans la montagne d’Éphraïm et les Israélites descendirent avec lui de la montagne, lui à leur tête.
28 Et il leur dit : « Suivez-moi, car Yahvé a livré votre ennemi, Moab, entre vos mains. » Ils le suivirent donc, coupèrent à Moab le passage des gués du Jourdain et ne laissèrent passer personne.
29 Ils battirent les gens de Moab en ce temps-là, au nombre d’environ dix mille hommes, tous robustes et vaillants, et pas un n’échappa.
30 En ce jour-là Moab fut abaissé sous la main d’Israël et le pays fut en repos quatre-vingts ans.
31 Après lui il y eut Shamgar, fils d’Anat. Il défit les Philistins au nombre de six cents hommes avec un aiguillon à bœufs, et lui aussi sauva Israël.
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Notes:
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Commentaire sur le livre
Notes sur la partie

3 y) Le grec a lu « hittites ». Cette mention pourrait provenir de Jos 11.3 (qui nomme les deux peuples), mais le reste du v. 3 semble un résumé de Jos 13.6.


7 z) La coutume est d’appeler « grands » Juges ceux dont l’histoire est racontée avec plus ou moins de détails Otniel, Éhud, Débora (et Baraq), Gédéon, Jephté, Samson, et « petits » Juges ceux qui ne reçoivent qu’une brève mention Shamgar, Tola, Yaïr, Ibçan, Elôn, Abdôn. Cette distinction n’est pas faite par le texte, mais elle correspond à peu près à deux types différents de personnages qu’il présente. Les premiers sont suscités par Dieu pour délivrer le peuple de l’oppression, ils sont des chefs charismatiques et des sauveurs. Les seconds remplissent évidemment une charge, mais il est difficile de préciser leurs attributions. Ils « jugent », ce qui inclut l’administration de la justice mais la dépasse. Le même verbe, rarement en hébreu mais plus souvent dans d’autres langues sémitiques de l’ouest, signifie « gouverner », et « juge » devient synonyme de « roi ». Au « Juge » (shophet), on peut comparer les « Suffètes » de Tyr et de Carthage. Les chiffres précis donnés pour le temps où ils furent en charge indiquent une bonne source historique, mais l’extension de leur autorité à tout Israël et leur succession chronologique semble être une construction secondaire. L’auteur du livre des Juges étend le nom de cette fonction aux héros libérateurs dont il recueille les histoires. Il se les représente comme ayant, eux aussi, « jugé » Israël, et leur série, complétée par les « petits » Juges pour atteindre au chiffre des douze tribus, lui sert à meubler le temps qui s’est écoulé entre la mort de Josué et l’installation de Saül. De fait, le régime des Juges a été, au niveau de la cité et du district, une étape entre le gouvernement tribal et la monarchie.


7 a) Ce petit récit est énigmatique. Otniel ne peut être que le conquérant de Debir (1.13), ville du Sud judéen. L’oppresseur est Kushân-Risheatayim, roi d’Aram-Naharayim d’après l’hébr., et le nom géographique désigne la région des deux Fleuves, la Mésopotamie du Nord, cf. Gn 24.10. Ces données ne semblent pas conciliables. Une solution possible est de lire Edom au lieu d’Aram, car l’écriture des deux noms est très proche en hébr. ; Naharayim, précision qui n’existe pas au v. 10, aurait été ajouté par la suite. Ce qui est certain, c’est qu’un rédacteur tardif a utilisé une ancienne tradition du Sud pour donner à un homme de la tribu de Juda une place dans la galerie des Juges. En effet, à partir de David, les Calébites ont été intégrés dans cette tribu.


8 b) Le nom du roi signifie « Kushân à la double méchanceté » ; c’est peut-être un nom ancien modifié par dérision.


12 c) L’histoire suppose que les Moabites ont dépassé l’Arnon, occupé les « Steppes de Moab » et franchi le Jourdain leur roi a une résidence à Jéricho (la « ville des Palmiers »). Ils sont ainsi dans le territoire de Benjamin. Cette expansion doit être mise en relation avec l’affaiblissement de la tribu de Ruben, au début de la période des Juges. L’intervention du rédacteur deutéronomiste est ici réduite au minimum vv. 12, 15a et 30. Il utilise un récit qui se racontait peut-être à Gilgal, v. 19, et rapportait avec complaisance et sans souci de jugement moral la ruse du Benjaminite Éhud. L’élargissement de l’action à tout Israël, vv. 27-29, est secondaire, mais peut-être antérieur à l’utilisation du récit par le deutéronomiste.


19 d) Ces idoles de pierre (pesîlîm) étaient bien connues de la tradition locale et servent de repère géographique, ici et v. 26. Nous ne savons pas ce qu’elles étaient, mais il ne peut pas s’agir des pierres érigées par Josué. Jos 4.19-20, qu’on n’aurait pas appelées des « idoles ». — Le mot traduit par « Silence » est sans doute à comprendre comme un signal pour que s’éloigne l’entourage du roi.


