On pose souvent aux chrétiens la question : « mais pourquoi aller dans votre Église ? pourquoi se faire baptiser ? Pourquoi ne peut-on pas être simplement quelqu'un de bien ? » L'argumentation détaillée de ceux qui interrogent (les disputeurs, dans la terminologie du Nouveau Testament) se ramène à ceci : puisque, dans la parabole du Jugement dernier, le Seigneur promet un meilleur sort à ceux des nations, c'est-à-dire des incroyants, qui font le bien à leur prochain, l'Église n'est donc pas nécessaire.
Dans la lecture apostolique d'aujourd'hui, l'apôtre Paul nous donne une indication remarquable de ce qui distingue la vie du chrétien de celle d'un « simple homme de bien ». En appelant ses lecteurs de Philippes à travailler à leur salut avec crainte et tremblement (le mot grec peut ici se traduire littéralement par « élaborer, produire, accomplir »), l'apôtre dit comme un fait allant de soi : « car Dieu agit en vous ». « Dieu produit en vous le vouloir et l'agir selon Son bon plaisir ». Dieu, écrit l'apôtre, έστιν ό ένεργων, est Celui qui agit en vous, Celui par l'énergie de qui s'accomplissent en vous votre volonté et votre action, selon Son bon dessein. Le chrétien est un homme ordinaire, souvent même faible, mais il est ouvert à l'action de la grâce de Dieu, qui produit en lui la bonne volonté et l'action elle-même — l'accomplissement du bien.
La différence est donc que le simple homme de bien a l'espérance d'une récompense à venir, tandis que le chrétien vit et agit déjà avec Dieu et sous Sa seigneurie.
