Quel est le lien entre la prière et le témoignage ? La première chose qui vient à l'esprit est celle-ci : sans prière, sans communion constante avec Dieu, aucun...
Quel est le lien entre la prière et le témoignage ? La première chose qui vient à l'esprit est celle-ci : sans prière, sans communion constante avec Dieu, aucun témoignage n'est possible. Il ne peut y avoir qu'une théologie sèche, des raisonnements théoriques sur Dieu, sur le Christ, sur le Royaume. On ne peut pas dire que de tels raisonnements seront nécessairement erronés ; ils peuvent être formellement non seulement corrects, mais même irréprochables, et pourtant ils ne deviendront pas un témoignage. Et lorsqu'il s'agit de la vie ecclésiale, la prière pour ceux qui témoignent à un moment donné est quelque chose de tout à fait naturel et évident.
Mais ce n'est qu'un côté de la question. L'autre est lié au fait qu'on ne peut témoigner véritablement du Royaume qu'à partir de l'intérieur du Royaume lui-même. Tant que le témoin ne commence pas à vivre de sa vie, tout son témoignage restera encore davantage témoignage de l'expérience d'autrui que de la sienne propre.
Or l'Église n'est précisément rien d'autre que le Royaume entrant dans notre monde. La tâche principale et, au fond, unique de l'Église est le témoignage du Royaume, et le moyen principal de ce témoignage est la manifestation du Royaume dans notre monde en transformation mais pas encore transformé, la manifestation de son souffle, de son amour, de sa puissance. Et le témoignage de chaque membre de l'Église devient, au fond, une partie de ce témoignage de toute l'Église. Dans ce cas, bien sûr, il ne s'agit pas d'une appartenance formelle à telle ou telle structure ecclésiale ni de sanctions formelles. Il s'agit précisément de ce dont l'apôtre parle dans sa lettre : l'unité du Royaume, qui se manifeste dans l'unique espace spirituel de l'Église, lequel, bien entendu, ne coïncide presque jamais avec l'espace social des structures ecclésiales. Et puisque l'espace spirituel de l'Église est un, les distances cessent d'avoir une importance décisive pour la vie spirituelle de l'Église : la prière d'une communauté ecclésiale peut devenir un soutien spirituel pour une autre communauté dont les membres, à cause des circonstances, doivent témoigner tout particulièrement.
C'est précisément ici, on le voit, qu'apparaît la spécificité spirituelle de l'Église comme, selon les paroles du même Paul, « corps du Christ » : quelle que soit la taille qu'elle puisse atteindre, son unité essentielle et spirituelle ne disparaît pas, rendant possible le flux d'énergie spirituelle d'une de ses parties vers une autre. Ce processus lui-même devient un témoignage vivant de la réalité du Royaume, car selon les lois du monde non transfiguré une telle chose est impossible. Mais ce qui est impossible dans « ce monde » devient possible dans le Royaume.
2:13 q) Ce passage, 2.13—3.5, se soude étroitement à la description de la Parousie. Après avoir écarté les idées fausses, l’Apôtre en vient aux conséquences positives de sa conception. Le passage est d’une grande richesse la pensée y est « trinitaire », 2 Co 13.13 ; cf. 1 Th 4.6-8.
2:13 r) Var. « comme prémices ».
2:15 s) Les traditions enseignées par Paul pendant son séjour ou par écrit depuis son départ, 2.2, 5 ; 3.6 ; 1 Th 3.4 ; 4.2, 6 ; 5.27, englobent dans le message évangélique, cf. 1 Th 2.13, les principes directeurs de la vie chrétienne, cf. 1 Th 4.1 ; 1 Co 11.2, 23-25.
3:1 t) Les prières des fidèles, 1 Th 5.25, etc., aideront la mission de l’Apôtre. La parole « courra », en vertu de l’impulsion divine, et, une fois reçue et vécue, cf. 1 Th 2.13, sera glorifiée par Dieu qui l’a envoyée. Ps 107.20 ; 147.15.
3:3 u) Ou peut-être « du mal ». Les chrétiens seront tentés, mais pas au-delà de leurs forces, 1 Co 10.13.
2 Th présente de frappantes ressemblances littéraires avec 1 Th, au point que des critiques y ont vu l’œuvre d’un faussaire qui se serait inspiré de saint Paul en imitant son style. Mais on ne voit guère le motif d’un tel faux, et il est plus simple de penser que l’Apôtre lui-même, voulant corriger certains éléments mal compris de son enseignement eschatologique 1 Th 5.2, 9, a écrit cette deuxième lettre en reprenant des formules de la première. Les deux écrits ne se contredisent pas mais se complètent ; et leur authenticité est également bien attestée par l’ancienne tradition de l’Église.
Outre leur intérêt de présenter déjà en germe bien des thèmes que reprendront les épîtres ultérieures, celles-ci sont importantes surtout par leur doctrine sur l’eschatologie. En cette étape ancienne de son apostolat, la pensée de l’Apôtre apparaît toute centrée sur la résurrection du Christ et sur sa venue en gloire qui apportera le salut à ceux qui auront cru en lui, fussent-ils déjà morts, 1 Th 4.13-18. Cette venue glorieuse, il la décrit selon les traditions de l’apocalyptique juive et du christianisme primitif (discours eschatologique des Synoptiques, surtout de Mt). Conformément aux enseignements de Jésus, tantôt il insiste sur l’imminence imprévisible de cette venue qui requiert la vigilance, 1 Th 5.1-11, au point de donner l’impression que lui et eux la verront de leur vivant, 1 Th 4.17, tantôt il calme ses fidèles agités par cette perspective, en leur rappelant que le Jour n’est pas encore arrivé et doit être précédé de certains signes, 2 Th 2.1-12. Ceux-ci ne sont plus aussi clairs pour nous qu’ils devaient l’être pour les lecteurs. Il semble que Paul conçoive l’Antichrist comme un individu réservé pour la fin des temps. Quant à l’obstacle « qui le retient présentement », 2 Th 2.6, certains interprètes y ont vu l’Empire romain, d’autres la prédication évangélique, et la chose reste incertaine.