Le conflit entre la loi de Dieu et les lois humaines a existé à toutes les époques. Quelle en est l'essence ? Pourquoi l'harmonie est-elle impossible, pourquoi les domaines d'application de ces lois si différentes ne peuvent-ils pas au moins être séparés ? Si la loi de Dieu...
Le conflit entre la loi de Dieu et les lois humaines a existé à toutes les époques. Quelle en est l'essence ? Pourquoi l'harmonie est-elle impossible, pourquoi les domaines d'application de ces lois si différentes ne peuvent-ils pas au moins être séparés ? Si la loi de Dieu ressemblait aux nombreuses lois inventées par les hommes, une telle séparation serait possible. Mais ce n'est pas le cas, non parce que la loi donnée par Dieu ne ressemble pas aux lois inventées par les hommes, mais parce qu'elle est différente dans son essence même.
Toute législation conçue par les hommes est le résultat d'une sorte de contrat social, même lorsqu'il semble qu'il n'y ait pas de contrat. Une loi n'est observée que lorsqu'elle correspond au système de valeurs accepté dans la société. Si ce n'est pas le cas, il est pratiquement impossible de faire obéir les gens à la loi par quelque moyen que ce soit, même le plus dur. Dans le monde déchu, les hommes déterminent le plus souvent eux-mêmes leur système de valeurs.
La loi de Dieu est autre chose, la loi que Mattathias appelle à observer même s'il faut la payer de sa propre vie. La Torah procède de régularités objectivement existantes qui déterminent les relations de l'homme avec Dieu et avec les autres hommes. Il n'y a ici rien d'accidentel, rien d'arbitraire. La loi donnée par Dieu ne peut être que ce qu'elle est, et non autre chose. En même temps, une telle loi embrasse tout : l'homme vit toujours en présence de Dieu, aussi bien lorsqu'il y pense, par exemple dans l'assemblée de sa communauté religieuse, que lorsqu'il est porté à oublier Dieu, par exemple dans le courant des affaires quotidiennes.
C'est pourquoi, pour une personne qui désire marcher dans la voie de Dieu, il n'existe qu'une seule loi : celle que Dieu a donnée à l'homme. Si les lois inventées par les hommes ne contredisent pas la loi de Dieu, cette personne peut les suivre ; cela n'affectera ni sa vie spirituelle ni sa relation avec Dieu. Mais lorsqu'un choix doit être fait, il ne peut y avoir pour elle qu'un seul choix : elle préfère la loi de Dieu à la loi humaine.
21 z) Expression biblique, mais ici le mot « Dieu » est sous-entendu, cf. 3.18.
Le Premier livre des Maccabées campe dans son introduction, 1-2, les adversaires en présence : l’hellénisme conquérant, qui trouve des complices en certains Juifs, et la réaction de la conscience nationale, attachée à la Loi et au Temple ; d’un côté, Antiochus Épiphane qui profane le Temple et déchaîne la persécution, de l’autre, Mattathias qui lance l’appel à la guerre sainte. Le corps du livre se divise en trois parties, consacrées aux actions des trois fils de Mattathias qui prennent successivement la tête de la résistance. Judas Maccabée (166-160 av. J.-C.), 1 M 3.1 – 9.22, remporte une série de victoires sur les généraux d’Antiochus, purifie le Temple et obtient pour les Juifs la liberté de vivre selon leurs coutumes. Sous Démétrius Ier, il est gêné par les intrigues du grand prêtre Alkime, mais ses succès militaires continuent et Nikanor, qui voulait détruire le Temple, est défait et tué. Pour assurer ses positions, Judas recherche l’alliance des Romains. Il meurt sur le champ de bataille. Son frère Jonathan lui succède (160-142), 1 M 9.23 – 12.53. Les manœuvres politiques l’emportent alors sur les opérations militaires. Jonathan tire habilement profit des compétitions dont le trône de Syrie est l’objet : il est nommé grand prêtre par Alexandre Balas, reconnu par Démétrius II, confirmé par Antiochus VI. Il cherche à faire alliance avec les Romains et les Spartiates. Le territoire soumis à son contrôle s’étend et la paix intérieure semble assurée, quand Jonathan tombe entre les mains de Tryphon, qui le fait périr ainsi que le jeune Antiochus VI. Le frère de Jonathan, Simon (142-134), 1 M 13.1 – 16.24, soutient Démétrius II, qui reprend le pouvoir, et il est reconnu par lui puis par Antiochus VII comme grand prêtre, stratège et ethnarque des Juifs. L’autonomie politique est ainsi obtenue. Ces titres lui sont confirmés par un décret du peuple. L’alliance avec les Romains est renouvelée. C’est une époque de paix et de prospérité. Mais Antiochus VII se retourne contre les Juifs et Simon, avec deux de ses fils, est assassiné par son gendre, qui croyait être agréable au souverain.
Le récit couvre ainsi quarante ans, de l’avènement d’Antiochus Épiphane, en 175, à la mort de Simon et à l’avènement de Jean Hyrcan, en 134 av. J.-C. Il a été écrit en hébreu, mais n’est conservé que par une traduction grecque. Son auteur est un Juif palestinien, qui a composé son ouvrage après 134, mais avant la prise de Jérusalem par Pompée en 63 av. J.-C. Les dernières lignes du livre, 1 M 16.23-24, indiquent qu’il a été écrit au plus tôt vers la fin du règne de Jean Hyrcan, plus vraisemblablement peu après sa mort, vers 100 av. J.-C. C’est un document précieux pour l’histoire de ce temps, à condition que l’on tienne compte du genre littéraire, imité des anciennes chroniques d’Israël, et des intentions de l’auteur.
Car, bien qu’il s’étende longuement sur les événements de guerre et sur les intrigues politiques, il entend raconter une histoire religieuse. Il considère les malheurs de son peuple comme une punition du péché et il rapporte à l’assistance de Dieu les succès de ses champions. Il est un Juif zélé pour sa foi et il a compris que celle-ci était l’enjeu du combat entre l’influence païenne et les coutumes des pères. Il est donc un adversaire déterminé de l’hellénisation et il est rempli d’admiration pour les héros qui ont lutté pour la Loi et pour le Temple et qui ont conquis au peuple sa liberté religieuse puis son indépendance nationale. Il est le chroniqueur d’une lutte où fut sauvé le Judaïsme, porteur de la Révélation.