Bible-Centre

La réflexion principale pour le 20 octobre 2021

Le Sauveur compare la position des serviteurs de Dieu dans le peuple de Dieu à celle d'un esclave intendant. Il nous paraît aujourd'hui étrange de confier le soin de la maison et des serviteurs à un esclave. Mais dans l'Antiquité, une telle pratique était assez répandue: tout dépendait de la mesure de confiance que le maître accordait à tel ou tel esclave.

Une telle situation était particulièrement répandue là où, comme en Israël et plus tard en Judée, l'esclavage était domestique, de sorte que les esclaves vivaient dans la maison pratiquement comme des membres cadets de la famille. Si le maître de maison plaçait l'un de ces esclaves comme intendant pendant son absence, cet esclave, bien sûr, ne cessait nullement d'être esclave; mais le cercle de ses devoirs et, par conséquent, de ses droits dans la maison s'élargissait considérablement, se rapprochant des devoirs et des droits du maître.

Mais on ne pouvait parler des devoirs et des droits d'un tel intendant qu'en relation avec les autres esclaves et serviteurs de la maison, qui lui devaient une soumission formelle; à l'égard du maître, il demeurait esclave, lié à lui par ces relations en partie formelles, en partie personnelles, qui unissaient généralement maître et esclave dans la situation d'un esclavage patriarcal. Et seule la stabilité de ces relations, seule la faveur du maître déterminait la position de l'esclave dans la maison, déterminait s'il resterait intendant ou non, et comment le maître agirait avec lui à son retour. L'esclave, en lui-même, n'avait évidemment pas et ne pouvait avoir aucun droit; malheur à l'esclave qui l'oubliait. C'est précisément ces relations que Jésus donne en exemple comme analogue terrestre des relations du Royaume.

En un certain sens, dans le Royaume, tous sont sans droits, excepté le Roi qui a apporté ce Royaume dans le monde: personne ne l'a mérité, et personne ne peut y entrer de droit. Et lorsque le Royaume se projette dans notre monde encore non transfiguré, il arrive souvent que le serviteur de Dieu reçoive un pouvoir sur les hommes, puisque les lois du monde non transfiguré supposent un tel pouvoir: Dieu agit dans notre monde de façon que son action vienne comme de l'intérieur, sans faire exploser le monde ni le détruire.

Et là, tout dépend de savoir si un tel serviteur se sent dans la position de l'esclave à qui le véritable Maître a confié la gestion temporaire de sa maison, ou s'il s'imagine administrateur pleinement autorisé, dont les droits seraient fondés non sur une situation concrète de service, mais lui appartiendraient dès l'origine en vertu d'un statut particulier ou d'une position particulière dans le Royaume. Il ne s'agit pas ici du fait que le véritable Maître se vexerait et voudrait punir l'usurpateur, mais du fait que toute tentative d'affirmation de soi dans sa propre indépendance sépare celui qui la tente du Royaume. Et donc aussi de Celui qui a apporté le Royaume dans le monde.

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