22 e) L’hébr. a ici un mot unique (« hapax »), parshedonah, dont la traduction est difficile. Les derniers mots du v. 22 veulent établir un parallèle plein d’ironie puisque Éhud sort par le vestibule (?), misderônah, autre mot unique dans la Bible.


24 f) Euphémisme pour satisfaire un besoin naturel.


31 g) Ce v. est une addition, cf. 4.1. Shamgar semble n’être pas israélite son nom est étranger, et il est apparemment originaire de Bet-Anat, en Galilée, qui était restée cananéenne. 1.33. Son insertion dans la liste des Juges vient probablement de 5.6 mal compris.


L’histoire des Juges est racontée dans la partie centrale, 2.6 – 16 31. Les modernes distinguent six « grands » juges, Otniel, Éhud, Baraq (et Débora), Gédéon, Jephté, Samson, dont les actions sont racontées d’une manière plus ou moins détaillée, et six « petits » juges, Shamgar, 3.31, Tola et Yaïr, 10.1-5, Ibçân, Élôn et Abdôn, 12.8-15, qui font seulement l’objet de brèves mentions. Mais cette distinction n’est pas faite dans le texte, il y a une différence beaucoup plus profonde entre les deux groupes et le titre commun de « juges » qui leur est donné est le résultat de la composition du livre, qui a joint des éléments d’abord étrangers entre eux. Les « grands juges » sont des héros libérateurs ; leur origine, leur caractère, leurs actions varient beaucoup, mais ils ont un trait commun : ils ont reçu une grâce spéciale, un charisme, ils ont été spécialement choisis par Dieu pour une mission de salut. Leurs histoires ont d’abord été racontées oralement, sous différentes formes, et elles se sont accrues d’éléments divers. Elles ont finalement été réunies dans un « livre des libérateurs », composé dans le royaume du Nord dans la première partie de l’époque monarchique. Il comprenait l’histoire d’Éhud, celle de Baraq et de Débora, peut-être déjà contaminée par le récit de Jos 11, concernant Yabîn de Haçor, l’histoire de Gédéon/Yerubbaal, à quoi l’on attacha l’épisode de la royauté d’Abimélek, l’histoire de Jephté augmentée de celle de sa fille. On recueillit deux vieilles pièces poétiques, le Cantique de Débora, 5, qui double le récit en prose, 4, et l’apologue de Yotam, 9.7-15, dirigé contre la royauté d’Abimélek. Dans ce livre, les héros de certaines tribus devenaient des figures nationales qui avaient mené les guerres de Yahvé pour tout Israël. Les « petits juges », Tola, Yaïr, Ibçan, Élôn, Abdôn, viennent d’une tradition différente. On ne leur attribue aucun acte sauveur, on donne seulement des informations sur leur origine, leur famille et le lieu de leur sépulture, et l’on dit qu’ils ont « jugé » Israël pendant un nombre précis et variable d’années. D’après les emplois du verbe shâphât, « juger », dans les langues sémitiques de l’Ouest apparentées à l’hébreu, à Mari au XVIIIe siècle av. J.-C., et à Ugarit au XIIIe siècle, jusque dans les textes phéniciens et puniques de l’époque gréco-romaine (les « suffètes » de Carthage), ces « juges » ne rendaient pas seulement la justice, ils gouvernaient. Leur autorité ne s’étendait pas au-delà de leur ville ou de leur district. Ce fut une institution politique intermédiaire entre le régime tribal et le régime monarchique. Les premiers rédacteurs deutéronomistes possédaient des renseignements authentiques sur ces juges, mais ils ont étendu leur pouvoir à tout Israël et les ont mis en succession chronologique. Ils ont transféré leur titre aux héros du « livre des libérateurs », qui sont ainsi devenus des « juges d’Israël ». Jephté servit de trait d’union entre les deux groupes : il avait été un libérateur mais il avait aussi été un juge : on connaissait et on donne à son propos les mêmes informations, 11.1-2 ; 12.7, que pour les « petits juges » au milieu desquels son histoire est insérée. On assimila aussi une figure qui n’avait primitivement rien à faire avec aucun des deux groupes : le singulier héros danite Samson, qui n’avait été ni un libérateur ni un juge mais dont on racontait en Juda les prouesses contre les Philistins, 13-16. On ajouta à la liste Otniel, 3.7-11, qui appartient à l’époque de la conquête, cf. Jos 15.16-19 ; 1.12-15, et, plus tard, Shamgar, 3.31, qui n’est même pas un Israélite, cf. Jg 5.6 ; on obtenait ainsi le chiffre de douze, symbolique de tout Israël. C’est également la rédaction deutéronomiste qui a donné au livre son cadre chronologique : retenant les informations authentiques sur les « petits juges », elle a ponctué les récits par des indications conventionnelles, où reviennent les chiffres de 40, durée d’une génération, ou de son multiple 80, ou de sa moitié 20, dans un effort pour obtenir un total qui, combiné avec d’autres données de la Bible, corresponde aux 480 ans que l’histoire deutéronomiste met entre la sortie d’Égypte et la construction du Temple, 1 R 6.1. Dans ce cadre, les histoires des Juges remplissent sans laisser de lacunes la période qui s’est écoulée entre la mort de Josué et le début du ministère de Samuel. Mais les rédacteurs deutéronomistes ont surtout donné au livre son sens religieux. Celui-ci s’exprime dans l’introduction générale de 2.6 – 3.6 et dans l’introduction particulière à l’histoire de Jephté, 10.6-16, ainsi que dans les formules rédactionnelles qui remplissent presque toute l’histoire d’Otniel, qui est une composition deutéronomiste, et qui encadrent les grandes histoires suivantes : les Israélites ont été infidèles à Yahvé et il les a livrés à des oppresseurs, les Israélites ont invoqué Yahvé et celui-ci leur a envoyé un sauveur, le juge. Mais les infidélités reprennent, et la série recommence. Ce livre deutéronomiste des Juges eut au moins deux éditions. Les indices les plus clairs sont : les deux éléments qui s’additionnent dans l’introduction, 2.11-19 et 2.6-10 + 2.20-3 6, et les deux conclusions à l’histoire de Samson, 15.20 et 16.30, qui signifient que le chap. 16 est une addition.

