Au début, les paroles selon lesquelles le disciple ne peut pas devenir supérieur au maître peuvent paraître limiter ses possibilités. Mais si l'on tient compte du fait que devenir comme le maître est déjà beaucoup, et que tout le monde n'est pas capable de l'égaler, alors nous pouvons y voir un appel à grandir. Et s'il s'agit d'être disciple du Christ, l'appel à devenir comme le Maître nous révèle son attitude particulière envers ceux qui le suivent. Car il s'agit du niveau élevé auquel le Christ entend élever l'humanité déchue: il veut nous diviniser.
Et même dans les paroles sévères qui avertissent que le Christ reniera celui qui l'aura renié, on peut voir à quelle hauteur l'homme est placé par lui. En effet, il s'agit ici de relations qui font presque penser à une égalité...
Il serait évidemment d'une énorme insolence de se fonder là-dessus pour oublier la révérence devant sa grandeur et introduire de la familiarité dans les relations avec lui. Ce n'est pas pour cela qu'il est devenu l'un des hommes, pour que nous introduisions dans la vie spirituelle « l'humain, trop humain », c'est-à-dire, selon les mots d'un auteur, « toujours quelque chose d'animal ». Mais ce qui nous rapproche de Dieu est un don qui impose une responsabilité.