Ce livre ne contenait pas encore les appendices, 17-21. Ceux-ci ne racontent pas l’histoire d’un juge, mais ils rapportent des événements qui se sont passés avant l’institution de la monarchie, et c’est pourquoi ils ont été ajoutés à la fin du livre après le retour de l’Exil. Ils reproduisent d’anciennes traditions et ils ont eu une longue histoire littéraire ou prélittéraire avant d’être insérés ici. Les chap. 17-18 ont pour origine une tradition danite sur la migration de la tribu et la fondation du sanctuaire de Dan, qui a été transformée dans un sens péjoratif. Les chap. 19-21 Combinent deux traditions des sanctuaires de Miçpa et de Béthel, qui furent étendues à tout Israël ; peut-être d’origine benjaminite, ces traditions furent révisées en Juda dans un sens hostile à la royauté de Saül à Gibéa.

Le livre est à peu près notre seule source pour la connaissance de l’époque des Juges. Il ne permet pas d’en écrire une histoire suivie. La chronologie qu’il donne est artificielle, nous l’avons dit. Elle additionne des périodes qui ont pu se chevaucher dans le temps, les oppressions comme les libérations n’affectant jamais qu’une partie du territoire, et l’époque des Juges ne s’est pas étendue sur plus d’un siècle et demi.

Les principaux événements dont le souvenir nous est conservé ne peuvent être datés qu’approximativement à l’intérieur de cette période. La victoire de Tanak sous Débora et Baraq, 4-5, peut avoir été remportée vers le milieu du XIIe siècle, elle est antérieure à l’invasion madianite (Gédéon) et à l’expansion des Philistins hors de leur territoire propre (Samson). Il ressort surtout que, pendant cette période troublée, les Israélites n’eurent pas seulement à lutter contre les Cananéens premiers possesseurs du pays, ainsi ceux de la plaine de Yizréel battus par Débora et Baraq, mais contre les peuples voisins, Moabites (Éhud), Ammonites (Jephté), Madianites (Gédéon), et contre les Philistins nouvellement arrivés (Samson). Dans ces dangers, chaque groupe défend son territoire. Il arrive qu’on s’unisse aux groupes voisins, 7.23, ou inversement qu’une tribu puissante proteste parce qu’elle n’a pas été invitée à partager le butin, 8.1-3 ; 12.1-6. Le Cantique de Débora, 5, stigmatise les tribus qui n’ont pas répondu à l’appel et, chose remarquable, Juda et Siméon ne sont même pas nommés.

Ces deux tribus vivaient au Sud, séparées par la barrière formée par les villes non israélites de Gézer et de Jérusalem, et leur isolement prépare leur rupture avec les tribus du Nord, rupture qui surviendra après la mort de Salomon. En revanche, la victoire de Tanak, en donnant aux Israélites la plaine de Yizréel, permet l’union de la Maison de Joseph et des tribus du Nord. Cependant l’unité entre les différentes fractions était assurée par la participation à la même foi religieuse : tous les Juges furent des Yahvistes convaincus et le sanctuaire de l’arche à Silo devint un centre où tous les groupes se retrouvaient. De plus, ces luttes ont forgé l’âme nationale et préparé le moment où, devant un danger général, tous s’uniront contre l’ennemi commun, sous Samuel.

Le livre enseignait aux Israélites que l’oppression est un châtiment de l’impiété et que la victoire est une conséquence du retour à Dieu. L’Ecclésiastique loue les Juges pour leur fidélité, Sir 46.11-12, l’épître aux Hébreux présente leurs succès comme la récompense de leur foi ; ils font partie de cette « nuée de témoins » qui encouragent le chrétien à rejeter le péché et à courir avec endurance l’épreuve qui lui est proposée, He 11.32-34 ; 12.1.

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